mardi, 04 août 2009
New Fabris, scandale du chantage réussi
Depuis plusieurs mois, ce type de situation se banalise. Des salariés prennent leurs cadres dirigeants en otage, menacent de tout casser. Ici, ils ont carrément posé des explosifs et menacé de faire sauter l'usine s'ils ne recevaient pas un chèque de 30.000 euros en plus de leur année garantie à 95 % de leur dernier salaire et des 17.500 à 19.000 euros d'indemnité de licenciement prévus afin de voir un peu devant soi lors de la recherche d'emploi. Normalement, ce type de comportement mène tout droit à la case "prison". Ici, le ministre de l'industrie Christian Estrosi s'est contenté d'avancer, le 21 juillet, que cette prime de 30.000 euros était "une impasse" (on tremble), en ajoutant avoir tout de même "engagé la discussion avec PSA et Renault pour leur demander de faire un effort complémentaire". Un petit geste pour les braqueurs, ça fait toujours plaisir.
Ils ne finiront par obtenir "que" 12.000 euros (en plus, je rappelle, des 17.500 à 19.000 d'indemnité de licenciement) non imposables. Un an de salaire garanti à 95 % de leur salaire actuel et plus de 30.000 euros de prime, c'est pas mal non ? Certes, ça ne vaut pas la politique, mais pour le Français moyen, c'est dèjà pas mal. Je connaisdu monde qui apprécierait pareil traitement. Le journaliste du JDD ose pourtant aller plus loin : " mais les salariés de Continental ont eu, eux, 50 000 euros. Ne vaudrait-il pas mieux fixer une somme plancher pour éviter un sentiment d'injustice ?". Le journal m'est tombé des mains. Cet argent ne tombe pas du ciel mais d'entreprises dont ce n'est pas la mission, et qui sont parfois déjà en difficulté. Une telle inculture des règles économiques les plus élémentaires me laisse pantois.
Conclusion immédiate : multiplions ce type de sauvagerie, ça paye. Conclusion à moyen terme : le chômage va monter, et la tendance à la désindustrialisation de la France n'est pas terminé, bien au contraire. Ajoutons que ces salariés auront intérêt à dissimuler le nom de leur employeur lorsqu'ils chercheront un nouvel emploi. Je ne vois pas un employeur souhaiter se retrouver avec un terroriste potentiel sur les bras. En cas de difficultés, il lui faudrait gérer à la fois la survie de son entreprise à l'extérieur...et à l'intérieur.
Rendons grâce à Christian Estrosi dans cet éclair de lucidité : "Nous sommes entrés dans une société où chacun aura deux, trois métiers au cours de sa vie. Pour cela, il nous faut innover par un travail de reconversion et de transformation de l'activité professionnelle. Il serait peut-être temps d'expliquer que ce début du 21e siècle ne sera pas comme celui du 20e. Le monde du travail évolue. Il est vital de s'y adapter." Pour affronter les licenciements de ce type, ce n'est pas en rackettant les entreprises mais en faisant le pari de la flexibilité et de la formation tout au long de la vie que les Français s'en sortiront. La réforme de la formation continue, actuellement captive d'organismes para-syndicaux qui en détournent les ressources, voilà le véritable enjeu du XXIe siècle.
21:54 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (46) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : estrosi, fabris, chantage, explosion |
|
|
Digg |
Facebook


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)






