vendredi, 25 juin 2010

Face à la crise, "le meilleur parti" gagne sur une proposition : ramener Disneyworld à Reyjavik

Maire.jpgIl y a 6 mois, à total contre courant de l'histoire et des réalités économiques, de nombreux gouvernements et le FMI couraient après le plus gros plan de relance. C'était le grand bond en avant de la dépense publique. En France, Guaino plaidait pour un grand emprunt maximal. Les libéraux devaient faire profil bas. Les Etats allaient dresser ces foutus marchés financiers, on allait voir ce qu'on allait voir. Nos gouvernants, sûrs de leur bon droit, affichaient une insolente arrogance à l'endroit de leurs créanciers inquiets. La spéculation, les traders, la finance et tout le tintoin, au bercail ! Et puis patatras.

 

Les marchés ont redressé ces gouvernements irresponsables avec les deniers de leurs concitoyens. Les créanciers, ces fonds de pension et ces banques dont les Etats ont largement abusé pour dépenser plus, beaucoup plus que ce que leurs recettes fiscales déjà élevées leur permettaient de faire, ont repris la main. Naturellement. Aujourd'hui, c'est la course aux réductions de dépenses publiques. Enfin ! Nous avons une chance de voir la croissance repointer le bout de son nez. Cete spirale va obliger les gouvernements à revoir leurs modèles sociaux, leur organisation. La sociale démocratie est arrivée au terminus.

 

Nous allons devoir réinventer d'autres formes de solidarité active, consentie, en échange du retrait des Etats. Mais avec ce retour de Thatcherisme à l'échelle de l'Europe, comment les populations vont-elles réagir ? En Grèce, les communistes et les anarchistes tuent. Ce n'est pas très étonnant, c'est dans leurs gènes. Une fois en brûlant une banque, cette fois-ci avec des colis piègés (qui ont tué un haut fonctionnaire, sans commentaire). En Islande, les électeurs ont été plus respectueux de la vie humaine (il faut dire que l'idéologie communiste y est moins répandue). Ils ont porté à la mairie de Reyjavik un comédien qui a longtemps voulu être clown et voit aujourd'hui son rêve se réaliser. Grand clown d'une capitale.

 

Son parti était "le meilleur parti", c'était plus simple pour les Islandais. 'Programme allumé : "Faire venir Disneyworld à Reyjavik" ou "offrir des serviettes à tous". Résultat : il finit en tête fin mai, avec plus du tiers des voix. Malgré une faillite totale du pays et le volcan qui inonde le ciel européen de ses cendres, les Islandais ont le sens de la fantaisie. Nous verrons si ce profane absolu de la politique fait mieux que les professionnels.