lundi, 21 septembre 2009

10 à 13 % dans les sondages : forte progression des libéraux

Nous ne sommes pas en France, pas encore. Eux aussi sont traités par la gauche de "néo-libéraux, radicaux du libre marché qui veulent éradiquer la protection du travail et tailler dans l'Etat providence". Pourtant, ils ont la côte. A la différence de notre pays, la droite conservatrice leur fait les yeux doux...et tente même de s'inspirer de leurs propositions. Baisses d'impôt, réduction de la dépense publique et assouplissement du marché du travail pour protéger non pas le travail, mais l'emploi.

 

Les libéraux allemands sont portés par la crise. Leurs préconisations apparaissent de plus en plus sérieuses par des Allemands lucides qui admettent que l'origine de la crise ne doit pas grand chose au marché. C'est même ce dernier qui a stoppé (certes sans ménagements) l'emballement de la bulle du crédit. La réponse, c'est de ne pas laisser les Etats poursuivre ce dérapage du surendettement, réformer la fiscalité pour soutenir les investissements en capital plutôt que les créances, et libérer les talents. En Allemagne, ce message passe bien, très bien même.

 

Au point que les libéraux allemands espèrent être la clé d'une nouvelle majorité avec des estimations qui vont de 10 à 13 % des votes. Ce week-end, le président du FDP, Guido Westerwelle, a clarifié les choses en annonçant que son parti n'envisagerait pas d'alliance de gouvernement avec la gauche sociale démocrate après le scrutin dans une semaine. Ni avec les verts. Son partenaire privilégié, c'est le CDU-CSU d'Angela Merkel. Ce positionnement est facilité par les prises de position passées de Merkel...et de son ministre des finances Karl-Theodor zu Guttenberg.

 

 En France, la droite conservatrice au pouvoir ne défend clairement aucune option libérale. Qu'il s'agisse des libertés individuelles, sociales ou économiques, la majorité présidentielle va dans le sens d'un dirigisme étatique croissant, alliant contrôle et la répression. Cette tendance lourde entretient la défiance dans notre société, et bride les talents. Enfin, elle renforce dangereusement la pression fiscale et la dette. C'est pourquoi il est essentiel qu'une formation libérale émerge au centre, visible sur des positions fortes et populaires comme la dette. Comme en Allemagne, elle doit trouver des alliances locales ou nationales afin de pousser ses hommes et ses idées. Comme en Allemagne, c'est plutôt du côté de la droite que les libéraux trouveront des alliés naturels à court terme.

 

Mais nous avons hélas une différence avec l'Allemagne, la gauche allemande est en soi plus libérale que la droite française. Rappelez-vous, c'est elle qui a engagé les premières réformes assouplissant le marché du travail, responsabilisant les chômeurs et allongeant la durée de cotisation pour la retraite. Dans notre beau pays, la frustration des cadres frustrés du parti au pouvoir me confirme dans l'idée que les libéraux ont un boulevard devant eux. Encore devons-nous gagner en crédibilité pour les faire basculer sur un échiquier verrouillé. Si je ne cache pas que la route est encore longue, la mobilisation croissante que je constate est encourageante.

mardi, 09 juin 2009

L'Europe doit beaucoup au Ministre des Finances allemand

Guttemberg.jpgNous devons une fière chandelle à Karl-Theodor Maria Nikolaus Johann Jacob Philipp Franz Joseph Sylvester, baron de Guttemberg. Ministre des Finances allemand depuis février de cette année après avoir été Secrétaire Général du CSU (il a été élu au Bundestag à l'âge de 30 ans), ce jeune homme de 37 ans a sans doute eu un rôle décisif dans les positions récentes d'Angela Merkel. Ce libéral assumé défend avec talent le principe d'une réduction de la dette allemande et le maintien d'une politique monétaire rigoureuse de la part de la BCE. Voilà qui explique mieux le courage des déclarations de la chancelière allemande la semaine dernière. Sur le plan électoral, elle joue aussi une crédibilité que les Allemands lui reconnaissent aujourd'hui.

 

thxIl s'est récemment opposé avec force au plan de sauvetage d'Opel avec l'argent des contribuables, ce qui lui a attiré les foudres d'un SPD plus démago que jamais, bien loin de l'époque de Schroëder et des réformes courageuses. Visiblement, les électeurs apprécient sa ligne. Les sondages le placent en seconde position de la figure politique la plus appréciée depuis 3 mois...juste derrière Merkel.

 

Comme quoi on peut être pour le libre marché, anti-interventionniste, pour des impôts faibles et en faveur des entreprises et bénéficier d'une aura élevée.

lundi, 18 mai 2009

La crise du siècle...aura duré 3 ans ?

Nous pourrions avoir passé le pire de ce qui devait être la crise du siècle...que dis-je, du millénaire. L'immobilier repart déjà à la hausse en France, quoi qu'en pensent les plus beaux esprits de notre pays (en évoquant les Etats-Unis, certes). Les bourgeons qui annoncent le retour du printemps se multiplient partout dans le monde. Belle revanche du sud sur le nord, les pays qui composent le fameux BRIC sont heureux de vous annoncer que, dorénavant, la croissance se fera peut-être sans nous, mais qu'elle ne pourra s'envisager sans eux : "la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil, détrônant les Etats-Unis." En effet, les optimistes reprennent le pouvoir. Et les grincheux anticapitalistes qui depuis des lustres prédisent la fin du capitalisme tireront la gueule. Bien fait pour eux, ces vautours qui se nourrissent de la misère du monde. Qu'ils se rassurent, la France ne renouera pas avec une forte croissance.  Les poches de pauvreté, nous les conserverons grâce au formidable modèle siocial que le monde nous envie tant. Depuis plus de trente ans, nos gouvernements successifs ont choisi la dette et le renforcement de l'Etat sur le dynamisme du secteur privé et sur la concurrence réelle.

 

Il est fortement probable qu'une fois de plus, la reprise nous passe sous le nez, tout ça par la faute de l'Europe, de la mondialisation et, plus généralement, "des autres". Mais malgré ce choix national pour l'échec, défaussé sur la responsabilité d'autrui, le monde repartira assaini après les spasmes que nous avons connus ces derniers mois. Car le capitalisme reste la source la plus sûre de prospérité. Mais bon, après tout, nous nous sommes habitués à des taux de chômage élevés et à une croissance molle.

 

Nous aurons la chance de conaître d'autres crises. Peut-être les grands fautifs seront-ils plus explicitement les Etats qui, à force de s'être goinfrés trop longtemps sur notre dos, ont constitué une bulle autrement plus nocive que celle de l'immobilier. Quoi qu'en pensent les plus brillants cervaux de la planète, le risque est inhérent à toute activité humaine. Le réglementer ne l'enlève pas mais ne fait que le déplacer.

mardi, 28 avril 2009

Logement : crise publique, remèdes privés

Logement.jpgPour élever le débat après les aboiements frontistes en réaction à mon dernier post, voici le contenu de l'intervention de Vincent Bénard, président de l'Institut Hayek et en charge des questions concernant le logement et l'urbanisme au sein du Parti Libéral Démocrate. Auteur d'un livre remarquable sur la question, cet expert d'un aspect central de la vie des Français ose remettre à plat notre système pour ouvrir des pistes intéressantes. A défaut de lire dans la semaine qui vient cette bible qui vous ouvrira les yeux sur les raisons qui expliquent que vous payez si cher votre logement minuscule, vous pouvez entendre une synthèse rapide en vidéo.

 

La voici, alors qu'il était invité par le comité Liberté Chérie d'Aix pour son café liberté :

 

 

Vous trouverez bien d'autres analyses et propositions sur le site de Vincent : objectif liberté

 

vendredi, 24 avril 2009

Rappel : Dan Mitchell le 30 avril au soir

Dan Mitchell Aurelien.jpgJeudi 30 avril au soir, je vous rappelle que Dan Mitchell nous exposera la dérive socialisante des Etats-Unis et les risques qu'elle nous fait encourir. J'invite ceux que le sujet intéresse  à nous retrouver au "Coup d'Etat" (et oui !), proche du Conseil d'Etat.

 

Cet économiste travaille pour le Cato Institute, l'un des meilleurs think tanks libéraux américains. A l'occasion d'un passage à Paris fin avril, la fédération parisienne du Parti Libéral Démocrate, le Café Liberté et Un Monde Libre ont l'honneur de le recevoir. Il exposera son analyse de la dérive actuelle des Etats-Unis avant d'ouvrir les débats.  N'hésitez pas à vous plonger dans ses écrits, nombreux mais clairs et solidement argumentés. Non seulement sa production écrite est remarquable, mais c'est aussi un excellent orateur. Echantillon :

 

A cause du nombre limité de places, l'inscription est recommandée. Et pour ceux qui souhaitent prolonger la soirée autour d'un bon dîner, prévenez les organisateurs.

 

vendredi, 03 avril 2009

Guide du routard : suivre le G20 à Londres

Il y a la façon mondaine. Une ex-journaliste française nous raconte sa journée avec un bonheur qui détonne dans la déprime actuelle. Dire que nous avons la chance de partager en "live" les sentiments de l'une des plus grandes figures du journalisme politique de notre pays ! L'analyse en profondeur de cette fine observatrice est pleine de surprises :

Evidemment, tous les regards se portent vers le couple vedette, Barack et Michelle. Certains me reprocheront une absence d’impartialité, mais comment ne pas dire qu’ils étaient beaux, sympathiques, naturels ? Ils saluaient tout le monde, venaient directement à vous comme s’ils vous connaissaient, écoutaient leurs interlocuteurs comme si ce qu’ils disaient les intéressaient au plus haut point… Lui, détendu comme on le voit à la télé,  large sourire, poignée de main généreuse. Elle, plus jolie qu’à l’écran, très grande, visage expressif, l’air chaleureux.

 

On en frissonne presque. Passionnant récit ponctué d'appréciations personnelles ("moi, j’aime l’agneau à la menthe"), de rencontres étonnantes ("Mais j’ai échangé quelques mots avec Naomi Campbell, somptueuse comme toujours dans une sorte de tutu en tulle noir impossible à porter par toute autre"). On est heureux pour Anne, après tous les ennuis qu'elle a eus. Elle plane d'autant plus sur son nuage que son mari qui n'a rien vu ni rien fait devant la crise, dispose dorénavant de 750 milliards de dollars pour sauver la planète...et coup de chance,  Stéphane Guyon n'était pas là pour mettre l'ambiance.

 

La manière festive dans la rue. Bris de glaces, attaques de banquiers, course à pied et lancer de pavé, tout y était, même si certains avaient des regrets : "I remember the [1990] poll tax riots - that was much more fun" (ça devait vraiment être chouette à l'époque). Les défenseurs de la planète, les pacifistes, les anticapitalistes, les décroissants et les marginaux qui ne savaient pas très bien ils étaient là se sont éclatés, quand ce n'est pas la police britanique qui s'en est chargée. Ces jeunes désoeuvrés sont les enfants de la mondialisation heureuse : ils ont pu voyager pas cher en avion grâce au ciel libéralisé, ils ont pu échanger facilement grâce aux blackberry et à Internet. Et le matériel militant, "Made in China" (peut-être même par des enfants dans des camps ?), n'était financièrement accessible que grâce au libre-échange. Quand jeunesse s'amuse avec l'argent des parents, on se dit que c'est pas si mal vu la dette qui l'attend... Mais s'amuse-t-elle vraiment avec ses airs de clown triste ?

strasbourg_2.jpg

 

Dans le Telegraph, le maire de Londres, Boris Johnson, proposait dés le 24 mars une lecture amusante des évènements de cette semaine :

In student bedsits and in terrace Kensington houses, the alienated children of the middle classes are planning to subvert the G20 summit. Across the desolate wastes of the Leftie internet, their wrathful campfires are already burning, and when April dawns they will surge like the orcs of Mordor in the general direction of the Bank of England.

 

Après le carnage attendu, Boris posait alors la vraie question :

Somewhere in the crowd, a nose-ringed twerp will drain a mouthful of cider and call to his comrades. "What do we want?" he will demand. And at that moment, a great silence will fall in the carnival of cretinous crusties. The papier mâché horsemen of the Apocalypse will turn their heads inquiringly in his direction. "What do we want?" he will demand again, a shade more hysterically, and by this time the rioters will be looking at their feet and coughing. Er. What do they want? The embarrassing truth is that they haven't a clue.

 

Pour le maire de Londres, ce G20 dissimulait en fait un repli égoïste des grands leaders occidentaux. Et il jugeait avec ironie que les manifestants feraient mieux de défendre une belle cause, la grande idée du libre-échange, plutôt que de casser sans rien proposer pour soi-disant sauver la planète. Hier, les grands dirigeants ont en effet tous affirmé défendre "les intérêts de leur pays" alors qu'ils protégeaient en fait les intérêts de leur gouvernement destabilisés par la plus grosse bulle jamais constituée : celle des dettes publiques.

 

Lire l'excellente analyse de Hashtable. Ah, au fait, le G20 a trouvé le coupable : le Costa Rica et l'Uruguay.

mercredi, 01 avril 2009

Poisson

Voici une analyse fouillée et pointue de la crise financière :

 

 



mardi, 31 mars 2009

Le G20 de tous les dangers

Spend.JPGLe G20 du 2 avril prend des allures de catastrophe. Nicolas Sarkozy promet un show très chaud si les autres leaders ne cèdent pas à ses exigences, exposées dans un style de plus en plus bonapartiste. Plans de relance inutiles et injustifiables, inflation qui menace l'épargne et nos économies, dette publique folle, extension des réglementations nocives, tout va être mis en oeuvre pour casser les rouages d'une hypothétique reprise. Bref, ce n'est pas un hasard si la France retrouve le plus vite ses racines socialistes. A cette cadence, Nicolas Sarkozy va probablement finir avec un bilan pire que celui de Chirac, s'il n'a pas déjà franchi le repère fatal. On va presque soutenir le retour de Villepin fichiers clearstream en mains sabre au clair (que François Goulard soutient comme Hervé Mariton, d'ailleurs).

 

Dans le reste de l'OCDE, c'est aussi la berezina. Gordon Brown veut s'aligner sur notre modèle pour faire revenir le Royaume-Uni au triste temps pré-Thatcherien. Malgré le désastre exemplaire du New Deal pour sortir de la crise de 29, Barack Obama a engagé son pays sur la route de la servitude. José Luis Zapatero semble vouloir se débarrasser de son excellent ministre des finances, Pedro Solbes, ce qui ouvrirait la porte d'une vraie dérive dirigiste et dépensière. Le seul pays qui résiste, c'est l'Allemagne. Même la veille d'élections, et malgré la pression de son ministre et concurrent du SPD, Peer Steinbrück, Angela Merkel bloque des quatre fers pour ne pas accroître les déficits publics, et elle ne souhaite pas que la BCE se lance dans du "Quantitative Easing" (planche à billet) comme la Fed. Soutenons-la sur ces points. Et croisons les doigts pour qu'elle résiste le 2 avril. Angela, on est avec toi !

 

A ce sujet, je me rappelle un déjeuner avec Alain Madelin au cours duquel j'avais défendu les qualités libérales d'Angela Merkel, malgré son abandon de la Flat Tax à deux mois du scrutin, et un programme classique. Certes plus conservatrice que libérale, son origine est-allemande et ses propositions allaient néanmoins dans le bon sens selon moi. Madelin m'a demandé sur quels critères je pouvais la juger comme telle. J'avoue que je n'avais alors pas beaucoup d'arguments en sa faveur. Et son immobilisme lui a partiellement rendu raison. Prise en étau dans une coalition avec des sociaux démocrates, sa marge de manoeuvre était limitée. Mais avec la crise, le gène anti-dirigiste a repris le dessus. En dénonçant le risque de surendettement et d'inflation des plans de relance budgétaires et monétaires, Angela Merkel est la dernière digue avant la déferlante socialiste du monde occidental.

 

Tout n'est pas perdu. Pendant ce temps, la Chine rigole bien et se prépare à nous croiser sur la route qui part du communisme et monte vers le capitalisme, et que nous descendons dans l'autre sens. Mettez-vous au Mandarin.

vendredi, 20 mars 2009

Le secret bancaire est essentiel

Lorsqu'une bagarre éclate entre deux personnes, c'est souvent l'occasion de profiter de la confusion pour régler ses comptes avec des spectateurs. On peut s'échanger copieusement des marrons sans qu'aucun observateur ne puisse condamner les protagonistes opportunistes. C'est ainsi qu'une dispute dégénère en bagarre générale. C'est ce qui est en train de se passer avec la mise au pas des hedge funds et des "paradis fiscaux" de la part d'Etats voraces. Alors que ces acteurs financiers et ces pays n'ont rien à voir avec la crise, ils sont la cible des discours populistes des gouvernements occidentaux en quête déséspérée de boucs-émissaires pour faire oublier leur propre responsabilité, essentielle, dans l'affaire.

 

Non seulement les paradis fiscaux n'ont rien à voir avec la crise isue de mauvaises réglementations, de banques centrales laxistes et de banques ultra réglementées, mais ils jouent un rôle important dans la défense de nos libertés.  C'est ce que les gouvernements n'aiment pas. Certes, peu de Français ont un compte à l'étranger, et plusieurs "paradis fiscaux" s'adressent essentiellement à des entreprises. Mais il est tout à fait légitime, pour ceux qui disposent de ce type de compte, de vouloir conserver un patrimoine à l'abri du regard et de l'emprise des gouvernements dont nous savons la capacité oppressive élevée. Il est parfaitement naturel de ne pas vouloir qu'un ministère ou qu'une administration sache tout de nous, de nos biens et de notre patrimoine.

 

Cela n'interdit pas, sur requête de magistrats disposant de pièces à conviction suffisantes, de demander des informations sur le compte d'une personne suspectée d'avoir commis un crime grave. Sans présomptions fortes et étayées sur des faits d'une grande gravité, ces informations doivent pouvoir être protégées au même titre que tout ce qui relève de la vie privée. Pour se prémunir contre le risque de voir notre gouvernement prendre la décision inique de ponctionner davantage les ressources et les revenus des Français, cette "protection" des patrimoines transférés par des paradis fiscaux respectueux de la propriété privée est essentielle. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses familles juives ont mis leur argent en Suisse dans les années 30 avec la montée du nazisme.

 

Mais sans être suffisamment fortunés pour vouloir mettre une partie de notre richesse à l'abri, nous bénéficions tous des effets positifs de ces paradis fiscaux. Depuis des décennies, ils imposent une pression sur les fiscalités des pays occidentaux. Après les 21 nouveaux impôts de Nicolas Sarkozy, on peut en douter . C'est l'exception française. Malgré tout, les débats publics insistent souvent sur les fiscalités concurrentes, parfois sous le terme de "dumping fiscal". Et cet argument est est mis en avant pour ne pas augmenter nos propres impôts, voire même pour les baisser. Sans la concurrence rude de ces paradis fiscaux, surtout paradisiaques ramenés à l'enfer fiscal que nous subissons, notre pression fiscale serait beaucoup plus élevée que les 45 % actuels. Certes, nous n'avons que peu d'espoir de voir la France se transformer en paradis fiscal comme le dit Vincent Bénard. Et pourtant, imaginez les charges sociales divisées par deux, l'IS ramené de 33 % à 15 %, une lat tax à 18 % au lieu de l'impôt progressif et la fin de l'ISF. Imaginez l'appel d'air des capitaux, des investissements, des entreprises innovantes rentables. En pleine crise financière ! Ne rêvons, pas, la majorité a de trop nombreux projets en tête pour nous laisser simplement notre argent.

 

En attendant, ne nous laissons pas leurrer par la communication démagogique à l'égard de ces pays à faible fiscalité et qui respectent la propriété privée bien mieux que la France. Le secret bancaire est un impératif moral.

 

mardi, 17 mars 2009

Le bouclier fiscal en danger

Pour le moment, Nicolas Sarkozy tient bon. Il serait même souhaitable que cette mesure rentre dans la constitution au titre de la défense de nos droits fondamentaux (l'Allemagne l'a bien fait), et même être étendue à l'ensemble des prélèvements obligatoires. Car avec les charges sociales, chaque salarié est déjà au seuil de ce taux de prélèvement sur son propre revenu.  Par ailleurs, lcomme le réclame le Parti Libéral Démocrate, un impôt proportionnel (flat tax) pour tous, en contrepartie de la suppression de la plupart des niches fiscales, éviterait d'avoir  à rentrer dans ce genre de considérations. En attendant, nous sommes tous suspendus aux désirs erratiques du Chateau. Un mauvais sondage, une manif qui dégénère et toc ! Le bouclier saute pour plaire à la populace.

 

Jean-François Copé a eu le courage de défendre ce principe d'équité : "En temps de crise, on a besoin de gens fortunés". Pas si difficile à rappeler, finalement. Il enchaine avec ces mots de bon sens : "Quel est notre sujet aujourd'hui ? Il est de mobiliser toutes les énergies et tous les Français, pour tenir face à la crise économique que nous avons à traverser. Pour y arriver, il faut des mesures qui relancent et stimulent l'investissement et l'emploi." Il achève la question avec ça : "Si nous aggravons leur charge fiscale, on risque de porter atteinte à notre compétitivité et d'encourager les délocalisations, que nous avons en partie réussi à freiner. Les riches partiront, alors qu'aujourd'hui, notre objectif, c'est qu'ils investissent. Et, si les gens riches partent, sur qui cela retombera-t-il ? Sur les épaules des classes moyennes qui sont, comme d'habitude, celles qui doivent payer pour tout le monde." Incontestable et limpide.

 

Les moins "agiles", les plus défavorisés, les moins bien outillés pour se débrouiller dans le marasme actuel, tous ont besoin de locomotives pour relancer la machine, créer de la richesse à distribuer et de l'emploi. Leur emploi. La vraie irresponsabilité, c'est de lancer les désespérés dans le discours aigre de la rancoeur. Il est dommage qu'une certaine partie de la droite ait rejoint la gauche dans cette voie démagogique, à commencer par Méhaignerie.

 

Copé s'est trouvé un allié inattendu en la personne de Gad Elmaleh. Invité par FOG, il s'est exprimé très spontanément sur la question : "50%, ça suffit, c'est très bien. Il est normal que les impôts des plus riches soient plafonnés. 50% c'est déjà énorme". Et ce n'est pas Agnès Jaoui, qui demande 500.000 euros par film qui le contredira en toute hypocrisie. Si ?

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