lundi, 19 mai 2008
Chinafrique, vers l'intégration de l'Afrique dans la mondialisation
L'année dernière, j'avais signalé que l'Afrique attirait de plus en plus de ressources, capital humain aussi bien que financier, non plus seulement pour ses matières premières mais pour son potentiel intact de développement économique. Fonds et entreprises hésitent de moins en moins à investir sur ce continent qui s'est coupé trop longtemps du mouvement de mondialisation. Deux journalistes ont passé un an en Afrique pour étudier cette tendance de près. Serge Michel, correspondant du Monde pour l’Afrique de l’Ouest, et Michel Beuret, du magazine suisse L’Hebdo, publient une enquête de 350 pages sur la présence chinoise en Afrique. Dés le 20 mai, jour de parution de cette étude, je vous recommande de faire comme moi et de courir chez votre libraire pour vous plonger dans la lecture de cette étude.Ils avacent, citant plusieurs sources, qu'il y aurait 500.000, 750.000 ou 1 million de Chinois installés sur le continent africain, sans que personne ne sache trop bien l'ordre de grandeur exact. Seule certitude : "Au moins, ils travaillent ! Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait !".
Le Monde daté du 20 mai termine un bel article sur le sujet ainsi : "De fait, la Chine ne fait pas que s'emparer des matières premières africaines. Elle écoule aussi ses produits simples et bon marché, retape les routes, les voies ferrées, les bâtiments officiels. Manque d'énergie ? Elle construit des barrages au Congo, au Soudan, en Ethiopie, et s'apprête à aider l'Egypte à relancer son programme nucléaire civil. Besoin de téléphone ? Elle équipe toute l'Afrique de réseaux sans fil et de fibres optiques. Les populations locales sont réticentes ? Elle ouvre un hôpital, un dispensaire ou un orphelinat. Le Blanc était condescendant et m'as-tu-vu ? Le Chinois reste humble et discret. Les Africains sont impressionnés. Plusieurs milliers parlent ou apprennent aujourd'hui le chinois. Beaucoup d'autres admirent leur persévérance, leur courage et leur efficacité. Et toute l'Afrique se réjouit de cette concurrence qui casse les monopoles des commerçants occidentaux, libanais et indiens. (...)"
Les fonds d'investissement suivent ce mouvement, les capitaux continuent à affluer dans la perspective de valoriser le capital humain jusqu'ici inexploité. Serait-ce la fin de la marginalisation de ce continent maudit ? Lorsque ses dirigeants comprendront qu'aucune richesse n'égale le capital humain, que l'état de droit, le respect de la propriété privée et la libre circulation des biens et des capitaux favorisent un développement économique et le recul de la pauvreté endémique, le continent aura franchi une étape importante. Restera à circonscrire les conflits meurtriers que la FAA a du mal à gérer aujourd'hui.
21:51 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : afrique, chine, chinafrique, serge michel, michel beuret |
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