mercredi, 04 octobre 2006

Assurance santé : la révolution est en marche !

medium_ass.jpgLa rigidité de notre système de soins, maintenue par un monopole de la sécu archaïque, entretient un rythme important de hausse des primes des complémentaires. En dix ans, leur montant moyen a doublé, vous pouvez vérifier avec votre propre complémentaire si vous en avez une. Les assurances et mutuelles constatent donc une baisse des adhésions de la part des clients faiblement consommateurs de soins. Par ailleurs, les mécanismes assurantiels libres d'autres pays ont permis de faire émerger des solutions assurantielles fortement innovantes, beaucoup mieux adaptées aux attentes. Les propositions commercialement innovantes commencent à faire leur apparition en France.

 

L'assurance mutualiste MMA, qui possèdes assurances ET mutuelles, forte de ses 880.000 clients, a décidé courageusement de franchir le pas. Auparavant, elle a pu étudier le comportement de ses assurés :

- 10 % ne font jamais appel à leur complémentaire

- 20 % sont de très gros utilisateurs

- 30 % ont recours à leur complémentaire de façon très variable

- 40 % sont des utilisateurs réguliers

 

Pour séduire les utilisateurs irréguliers et augmenter ainsi sa base de clients assurés, elle a lancé une formule medium_ass1.jpgrévolutionnaire : une partie de la prime d'assurance est reversée à l'assuré en cas d'utilisation modérée de la mutuelle. Les clients sont ainsi incités à surveiller leur consommation de soins (consultations, consommation de médicaments) pour récupérer une partie de la prime. Nous sommes en présence d'une vraie rupture avec le principe de "mutualisation des risques" qui déresponsabilise l'ensemble des assurés. Chaque assuré peut disposer d'une assurance dont les modalités de remboursement dépendent de son comportement plutôt que du comportement général. Voilà qui devrait se révéler fortement incitatif.

Nous avions quelques exceptions notables du principe mutualiste de masse (assurance santé des étudiants, assurances de la fonction publique et quelques régimes spéciaux qui cotisent nettement moins que les salariés du secteur privé pour une couverture équivalente), mais dorénavant, l'exception s'ouvre à tous avec ce mécanisme innovant.

Autre piste ouverte par cette mini-révolution de MMA : le remboursement des lunettes SANS ordonnance, forme d'automédication, et les médecines douces (ostéopathie, acupuncture, chiropraxie,...) rentrent dans le champs des remboursements possibles. Déjà, d'autres assurances ont commencé à rembourser ces catégories qui ne rentrent pas dans la classification "officielle". Bigre !

 

Une autre évolution notable et récente, c'est la fidélisation des assurés pour lutter contre leur instinct volage. Vous connaissez le principe dans la télephonie mobile ? Et bien c'est pareil dans les remboursements de soins, qui s'améliorent avec l'ancienneté. Pas mal, non ? Autre exemple de séduction : le seul remboursement des soins lourds et hospitalisations, mais pas les lunettes et soins dentaires, permet de faire chuter les primes de 40 % ! Parfois, il est plus intéressant de payer directement ses lunettes plutôt que de cotiser pour se les faire rembourser. Bref, les formules se multiplient spontanément pour répondre à la très grande diversité des attentes.

 

Enfin, des plate-formes de services de santé se mettent en place rapidement. Santéclair (AGF et Maaf-MMA) est spécialisée dans le service et le conseil en matière de santé. En analysant et négociant chaque année 40.000 dossiers dentaires, optiques et audio-prothèses, Santclair a pu réduire le coût de 15 %. Carte Blanche (Swiss Life) repose sur un réseau de 45.000 professionels de la santé avec lesquels elle négocie aussi le coût des prestations. Les marges de manoeuvre sont limitées du fait de la règlementation et du monopole de la sécu.

 

Nous pouvons néanmoins espérer que ce premier pas sera suivi de nombreux autres, afin de retirer progressivement l'emprise désastreuse de la sécu sur le système de soins. Jean-Claude Seys, président du groupe MMA, considère qu'il faut atteindre 25 % du marché pour avoir une influence sur les prestataires de soin (changement du mode de tarification, constitution de réseaux de soin, mise en place de programme de prévention active, encadrement des protocoles de soin, formation continue des personnels soignants...). Accélérons le mouvement et attendons que la sécu saute spontanément (de 9 milliards d'euros de déficit annoncés, nous serions en fait plus proches de...14 milliards d'euros pour 2006 !).

 

Nous constatons que les assureurs se chargent intégralement des assurances santé dans de nombreux pays qui ont libéré leur système d'achat de soins de vieux monopoles inefficaces. En France, elles sont sur les starting blocks pour proposer aux Français des assurances au premier euro alors qu'elles ne s'occupent que de 13 % des dépenses de santé aujourd'hui, contre 77.6 % pour la sécu). Elles en ont les compétences, comme on le voit. Elles savent négocier avec les producteurs de soin, auxquels elles assurent souvent des revenus plus confortables, un meilleur encadrement et une formation de bon niveau. Evidemment, cela passe par une recomposisiton des filières de soin, avec la mise en place de médecins référents payés à la capitation plutôt qu'à l'acte, d'urgences décentralisées dans des cabinets médicaux pour les profils qui n'ont pas de raison d'aller à l'hôpital, nettement plus coûteux qu'une simple consultation.

Deuxième enseignement, la "démutualisation" de l'assurance santé est inéluctable. La courbe des âges va devoir rapidement être prise en compte pour le calcul des primes. Entre un jeune de moins de 20 ans et une personne âgé de plus de 70 ans, le coefficient d'écart du montant des primes devrait se situer entre 3 à 4 (exemple : assurance annuelle comparable aux remboursements sécu actuels pour un jeune : 1.000 euros; pour une personne âgée 3.500 euros). Pour compenser ce renchérissement naturel des primes avec l'âge dans les pays où la concurrence existe, les assurances proposent des mécanismes d'épargne santé. L'épargne accumulée tout au lon de la vie permet de compenser la hausse des primes au cours de la vie et de financer des soins hors assurance et hors complémentaire. Encore une nouveauté que les Français devront intégrer un jour ou l'autre.

17:05 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : assurance sante, mutuelle, complementaires, MMA | | | Digg! Digg |  Facebook