vendredi, 05 juin 2009
Bayrou pète les plombs en direct
Quand on vise le sommet, le succès de l'ascension tient parfois à peu de choses. Après Giscard d'Estaing en 1981, ce fut au tour de Jacques Chirac de perdre les pédales (et donc la présidentielle) face au machiavélique François Mitterrand au 2eme tour de la présidentielle de 1988. Hier soir, l'autre François, notre Béarnais national, a sans doute perdu beaucoup de crédibilité dans sa course à l'échalote la présidentielle, même s'il ne s'agissait que d'un débat sur les Européennes. Presque un non-sujet tant le sujet est mal traité et mal apprécié. Lors de cette pétaudière en direct sur France Télévision, mal animé par une Arlette Chabot qui ne tenait pas mieux les commandes que le pilote de l'AF447, au cours duquel Xavier Bertrand s'est fait traiter de menteur par à peu près tout le monde sans qu'on entende d'arguments de fond de part et d'autre, François Bayrou a perdu son sang froid et a voulu effectuer ce genre de tacle qui entraîne un carton rouge. Un vrai pugilat. A quand la baston en direct comme en Corée du Sud (ou comme dans certaines salles de classe, sans qu'on sache qui inspire qui) ?
L'un des candidats les plus impliqués dans la construction européenne, c'est Daniel Cohn Bendit. Ce Franco-Allemand est devenu une référence européenne, quoi qu'on pense de ses idées. Sa pensée "libérale-libertaire" obtient de bonnes performances sur la scène politique nationale. Il sait bien destabiliser ses adversaires, parfois de façon virile (ainsi à Marine le Pen "tais-toi, tu ne racontes que des conneries"). Mais il le fait souvent avec panache. Hier, il a répliqué un peu méchamment à une attaque digne d'une cour de récréation de Bayrou qui dénonçait ses déjeuners à l'Elysée, en le piquant sur son obsession : «Mon pote, tu es trop minable, tu ne seras jamais président de la République». Bingo. Le gros François est sorti de ses gonds en rappelant très vilement un passage très contestable d'un livre de Dan datant de...1975. Daniel ne s'est pas privé d'en remettre une couche : «Ah, j'étais sûr que tu venais là-dessus. Ah la la c'est la grandeur présidentielle.» En jeu, le fait que la liste de Cohn Bendit dépasse les listes Modem dans les sondages.
Si le projet de François Bayrou n'a jamais été très clair, il sombre dans la confusion depuis 2 ans avec son penchant de plus en plus marqué à gauche, surtout en recrutant ceux qui ne comptent pas aller à la gamelle de la majorité : Jean-François Kahn, le plus vicelard des journalistes d'opinion, Yann Wehrling, ex président des verts, l'ancien vert Jean-Luc Benhamias (qui aurait d'ailleurs demandé des explications à Bayrou sur sa saillie du plus mauvais effet hier soir). J'avoue apprécier les personnalités telles que Christian Saint-Etienne (il ne garde du Modem que la couleur orange) que je sens en plein doute, ou Jean Peyrelevade obsédé à juste titre par la dette. Mais ces rares responsables lucides du Modem pèsent de moins en moins face au déferlement de personnalités à gauche de la gauche. Comment réagiront-ils après la soirée d'hier soir ?
Ce Cohn Bendit en a certainement retiré un bon bénéfice qu'on jugera dimanche soir. Et il le prend avec humour : "J'ai demandé l'asile politique à Mélenchon (Front de gauche), Xavier Bertrand (UMP) et Besancenot (Nouveau Parti anticapitaliste)", a-t-il ironisé dans"A vous de juger" qui suivait le débat. "Il va mal dans sa tête et je crois que c'est mauvais pour lui", a conclu Daniel Cohn-Bendit, accusant François Bayrou d'avoir "sacrifié son MoDem à son ego parce qu'il ne pense qu'à devenir président de la République". Le Modem n'e serait qu'un parti d'opportunistes dirigé par un opportuniste sans projet autre que purement personnel, comme le pense Authueil ? Au final, nous n'en savons pas plus sur l'Europe...
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| Tags : bayrou, cohn bendit, verts, modem, europeennes |
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mardi, 19 mai 2009
Libertas disqualifié pour les Européennes ?
Après avoir nié être à l'origine d'une campagne Internet fort originale, les listes eurosceptiques Libertas (pas le fameux blog qui n'a rien à voir avec ça) ont reconnu que cette initiative était la leur. Cet aveu des cancres chantres de la transparence soulève deux graves questions : qui a financé le détournement très professionnel de ces oeuvres ? Que se passera-t-il si les majors américaines attaquent...ou non ? A la veille d'un grand moment de démocratie, il serait souhaitable de savoir si les listes Libertas risquent de bénéficier d'une exeption comme notre système les aime, ou bien si elles risquent de plonger pour non respect du Code Electoral. Pour des défenseurs acharnés de la réglementation, ils vont être servis.
Le financement des campagnes, comme celui partis politiques, est soumis à des règles aussi strictes qu'iniques. Faciles à détourner, mais à condition de respecter les règles si on ne veut pas risquer gros comme l'affaire Dray nous le montre. Mais à partir du moment où elles s'appliquent à tous, il convient donc de les respecter rigoureusement si on ne souhaite pas que notre démocratie baisse d'un cran supplémentaire dans notre estime (pour ceux qui ont encore de la marge). L'une d'elles stipule que les dons des personnes morales autres que des partis politiques est strictement interdits. Les dons des personnes physiques (vous et moi) sont limités, pour le financement d'une campagne, à 4.600 euros par an et par donateur. Soit le buzz Internet de Libertas a été financé par les partis formant Libertas, le MPF et les rois de la cueillette/chasse/pêche, et le mensonge initial de ces eurosceptiques qui ne cessent de faire la morale à l'Europe pour son prétendu "manque de transparence" m'apparait profondément choquant. Soit il a été financé...par un Irlandais fortuné par exemple, et cela risque fort de compromettre la validation des comptes de campagne de Libertas (ils doivent avoir une bonne équipe d'experts comptables en ce moment). Je ne suis pas certain que le coût de ces productions, à ce stade, fasse sauter le budget de campagne de Libertas (à vérifier toutefois), même si les prestations d'Image et Stratégie et de l'Enchanteur d'Arnaud Dassier sont coûteuses.
Mais ensuite, il y a violation quasi explicite du droit d'auteur. Si les majors donnent leur accord pour un tel détournement officiel d'oeuvres commerciales, ne s'agit-il pas d'un "don en nature" de personnes morales...typiquement un cadeau qui devrait disqualifier les listes de Libertas ? Au contraire, si elles facturent l'usage de ces oeuvres au prix de marché, le surcoût pourrait bien avoir un impact fâcheux sur les comptes de campagne de ces listes. A la place de Dupont-Aignangnan, j'attaquerais tout de suite, histoire de faire le ménage dans la famille des eurosceptiques protectionnistes.
13:53 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : libertas, europeennes |
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