lundi, 18 septembre 2006

Régimes spéciaux : le débat prend de l'ampleur

François Fillon s’est récemment avancé sur le terrain des « régimes spéciaux », affirmant qu’il fallait en finir avec eux. L’UMP a frémi au point que son porte-parole, Valérie Pécresse, a démenti son propos. Nicolas Sarkozy a alors confirmé ce que son lieutenant avait dit : la réforme aura lieu, s’il est élu, en concertation avec les partenaires sociaux. François Bayrou défendait déjà cette position en 2003 lors de la timide réforme Fillon, qui avait moins de courage à l’époque. Un sondage récent révèle que 59 % des français sont favorables à une réforme qui aligne les régimes spéciaux sur celui de l’ensemble des Français. Chirac, comme d’habitude, freine des quatre fers.

 

medium_Revendic.jpgLes régimes spéciaux de retraite concernent plus d'un million de personnes en France, notamment dans les entreprises publiques comme la RATP, la SNCF ou encore EDF et GDF. Les agents de la SNCF bénéficient d'une retraite à l'âge de 55 ans, 50 ans pour les conducteurs de train, pour 25 années de service. Les conducteurs de la RATP ont droit à la retraite à 50 ans et les personnels assurant la maintenance à 55 ans. Le reste du personnel part à la retraite à 60 ans. Les salariés de EDF et GDF partent à la retraite à 60 ans, sauf dans le cas des personnels qui occupent des fonctions considérées comme pénibles et qui bénéficient d'une retraite à 55 ans. Les salariés de la Comédie française, ou encore ceux de la Banque de France bénéficient aussi de régimes spéciaux. Ces retraites très précoces sont calculées sur les derniers salaires et non pas, comme dans le privé, sur les 25 dernières années. Les contribuables assurent l'équilibre de ces régimes qui coûtent chaque année de nombreux milliards d’euros de plus que les cotisations prélevées.

 

Rappelons que la Cour des comptes vient de publier un rapport accablant sur ces privilèges qui représentent plusieurs medium_Revendic.2.jpgdizaines de milliards d’euros. Les trois principaux régimes spéciaux de retraite (EDF-GDF, SNCF et RATP), touchent déjà près de 500 000 bénéficiaires retraités (dont 20 % ont moins de 60 ans !) et comptent 361 000 cotisants actifs. Ce ratio va rapidement se dégrader, aux dépens des contribuables qui devront éponger ces déficits colossaux. Les partenaires sociaux, malgré leur position défensive, connaissent des débats internes houleux entre ceux qui en profitent et les autres. Il suffit de lire ce que publie l'IFRAP (Institut de Recherche sur les Administrtaions Publiques) pour comprendre les enjeux. Espérons qu'ils comprendront que ce régime d'exception, profondément inéquitable, est choquant pour tout le monde.

14:25 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : deficit public, regimes speciaux, edf, gdf, ratp, sncf, retraites | | | Digg! Digg |  Facebook