mercredi, 22 juillet 2009
Le communistocapitalisme au Vietnam
Invité à Hanoï par l'ambassadeur du Brésil, un ami de la famille, j'ai emmené toute ma petite famille au Vietnam pour les vacances fin de semaine dernière. C'est pour moi l'occasion de retrouver ce pays que j'ai visité de long en large plusieurs semaines durant, sac au dos, il y a une bonne dizaine d'années. Hanoï était alors une ville austère, triste mais pleine de ce charme désuet des lieux où le temps s'est arrêté. La misère était omniprésente, les voitures (russes et délabrées) étaient rares, ce qui était normal vu l'état des routes (pouvait-on d'ailleurs parler de routes ?) et les vélos le mode de déplacement universel. Les hôtels confortables quasi inexistants et la vie s'arrêtait avec la tombée de la nuit. Seuls quelques restaurants restaient ouverts le soir, éclairés par des néons blafards. Un ou deux cafés branchés proposaient d'étranges cocktails aux rares étrangers, diplomates ou touristes. C'était peu après la fin de l'embargo des Etats-Unis (1994) sur ce pays communiste qui leur avait flanqué une belle raclée 20 ans aupravant.
Aujourd'hui, je découvre une autre ville, presque un nouveau monde. Le niveau de vie a incontestablement explosé, ce n'est pas un hasard si tant de Vietnamiens retournent investir dans leur pays natal. Certes, a misère n'a pas disparu, loin de là, mais elle a considérablement reculé. Le simple chemin qui va de l'aéroport à Hanoï révèle les premiers changements profonds : autoroutes correctes, les deux roues motorisés (conducteurs souvent avec casque !) ont remplacé les vélos qui se font rares. Les voitures sont nombreuses, les camions et bus sont modernes (et libres de tout monopole). Il y a même quelques feux rouges aux grands carrefours (plutôt respectés par la majorité des véhicules). Les usines modernes, les grands panneaux publicitaires et les centres commerciaux se sont installés et multipliés. Les boutiques sont mieux souvent décorées, les restaurants et bars pullulent. Mieux, les Vietnamiens sortent le soir en famille, s'amusent et semblent bien plus heureux de vivre qu'auparavant. Fierté retrouvée, sentiment qu'il n'y a plus de fatalité insurmontable ? En tout cas, le sentiment de liberté est immense. Même si les libertés politiques restent inexistantes, et que la presse est muselée par un parti communiste toujours au pouvoir.
A Hoï An, les Vietnamiens découvrent les plaisirs de cette cité balnéaire en plein développement, et il flotte une joie de vivre dans l'air chaud de la pré-mousson. Clairement, la fin de l'embargo a donné le coup d'envoi d'une course anarchique, spontanée, purement capitaliste. Le peuple semble enfin heureux de vivre. Nos discussions avec l'ambassadeur, qui était précedemment en poste en Chine (autre régime communistocapitaliste), tournent autour de cette frénésie joyeuse et offensive sur le monde. Il nous raconte la vie des affaires entre le monde et le Vietnam. La corruption est omniprésente, mais elle ne bloque rien et reste modeste. Contrairement à de nombreux pays embourbés dans une bureaucratie paralysante (un exemple en tête ?), les entreprises y trouvent leur compte et ne se plaignent pas. Si la France est en retard, comme le Brésil me précise-t-il, Carrefour et Metro s'y sont toutefois installés, ainsi que des grands groupes industriels français. En échange de quoi les Vietnamiens attendent de pouvoir exporter les produits qu'ils savent fabriquer avec des salaires encore bas (mais en croissance rapide), et des compétences qui gagnent en qualité chaque année. Le libre-échange, quoi que bridé, (sans jeu de mots) semble naturel pour ce pays communiste; comme la libre entreprise et la concurrence dans presque tous les domaines (non militaires).
Je lui indique qu'en étant politiquement communiste et économiquement capitaliste, le Vietnam est le contraire de la situation de la France. Résultat, nous sommes bien plus malheureux chez nous selon les études sur le sentiment de bien-être et de bonheur des peuples. Ca le fait rire. A chacun de tirer ses conclusions. Mais nous sommes d'accord sur un point : lutter contre les dictatures avec l'arme de l'embargo constitue souvent une excellente manière de les faire perdurer. En revanche, aucun régime ne peut résister aux effets de la croissance économique.
18:04 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : vietnam, communisme, capitalisme, developpement |
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mercredi, 21 mars 2007
Les maires de France soutiennent l'extrême gauche
08:22 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : LCR, PCF, LO, PT, communistes, communisme, trotskysme |
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