mercredi, 22 avril 2009
Comment les banquiers se sont tirés une balle dans le pied
Je ne commettrais pas la faute (de très mauvais goût) d'évoquer ceux qui se tirent une balle dans la tête (avec une arme achetée à crédit ?), mais il faut dire que passer 16 ans dans l'institution parapublique en partie à l'origine de la crise, c'est en soi aussi une faute de goût. Les banquiers qui ont accepté l'aide des gouvernements se retrouvent dans une position difficile. Sous la pression politique, ils sont poussés à des décisions anti-économiques. Ils sont par exemple obligés de vendre des actifs très rentables pour se recentrer sur leur marché domestique. Le président de la Bundesbank et membre du conseil de la BCE, dénonce cette forme déguisée de protectionnisme qui risque d'accroître le coût de financement de ces établissements, coût qui se répercute sur celui des crédits octroyés à leurs clients. Sous la pression du marché (qui n'a pas disparu mais s'adapte à la situation), ces banques risquent aussi de perdre leurs meilleurs financiers. Car celles qui ont refusé toute aide publique n'ont pas de contraintes de rémunération. Elles peuvent se servir dans les stocks de banquiers fort rentables mais déçus par le plafonnement de leur bonus. Enfin, les hedge funds retrouvent le moral : les activités de trading pour compte propre des banques se réduisent rapidement, ainsi que les banques, ce qui réduit la concurrence dans ce secteur fort rentable. Les meilleurs traders veulent dorénavant quitter les banques pour rejoindre les fonds qui ont tenu bon. Résultat, le marché attend un doublement des fonds gérés d'ici 2013.
Résultat, les banques aidées par l'argent public (grave erreur) qui n'avaient pas réellement besoin de cet argent (deuxième grave erreur) veulent le rembourser ces aides trop contraignantes rapidement. Mais voilà, les gouvernements ne l'entendent pas de cette oreille. Cet argent rapporte beaucoup d'argent, ce qui est fort bienvenu en temps de déficits publics massifs. Ensuite, ils doivent maintenir un discours dirigiste et moralistes pour des raisons électoralistes. Rien de mieux que de garder une main de fer sur le cou des vilains banquiers, la hache dans l'autre, pour épater la foule qui conspue tout ce vaste monde de la finance (caricaturé avec grandes oreilles et nez crochus dans la tradition des années 30).
Enfin, un petit rayon de soleil dans ce ciel couvert, mais destiné aux paradis fiscaux. En augmentant le taux marginal d'impôt sur le revenu à 50 %, Gordon Brown a déclenché une dynamique qui pourrait voir le Royaume Uni perdre ses talents comme la France a perdu les siens. La finance pourrait se relocaliser en Suisse, histoire de prendre la place de l'UBS déclinante, sur une ile (blanche ou grise) accueillante ou à Dubaï. Restera au Royaume-Uni les pubs et les musées en attendant qu'une nouvelle Thatcher vienne remettre le pays en état de marche.
17:37 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : banques, fannie mae |
|
|
Digg |
Facebook


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)






