mardi, 27 octobre 2009

L'UMP renforce ses liens avec le Parti Communiste Chinois

>

Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, en visite officielle en Chine, a signé entre son parti et le Parti communiste chinois un protocole qui "veut dire une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges" entre les deux partis. Xavier Bertrand souhaite même "multiplier les échanges entre dirigeants mais aussi entre cadres et élus du parti". Avec le PCC, jamais l'affaire de l'EPAD n'aurait fini en scandale. Il n'y a plus qu'à traiter les autonomistes corses comme les tibétains ou les les ouïghours. Il y a certainement des idées à prendre pour durcir la loi Hadopi et la lopsi.


Lionel Luca a choisi de faire son gamin en faisant grève. Franchement, pour quoi faire ? D'abord, l'UMP tente aussi de rassembler tout le monde, des verts à l'extrême droite, dans l'espoir de n'avoir au final qu'un seul parti politique en France. Il ne manque plus que le PS et le front de gauche, et le tour est joué pour notre petit timonier. Ce sera plus simple ainsi, il faut bien le reconnaître. La continuité dans l'action, avec une perspective dynastique, rien de tel pour la stabilité. Ensuite, rappelons qu'à l'occasion du XVIe Comité central du PCC, le 15 novembre 2002, le PCC avait officiellement environ 65 millions de membres. Même ramené à l'échelle de la France, ça fait plusieurs millions de membres. L'UMP a déjà son Quotidien du Peuple.

 

Il reste heureusement des voix pour s'indigner du comportement des communistes chinois. Cette éthique me parait non seulement essentielle, mais aussi élémentaire pour un parti politique. Pas à l'UMP où j'espère sincèrement voir davantage d'élus comme Lionel Luca et de responsables assumer leurs valeurs.

lundi, 19 mai 2008

Chinafrique, vers l'intégration de l'Afrique dans la mondialisation

518006134.jpgL'année dernière, j'avais signalé que l'Afrique attirait de plus en plus de ressources, capital humain aussi bien que financier, non plus seulement pour ses matières premières mais pour son potentiel intact de développement économique. Fonds et entreprises hésitent de moins en moins à investir sur ce continent qui s'est coupé trop longtemps du mouvement de mondialisation.  Deux journalistes ont passé un an en Afrique pour étudier cette tendance de près. Serge Michel, correspondant du Monde pour l’Afrique de l’Ouest, et Michel Beuret, du magazine suisse L’Hebdo, publient une enquête de 350 pages sur la présence chinoise en Afrique. Dés le 20 mai, jour de parution de cette étude, je vous recommande de faire comme moi et de courir chez votre libraire pour vous plonger dans la lecture de cette étude.
 
Ils avacent, citant plusieurs sources, qu'il y aurait 500.000, 750.000 ou 1 million de Chinois installés sur le continent africain, sans que personne ne sache trop bien l'ordre de grandeur exact. Seule certitude : "Au moins, ils travaillent ! Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait !". 
 
Le Monde daté du 20 mai termine un bel article sur le sujet ainsi : "De fait, la Chine ne fait pas que s'emparer des matières premières africaines. Elle écoule aussi ses produits simples et bon marché, retape les routes, les voies ferrées, les bâtiments officiels. Manque d'énergie ? Elle construit des barrages au Congo, au Soudan, en Ethiopie, et s'apprête à aider l'Egypte à relancer son programme nucléaire civil. Besoin de téléphone ? Elle équipe toute l'Afrique de réseaux sans fil et de fibres optiques. Les populations locales sont réticentes ? Elle ouvre un hôpital, un dispensaire ou un orphelinat. Le Blanc était condescendant et m'as-tu-vu ? Le Chinois reste humble et discret. Les Africains sont impressionnés. Plusieurs milliers parlent ou apprennent aujourd'hui le chinois. Beaucoup d'autres admirent leur persévérance, leur courage et leur efficacité. Et toute l'Afrique se réjouit de cette concurrence qui casse les monopoles des commerçants occidentaux, libanais et indiens. (...)"
 
Les fonds d'investissement suivent ce mouvement, les capitaux continuent à affluer dans la perspective de valoriser le capital humain jusqu'ici inexploité. Serait-ce la fin de la marginalisation de ce continent maudit ? Lorsque ses dirigeants comprendront qu'aucune richesse n'égale le capital humain, que l'état de droit, le respect de la propriété privée et la libre circulation des biens et des capitaux favorisent un développement économique et le recul de la pauvreté endémique, le continent aura franchi une étape importante. Restera à circonscrire les conflits meurtriers que la FAA a du mal à gérer aujourd'hui.

lundi, 14 avril 2008

Quand le PS fera-t-il le ménage chez lui ?

La télévision chinoise s'est trouvée un allié pour défendre le régime communiste et ses exactions au Tibet. Cet ami du PCC est un Français, sénateur PS et réputé pour ses incartades régulières. Jean-Luc Mélenchon déclare que Reporters Sans Frontières est lié aux néo-conservateurs américains, que les revendications d'un Tibet autonome ne reposent sur aucun fondement légitime, le Tibet étant une région chinoise depuis le XVeme siècle. Il aurait pu ajouter que tirer sur la foule se justifie tout à fait dans ces conditions. En tout cas, il a dû le penser en dénonçant sans complexe cette théocratie dont il n'approuve ni les principes, ni l'esprit.

 

Lorsqu'il déclare sur Europe 1 que «les évènements du Tibet sont un prétexte» pour justifier «une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois», on se demande comment le PS peut laisser pareilles déclarations impunies. Le PS se sentirait-il solidaire de tels propos ?

 

Heureusement que nous ne sommes pas dans la France occupée des années 40. Ce Mélanchon aurait fait un Marcel Déat bien inquiétant.

lundi, 08 janvier 2007

Le petit livre rouge du Ministère du Tourisme

medium_Champs_Elysees.JPGLe tourisme est une activité essentielle en France, "le plus beau pays du monde". Une nouvelle source de touristes vient se déverser chaque année davantage dans nos hôtels : les Chinois. En 2005, ils ont été 600.000. Ils seront rapidement plus d'un million à venir découvrir les charmes de Paris et, qui sait, des chateaux de la Loire, du Mont Saint Michel et de nos belles provinces. Comme toute activité économique, elle se doit d'être solidement encadrée par son ministère de tutelle. Et il n'hésite pas à renier nos principes fondamentaux dans un document officiel. Le Ministre du Tourisme s'est ainsi chargé de former nos entreprises à l'accueil de cette nouvelle clientèle. C'est normal, le ministre et ses hauts fonctionnaires savent tout. Aussi est-ce toujours une joie de constater qu'ils ont même la gentillesse de partager un peu de leurs connaissances sans limites avec les rustres, en l'occurrence les professionnels du tourisme qui attendent la bonne parole divine avant de faire quoi que ce soit.

 

Un petit livre de 63 pages, publié par le Ministère du Tourisme, expose un peu la culture chinoise (je suppose en très très synthétique), les us et coutumes et la façon de les recevoir : aquarium (et petit filet pour les manger encore frétillants en apéro ?) et plantes vertes, pas de nourriture trop grasse mais des petit-déjeuners abondants, éviter le 4eme étage (qu'il suffirait de renommer arbitrairement "3eme bis" ou "8eme étage", mais l'astuce n'est pas proposée)... Bref, tout est bien clarifié pour ne pas mettre de baguettes dans les roues mais plutôt sur la table de nos nouveaux clients. Aucune distinction n'est faite entre les Chinois de Hong Kong, de Pékin, de Shanghaï ou d'autres villes qui ont leur culture propre. Non, l'ouvrage traite "le Chinois" comme un individu standard partageant les mêmes besoins, les mêmes attentes, les mêmes préférences et la même culture que les autres centaines de milliers de ses congénères. Entre le PCC et notre gouvernement, le planisme fait toujours des merveilles.

 

Là où nous retrouvons les petits défauts typiques de notre classe dirigeante, c'est l'approche "diplomatique" concernant les sujets à ne pas aborder. Le livre est clair là-dessus : il ne faut pas parler de sujets politiques avec nos amis chinois. Surtout les sujets qui fâchent : il ne faut pas évoquer Tienanmen, encore moins le Tibet. Au petit déjeuner, je comprends; mais ce moment de précieuse douceur passé, une telle restriction émise par une autorité publique est incompréhensible. C'est pourtant ce qui nous est explicitement demandé.

 

Amnesty International s'en est émue et a exprimé sa désapprobation de voir une instance Etatique encourager la dissimulation de sujets politiques d'une grande gravité. Je m'associe pleinement à ces propos et m'avoue profondément choqué de lire qu'un document officiel, payé avec l'argent du contribuable, incite à baillonner la Liberté et cacher notre respect des Droits fondamentaux de tout être humain à des touristes libres de voyager et de s'ouvrir au monde. Surtout qu'au même moment, la France a signé un traité d'extradition avec la Chine. Notre rapprochement n'a de sens que si nous procédons honnêtement, sans nous renier. Hélas, même nos ministres de seconde catégorie jouent en première série des clubs de faux-derches.

 

Et puis pour finir, je suis heureux d'avoir entendu Ségolène avoir fait montre d'un peu plus de courage en Chine même. Allez, un point pour cette candidate dont nous ne savons encore pas grand-chose du contenu de son discours.

jeudi, 07 décembre 2006

Droits de l'Homme en Chine : une éclaircie en 2008 ?

medium_26_20juin_20bis_20013cop800.4.jpgLa Chine vit une révolution économique mais aussi politique et culturelle. Les frontières de l'empire tombent chaque jour davantage avec la globalisation. La corruption endémique de ce système hyperbureaucratique, le non respect de certains droits fondamentaux et l'ouverture sur le monde font naître des frustrations dans le coeur de ceux qui subissent les effets les plus douloureux de cette explosion, au point de se terminer en manifestations parfois extrêmement violentes. La presse tente de se remplir son rôle en exposant les faits qui se déroulent dans les zones agitées, en plus de la repression qui perdure au Tibet ou contre Falun Gung. Les autorités ne l'entendent pas de cette oreille-là.

 

Face aux journalistes de moins en moins dociles, la répression s'est accrue d'un cran (Cf RSF). Les arrestations de journalistes, notamment de collaborateurs chinois de médias étrangers, se sont multipliées ces dernières années. Au 1er janvier 2006, au moins 32 journalistes étaient détenus dans le pays. Zhao Yan, collaborateur du New York Times récompensé par le prix Reporters sans frontières, va être jugé pour « divulgation de secrets d’Etat » (la peine risque d'être de 3 ans fermes pour la simple nouvelle de la démission du chef des armées en 2004 !). Dans le même temps, la ville de Hong Kong reste épargnée par cette vague répressive, certes au prix d'une (très) légère autocensure (aucune concernant Internet ou les TV internationales, en tout cas).

 

De plus, Internet est sous contrôle d'une armée de 30.000 censeurs qui font la chasse aux sites qui constituent une menace pour "l'harmonie sociale" (là-bas aussi, le pouvoir aime bien ce concept fort) et aux mails personnels qui contestent la ligne du PCC. Google a négocié un accord cet été pour réaliser lui-même la censure. Heureusement, la communauté du Oueb se bat pour contourner ce mur : les proxys se multiplient, rendant le travail des censeurs d'autant plus difficile.

 

Mais une bonne nouvelle est venue cette semaine. Les autorités chinoises ont déclaré que pour les jeux olympiques de 2007, les journalistes bénéficieraient d'une liberté inhabituelle. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a précisé que l'autorisation de couvrir des "sujets annexes" signifie bien que les journalistes pourront "élargir leur travail au-delà des sujets sportifs pour toucher aux domaines politiques, économiques et sociaux". Pour faire des interviews, "tant qu'ils ont l'accord préalable de leur interlocuteur, les journalistes n'auront pas besoin de l'autorisation des responsables politiques locaux. Cette nouvelle réglementation s'applique à toute la Chine", a précisé Liu.  Si cette décision est vraiment tenue, il est probable que le régime ne revienne pas sur cette liberté au terme de la période d'ouverture même si le décret précise que cette ouverture est temporaire. Voilà une petite raison d'espérer.

mercredi, 06 décembre 2006

France is getting old

Arrivée mardi à Roissy à 5h30 du matin de mon vol de Hong Kong. La police est là, juste à la sortie de l'avion. Ambiance. Les journaux français, dans l'avion, ne parlent que de Ségo et de Nico. Discours sécuritaires, sauvegarde de notre modèle social, rien n'a changé après quelques jours d'absence. Mais après plusieurs décennies d'immobilisme, il ne fallait pas rêver. Après une petite semaine passée à Hong Kong, le choc du retour est rude. J'avais bien entendu amis et collègues vivant à l'étranger me raconter comme ils se sentaient de plus en plus éloignés de la France. Mais là, ce n'était plus du tout abstrait. En quelques jours, ma perception du retard français est plus réel que jamais.

 

Connaissant tant Londres et les US que la mentalité anti-anglo-saxonne de certains Parisiens, je ne me permets plus, depuis longtemps, de mettre en avant les formidables qualités de ces modèles un peu plus libres que le nôtre. La moindre remarque dans ce sens et tout le monde me tombe dessus. "Et la misère sociale ?", "et le communautarime ?", "ça ne va pas durer", "ce sont des pays individualistes, égoïstes"...avec le traditionnel "Si ça te plait tant, vas-y !". En gros, je n'ai qu'à me barrer si je ne suis pas content du système français. Heureusement, l'engagement politique reste une bonne alternative quand on aime son pays. C'est mon cas. J'ai encore bon espoir de voir notre système se moderniser avant de baisser les bras et d'aller payer mes impôts ailleurs.

 

Dorénavant, l'échantillon du modèle asiatique que j'ai découvert me donne de nouveaux arguments pour secouer les esprits autour de moi. Ici, le poncif anti-anglais ou anti-américain ne joue plus. Dans cette zone surpeuplée du monde, des centaines de millions d'individus sont sortis de la pauvreté pour former une vaste classe moyenne. En quelques années, 150 millions de Chinois sont sortis de la très grande pauvreté. L'Inde voit de vastes zones vivre une révolution sociale et économique. Tout le continent est en marche vers le progrès social et l'amélioration générale des conditions de vie. Et dans cette perspective, Hong Kong constitue une belle vitrine de ce que pourrait être cette Asie de demain.

 

Propreté étonnante quand on vient de Paris, sentiment de sécurité permanent, transports en commun extraordinairement efficaces, totalement privés (eh oui, même le métro !), architecture audacieuse, une activité économique permanente bien palpable, un sentiment favorable à l'immigration et le sentiment qu'il faut croquer dans la vie à pleines dents. Certes, les bas salaires sont bas. Mais pas de SdF comme un peu partout en France, et un ascenseur social qui fonctionne à plein régime. Des salaires les plus bas aux plus élevés, tout le monde a des projets et épargne pour les réaliser. Un autre univers.

 

La France dispose de tous les atouts nécessaires pour exporter services et produits en Asie. Excellente technicité, haut niveau de formation général et réseau international important. Mais elle n'a plus la mentalité nécessaire pour relever ce défi. Cela dit, le sentiment général de rebellion pourrait rapidement se transformer en énergie positive si certains verrous importants sautaient. Au lieu de tout attendre du politique, de l'Etat, de la réglementation et de la "solidarité" forcée, les Français doivent prendre conscience que la richesse est en eux, nulle part ailleurs. A eux de savoir l'exploiter en reprenant confiance en eux-mêmes. Aucune entité supérieure ne les aidera à se réaliser.

 

Cette nouvelle ambition ne doit plus être une ambition commune, nationale, c'est à dire presque collectivisée mais une ambition de chacun. Il y a de la place pour toutes les bonnes volontés. Le gateau grossit tous les jours, et les besoins sont largement supérieurs aux capacités produites. A chacun de savoir se placer dans ce monde d'échanges sans limites.

 

Une dernière anecdote pour conclure. Dans l'avion de la ligne chinoise Cathay Pacific, chaque passager s'est vu remettre une pochette pour une association caritative à l'aller comme au retour. Chacun y laisse ses devises inutilisées. Un moyen intelligent de sensibiliser les voyageurs à la solidarité consentie (l'opposé de la taxe sur les billets d'avion). Espérons qu'Air France se mettra un jour au rythme de l'Asie.

11:25 Publié dans Dans le monde, Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Hong Kong, Chine, Asie, modèle social, France | | | Digg! Digg |  Facebook