lundi, 03 décembre 2007

Sarkozy vainqueur du concours Lépine du pouvoir d’achat

On attendait « du lourd », on a eu droit à des mesures disparates et confuses. Alors que sa côte de confiance vient de passer sous la barre des 50 % dans un sondage TNS-Sofres, Nicolas Sarkozy devrait davantage écouter François Fillon qui ne cesse de répéter qu’il n’y a  pas « d’argent à distribuer », que « La France est en faillite ». Alternative Libérale rappelle que le pouvoir d’achat ne tombe pas du ciel mais vient de la croissance et de la création d’emploi. Quand seront engagées les vraies réformes de fond que les Français attendent toujours ?

6f6c2720a081de8e27ad91572ce33dd1.jpgAu cours de la chasse aux idées originales, chacun y est allé de sa proposition : baisse des charges sur le chauffage dans le parc locatif social ici, prime annuelle de 1 000 euros aux salariés des PME-PMI là. Tout y est passé : figer les loyers, le prix du gaz et de l’électricité. Henri Guaino, premier conseiller du président, recommande de laisser filer le déficit de l’Etat et d'alourdir la dette publique. Heureusement que la plupart de ces idées saugrenues ne figurent pas dans le tableau final retenu. Il n'en reste pas grand chose au final, c'est déjà ça. Mais hélas, une fois de plus, on ne retrouve aucune mesure libérale créatrice de richesse et d’emplois.

 

Le résultat est édifiant. Au lieu de libérer le temps de travail hebdomadaire pour en confier le niveau aux partenaires sociaux, nous assistons à un retour bricolé en arrière qui alourdira la charge des entreprises et la relation entre employeurs et salariés. Notons la création d’une nouvelle agence publique, une de plus, chargée de garantir les loyers impayés à la place des locataires. Visiblement, on prend les mêmes méthodes qui ont largement prouvé leur inefficacité (encadrement, régulation et bureaucratisation) et on recommence.

 

 

En toute sumplicité, voici une grosse économie pour le pays : licencier l’irresponsable Henri Guaino pour incompatibilité économique avec la croissance. Tout le monde devrait y trouver son compte.

15:50 Publié dans Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Henri Guaino, pouvoir d'achat, croissance, emplois | | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 19 septembre 2007

3 % de croissance, chiche ?

"...ce que je veux, c'est 3 %", ce ton péremptoire révèle peut-être l'inquiétude de Nicolas Sarkozy de voir cette croissance tant espérée lui échapper. Derrière la mission Attali, l'affaire du moment concernant les tests ADN dans le cadre du regroupement familial et les autres coups très médiatisés, on espère qu'existe un plan de réformes pour parvenir à cet objectif essentiel de surcroissance. Qu'il faudrait d'ailleurs rêver à 5 % plutôt qu'à 3. . Pour le moment, le plan est bien caché, tellement caché que personne ne le voit, pas même Hervé Mariton. Voici ce qu'il déclare dans le Monde concernant trois points essentiels :
  1. La profondeur de nos difficultés est sous-évaluée.
  2. La stratégie du mandat n'apparaît pas dans sa globalité.
  3. Si la France doit être pleinement épanouie dans le monde d'aujourd'hui, comment justifier l'évocation de l'exception française, l'invocation de la préférence communautaire, la mise en cause de la BCE ?

Ceux qui avaient tu leurs doutes à l'égard de Sarkozy commencent à manifester de l'agacement. Guy Sorman, qui n'hésitait plus à évoquer récemment un Sarkonaparte loin du sauveur attendu, vient de lui retirer 3 points de permis de conduire le pays pour excès de vitesse. C'est bref, c'est lapidaire, c'est pourtat hélas assez juste : "tout, tout de suite".


Pourtant, Guy Sorman ne posait pas l'équation Sarkozy dans les mêmes termes en juin dernier :
Ce qui, dans cette hypothèse de la continuité politique, caractérise Sarkozy, c’est donc moins l’originalité que le professionnalisme. Exactement comme Jacques Chirac qui fut longtemps son modèle, Sarkozy est énergique, ambitieux, déterminé ; jamais, il n’a dissimulé sa volonté de gagner. La politique, pour lui, c’est gagner ; en dehors de la politique, on ne lui connaît pas d’autres passions.


Après ce constat ambigu :
Mais, à ce tableau d’un Sarkozy bonapartiste et peu innovant, on peut en opposer un autre qui laisserait croire en une mutation de l’Etat et de la société.
[...]
Nous voici donc avec deux Sarkozy au lieu d’un, personnage ambigu, opportuniste ou personnage complexe ?


Il concluait, optimiste :
Nous voici donc avec deux Sarkozy au lieu d’un, personnage ambigu, opportuniste ou personnage complexe ?
[...]
S’il m’appartient d’anticiper avant que les événements n’en décident, je ne choisirais pas entre les deux Sarkozy ; car l’ambivalence du personnage est le miroir de la complexité française, d’une France qui mue, en profondeur, du patriotisme au mondialisme et de l’étatisme au libéralisme.
[...]
À trop regarder la vie politique, on finit par oublier que la société bouge plus vite que l’Etat et que les politiciens courent derrière ce changement. Sarkozy, je crois, a compris cela et il paraît bien décidé à ne pas se laisser dépasser.


Les faits démontrent le contraire, et Guy Sorman le reconnait douloureusement aujourd'hui. Certes, quatre mois se sont écoulés depuis l'élection et une nouvelle étape du plan d'action se met déjà en place, avec la remise en cause insidieuse mais efficace des 35 heures et des régimes spéciaux. Si nous ne devons pas nous arrêter aux questions personnelles (l'ego de Fillon, traité de "simple collaborateur", en a pris un coup) ou à cette tactique d'asphyxie générale (vivement la "journée sans Sarkozy" pour respirer un coup), notre degré d'exigence ne doit pas faiblir. Plus que jamais, la voix libérale doit être entendue aujourd'hui.


Ce ne sont pas l'agitation médiatique autour de coups bien superficiels et l'omniprésence  de notre président dans nos journaux, sur nos écrans de télévision et sur les ondes qui vont libérer la croissance. La croissance, ça ne se décrète pas. Elle est le fruit de nos échanges, certainement pas de l'Etat. C'est pourquoi les verrous de la croissance doivent être rapidement retirés, dont voici quelques axes forts ont fait leurs preuves partout dans le monde :
  • Un Etat plus réduit dans son périmètre et plus efficace dans son fonctionnement, ce qui passe par la suppression de statut spécifique de fonctionnaire.
  • Ficalité simplifiée et allégée.
  • Abolition des monopoles et corporations qui limitent l'accès à de vastes secteurs d'activité.
  • Code du travail simplifié pour donner la priorité à la négociation.
  • Réforme de notre modèle social, retraites et assurance santé.

 

Allez, monsieur le président, encore un effort. De la cohérence, de la consistance et du courage sont les conditions du succès de votre politique. En multipliant les mesures qui captent l'attention d'un public hypnotisé, vous risquez de vous perdre, et le pays avec, dans des élucubrations stériles.