mardi, 19 mai 2009
"...je fais confiance à la police. Je suis de droite"
Ce commentaire ironique d'Authueil, à la suite de son texte "tapage injurieux diurne", fait sourire. Contrairement à la gauche, la droite est censée aimer la police et l'ordre, c'est évident. Quand on manifeste, à droite (c'est tellement rare), on doit chanter "CRS, avec nous !", non ? Est-ce vraiment si simple ? Il me semble que Jean-Pierre Chevènement ou Charles Hernu avait davantage le sens de l'ordre policier que Bernard Kouchner (zut, il se dit encore de gauche) Hervé Novelli ou Alain Madelin aux frasques de jeunesse plus proches d'un "désordre nouveau".
L'histoire banale nous rappelle à quel point ces "petits chefs" en uniforme peuvent nous pourrir la vie sans raison (sadisme ou goût du travail bien fait ?). Un prof joue l'irrespect face à des policiers qui procèdent à un Nième contrôle d'identité. Ces derniers l'emmènent au commissariat pour un contrôle approfondi. Il se prend un PV pour « tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d'autrui ». Dans son témoignage, le prof n'accable pas la maison poulaga : "C'étaient des travailleurs comme moi, impuissants comme moi face aux excès du sarkozysme." Argument faible et pathétique de la part d'un individu qui ose se déclarer "professeur de philosophie". Mais la réaction d'Authuil pose une question qui revient souvent : doit-on être du côté de la police ou du prof parce qu'on est de droite ou de gauche ? Or, le simple fait d'aimer l'ordre ne permet pas de trancher cette question. Un flic est un être très imparfait disposant de droits très étendus. Et puis reste à savoir de quel ordre nous parlons. La jungle législative et la manière erratique de l'appliquer donnent des résultats qui m'inspirent une certaine méfiance.
Ces comportements ne sont pas de leur entière responsabilité, il faut bien le leur accorder. Quotas stupides, règles idiotes (comme le principe abusivement liberticide de "contrôle d'identité", merci la droite) et mise en oeuvre décidée par la hierarchie font du simple policier le dernier maillon d'une longue chaine de décision. Mais quand cette chaine cogne, c'est ce maillon-là qu'on se prend dans la figure. Et la façon de traiter l'usager laisse souvent à désirer. Cette froideur distante teintée de discours moralisateur est exaspérante. On se sent impuissant face à ces individus qui peuvent être racistes, violents, alcooliques au volant ou fumeurs de joint. Et pourtant, ils jouent aux petits pères la morale pour faire leur chiffre. Heureusement dans l'ensemble, les Français aiment bien leur police et leur pardonnent ces méfaits dérisoires à côté de ce qu'elle leur apporte. Ils aimeraient même peut-être voir leur progéniture (et, au passage, les e0enseignants) mieux protégée au sein même de l'école. A côté de ces petites persécutions quotidiennes, nous savons tous que la vie de policier/gendarme peut basculer et se transformer en cauchemar comme nous l'avons entendu ce week-end. Mais est-une une raison suffisante pour s'essuyer les rangers sur nous, pauvres citoyens raisonnablement honnêtes ?
Etre de droite (puisque je me range dans cette catégorie floue) ne revient certainement pas à cautionner les comportements irrespectueux, ni les sanctions appliquées sans nuances et encore moins les violences injustifiées. Le système des quotas et la politique décidée place Beauvau sont certainement responsables pour bonne part. Les lois mal conçues et mal rédigées aussi. Reste qu'un comportement de petit chef n'est pas tolérable lorsqu'on est censé montrer l'exemple et asjurer...l'ordre public.
Ajout tardif : le BondyBlog a mis en ligne une interview éclairante sur les conditions de travail de la police dans les cités difficiles. A lire absolument. Et pour approfondir : Chronique d'une flic ordinaire
17:34 Publié dans Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : contrôles, police, identité |
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