lundi, 28 mars 2011
Cantonales, déni de démocratie
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mardi, 24 août 2010
Le chantage sécuritaire est aussi cruel qu'inutile
Cela fait 8 ans que Nicolas Sarkozy tient les manettes de la politique sécuritaire en France. Depuis 8 ans, il ne cesse de déclarer de façon récurrente la guerre à la délinquance, à la racaille qu'il veut karcheriser. Le résultat est loin d'être concluant. Un chef d'entreprise aurait été lourdé par ses actionnaires depuis longtemps. Heureusement pour la carrière du président de la république, elle obéit à une logique démocratique bien moins soucieuse de performance et de justice. Mais l'instrumentalisation de l'immigration et des roms pour faire oublier Lilianne et l'Odyssée et le mauvais état de notre économie va trop loin. Le concept de la tolérance zéro a son utilité, mais il vise les individus et leurs actes, pas des communautés (dont le périmètre reste à définir; et toi, lecteur, à quelle communauté le pouvoir pourrait-il t'associer ?) rendues solidaires des délits de certains de leurs membres. Surtout, le nettoyage doit commencer par ceux qui nous gouvernent dans cet esprit paternaliste, infantilisant. Cet été nous a montré que le grand ménage reste à faire.
Cet épisode de l'ère sarkozyste ne va pas laisser la droite indemne. Elle peut rester solidaire de ce discours, mais alors rien ne justifie de continuer à traiter le FN comme un parti de pestiférés. Mais si elle assume les valeurs qui l'ont tenue éloignée de ce parti, elle se doit de condamner le grave écart de route du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, exigeant l'éviction de Brice Hortefeux et de Christian Estrosi. Villepin (toujours encarté à l'UMP, on ne sait jamais) a beau jeu de sortir le grand jeu (surtout avec le ralliement d'Amine-Benalia-Brouch lassé par l'humour "UMP"), comme Christine Boutin de menancer de claquer la porte (quel avantage matériel ou politique lui reste-t-il en restant rattachée à l'UMP depuis le scandale de cet été ?) mais la critique de Raffarin, plus nuancée, n'est pas anodine. Alain Juppé s'agite, et même Rachida Dati ose critiquer ces dérapages contrôlés : "le tournant pris dans le débat qui a suivi la proposition du président de la République concernant l'extension de la déchéance de la nationalité française, est regrettable." D'ici 2012, il va y avoir de la casse à droite.
La préoccupation sécuritaire a certainement été sous-évaluée par les socialistes auparavant, et les libéraux ne lui ont pas encore apporté de réponse claire. Le bilan de la droite au pouvoir n'en est pas pour autant meilleur. La situation continue à se dégrader rapidement dans notre pays. Alors que les citoyens sentent bien la pression sécuritaire peser sur eux au quotidien, des bandes de jeunes terrorisent des quartiers dits "sensibles" de plus en plus nombreux. Leur jeu : tendre des embuscades aux forces de police dans l'espoir d'en blesser plusieurs, voire de les tuer. N'est-ce pas la manifestation la plus explicite du malaise profond de notre pays ? Mon analyse, c'est que nous trouvons les causes principales de ce mal dans l'assistanat généralisé, le discours de victimisation, l'inadaptation de l'école aux quartiers difficiles et le recul de l'Etat de droit.
Pour peu que ces voies soient efficaces( ce qui reste sujet à débat), augmenter la pression sécuritaire par l'ajout de caméras, la décentralisation et la réorganisation de la gestion des forces de police et d'autres mesures ne nous mènera nulle part si les racines du mal sont toujours là. Il nous revient d'engager sans tabou la réflexion globale autour de la chaine prévention - dissuasion - répression - réinsertion. Ségolène Royal l'avait bien compris dés 2007 lorsqu'elle parlait d'encadrement militaire de jeunes délinquants pour leur apprendre le sens de l'effort, le respect de l'autre et de soi. L'idée peut paraître saugrenue, mais des tests se sont révélés concluants dans d'autres pays. En attendant, la dérive xénophobe récente n'est pas seulement injuste et malsaine. Elle risque de compliquer la tâche des acteurs de cette chaine vitale pour l'avenir de notre société malade.
20:09 | Lien permanent | Commentaires (66) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : nicolas sarkozy, roms, immigrés, immigration, insécurité, discours grenoble, fn, brice hortefeux, christian estrosi |
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lundi, 27 avril 2009
Quand le FN cogne sur les libéraux
La campagne Internet des souverainistes de Libertas, fort réussie, semble avoir été réalisée par Edouard Fillias, cofondateur d'Alternative Libérale et libéral qui assume des positions souvent libertaires. Le paradoxe est croustillant. Pas pour le Front National en déclin accéléré qui a vu là un angle pour tirer sur Philippe de Villiers, son concurrent le plus menaçant. Il faut dire que le Front National, au-delà de ses thèses nauséabondes, n'a plus un tribun remaquable à sa tête mais un papy affaibli dont les héritiers se battent pour récupérer l'héritage. Le Vicomte vendéen, lui, a encore la forme. Il faut donc l'abattre. Là, ça se complique autrement plus qu'avec la scission Mégrétiste pour le FN.
Un article amusant et très tiré par les cheveux parvient à rattacher l'un de mes vieux textes sur le cannabis à la campagne de Libertas...et à Philippe de Villiers. Très fort. Avant de demander la fin de la prohibition, mon texte commence ainsi : "Soyons clairs. La drogue est un produit nocif, détestable dont je ne souhaite absolument pas encourager la consommation." Le genre de "point de détail" dont le Front National ne s'encombre pas. Pas plus quand ils se plantent en avançant "Très présent lors de l’affaire du CPE en 2006 en soutenant le projet de Dominique de Villepin, monté en dépit du bon sens, Edouard Fillias [...]". Une simple recherche permet de constater que l'auteur, malcomprenant, est au mieux l'une des innombrables victimes de notre Education Nationale en échec, au pire un crétin congénital. Je penche pour la seconde option.
Liberté Chérie a aussi eu, accessoirement, le plaisir d'une démonstration de clowns idenitaires à Aix lors d'une rencontre autour de Vincent Bénard, président de l'institut Hayek et en charge des questions du logement et de l'urbanisme au Parti Libéral Démocrate :
Pour en arriver là, le Front National va vraiment mal. Tant mieux.
14:01 Publié dans Libertés individuelles, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, identitaires, liberaux, libertas |
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jeudi, 16 novembre 2006
Présidentielle : quitte ou double
Edouard Fillias, candidat d'Alternative Libérale, fait campagne avec ses propres moyens. Il n'a derrière lui qu'un jeune parti, sans élu et qui n'a pas encore fait ses preuves. Dans un pays aussi attaché au statut et à l'implantation institutionnelle, le renouvellement générationnel et l'offensive de nouvelles idées ne peuvent que rentrer en conflit avec le système établi. A Edouard d'avancer avec ce lourd handicap : aucun financement public, aucune promotion au niveau des mairies et un blocage des grands médias. Nous le savions en démarrant cette aventure, et nous avons suffisamment d'atouts pour exister malgré tout sur la scène politique. Après tout, si nous parvenons à nous ancrer dans la vie politique, ce sera bien la preuve que l'initiative paye, que rien n'est jamais joué et qu'il y a de la place pour ceux qui le veulent vraiment.
En attendant, les règles du jeu de ce scrutin sont très alambiquées. Pour financer ses dépenses de campagne, chaque candidat s'appuie sur son apport personnel (éventuellement par un crédit nom propre), les dons de personnes physiques (plafonnés à 4.600 euros par personne) et les dons de partis politiques (en général, le sien). mais seul son apport personnel est susceptible d'être remboursé en cas de dépassement de la barre des 5 %. L'enjeu est là.
Les candidats de moyenne envergure, François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement, Marie-Georges Buffet ou Olivier Besancenot, sont confrontés à un dilemme douloureux, selon qu'ils pensent avoir une forte probabilité de dépasser le score de 5 % ou non. De 4.99 ou 5.01 %, la différence est de 7.5 millions d'euros environ (50 millions de FRF pour ceux qui ont du mal avec les gros chiffres). Pour les antilibéraux par exemple, multiplier les candidats augmente le risque de bouillon, c'est un argument à prendre en compte pour eux (même s'ils s'en sont bien sortis en 2002). Un candidat, s'il atteint la barre fatidique de 5 %, se voit attribuer un remboursement de frais de campagne de ce montant. En dessous, il n'a droit qu'aux 750.000 euros attribués aux candidats qui auront eu leurs 500 signatures en mars 2007. Or, la campagne est déjà largement entamée, ce qui signifie que l'ensemble du plan de campagne dépend de l'hypothèse retenue. Nicolas Sarkozy, JMLP et l'élu du PS peuvent déjà compter sur ces 7.5 millions pour louer des locaux (Sarko cherche 1.000 m2 pour loger son lourd organigramme de campagne) et attaquer avec les grands moyens, d'autant plus que leur parti sera certainement généreux avec eux pour compléter le budget. Pas leur propre argent ni celui de donateurs qui les soutiennent, mais celui des contribuables tout simplement. Sympa pour eux !
Mais qu'en est-il du candidat moyen ? S'il y croit, il prend le risque de s'endetter en nom propre afin d'être remboursé, les élections passées, des dépenses actuelles et futures de campagne à hauteur de 7.5 millions d'euros. S'il n'atteint pas ce seuil, c'est le méga-bouillon. Encore une fois, ces 7.5 millions d'euros viennent rembourser des dépenses de campagne effectuées avec l'apport personnel du candidat, pas les dons. Bref, c'est quitte ou double ! A regarder les dépenses des candidats en 2002, on comprend mieux pourquoi certains se sont calmés ensuite.
En 2007, faites vos paris !
[si cela ne faisait pas partie de la longue liste des plaisirs illégaux, j'ouvrirais un compte de bookmaker pour l'occasion !]
DEPENSES DES CANDIDATS QUI ONT PRIS OU FROLE LE BOUILLON EN 2002 (sachant que les premiers 750.000 euros leur ont été remboursés) :
- Bayrou, qui a franchi adroitement la barre des 5 % (ouf) grâce à une baffe filmée : 7.4 millions d'euros d'apport personnel. il l'a échappé belle !
- Jean-Pierre Chevènement : 8.4 millions d'euros d'apport personnel : pair et gagne avec 5.33 %
- Noël Mamère : 3.9 millions d'apport personnel, remboursé de justesse avec un score de 5.25 %
- Robert Hue : 1.6 millions d'euros d'apport personnel ( et 3.3 millions d'euros du PCF) : bouillon avec 3.37 %
- Arlette Laguiller : 2.2 millions d'apport personnel, passe la barre avec 5.72 % !
- Christine Boutin : 3.87 millions d'euros d'apport personnel (qui a aussi bénéficié de 1 million d'euros de dons de personnes physiques !) : bouillon avec 1.19 % !
17:36 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : presidentielle, FN, UMP, PS, Sarko, Sarkozy, Le Pen |
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