mardi, 24 octobre 2006

La Croix Catelan : un vrai tir au pigeon !

triathlon RacingTout le monde a suivi l'appel d'offre lancé par la Mairie de Paris pour la concession de la Croix Catelan, un prestigieux site sportif situé dans le Bois de Boulogne (qui, lui, est sous l'autorité de la Ville de Paris). Bien qu'occupée depuis 1886 ans par le Racing Club de France, le principe d'un appel d'offre au moment du renouvellement de cette concession n'était pas absurde en soi. Après tout, la mairie pouvait naturellement chercher une meilleure proposition que ce que le Racing Club de France offrait jusque là. Mais en étudiant de plus près le fil du dossier, qui est une première dans l'histoire de cette concession, et sans être parano, comment ne pas imaginer que cet appel d'offre n'est pas le fruit d'un arrangement préalable entre Lagardère et le PS ?


Le PS et la droite ont largement soutenu le projet d'Arnaud Lagardère qui est à la fois l'ami de Sarko (il a même "conseillé", selon le Canard Enchainé, de ne pas s'opposer à son projet) et de Delanoë. D'ailleurs, super-Delanoë ne s'est jamais justifié de cette relation politico-financière et de son incidence sur cette affaire. mais il faut avouer que quand on dirige un grand groupe dont l'Etat français est un client important, ces amitiés sont bien utiles. Le capitalisme de connivence à la française repose essentiellement là-dessus. En jouant sur l'image guindée du Racing (même Villepin y est inscrit) et en négligeant la formidable usine à promouvoir les talents des banlieues difficiles et à former des champions, la botte secrète de Lagardère était imparable.


Bref, après deux mois de (fausses) négociations, toutes contestées par les verts (contestations étouffées par le PS) qu'on ne peut accuser d'être les amis du Racing (ils ne fument pas le même gazon), la décision de la commission de 13 élus a tranché en faveur d'Arnaud. En quelques mois d'un intense lobbying, Lagardère mettait KO un Racing Club de France pris de court. Pour autant, Lagardère n'a rien promis concernant les activités de la Croix Catelan.


Aujourd'hui, l'inquiétude remonte en ce qui concerne les projets de Lagardère. Derrière ses soirées VIP, le champagne et son marketing flamboyant (même des journalistes ont joué le jeu de Delanoë et déformé le fond des dossiers), des questions de fond n'ont pas encore eu de réponse. La Croix Catelan, pour le Racing, c'était 7 millions de recettes de cotisations affectées aux sections sportives, 5.000 enfants de la région parisienne qui profitaient d'un encadrement (et d'un cadre) exceptionnel. Les nombreux bénévoles ont baissé les bras après cet échec. La lassitude est forte, après tant d'années d'implication personnelle, financière, de lourds investissements qui tombent aujourd'hui dans les mains d'un coucou venu voler leur nid évalué à 40 millions d'euros. Pire, Lagardère cherche à rcupérer les autres concessions du racing, notamment les immeubles de la rue Eblé et de la rue Saussure. Au total, c'est un patrimoine de 100 millions d'euros, patiente accumulation des cotisations réinvesties des membres du racing au cours des décennies, qui changeraient de mains brutalement, sur simple décision du prince.


Le Racing vient d'annoncer qu'il fermerait ses sections sportives. Derrière, c'est le néant Lagardère pour le moment.

Bravo Delanoë ! Bravo à l'opposition UMP !