lundi, 20 novembre 2006

Pollock : No 5 vendu 140 milions de $

medium_31643.6.jpgLa toile Number 5 de Jackson Pollock est partie à 140 millions de dollars chez Sotheby's, le prix le plus élevé pour une toile de toute l'histoire du marché de l'art (devant les 135 millions payés pour un Klimt en 1997). L'acquéreur de l'oeuvre est un Mexicain, David Martinez. A ce prix, ce n'est pas de la spéculation mais de la passion, une passion dévorante, sans limite. De tout temps, les grands ont alloué une partie de leur fortune, sinon son intégralité, pour acquérir des oeuvres d'art. L'art serait-il l'opium des riches ?

 

Professeur Jascha Kessler, en apprenant le prix de vente ahurissant de cette oeuvre certes extraordinaire, nous raconte comment il a failli l'acheter en 1948. Betty Parson exposait alors les oeuvres de Jackson Pollock dans sa petite galerie New Yorkaise. Elle avait mis la toile Number 5 à 140 $. Ce professeur, alors étudiant, avait alors négocié un étalement. La galeriste avait proposé qu'il paye 5 $ par semaine. Mais c'était son budget hebdomadaire de transports en bus. Il n'a pas osé demandé un coup de pouce à sa famille, ni vendre un objet de valeur pour récupérer cette modeste somme. En gros, il devait sacrifier le montant de l'équivalent de sa carte orange pendant 28 semaines pour acquérir l'une des oeuvres les plus importantes de son siècle. Il n'a rien fait.

Pourtant, ce modeste étudiant savait. Il savait que cette oeuvre, comme cet artiste, marquerait l'histoire de l'art du XXeme siècle. Il savait qu'il faisait une bêtise. Rationnel, il a laissé tomber. Et depuis, il ne peut que s'en vouloir à lui-même. Il ne s'en prive pas. Inconditionnel moi-même de l'oeuvre de ce fondateur de l'expressionnisme abstrait, je mesure plutôt bien à quel point sa frustration a dû être grande jusqu'à ce jour.

 

L'un de mes oncles m'a raconté un jour une anecdote amusante dans cette ligne. Alors artiste bohême vivant à Greenwich Village, il fréquantait Pollock avec une bande de copains. C'était un peu leur idole. Un jour, Pollock les invite à venir preindre à son atelier à Long Island. Ils y allèrent, enthousiastes. Jackson Pollock leur mit dans les mains des seaux de peinture, des brosses et des rouleaux afin qu'ils repeignent le cabanon même, celui dans lequel il dut dérouler ses immenses toiles pour les couvrir de ses effets (je vous encourage à voir le fameux documentaire de Hans Namuth qui y fut tourné). Ils ne repartirent pas frustrés pour autant car il leur proposa de se servir dans une pile de drippings sur papier en remerciement de leur coup de main. Timides, ils n'en prirent qu'un chacun; ils auraient pu en prendre une liasse sans souci. Mais non. Mon oncle vendit son unique papier quelques années plus tard, une fois Pollock décédé. Il en toucha déjà quelques milliers de dollars (contre 450 dollars pour la grande toile Number 5 en galerie de son vivant, on imagine déjà la croissance de la valeur de l'artiste !), mais la valeur de ces papiers fut multipliée par cent en quelques décennies. Aujourd'hui, il n'a pas de regret. L'essentiel, pour lui, c'est d'avoir connu l'homme en action, l'avoir vécu.

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lundi, 23 octobre 2006

Mairie de Paris : les rois du liquide englougloutis

Les 4.960 bouteilles dont je vous avais parlé ont explosé les compteurs : 1 million d'euros récupérés, contre 550.000 euros estimés, presque de quoi financer la Nuit Blanche !

Les stars de la vente, Romanée Conti 86 et Petrus 90, sont parties entre 3 et 4 fois la mise, autour de 5.000 euros pièce. Les acheteurs étaient venus des Etats-Unis, de Russie ou d'Asie (où se trouvent aujourd'hui parmi les plus belles caves du monde).

 

Bravo à Bernard Bled qui, sous les mandats de Jacques Chirac et Jean Tiberi, a consituté une collection aussi exceptionnelle, digne des Palaces les plus réputés. le pauvre semble presque deprimé qu'on vende son joujou.

Ah là là ! C'était le bon vieux temps. La Mairie de Paris savait vivre avec notre argent, nous en sommes plus convaincus que jamais. On imagine ce qui a été bu si on considère que ces 7.000 bouteilles sont les miettes dernières gouttes de l'ahurissante cave dont les caisses partaient tous les jours en festins de VIP. La sagesse a parlé : "Servir 10 bouteilles de château pétrus lors d'un repas, c'est mettre 25.000 euros sur la table, et ce n'est pas forcément très raisonnable", plaide Claude Maratier. Aujourd'hui, nous favorisons "les cocktails debout", et donc le champagne, a précisé le chef du protocole de la mairie de Paris, vendredi matin, à l'antenne de RTL.

 

Le liquide, grands crus ou petites coupures, a vraiment été au coeur de la politique RPR !

 

Qu'on se rassure, l'équipe qui tient la mairie de Paris est tout aussi dépensière. Simplement, elle ne boit pas et a d'autres préférences. Nous saurons, au prochain changement de majorité, ce qui traine actuellement sous les dorures de l'Hôtel de Ville.

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samedi, 14 octobre 2006

Ville de Paris : nos élus avaient du goût...avec notre argent

La majorité RPR de Paris a bien investi avec les impôts locaux. Bertrand Delanoë a vu là une excellente opportunité de cogner sur ces dépenses somptuaires engagées par l'ancienne municipalité, peu visibles au-delà de la salle à manger de l'Hôtel de Ville.

 

medium_Chateau_Petrus.jpgFaisant celui qui découvrait ces merveilles, il a décidé de mettre en vente 5.000 des 7.000 merveilles de la Mairie de Paris ce mois-ci. A sa place, j'aurais attendu fin 2007, histoire de "communiquer" sur les agissements de l'opposition UMP, déjà bien emmélée dans ses affaires de faux électeurs, de fâcheries Goasgueno-Panafiesques. Evidemment, il y a le risque de chatouiller la fierté néo-gaulliste des habitans de Paris. Une grande Mairie se doit d'avoir des grands crus ! Mais le bobo préfère les vins de garage, les petits vignobles du Languedoc dénichés par les vrais amateurs, des vins originaux et authentiques, représentatifs de leur terroir. Peut-être Delanoë est-il, lui, au coca light...

 

Jeudi et vendredi prochains, allez visiter les bouteilles qui seront vendues le week-end prochain, au Crédit Municipal (encore une institution municipale qui a connu quelques scandales retentissants !). Beaucoup de Lafite Rothschild et de Cahteau Latour, c'en est presque lassant. Aussi du Mouton Rotschild, une petite couche d'Ausone (je n'ai pas pu m'en empêcher), du Cheval Blanc...  Les millésimes révèlent le coupable. Beaucoup entre la fin des années 80 et les années 90. Les autres ont dû être bues. Notez, les amateurs de millésimes de Champagne trouveront leur bonheur. Comptez entre 40 et 120 euros la bouteille.

 

Si vous voulez vraiment casser la tirelire, quelques  bouteilles de Chateau Petrus 88 ­à 600 euros, et un peu moins de 1989 à 1.200 euros. Quand on aime, on ne compte pas.

 

Samedi à 13h30, apportez votre chéquier  (après avoir vérifié que votre compte en banque est bien provisionné) et venez racheter ce que le RPR a acheté...également avec votre argent !

21:20 Publié dans La vie à Paris, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vin, encheres, ville de paris | | | Digg! Digg |  Facebook