mardi, 17 mars 2009
Le bouclier fiscal en danger
Pour le moment, Nicolas Sarkozy tient bon. Il serait même souhaitable que cette mesure rentre dans la constitution au titre de la défense de nos droits fondamentaux (l'Allemagne l'a bien fait), et même être étendue à l'ensemble des prélèvements obligatoires. Car avec les charges sociales, chaque salarié est déjà au seuil de ce taux de prélèvement sur son propre revenu. Par ailleurs, lcomme le réclame le Parti Libéral Démocrate, un impôt proportionnel (flat tax) pour tous, en contrepartie de la suppression de la plupart des niches fiscales, éviterait d'avoir à rentrer dans ce genre de considérations. En attendant, nous sommes tous suspendus aux désirs erratiques du Chateau. Un mauvais sondage, une manif qui dégénère et toc ! Le bouclier saute pour plaire à la populace.
Jean-François Copé a eu le courage de défendre ce principe d'équité : "En temps de crise, on a besoin de gens fortunés". Pas si difficile à rappeler, finalement. Il enchaine avec ces mots de bon sens : "Quel est notre sujet aujourd'hui ? Il est de mobiliser toutes les énergies et tous les Français, pour tenir face à la crise économique que nous avons à traverser. Pour y arriver, il faut des mesures qui relancent et stimulent l'investissement et l'emploi." Il achève la question avec ça : "Si nous aggravons leur charge fiscale, on risque de porter atteinte à notre compétitivité et d'encourager les délocalisations, que nous avons en partie réussi à freiner. Les riches partiront, alors qu'aujourd'hui, notre objectif, c'est qu'ils investissent. Et, si les gens riches partent, sur qui cela retombera-t-il ? Sur les épaules des classes moyennes qui sont, comme d'habitude, celles qui doivent payer pour tout le monde." Incontestable et limpide.
Les moins "agiles", les plus défavorisés, les moins bien outillés pour se débrouiller dans le marasme actuel, tous ont besoin de locomotives pour relancer la machine, créer de la richesse à distribuer et de l'emploi. Leur emploi. La vraie irresponsabilité, c'est de lancer les désespérés dans le discours aigre de la rancoeur. Il est dommage qu'une certaine partie de la droite ait rejoint la gauche dans cette voie démagogique, à commencer par Méhaignerie.
Copé s'est trouvé un allié inattendu en la personne de Gad Elmaleh. Invité par FOG, il s'est exprimé très spontanément sur la question : "50%, ça suffit, c'est très bien. Il est normal que les impôts des plus riches soient plafonnés. 50% c'est déjà énorme". Et ce n'est pas Agnès Jaoui, qui demande 500.000 euros par film qui le contredira en toute hypocrisie. Si ?
23:20 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : bouclier fiscal, crise, copé |
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vendredi, 12 décembre 2008
La politique, c'est du sport !
Jean-François Copé a remporté un joli combat contre François Bayrou dans l'émission "A vous de juger". Je l'ai trouvé pugnace, maitrisant bien ses sujets et très incisif dans ses répliques, particulièrement brillant dans l'art de la petite digression assassine. Bref, il est vraiment parvenu à déstabiliser l'ancien candidat à la présidentielle sur tous les sujets abordés. A commencer par le positionnement du Modem sur l'échiquier politique. En reprenant le programme de Bayrou à la présidentielle, il a bien mis en évidence la posture du Modem : reniement des mesures défendues en 2007, opposition systématique pour mordre sur le centre-gauche alors que Bayrou reste un chrétien démocrate de centre droit, expliquant ses contradictions fréquentes. Il faut dire qu'il doit être difficile de rester cohérent lorsque la critique colle constamment à l'incohérence des réformes de Nicolas Sarkozy. Pourtant, la volonté de Bayrou d'inscrire dans la constitution l'interdiction des déficits publics de fonctionnement (j'attends néanmoins sa définition du fonctionnement et de l'investissement) est une mesure forte qui le distingue de l'UMP. Mais il n'ose visiblement pas trop appuyer ce raisonnement dans une conjoncture difficile, bien qu'il ait rappelé que les gouvernements rigoureux en période de croissance sont ceux qui disposent des meilleures marges de manoeuvre au moment des crises.
Bayrou s'est alors saisi du grand sujet de la semaine, la décision de faire nommer le président de France Télévision directement par le Président de la République. Le symbole peut choquer, la réalité a toujours été limpide pour tous. Copé, qui a présidé la commission sur l'audiovisuel public, connait donc ces questions sur le bout des doigts. Pas Bayrou manifestement. Au point de se prendre les doigts dans la porte en félicitant Valéry Giscard d'Estaing pour une décision qui était en fait celle de François Mitterrand. Copé a d'ailleurs bien appuyé sur la porte, on sentait le sourire de Marielle de Sarnez plus que crispé dans le fond. Il s'est repris une autre couche avec la réforme constitutionnelle. Bref, il était temps que le match s'arrête lorsque la pub a mis fin à cette séquence.
Certes, cette joute n'est pas grand-chose à côté de la colère de Sarkozy à l'encontre de Rama Yade, dorénavant mise sur la touche (et enfoncée assez méchamment par Kouchner) après avoir un peu pris la grosse tête, ni de l'assassinat en règle de Rachida Dati (commandité par Frédéric Lefebvre qui se débarrasse ainsi de la dernière proche de Cécilia ?) par le Point. Elle est tout de même parvenue à faire bondir Sarkozy en rappelant, en fin d'article, qu'elle "connaît les histoires de famille et du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, [et qu'elle] saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur".
La politique, c'est vraiment du sport !
16:54 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : bayrou, cope, ump, audiovisuel |
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