vendredi, 21 janvier 2011
Emplois verts : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas
Par Aurélien Véron et Henri-Louis Delsol, tribune publiée dans les Echos
Les annonces du Grenelle de l'environnement sont symboliques de la politique actuelle. Leurs effets à long terme sur la croissance ne seront pas à la hauteur des attentes. Il faut libérer l'économie au lieu de gérer le quotidien.
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| Tags : bastiat, ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, ecologie, environnement, nklm, grenelle, vitre brisee |
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mercredi, 25 novembre 2009
Dérèglement de la théorie du réchauffement par l'activité humaine
Jusqu'ici, nous subissions en silence le discours moralisateur de personnalités aussi qualifiées que Nicolas Hulot, qui va en jet privé en vacances en brûlant 4.000 litres de kéro, et Yann Arthus Bertrand, ce patron colérique qui va de chez lui à son bureau en hélico (dixit Le Monde dans son portrait de ce personnage exotique). Ils nous prenaient de haut, nous les petites gens qui saccagions la planète sacrifiée sur l'autel de nos mauvais instincts. Avec la fin de la misère, nous voulions bouffer convenablement, voyager, nous soigner, bref, que d'horribles péchés pour cette nouvelle religion. Ses prêtres aussi sectaires que les scientologues n'ont cessé de brandir la menace de la fin du monde, exigeant de notre part une pénitence terrible pour racheter nos très grandes fautes. Taxes, restrictions et décroissance, voilà l'horrible futur qu'ils nous promettaient (et que l'Etat est d'ailleurs en train de réaliser malgré lui et indépendamment de tout discours environnementaliste).
Il y avait bien quelques milliers de voix scientifiques contestataires, mais personne ne les prenait au sérieux. Leur carrière s'en trouvait même souvent menacée au point qu'un certain nombre d'entre eux se sont résignés à se taire. Les rares voix qui osaient s'exposer dans la contestation argumentée de cette thèse dominante se retrouvaient moquées et marginalisées, tout juste écoutées dans les émissions tardives pour faire remonter l'audimat. Pourtant, voilà-t-y pas qu'un scandale éclate à la veille du fameux sommet de Copenhague tant attendu pour son lot de mesures liberticides, au point de faire flancher un certain nombre de journalistes qui s'étaient pourtant faits les plus ardents défenseurs de la cause. Non, pas en France, ne rêvez pas.
Les mails du petit noyau de scientifiques adeptes de la thèse du réchauffement climatique par l'homme ont été divulgués par des pirates (ou à cause d'une mauvaise manipulation de serveur... ou les deux conjointement). Et leur contenu est explosif. Non seulement ils ont méthodiquement exclu des revues scientifiques et des médias les nombreux scientifiques qui osaient contester leur thèse, méthode peu scientifique vous me l'accorderez, mais il semble bien qu'ils aient manipulé les données de leurs modèles. Pas étonnant qu'ils n'aient jamais voulu transmettre leurs sources à autrui. Allez, je vous cite l'ennemi public numéro 1 des anticapitalistes, le Wall Street Journal, qui n'y va pas par quatre chemins sur ce point :
However, we do now have hundreds of emails that give every appearance of testifying to concerted and coordinated efforts by leading climatologists to fit the data to their conclusions while attempting to silence and discredit their critics. In the department of inconvenient truths, this one surely deserves a closer look by the media, the U.S. Congress and other investigative bodies.
Par conséquent, nous risquons d'assister à l'effondrement d'une autorité morale (et prétendument scientifique) majeure dans le monde : le CRU, coeur de la pensée du GIEC, à l'origine du prosélytisme mondial en faveur de la décroissance pour diminuer les émissions de CO2. Aujourd'hui, l CO2 fait psscchhit et nous apprend qu'une fois de plus, de fumeuses théories ont été instrumentalisées pour restreindre nos libertés, et diriger arbitrairement nos choix de vie. Cette blague a déjà coûté fort cher. Plusieurs personnalités politiques ont donc exigé l'ouverture d'enquêtes sur ces manipulations, les scientifiques visés ayant incité les gouvernements à dépenser l'argent des contribuables par milliers de milliards de dollars dans le monde pour lutter contre ce prétendu réchauffemen climatique.
Le Parti Libéral Démocrate demande que la France procède aux mêmes enquêtes pour s'assurer que les citoyens n'ont pas été les otages d'une manipulation terriblement coûteuse en profitant de leur crédulité, et de l'esprit moutonnier du pouvoir. La défense saura certainement prendre la parole et exposer ses arguments au travers de ses porte-parole habituels, fort médiatiques.
Complément d'enquête :
- Détail de l'affaire par Vincent Bénard (objectif liberté)
- Communiqué de l'Institu Molinari
- Analyse par les scientifiques de Skyfall
Et pour rappel :
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| Tags : climat, environnement, rechauffement, sceptiques |
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mardi, 09 octobre 2007
Ecotourisme, une recette qui marche
Tout le monde parle d'écotourisme. C'est à la mode. Avant que la tendance ne soit si branchée, j'ai eu l'occasion de tester le concept, certainement pas pour vos beaux yeux mais pour ceux des zanimaux croisés dans des conditions uniques. L'écotourisme, c'est d'abord un plaisir intense dans un cadre exceptionnel.
Première expérience, un lieu perdu au fond de l'Amazonie il y a environ 8 ans : le lodge Explorama, situé dans la forêt à plusieurs heures de bateaux d'Iquitos sur la rivière Napo. Iquitos, uniquement accessible par les airs (ou par le fleuve Amazone, si vous avez 3 ou 4 semaines à consacrer au transport aller), est une ville décatie, rafistolée de partout, totalement isolée au milieu de la forêt mais radieuse. On imagine la splendeur de ses villas coloniales à son apogée, il y a plus d'un siècle. Cette cité mystérieuse séduit toujours ceux qui ont l'audace de la visiter; une perle méconnue de plus dans un Pérou fascinant. Evidemment, passer une semaine dans ce lodge, c'est cher. Très cher. En fait, je constate qu'en général, l'écotourisme s'adresse à des voyageurs aisés. En partie parce que l'argent de cette forme de tourisme s'investit dans une mission associée aussi coûteuse que vitale. En échange, il offre un accès authentique à la biodiversité qu'il contribue à préserver. Contrat gagnant-gagnant.
Une part importante du prix de ce lodge rustique (pas d'électricité ni d'eau courante, le luxe se résume aux feuillées et à la moustiquaire fournie), 25 % me semble-t-il à l'époque, est reversée à deux fondations, l'ACEER et la CONAPAC. L'ACEER dispose d'un centre dédié aux scientifiques qui viennent affronter moustiques et conditions difficiles pour étudier la forêt primaire, la flore et la faune locale. Elle a notamment fabriqué une merveille pour les visiteurs, scientifiques ou profanes de mon espèce : un long chemin de plus de 500 mètres au-dessus de la canopée. De tout là-haut, vous dominez un océan vert uniquement animé par les oiseaux qui la survolent. Extraordinaire.
Et pour les enfants (anglophones), tout est prévu.
La CONAPAC, fondée en 1990 pour protéger la réserve "Conservacion de la Naturaleza Amazonica del Peru, AC", couvre plus de 100.000 hectares. Elle finance un dispensaire, des professeurs et divers projets destinés aux villages de la zone. Objectif : convaincre progressivement la population locale de participer activement à la préservation de cette réserve naturelle. Pour stopper la chasse d'espèces protégées, la déforestation visant à créer des champs cultivables et les différentes déprédations traditionnelles de l'environnement, les habitants de la zone doivent gagner au change pour se sentir impliqués dans cet objectif environnementaliste. C'est la première règle de l'écotourisme : impliquer les populations locales en leur faisant directement bénéficier des retombées du tourisme.
Si ce type d'initiative reste encore trop marginal, il n'en a pas moins un effet positif sur d'autres lodges moins ambitieux mais qui comprennent que leur modèle économique ne peut plus ignorer les populations locales. La déforestation n'est pas inéluctable, la protection d'espèces menacées est possible si des régions apprennent à faire de la forêt bien plus qu'un simple matériau périssable : de l'or vert. Cela passe par une privatisation de régions entières au profit d'associations ou d'entreprises qui ont pour ambition une exploitation durable de l'environnement. Les parcs publics, hélas, sont souvent sujets à la corruption. Sans direction responsable devant des membres ou des actionnaires exigeants, sans surveillance par une ONG présente, les fonctionnaires ont moins souvent la motivation nécessaire et cèdent plus facilement aux propositions de contournement des règles établies loin de là, dans un obscur bureau de technocrate. Deuxième règle de sauvegarde de l'environnement et des espèces protégées : appropriation des parcs par des organismes privés, responsables de leur entretien et de leur protection.
Autre voyage plus récent : la Tanzanie.
Parallèlement à l'Amérique du Sud, l'Afrique a travaillé dans cette même direction pour sauver certaines espèces animales et préserver des écosystèmes menacés. Aujourd'hui, certaines populations qui étaient en voie d'extinction il y a peu, telles le rhinocéros noir, retrouvent une croissance démographique encourageante. Ici aussi, cet équilibre passe par l'implication des habitants des réserves, qu'elles soient publiques ou privées. Il faut savoir que les braconniers ne peuvent chasser sur un territoire sans le soutien de guides locaux. La surveillance de vastes réserves n'est donc jamais aussi efficace (et juste) que lorsqu'elle est assurée par les villageois qui vivent sur le territoire protégé. Plutôt que d'ériger d'inutiles clotures, aider les habitants constitue la solution idéale.
CC Africa est l'un des leaders de l'écotourisme responsable sur le continent africain. Ils ont décidé de former leurs guides et leurs managers dans une école intégrée extrêmement valorisée dans les six pays où l'entreprise est présente. Un guide passé par cette filière sait sa carrière assurée, ses compétences étant largement reconnues grâce à la qualité de la formation reçue. Chaque lodge est donc dirigé par un autochtone formé par CC Africa. A terme, une génération plus entrepreuneuriale devrait émerger de ces guides talentueux bien formés et sensibles à leur mission.
Par ailleurs, Africa Foundation est née en 1992 pour accompagner l'entreprise commerciale mère. En plus des 5.5 millions de dollars de dons recueillis par les fondateurs de CC Africa parmi de riches familles sensibilisées à la préservation de la biodiversité en Afrique, une partie des recettes de chaque lodge doit être reversée aux villages proches par le biais de cette fondation. Un manager de lodge doit donc piloter simultanément les projets issus du lodge : écoles, dispensaires,... Très vite, chaque village se trouve impliqué dans cette mission de sauvegarde de leur environnement. Villageois salariés par les lodge ou indirectement bénéficiaires de leur activité, missions d'intérêt général financées par la fondation, développement de nouveaux lodges dans le sillon des plus connus.
Le succès du modèle est tel que CC Africa se développe en Inde avec Taj Safaris depuis plusieurs années, sachant qu'une démographie gallopante met en péril certaines espèces comme le tigre actuellement au bord de l'extinction. D'une population estimée à 40.000 au début du XXeme siècle, il n'en reste que 1.300 à 1.500 aujourd'hui, moitié moins qu'en 2000. Le seuil de non renouvellement de l'espèce est loin derrière nous. Sans une politique vigoureuse de préservation des tigres, nous n'aurons bientôt plus que Shere Khan comme seule référence animée. CC Africa cherche donc à recréer le lien qu'elle a su développer en Afrique depuis de nombreuses années. Pour le moment, les mauvaises habitudes prises par des villageois, excédés par les dépradations causées par les tigres et par le comportement distant des lodges plus anciens, rendent la mission de CC Africa périlleuse. Mais cette entreprise est pugnace, forte de ses conviction et de son ambition commerciale. Les prochaines années seront décisives. Mais déj, forte de son expérience dans la préservation de zones dévastées, le positionnement de cet expert de l'association du luxe et de l'authenticité commence à porter ses fruits. Les villages alentours ont apprécié les gains apportés par cette politique active d'implication de tous les acteurs locaux dans la mission générale de préservation de la faune et de la flore. Un processus vertueux serait-il enfin enclenché ?
L'écotourisme a de beaux jours devant lui. Avec l'augmentation du nombre de touristes dans le monde et du budget moyen consacré à ce plaisir, le nombre de parcs devrait se multiplier sur tous les continents. Le modèle devrait se répandre dans les lodge moins inaccessibles, et généraliser ainsi un code de bonnes pratiques. En attendant, n'hésitez pas à vous faire plaisir avec un bon petit safari labellisé "écotourisme responsable" en famille ou une balade dans les arbres au fond de l'Amazonie. Et revenez doublement heureux avec le sentiment d'avoir fait une bonne action !
07:05 Publié dans Dans le monde, Economie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : Pérou, Amazonie, Safari, Brousse, Jungle, écosystème, environnement |
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vendredi, 18 mai 2007
Un vent nouveau souffle des Etats-Unis, mais épargne la France
L'antiaméricanisme primaire incite certains commentateurs à ne voir dans les Etats-Unis qu'un bloc homogène de pollueurs de masse, irresponsables et égoïstes. Si le protocole de Kyoto a été rejeté par Bush, ainsi que par le Canada et, plus récemment, par l'Australie qui le trouvaient inutile et nocif au développement durable, une vraie prise de conscience de grands acteurs économiques est en train d'avoir lieu. Il s'agit bien plus que d'améliorer l'image de grandes entreprises. Les dirigeants de ces grands groupes savent qu'ils sont les premiers à devoir agir, bien avant les Etats eux-mêmes.
Début mai, la banque Citigroup, numéro 1 mondial, annonçait qu'elle allait consacrer $ 50 Milliards sur les dix prochaines années à des investissements en faveur de l'environnement. Parallèlement, elle va mettre $ 10 Milliards de plus pour réduire ses propres émissions de gaz à effet de serre. D'autres grands groupes bancaires sont sur la brèche pour suivre ce mouvement et devenir de vrais acteurs responsables de l'environnement, autant concernant leurs propres émissions que dans leurs investissements.
Aujourd'hui, Bill Clinton a réuni $ 5 Milliards pour moderniser les immeubles de 16 grandes villes dans le monde. Paris , qui n'est pas dans la liste, a tout de même envoyé un représentant au C40 qui a réuni 40 maires ou représentants de maires à New York. La fondation Bill Clinton part d'un principe clair : "Le réchauffement climatique est un problème global qui a des solutions locales". Les $ 5 Milliards viseront à rendre d'anciens immeubles conformes à des normes environnementales exigeantes. Cinq banques et quatre entreprises spécialisées dans les services énergétiques sont partenaires de ce projet ambitieux. L'enjeu est essentiel car l'immobilier consitue la plus grande part de la pollution émise dans les grandes villes.
Si on estime à 40 % la part des émissions de carbone et de gaz à effet de serre des immeubles, ce taux atteint 70 % dans les plus anciennes des grandes villes, dont Paris fait partie. La circulation, elle, ne représente "que" 20 %. Michaël Bloomberg, maire de New York, pense d'ailleurs instaurer un péage urbain dans le centre de Manhattan sur le modèle de Londres. Après Oslo et Singapour, ce principe tend à se généraliser dans les grandes métropoles.
Nous sommes loin des couloirs de bus Delanoësques et autres fadaises sans impact réel (voire dangereuses), mais dont l'utilité essentielle consiste à manipuler l'opinion. Si Paris parvient à mobiliser ses acteurs économiques locaux dans un esprit de liberté et de responsabilité, une vraie dynamique peut démarrer; qui plus est créatrice d'emploi et de richesse.
10:35 Publié dans Dans le monde, Economie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Environnement, gaz à effet de serre, lutte contre le réchauffement climatique |
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jeudi, 01 février 2007
Ecologie spontanée
Si je ne crois pas qu'un projet de société puisse être exclusivement fondé sur l'écologie, il m'apparait évident que le respect de l'environnement doit se propager progressivement à tous les domaines d'action individuelle et collective. Ce ne sont donc pas tant les grandes décisions gouvernementales qui feront évoluer nos modes de vie que le quotidien de chacun, cette prise de conscience de chaque acteur. Dans cette approche responsabilisante, les assurances commencent à bien saisir la demande de leur clientèle dans ce sens.
Alors que l'assurance automobile diversifie et enrichit un peu plus ses offres chaque année sous la pression de la concurrence, l'environnement devient un facteur sensible dans le calcul des primes. Vous connaissiez les dépannages gratuits, des véhicules mis à disposition gratuitement, notamment lorsque vous vous trompez de carburant (je suis un expert de ce type des ituation). Savez-vous que certaines assurances commencent à proposer de belles ristournes sur les véhicules propres ? Renseignez-vous, l'incitation est réelle.
La Macif, toujours engagée, a décidé de jouer la carte environnement à fond : les propriétaires de voitures hybrides voient leur cotisation responsabilité civile chuter de 30 %, La Maaf et Axa ont embrayé en allant jusqu'à 50 %de réduction sur la prime la première année sur les véhicules électriques ou hybrides.
La concurrence va dorénavant aussi se jouer sur ce critère-là.
14:00 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Environnement, primes d'assurance, voitures électriques hybrides, écologie, Maaf Axa, assurance automobile |
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mardi, 14 novembre 2006
Taxe environnementale sur les importations : nouvelle forme de protectionnisme
Dominique de Villepin est un malin ! Pour surfer sur la vague écolo déclenchée par le film d'Al Gore et le rapport de Sir Nicholas Stern, il vient de suggérer une excellente "mauvaise idée" pour pénaliser nos importations de façon très adroite. L'Europe, moins stupide qu'il ne le croyait, réagit déjà défavorablement à cette proposition de technocrate mercantile. L'environnement mérite des solutions justes et innovantes mais ne doit pas devenir une usine à recycler les propositions démogagiques.
Notre premier ministre souhaite taxer les produits importés de pays qui n'ont pas signé le protocole de Kyoto. Si le principe "pollueur payeur" auquel il fait référence, foncièrement libéral, est bon, l'application qu'il en fait s'en détourne clairement. Ce ne sont pas les entreprises ou les consommateurs pollueurs qui paieraient, mais l'ensemble des acteurs, quel que soit leur comportement, de certains pays choisis selon un critère bien réducteur. Quid des signataires du protocoles de Kyoto qui sont loin de leurs objectifs ? Bref, le critère de sélection apparait manifestement comme un un mur érigé entre le bloc BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et tous les pays qui sont en train de nous rattraper.
Surtout, on sait que le souci environnemental constitue un enjeu important à partir d'un certain niveau de niveau de vie. Plutôt que de freiner l'émergence de pays dynamiques par ces sanctions ciblées, il faut au contraire les laisser se hisser à notre niveau pour devenir aussi sensibles de leur environnement que nous du nôtre (et sans doute plus efficacement, car nous avons nous-mêmes encore du chemin à faire : balayons un peu devant chez nous avant de faire la leçon aux autres).
Pour illustrer cette corrélation, il suffit de prendre l'exmple de la déforestation. Les pays qui subissent la déforestation appartiennent souvent aux zones géographiques les plus défavorisées. Au contraire, l'exploitation du bois est extrêmement bien conçue dans les pays riches, au point qu'ils connaissent même une reforestation importante.
Bref, Villepin nous sert encore une soupe indigeste, qu'il veut nous faire avaler avec des histoires indignes d'un premier ministre.
13:27 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Villepin, environnement, taxe, CO2 |
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mercredi, 08 novembre 2006
Un impôt volontaire écologique : prélude aux impôts de demain ?
"Après avoir calculé leurs émissions de gaz à effet de serre, des entreprises mais aussi des particuliers acceptent de les compenser en finançant des projets écologiques" dans le Figaro d'aujourd'hui.
Action Carbone propose à ceux qui le souhaitent de mesurer le volume de gaz carbonique qu'ils ont émis. Le site est bien conçu, sobre et très pédagogique. Nous sommes loin des discours effrayants qui, même s'ils sont fondés, nous incitent davantage à baisser les bras qu'à agir quotidiennement avec des actes simples. Leur vision est plutôt rassurante :
"La compensation des émissions de gaz à effet de serre n’est pas la 1ère réponse dans la lutte contre le changement climatique. La réduction des émissions par des comportements économes et responsables est en effet l’action essentielle et prioritaire à mettre en œuvre. Cependant, certaines émissions sont « inévitables » et c’est à ces dernières que la compensation peut apporter une réponse.
Notre action n’est donc pas un moyen de déculpabilisation face aux émissions de gaz à effet de serre mais une action de responsabilisation supplémentaire pour réduire notre impact."
Ce discours me plaît car il sonne raisonnable. reste à payer, deuxième étape, la plus importante.
Fondé par l'Ademe et l'association GoodPlanet (créée en juillet 2005 et présidée par Yann Arthus-Bertrand), il permet en outre de verser l'équivalent d'un impôt volontaire à un fonds. Le montant proposé est de 15 euros par tonne de CO2. Evidemment, le premier partenaire de ce projet à apparaître dans la liste, c'est la Caisse des Dépôts, toujours là pour dépenser l'argent des contribuables pour acheter une bonne conscience au secteur public. Bon. Mais plus bas (donc moins visibles), "Défi pour la Terre", la fameuse association de Nicolas Hulot.
Qu'il s'agisse d'un financier ou d'Arthus Bertrand, qui a versé 22.600 euros pour compenser ses nombreux déplacements en avion (gourmands en kérozène), de nombreux individus écologiquement responsables ont versé leur écôt à l'association. Des entreprises ont également choisi de participer à ce projet, comme Cortal Consors, Yves Rocher et Lexmark !
L'ensemble des versements finance des projets "sobres" en carbone (énergies renouvelables, efficacité énergétique..) mais aussi des projets de séquestration de carbone afin d'absorber une partie du carbone émis et de l'enfouir. Déjà, deux concurrents proposent un type similaire ddirecte : l'ONG Geres (groupe Énergies renouvelables environnement et solidarité fondée au début des années 80) et une entreprise baptisée Climatmundi (calcul d'émissions pour vos voyages en avion très réussi !).
Bref, le principe de cet impôt volontaire pourrait marquer un changement dans l'approche fiscale, non ? Ne pourrions-nous pas basculer progressivement certains impôts et taxes sur ce mode ?
Rêvons un peu. Pourquoi ne pas offrir aux contributeurs des avantages urbains, par exemple ? La Ville de Paris pourrait faciliter la vie des imposés, comme forme d'incitation à payer cet impôt, sans nuire pour autant aux autres. A quand une carte "Privilèges VdP" avec certains tarifs négociés (stationnement, parkings), des files de priorité (crèche ...), un accès VIP aux élus de Paris et, pourquoi pas, un service de conciergerie pour toutes les démarches locales municipales ou administratives ?
En attendant, à mon chéquier !
10:30 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : environnement, import, ecologie, CO2, rechauffement |
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jeudi, 12 octobre 2006
Un projet de loi viserait-il à interdire la remise en question du réchauffement climatique ?
Tout a commencé par un article de Claude Allègre dans l'Express, dans lequel il déclarait : "La cause de cette modification climatique est inconnue. Est-ce l'homme? Est-ce la nature? Les archives glaciaires ou historiques nous indiquent que le climat est un phénomène capricieux. Les théories météorologiques mathématiques le confirment. Donc, prudence. ".
Mais son véritable crime de lèse-majesté venait fermer ce billet : "En attendant, l'écologie de l'impuissance protestataire est devenue un business très lucratif pour quelques-uns!".
Des noms ! Des noms ! Chercheurs du CNRS, Instituts de climatologie qui se gavent, ONG sur un créneau porteur ?
Ecrit par un éminent géophysicien, on comprend l'effet de tels propos ! Surtout que, contrairement à ce que laissent filtrer les médias, il n'est pas seul. Ses thèses sont partagées par les géophysiciens de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), dont le directeur a déjà émis des propos assez proches. Mais le texte d'Allègre fut le point de départ d'un ouragan scientifique et médiatique. Certains députés, de droite comme de gauche, s'en émurent et tinrent à son endroit des propos peu amènes.
Un panel de scientifiques (tous fonctionnaires) transmit à l'Express une réponse "officielle" et scientifique à chaud : "On pourrait s'attendre à ce qu'un chercheur "éminent", ancien ministre de la recherche et académicien, donne une information d'expert scientifique responsable et non une information tronquée, presque partisane et fausse, surtout lorsque cela concerne un sujet sociétal"... et, surtout, un sujet qui les fait tous vivre aux frais du contribuable !
Après l'article de Stéphane Foucart dans le Monde, plutôt ouvert, Sylvestre Huet, dans Libé, fut incendiaire : [Claude Allègre] "s'y livre en effet à une série d'affirmations dont on hésite entre mensongères ou ignorance grave pour les qualifier.".![]()
Véronique Anger-de-Friberg, dans AgoraVox, intitula son texte "Claude Allègre, hérétique ?". Son texte révèle qu'elle comprend bien l'enjeu qui se dissimule derrière ce débat : "Les similitudes avec la tyrannie de la religion sont troublantes. Elles ne pouvaient que sauter aux yeux du libre penseur que je suis... dussé-je finir sur le bûcher ! ". Et en effet, les politiques commencèrent à tiquer. Comment séduire un public désabusé, autrement qu'en surfant sur les poncifs du moment ? C'est la voie (facile) empruntée par des politiciens qui s'accrochent à leur siège comme les moules à leur rocher, pour reprendre l'heureuse formule de Galouzeau à l'égard des fonctionnaires.
La réaction de Claude Allègre fut posée, franche et claire : "Ma chronique sur le «réchauffement climatique» ayant suscité trois ou quatre réactions d'une violence hors de propos, je me dois de mettre les points sur les i. ".
Son approche le distingue nettement du business écolo traditionnel, ces marchands de peur. Elle se fonde sur l'étude et la raison : "ce qui me distingue des fanatiques de l'effet de serre, c'est que leurs proclamations consistent à dénoncer le rôle de l'homme sur le climat sans rien faire pour combattre ce danger, si ce n'est organiser des colloques et préparer des protocoles qui restent lettre morte. C'est l'attitude de l'écologie dénonciatrice. Je me situe clairement dans l'écologie réparatrice. Celle qui propose des solutions concrètes pour préserver notre planète. Dans le cas présent, en aménageant le territoire pour la préservation de l'eau et la prévention contre les cyclones, en défendant l'idée des voitures hybrides ou électriques dans les villes et les recherches sur la séquestration du CO2." [...] "Allègre manipule le texte, trompe ses lecteurs". Rien que ça !
Et, pour finir, une conclusion qui cogne : "Ce dont je rêve, c'est que l'écologie soit le moteur du développement économique et non un obstacle créateur de peurs.". Un politique pareil me plait, même si je ne partage pas ses convictions sur certains sujets pour lesquels il réagit en vrai paléo-collectiviste. Il n'est manifesteemnt pas là pour se faire des potes ! La méthode est parfois brutale, mais elle a le mérite d'être claire, non alambiquée.
Hélas, il est trop tard. Un projet de loi commencerait à circuler dans l'hémicycle et pourrait être proposé dans les prochaines semaines. Pendant que Daniel Schneidermann réagissait avec une parfaite mauvaise foi sur Big Bang Blog, un député UMP aurait avancé : "on ne peut permettre aux intellectuels, aux scientifiques, de remttre en question des vérités que personne de sérieux ne conteste". Du côté du Parti Communiste, même type de réaction visiblement. Si le PS défend plutôt Claude Allègre, les tensions actuelles se traduisent aussi par de belles petites trahisons dans le dos. Certains n'hésiteraient pas à le désavouer et à soutenir ce projet de loi. Bref, il pourrait transcender le clivage gauche-droite et passer en force avant la fin de l'année.
Contester le réchauffement climatique risquerait alors de devenir un délit, sanctionnable par de la prison avec sursis et des amendes pouvant atteindre 45.000 euros !
16:55 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
| Tags : rechauffement, allegre, environnement |
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