lundi, 15 mars 2010
Lagarde sermonne les Allemands
Pendant que les politiques s'étripent pour savoir à qui la faute du FN qui monte, de l'abstention qui monte encore plus vite et de la faillite proche du Modem qui ne se fera pas rembourser ses frais abyssaux de campagne (mais quelle bêtise d'aller chasser sur un territoire de gauche déjà ultra chargé !), Christine Lagarde délivrait en loucedé une interview au très prestigieux Financial Times. Elle y critique évidemment ces satanés CDS, utiles quand on a un portefeuille rempli de dette grecque, mais dangereux autrement (allez comprendre comment ceux qui ont des portefeuilles garnis trouveront un marché liquide de CDS si personne d'autre n'a le droit de les traiter).
Et voilà-t-y pas qu'au passage, elle tacle un peu sournoisement nos voisins (et amis) les Allemands. Après avoir reconnu qu'ils avaient fait un travail admirable de maitrise des salaires, de réduction du coût du travail, bref de gains de productivité, elle termine en douceur sur le fait que tout ceci ne peut pas durer et qu'il va bien falloir converger (entendez, rejoindre la France). Explosion de la dépense publique, politique de la demande (qu'on persiste à défendre après 30 ans d'échec ininterrompu) et de hausse des salaires (pour mieux les taxer mon enfant). Comment l'Allemagne va-t-elle réagir à ce nouveau coup de canif dans le contrat de la part d'une personnalité aussi éminente et aussi sophistiquée dans ses propos que la Ministre Lagarde ? Ce qui m'inquiète dans cet environnement de tensions malsaines, de remontée des patriotismes, c'est que les grandes explosions de bulles ont souvent débouché sur des conflits violents. L'élément déclencheur est parfois anecdotique, ridicule sur le coup.
Nous n'en sommes pas là et je reste confiant pour l'avenir. Mais il serait souhaitable que le gouvernement français suive un peu plus la ligne de son Premier Ministre, père la rigueur, et un peu moins celle de la tornade dépensière qu'est le Président de la République. Bref, que le vice cesse de faire la morale à la vertu.
19:38 Publié dans Dans le monde, Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : christine lagarde, angela merkel, allemagne, politique de la demande |
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mardi, 04 septembre 2007
Christine Lagarde tient la bonne ligne
A peine revenue en France, et deux jours après avoir été nomée ministre déléguée au commerce extérieur, elle avait déclaré courageusement qu'elle trouvait le Code du Travail « compliqué, lourd » et qu'il « constitue un frein à l'embauche », ce qui lui a valu un rappel à l'ordre du Premier ministre Dominique de Villepin. Cet été, elle confirmait : " Notre pays est compétitif, mais pour l’investisseur qui veut venir en France, le coût globalement élevé du travail et les rigidités du marché du travail restent des handicaps importants"
Aujourd'hui, elle maintient cette ligne de fermeté et précise, au sujet du non renouvellement des départs en retraite de la fonction publique, que "ce plan de rigueur, il est destiné à la fonction publique pour l'essentiel (...) il n'est pas question de plan de rigueur vis-à-vis du consommateur français" pour expliquer qu'il y aura un "non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois, puis un sur deux à partir de 2009".
Le premier porte-gachette de Sarkozy, Claude Guéant, a tout de suite réagi en désavouant le ministre de l'économie un peu sèchement. C'est bon signe : jeune quinqua, Christine Lagarde pourrait constituer le nouveau fer de lance réformateur dans quelques années. Pour ces quelques interventions percutantes, je lui pardonne sa courte compromission à l'agriculture, où elle a défendu la PAC comme on le lui avait demandé, ainsi que sa méconnaissance des mécanismes de économiques. Je suis certain que cette avocate de choc peut apprendre très vite.
08:40 Publié dans Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : Christine Lagarde |
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mardi, 19 juin 2007
Le gouvernement s'ouvre aux libéraux... enfin !
Tranquillement, quelques têtes libérales font leur apparition dans les rangs du gouvernement :
- Jean-Marie Bockel (ex-Jiminy Cricket du PS, immédiatement exclu du parti : bonne chose de faite pour cet homme que le PS ne méritait pas) a un poste symbolique de l'ouverture de Nicolas Sarkozy : chargé de la Coopération et de la Francophonie. Sa motion, la plus progressiste du Congrès du PS, n'avait attiré que 0.7 % des voix des adhérents en novembre 2005. "L'Etat ne peut pas tout" semblait encore bien utopique aux adhérents du PS. Pourtant, son approche méritait un vrai score...et un soutien des médias un peu plus marqué.
- Hervé Novelli, sympathique leader des Réformateurs, remercié pour s'être tu tout au long de la campagne présidentielle. L'absence remarquée des libéraux au sein de l'UMP depuis plus d'un an a enfin reçu sa récompense : un secrétariat d'Etat aux entreprises et du commerce extérieur, poste sans risques.
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Christine Lagarde, enfin, nous offre le plus bel espoir de changement positif. Elle se voit offrir un vrai poste à la hauteur de ses compétences de brillantes avocates d'affaires : Bercy. Voilà une libérale assumée, bosseuse et fine négociatrice, qui prend la direction du monstre bureaucratique français. Sera-t-elle absorbée comme Francis Mer avant elle ? Lui appartenait bien davantage au système et s'en est vite trouvé prisonnier. Espérons qu'elle saura s'affranchir de cette pression vers l'immobilisme.
Autrement, que rajouter ? Borloo se retire des affaires économiques et prend l'environnement, avec Nathalie Kosciuscko-Morizet dans les pattes.
Toutefois, quelques surprises viennent confirmer la volonté d'ouverture de Sarkozy :
- Fadela Amara, présidente de "Ni putes ni soumises", devient secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville sous l'autorité de la ministre du Logement Christine Boutin, dont les tenues récentes laissaient espérerer, sans grand espoir, qu'elle s'était mise au pétard. On sent que les longues soirées d'hiver vont être animées. Est-ce pour punir Boutin que ce choix lui a été imposé, ou pour la remettre sur le droit chemin ? En tout cas, je suis très curieux de voir le résultat. "Je n'aurais pas accepté si je n'avais pas eu une marge de manoeuvre et une liberté de ton", a-t-elle assuré, expliquant vouloir "peser de tout (s)on poids et de toute (s)a force de conviction pour transformer les quartiers". C'est "une très, très grande nouvelle", s'est félicité le socialiste Malek Boutih, pour qui "c'est vraiment, pour la première fois depuis des années, la première bonne nouvelle pour les quartiers". Mais d'autres à gauche ne sont pas du tout du même avis.
- Rama Yade, en devenant secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l'Homme, sera-t-elle la Rachida Dati de demain ?
20:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : Gouvernement Fillon II, Jean-Marie Bockel, libéralisme, Fadela Amara, Hervé Novelli, Christine Lagarde, Bernard Kouchner |
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