mardi, 08 janvier 2008

Politique de civilisation : SOS dépannage ou SOS Nounou ?

Nous le savions. Notre Président de la République a de la ressource et des idées. Avec lui, nous allons avoir cinq années de changement permanent. De quoi être épuisé d'avance. Attention, pas n'importe quel changement. Le mouvement doit obéïr à deux règles :

  1. Le pas de danse en cinq temps. Deux pas en avant, un pas en arrière, un de côté et un en diagonale (pour ceux qui connaissent le fameux pas du Professeur Rollin). Au final, ça bouge dans tous les sens, mais on ne sait pas très bien dans quelle direction. Les partenaires sociaux, étourdis, ne suivent plus. Moi non plus. Face à tant d'effort déployé, la seule idée qui vienne à l'eprit, c'est la suivante : tout ça pour ça ?
  2. Le maître de danse est partout à la fois. Egalité homme-femme, OGM, respect, identité, intéressement des salariés, pub à la télé, il se mêle de tout. Il n'est pas encore là pour nous border tous les soirs, mais en ayant un cousin éloigné bloqué quelque part dans le monde, ça devrait pouvoir se négocier avec la comm' de l'Elysée.

 

Le rythme est soutenu, le déroulé carrément sportif. Nicolas Sarkozy est une nouvelle civilisation à lui tout seul. Ce sera bientôt dans les livres d'histoire. Flippant. Et dire qu'on ne peut même plus s'en griller une en y pensant devant son petit noir du matin au comptoir ! Bon, je ne fume pas, mais ça me manquerait preque depuis l'interdiction.

 

Comprenant que le vent tournait avec le ralentissement économique qui menace l'occident, il est parvenu à sortir de son chapeau une idée originale, chargeant deux Nobels d'économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, d'une mission qui devrait renforcer son prestige international :

"Nous avons besoin de prendre en compte la qualité et pas seulement la quantité pour favoriser un autre type de croissance. Il faut changer notre instrument de mesure de la croissance." 

 

Dorénavant, la croissance ne se réduira plus à un seul chiffre brut, franchement déprimant, mais il deviendra un indice autrement plus subtil qui nous prouvera sans doute à quel point nous avons de la chance de vivre en France. Formidable, nous voici sortis du risque de récession d'un coup de baguette magique.

 

Que dire du reste ? Un bon point pour la promesse de mettre fin aux souffrances des 35 heures qui ne cessent d'agoniser (le gouvernement est revenu sur ce point le lendemain). Le reste est douteux : 10 "projets de rénovation universitaire" pour lutter contre le "délabrement" des universités françaises, signal que l'autonomie réelle n'est pas pour tout de suite, la fin de la pub sur les chaines publiques (d'où TF1 + 9.94 %, M6 +4.49 %) compensée par de nouvelles taxes sur les chaines privées...et sur Internet ou la téléphonie mobile (vive le pouvoir d'achat...de l'Etat !). Les propositions s'accumulent sans aucune cohérence, sans aucune vision. Nous sommes dans le réglage technocratique pur, loin de l'élan initial. En faisant de la Caisse des Dépôts «un instrument d'une politique de défense et de promotion des intérêts économiques primordiaux de la nation", il confirme bien l'orientation protectionniste de sa politique "de civilisation". Heureusement, il y a une atmosphère de mariage dans l'air qui emballe bien le tout.

 

Au final, que penser de tout ceci ? Le vendeur est excellent, cela suffira-t-il à dissimuler l'absence d'originalité du produit qu'il nous impose ?

23:30 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, conférence de presse | | | Digg! Digg |  Facebook