samedi, 11 décembre 2010
L'euro risque de disparaître, et alors ?
Lundi 13 décembre à 19h00, Philippe Simonnot nous parlera du "jour où la France sortira de l'euro" au café du Pont Neuf. Vous croyez que c'est un scénario de science fiction ? Lorsqu'un grand quotidien titre en première page "Merkel et Sarkozy martèlent leur détermination à sauver l'euro", c'est que la réponse n'est pas claire pour tout le monde (après l'analyse de Thibaud Denolle, j'attends celle de H16). Cela confirme la grande fragilité politique actuelle de cette devise qui n'a même pas atteint l'âge de l'adolescence. Pourtant, et bien qu'un certain nombre de libéraux soutiennent activement la fin de l'euro, je crois qu'une telle révolution nous coûterait bien plus cher qu'un retour à ses fondamentaux hélas négligés et piétinés en cours de route.
L'instauration de cette devise commune devait imposer aux pays membres rigueur monétaire et budgétaire. Rétrospectivement, les pays n'ont absolument pas respecté les critères de Maastricht limitant les déficits publics et la dette de chaque Etat membre. Nous nous sommes rendus compte qu'aucun processus de sanction n'avait été mis en place pour parer aux dérapages ponctuels, encore moins lorsqu'ils se généralisaient. Enfin, Jean-Claude Trichet est en train de faire voler en éclat la crédibilité monétaire de la BCE en achetant des obligations publique des "Etats périphériques" (c'est moins offensant que "PIGS") par de la création monétaire pure. Les termes du contrat sont donc tous allègrement violés, les gouvernements du sud ayant vécu sur la réputation de l'Allemagne pour surendetter leur pays avant d'exiger d'elle qu'elle paye l'adition. Aujourd'hui, ils n'inspirent plus confiance aux créanciers. Et si l'Allemagne a cédé plusieurs fois aux exigences de laxisme de la France, elle commence à vraiment bloquer sur cette irresponsabilité de gouvernements irrespectueux du pacte fondateur de l'euro.
En annonçant son refus de soutenir l'initiative de création d'un eurobond commun à toute la zone euro, Angela Merkel frachit un pas dans la direction d'un retour à la responsabilité de chaque pays dans la gestion de ses finances publiques. L'Allemagne ne veut plus prolonger cette incitation au vice. Bien que le prix politique de cette fermeté soit élevé, on ne peut que l'en féliciter. Pour l'Allemagne, il est dorénavant légitime qu'un petit pays paye cher le prix de sa dette lorsqu'il a mal géré ses finances publiques pendant de nombreuses années. Dans la même ligne, un livre vient de sortir en Allemagne : "Sauvez notre argent, l'Allemagne est bradée". L'auteur y défend une partition de la zone euro en deux : le nord, rigoureux et respectueux des règles; et le sud, bordélique et parfois approximatif avec la vérité des chiffres. Ce pavé dans la mare n'est pas lancé par un inconnu mais par l'ancien patron des patrons allemands, Hans-Olaf Henkel. Les sondages abondent dans son sens : de plus en plus d'Allemands, parmi lesquels une partie de l'élite économique, voient davantage l'euro comme une menace pour leur pays que comme un atout. Jusqu'ici, ils estiment le coût de son abandon trop élevé pour prendre ce risque. Mais pour combien de temps encore ?
En France, ce sont les souverainistes qui défendent cette thèse. Mais eux veulent fermer les frontières, imposer des droits de douane élevés (au détriment des consommateurs) et limiter les importations (idem, mais aussi au détriment des entreprises exportatrices menacées de mesures de rétorsion) et, surtout, soumettre la monnaie au pouvoir politique pour créer de l'inflation et la dévaluer. C'est sans doute la raison pour laquelle l'élite économique du pays est plus souvent favorable au maintien de l'euro. Non pas qu'ils soient heureux de ses conséquences, mas ils savent ce qu'ils risquent de subir si nous nous en décrochons. La France n'est pas l'Allemagne (en tout cas pas tant que le Parti Libéral Démocrate ne sera pas au pouvoir), l'autonomie verrait le retour des nationalisations sauvages, du renforcement du pouvoir des monopoles publics, sans exclure le risque d'un contrôle des changes brutal piégeant le patrimoine des classes moyennes piégées.
Mais l'essentiel du coût de l'abandon de l'euro n'est pas là. Les grandes banques françaises et allemandes détiennent à leur actif une bonne part de la dette des petits pays périphériques. Une explosion de l'Europe aboutirait à une rapide dégradation des taux de change des pays sortant de l'euro, rendant ces deniers insolvables. Les institutions financières et les épargnants de nos contrées se verraient alors contraints de provisionner ces montants considérables. Il en résulterait un choc économique majeur pouvant faire resurgir de graves tensions géopolitiques. Certes, le maintien de l'euro devrait également entraîner des pertes pour les pays riches du nord de la zone, principaux créanciers des pays en difficulté. Au moins, le jeu diplomatique et politique favorise les mesures draconiennes et laisse espérer un retour à meilleure fortune.
La question de l'euro n'est pas uniquement économique, elle est également profondément politique si nous voulons que les réformes engagées en Grèce, en Irlande, en Espagne et ailleurs se poursuivent et aillent plus loin encore. La BCE peut retrouver sa sobriété si la France soutient l'Allemagne dans ce sens. Axel Weber, probable (et espéré) successeur de Trichet, nous promet d'ailleurs un retour à la plus pure austérité. Sa ligne me convient. Ma priorité, en tant que libéral, c'est d'abord que la France engage à son tour ces réformes qu'elle est de plus en plus seule à ne pas avoir démarrées et dont elle a tant besoin.
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| Tags : euro, merket, sarkozy, eurosceptiques, souverainistes |
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mercredi, 28 avril 2010
Et si l’Allemagne quittait l’euro ?
Un sondage récent montre que 91 % des Allemands souhaitent une sortie de la Grèce de l’euro. Ils n’ont certainement pas en tête le coût financier d’un effondrement de ce pays sur leurs banques et leur économie. Si ce scénario se réalisait, les avoirs grecs convertis en drachme seraient rapidement dévalués mais pas leur dette qui, elle, resterait en euros. Autant dire que ce serait la faillite instantanée. Les créanciers seraient contraints de négocier la suspension du paiement des coupons, l’allongement de la maturité de leurs titres, voire une diminution de la valeur nominale de remboursement du capital.
Hélas, les marchés financiers ont crevé l’abcès. Ils ne veulent plus prêter un centime à la Grèce qui devient l’un des pays jugés les moins sûrs. Le rendement de la dette grecque à deux ans a dépassé 13.5 %, et le 10 ans grec 10 % ! Ceux qui détiennent des obligations grecques sont tétanisés. Les banques allemandes ont environ 35 milliards de dette grecque dans leur bilan, ce qui est moins que les 60 milliards détenus par les banques françaises. Au total, il y en a pour plus de 300 milliards d’euros, sans parler des dommages collatéraux comme la faillite de banques grecques.
Une certitude : hormis le plan de sauvetage proposé par le FMI et l’Europe, la Grèce sera contrainte de ne plus emprunter du tout pendant de nombreux mois, peut-être quelques années. Cela signifie que de son déficit considérable, elle devra passer très rapidement en excédents budgétaires. Ce n’est pas impossible. Les coupes budgétaires rapides et fracassantes sont essentielles, ainsi qu’un rallongement de l’âge du départ à la retraite des fonctionnaires. La pression fiscale y étant parmi les plus faibles d’Europe, le gouvernement grec a de la marge pour augmenter un peu le niveau des prélèvements obligatoires sans atteindre un point trop pénalisant. Et l’économie actuellement bloquée par des réglementations multiples et une bureaucratie étouffante peut rapidement être libérée de ses entraves. La croissance et l’élargissement de la base fiscale permettraient rapidement à la Grèce de revenir dans les clous en faisant grimper les recettes fiscales issues d’une hypercroissance.
Parallèlement, il va falloir faire comprendre aux Grecs que s’ils ne veulent pas du FMI ni de l’Europe, ils vont devoir se passer de beaucoup de prestations de leur Etat en banqueroute. Il va aussi falloir leur faire comprendre qu’il leur faudra rembourser un jour s’ils ne veulent pas subir des représailles légitimes. Tout ceci ne concerne que la Grèce. Déjà, le Portugal se trouve pris dans le même engrenage et une troisième cible va vite émerger à son tour. La vie à crédit est terminée. La France a sérieusement intérêt à reprendre en main ses finances publiques avant que nos créanciers s’en chargent eux-mêmes dans les deux ans qui viennent. D’ici-là, n’excluons pas que l’opinion publique allemande, effrayée par la déliquescence des Etats membres de l’euro, pousse sa chancelière Angela Merkel à sortir de l’euro pour revenir au bon vieux DM. Je ferai alors un copier-coller de ce texte en remplaçant « Grèce » par « France ».
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| Tags : crise grecque, euro, grece, portugal, notationallemagne, dévaluation |
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lundi, 08 mars 2010
Grèce : aide-toi, l'Europe t'aidera
En fragilisant l'euro, la crise grecque menace onze ans de construction de notre devise commune. Dans ces difficultés, les Etats membres de l'euro doivent afficher une solidarité sans faille avec la Grèce. Sinon, la défiance des investisseurs viendrait vite saper l'euro en visant successivement l'Espagne, le Portugal et, qui sait un jour, la France. Ce contexte périlleux impose aussi de réaffirmer avec force les principes constitutifs de l'euro, notamment les critères de Maastricht. Seul un discours de grande fermeté est en mesure de rassurer les investisseurs, non seulement sur la dette grecque, mais sur l'ensemble de la zone euro.
La Grèce a toutefois le devoir de racheter des années de mensonges et de montrer l'exemple par respect pour ses partenaires européens. Elle y parviendra à assainir ses comptes en réduisant sa dépense publique et libérant la croissance par une modernisation de son économie. C'est d'ailleurs à cette condition seulement que l'Europe doit proposer sa caution, voire son aide financière, à la Grèce. Cette crise nous concerne tous en Europe. Pour la France, c'est le moment de choisir son camp : rester, par son laxisme budgétaire, dans le club des mauvais élèves de l'euro, ou rejoindre l'Allemagne sur une ligne responsable. La préservation de l'euro et la poursuite de la construction européenne impliquent que notre pays s'engage sur la seconde voie.
La première mission d'une bonne gouvernance de la zone euro, c'est d'assurer le respect strict des principes fondateurs de l'euro concernant les déficits publics et la dette. Nous en sommes loin. Les critères de Maastricht ont été fixés dans une logique de stabilité économique et monétaire. Nous constatons aujourd'hui que leur non-respect risque de nous entraîner dans une crise dramatique. Derrière les évènements inquiétants actuels se profile l'explosion de la bulle des dettes publiques. Après la Grèce, dont la dette publique promet de grimper entre 2009 et 2011 de 116 à 137 % de son PIB, il y a l'Espagne (55 à 72 %), l'Italie (114 à 121 %) et, peut-être un jour, la France (78 à 91 %). L'Espagne, le Portugal, l'Italie, et peut-être un jour la France, risquent à leur tour de vivre le scénario grec et d'être menacés d'insolvabilité pour leur gestion calamiteuse des finances publiques. La fragilité de l'euro vient de ce constat lucide des investisseurs internationaux. Les pays membres de l'euro ont perdu le contrôle de leurs finances publiques. C'est pourquoi nous devons anticiper sur l'avenir et engager l'Europe dans une thérapie collective de choc : réduction massive des dépenses publiques de ses Etats membres et mise en œuvre des mesures de libération de la croissance. C'est la condition pour préserver notre économie et notre qualité de vie.
Dans l'immédiat, comment soutenir la Grèce ? Rien ne justifie que les Français cotisent deux ans de plus pour financer les préretraites des Grecs promises par leurs gouvernements successifs tous aussi irresponsables les uns que les autres. Nous ne voulons pas cautionner le trucage massif de ses comptes par la Grèce, ni sa gestion exécrable des finances publiques. Nous ne voulons pas que cette aide lui permette de repousser d'autant les réformes essentielles. Enfin, la perspective que chacun des états de la zone euro puisse se défausser de sa dette publique sur les autres pays membres suscite la crainte d'une gabegie généralisée. La construction européenne repose avant tout sur la transparence et la confiance que les Etats membres s'accordent l'un à l'autre. La zone euro n'y fait pas exception, bien au contraire. Agissons en responsabilité et exigeons de chaque Etat membre qu'il fasse de même. La Grèce prouver à l'Europe sa volonté de réellement agir dans le respect des règles communes en annonçant des mesures concrètes.
L'OCDE a calculé que pour ramener le poids de 120 % du PIB à 60 % dans les quinze ans, la Grèce devrait revenir à l'équilibre budgétaire avant 2015 puis rester en excédent les années suivantes. Cet objectif est réaliste. Le gouvernement peut diminuer le poids de la bureaucratie grecque, estimé à 6,8 % du PIB par la Commission européenne contre 1,5 % en Suède. Son effort devra aussi porter sur la baisse des salaires de la fonction publique, ou tout au moins leur stabilisation après des années d'augmentation insensée. Qui peut comprendre que les Grecs échappent aussi massivement au devoir de payer l'impôt ? La collecte efficace des prélèvements obligatoires par l'Etat grec est un moyen essentiel de réduire la part de l'économie parallèle, valorisée à 30 % du PIB, et d'augmenter ses ressources récurrentes sans augmenter les taux d'imposition.
Ensuite, les seules retraites du seul secteur public passeront de 11 à 24 % du PIB dans les prochaines décennies. C'est pourquoi la Grèce doit aligner l'ensemble des régimes de retraite sur l'âge de départ commun en Europe, 67 ans.
Enfin, la corruption généralisée place la Grèce en 72e position mondiale selon le classement de Transparency International. En plus des gaspillages qu'elle implique, il n'est pas étonnant que la Grèce reste le dernier pays de l'OCDE en terme d'environnement favorable aux affaires, selon le classement annuel de la Banque mondiale. Il est donc essentiel que la Grèce modernise son économie en simplifiant le marché de l'emploi et les réglementations trop nombreuses, sources de chômage et de corruption.
Certes, la responsabilité est partagée. Ce pays a menti sur ses comptes depuis la préparation de son entrée dans l'euro, mais les fondateurs de l'euro l'ont accepté depuis l'origine, pour des raisons politiques injustifiées. Nous en mesurons aujourd'hui le coût. En outre, si ce pays n'a pas respecté les critères de Maastricht en laissant exploser ses déficits publics, la France n'a pas fait beaucoup mieux. La Grèce n'a pas réformé son modèle pour libérer ses forces vives et le rendre productif, la France non plus. La défiance qui frappe la Grèce aujourd'hui menace de nous arriver demain.
En bref, pour que cette crise ne se propage pas, les dirigeants de la zone euro ont le devoir de coordonner un plan commun de réduction des dépenses publiques et de modernisation de leur économie. C'est à ce prix qu'ils relanceront la construction européenne et transformeront nos économies fragiles pour en faire des partenaires crédibles des Etats-Unis et de la Chine.
21:09 Publié dans Dans le monde, Economie, Publiées dans la presse | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : grèce, crise, dette, déficits publics, euro, bce, inflation |
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vendredi, 26 février 2010
Un complot contre l'euro ? Appelez Lagarde !
L'euro n'est plus dans une trajectoire montante. Entendez, sa valeur ne s'apprécie plus rapportée aux autres devises, le dollar par exemple. Surtout le dollar, mais il ne faut pas trop le dire. Au contraire, notre devise unique dévisse à 1.35 depuis son plus haut... à 1.51. Pourtant, ce sont les Etats-Unis qui vivent le plus durement la crise. Et ils le méritent, c'est eux qui doivent en souffrir, pas nous. On a rien fait et nous, et puis on a nos formidables matelas sociaux ! L'Europe mérite son euro fort. L'euro fort, ça fait sérieux. Enfin, oui et non. Euro fort pour faire la nique aux yankees honnis de par chez nous. Mais un euro fort bien encombrant pour nos industries en difficulté. D'un point de vue très anecdotique, l'euro fort, c'est bien quand vous faites partie des classes aisées et voyagez pour faire du shopping de luxe à l'étranger. Les prix y sont plus doux (surtout quand il n'y a pas de TVA, le meilleur, c'est quand même d'éviter cette taxe exorbitante). Enfin bref. Mais pour notre économie dans son ensemble, si vous voulez exporter et que vous n'êtes pas Allemand (eux arrivent toujours à se débrouiller malgré un euro fort, eux aussi ils sont forts ces Allemands), vous êtes content quand l'euro est faible. Un euro ramolli devrait donc redonner des couleurs à nos secteurs tournés vers l'exportation, enfin celles que notre modèle économique n'a pas encore ruinés.
En tout cas, il va falloir faire avec. Pendant que nos politiques français font résonner (mais hélas pas raisonner) l'hallali dans les médias du quick halal (je me demande ce que serait un "quicky hallal", mais on change de sujet) et déballent les histoires de vols de voitures de ministres anciens ou actuels (il faut dire que beaucoup de nos hommes politiques n'ont pas le choix, ils ne parlent pas anglais et ne lisent pas la presse internationale qui parle de sujets sérieux : la dette, la mondialisation, etc.), il parait qu'un complot s'est organisé sur notre dos. Les maîtres du monde, ces dérégulés sans dieu ni maître, ont sabré le champagne sur la décision que le cours de l'euro dollar irait à la parité : 1 dollar = 1 euro (au lieu de 1.35, vous voyez la différence, c'est comme une grande braderie). Et bingo, voilà que des fonds "spéculatifs" s'y mettent aussi, poussant vers cet objectif sinistre d'un euro tout mou. Affreux pour l'amour propre (mais inversement proportionel pour le carnet de commande). Il est vrai que la Grèce n'y est pas pour rien. Avec leur moussaka de dettes recyclées et trafiquées, avec le mal de tête de quelqu'un qui aurait abusé de l'ouzo, personne n'y voit plus clair. Sinon que l'Italie n'est pas propre non plus, que l'Espagne coule, que l'Irlande cherche à se faire oublier et que le Portugal a du mal à replatrer ses dettes. Et que pas loin derrière, il y a la France, même si nous hébergeons comme Président un sauveur du monde multi-récidiviste qui fait trembler le capitalisme financier mondialisé... et bien rire les Chinois. Bref, les finances de l'Europe du sud, c'est un peu Madère avant les pluies.
Alors, complot ou pas complot ? Les fondamentaux sont-ils bien là pour que l'euro baisse, ou s'agit-il de simple "spéculation" sur le dos du pôv Européen écrasé par la finance internationale ? Vieillissement de la population, explosion des régimes de retraites par répartition et de sécu (calquée sur la répartition, ce qui en double le déséquilibre), dettes publiques hors contrôles, freins multiples à la croissance, tout est bien là pour entrer dans une zone de fortes turbulences. Mais bon, si l'euro s'effondre, encore une fois, cela revient à un effondrement des prix et des salaires européens, sans toucher à leur valeur nominale. Les Indiens et les Chinois commenceront peut-être à délocaliser en France lorsque nous serons devenus compétitifs par les prix. Le plus gros inconvénient du scénario bobsleigh pour l'euro, c'est l'emballement de la spirale de la défiance des capitaux vis-à-vis de notre devise. Elle a beau se comprendre, mettez-vous à la place des entreprises qui ont déjà du mal à trouver de l'argent avec l'éviction massive des émissions obligataires des Etats européens qui pompent tout ce qui passe. Un euro qui baisse s'explique par un assèchement des capitaux qui rentrent ou restent en euros. Assèchement pour les entreprises, donc. Je ne parle pas des gouvernements eux-mêmes, ils sont déjà en train de vider les nappes phréatiques aux dépens du monde libre secteur privé. Ils devront quand même payer leur dette à des taux de plus en plus prohibitifs pour compenser le risque de dévalorisation de leur devise.
Bref, il est temps de partir comploter en vacances pour récupérer avec ce qui nous attend.
20:44 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 11 février 2010
L'euro survivra-t-il à la Grèce ?
La crise grecque annonce d'autres crises bien plus graves. Comme avec les banques, la bulle atteindra successivement les acteurs les plus fragilisés, et frappera brutalement l'un d'entre eux que personne n'attendait, ou par un angle surprise. La Grèce pourrait être suivie par l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, ou peut-être un jour la France dont le ratio d'endettement atteindra celui de la Grèce dans quelques années. Aujourd'hui, personne ne respecte le contrat moral censé unir dans la stabilité les pays composant l'euro : les fameux critères de Maastricht. Il ne faut exclure non plus que l'Euro soit emporté par le défaut de paiement d'un pays hors de la zone euro. A
En tout cas, aider la Grèce aussi facilement envoie un message dangereux aux autres Etats membres de l'euro : tricher sur ses déficits et sa dette, repousser les réformes, ce comportement n'aboutit pas à une sanction mais au contraire au secours des autres pays dont les gouvernants jouent la solidarité avec l'argent de leurs contribuables déjà étranglés. La seule solution saine aurait consisté à proposer à la Grèce de sortir de l'euro ou de s'engager sur la voie de réformes bien plus dures : baisse massive des dépenses publiques et libéralisation accélérée de l'économie pour que ce pays ne figure pas au dernier rang des pays de l'OCDE en termes d'environnement des affaires. (selon la banque mondiale). Il ne s'agit pas d'égoïsme mais d'appel à la responsabilité de gouvernements qui ont fait n'importe quoi jusqu'ici.
La conséquence du laxisme budgétaire des Etats membres de l'euro et de l'aide apportée à la Grèce, c'est que le mortier qui faisait tenir l'euro est en train de s'effriter rapidement. Les marchés financiers croient de moins en moins à notre devise, à juste titre. Si l'Europe ne fait pas des choix courageux et difficiles dans les prochains mois, je dois avouer, moi qui ai beaucoup soutenu d'euro et la construction européenne, que je ne vois pas un avenir très lumineux pour cette devise qui constitue pourtant une étape importante dans la construction européenne. Triste gâchis de gouvernements court-termistes, électoralistes et sans courage ni vision.
L'Euro est menacé
envoyé par PartiLiberalDemocrate. - L'info video en direct.
22:18 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : europe, euro, dette, depenses |
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mardi, 03 mars 2009
L’Europe sort-elle renforcée ou menacée par la crise ?
La crise va-t-elle ressouder l’Europe ou bien au contraire la faire exploser ? A la veille des élections européennes, cette question est encore peu abordée par la classe politique qui préfère s’en tenir aux discours convenus habituels. Dans un partage des rôles, les « européistes » défendent le fonctionnement de l’Europe bec et ongles, sans évoquer ses carences et ses dérives. Les souverainistes ne font que critiquer la bureaucratie bruxelloise qui porte atteinte, selon eux, à notre identité et notre souveraineté nationale, mais sans aborder les atouts que la construction européenne nous offre. Pourtant, il se passe bien des choses en coulisse. Et aucun des deux camps n’aborde trop ces questions sensibles qui appartiennent pourtant de plus en plus au domaine des possibles.
Entre le risque d’un défaut de paiement des Etats membres et celui d’un départ volontaire de l’Euro, les scénarios inquiétants commencent à être étudiés sérieusement par le gouvernement français et par la commission européenne. L’Euro pourrait bien se trouver menacé, et l'Europe même par répercussion, bien que la Pologne et la République Tchèque semblent aujourd'hui vouloir intégrer la monnaie unique. L’Euro devenant une monnaie refuge, elle attire les capitaux nécessaires aux investissements…et au financement des dettes publiques des pays membres. Mais la force de notre devise commune a pour inconvénient de bloquer le prix de notre monnaie au lieu d’en faire une variable d’ajustement en période de crise. La qualité au détriment de la flexibilité.
Les petits pays doivent être en train de soupeser les avantages et les inconvénients du maintien et de la sortie de l’Euro. Quitte à se retrouver en défaut de paiement, ce qui entraînerait une fuite massive des capitaux et un risque accru de faillite (ouvrant la voie à une renégociation générale de la dette), autant disposer d’une monnaie flexible capable de se déprécier pour relancer la machine. Cela doit se négocier contre garanties financières des Etats membres plus costauds. Mais ce coût vaut-il la peine d’être pris en charge par les citoyens de la zone euro ?
Certains pays se retrouvent avec un niveau des prix trop élevé en euros. La déflation nécessaire des prix…et des salaires est nécessaire mais elle passe mal. Très mal. Cette crise exige une purge d’excès passés mais aussi des ajustements structurels lourds. En freinant ceux-ci, on allonge la durée de la crise, et sans doute même sa profondeur.
21:05 Publié dans Dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : europe, euro, crise |
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