mercredi, 19 septembre 2007
Sarkozy à l'assaut de la fonction publique
A Nantes, Nicolas Sarkozy est passé à la vitesse supérieure en recentrant ses réformes. Son discours, d'un classicisme impeccable, a mis sur la table des éléments lourds et structurants de l'aspect le plus libéral de son plan de route : la réfome de la fonction publique. Son plan "service public 2012" évoque un "nouveau pacte entre fonctionnaires et citoyens". En précisant vite sa pensée : opposé à "notre gestion par corps, à notre gestion cloisonnée", il demande la mise en place d'un "droit à la mobilité reconnu pour chaque fonctionnaire de France". Soit, plus précisément, l'individualisation des carrières, l'accès à la formation continue et, surtout, le choix "entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré". Sous-entendu implicite : abolition des concours comme mode de recrutement. Il fallait oser. Il l'a fait. Bravo pour cette audace. Certes, j'aurais préféré un acte plus radical, mais je suis déjà positivement surpris par cette attaque en règle de l'immobilisme ancien prôné par nos syndicats hélas aussi minoritaires que conservateurs.
En cherchant à introduire une "culture du résultat" dans la fonction publique, il ouvre la voie à une véritable révolution des mentalités. Suggérant "que l'on abandonne la composition strictement paritaire des instances de dialogue social" de la fonction publique, "comme on l'a fait dans la fonction publique hospitalière", il souhaite que la rémunération des agents, comme les carrières, ne dépendent plus de commissions paritaires bloquées par des "partenaires sociaux" qui n'ont de représentatifs que le titre. Autre révolution.
Maintenant que le débat est lancé, les tabous ont des chances de tomber. Les syndicats tenteront de bloquer les avancées obtenues dans l'opinion par cette audace réformatrice. Mais sans doute sans réel effet. Grâce au travail d'associations comme Contribuables Associés ou Liberté Chérie, les mentalités sont de plus en plus acquises à ces changements. Observons la réaction des syndicats, pour le moment tétanisés, et soyons vigilants pour que cette percée aboutisse et ne donne pas lieu à une reculade comme, en son temps, le duo Juppé-Chirac. C'est le moment de nous battre pour que, le plus rapidement possible, le statut de la fonction publique disparaisse de notre pays comme il l'a fait partout ailleurs. Les employés de l'Etat y sont très satisfaits et l'Etat y fonctionne toujours un peu mieux au terme de pareille réforme.
22:30 Publié dans Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (92) | Envoyer cette note
| Tags : Nicolas Sarkozy, discours Nantes, fonction publique, statut de fonctionnaire |
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