mardi, 03 février 2009
Che Besancenot et la stratégie de la violence.
Olivier Besancenot a énormément de talent. Un vrai tribun bien coaché qui a beaucoup travaillé son style et sa rhétorique. Avec son visage de poupon, il sait tenir des propos contestataires sans angoisser le public. Sur les plateaux, pas un mot anxiogène de trop. Pas de révolution, de renversement brutal de la démocratie, pas de confiscations forcées à la pointe du fusil. Juste des mots rassurants qui font rêver : "justice", "équité" face aux vilains mots "capitalisme", "mondialisation ultralibérale". Mais petit à petit, il tombe le masque. Sa biographie du Che, très complaisante, s'éloigne des faits historiques pourtant têtus. Guy Sorman nous rappelle heureusement quelques faits incontestables qui montrent comment le discours angélique de notre Che Besancenot peut dissimuler une tentation bien plus menaçante. Notamment, il faut se rappeler que ce joli héros, avant de devenir une icône commercialisée partout dans le monde, était devenu un tel monstre sanguinaire et incontrôlable que Fidel Castro avait dû l'éloigner de Cuba et le laisser...disparaître pour en faire un martyre plus facile à instrumentaliser.
Dans "Philosophie Magazine" de février, 4.90 euros dédiés à l'anticapitalisme le plus primaire, il est plus explicite : "l'expropriation des intérêts privés" est une babiole à côté de la méthode qu'il préconise :
...de telles évolutions ne sont envisageables que si le peuple, ou une partie significative de celui-ci, fait irruption sur la scène politique, là où on ne l'attend jamais. Cela suppose une situation d'effervescence et d'ébullition sociale qui ne peut se produire dans un seul pays[...] Actuellement, il suffit de regarder la Grèce ou l'Italie pour comprendre qu'un mouvement internationaliste peut se mettre en place."
Question : quels moyens d'action
OB : pour nous, il n'y a qu'un levier d'action : l'action de masse radicale. La France a une tradition contestataire, elle a traversé de nombreuses grèves générales et révolutions. Or, c'est à ces mouvements que nous devons les acquis sociaux dont nous bénéficions aujourd'hui, pas à l'Etat ni à la générosité des patrons. Une révolution implique que la mjorité du peuple fasse irruption là où se trame son destin, et prenne en main son sort dans une organisation démocratique. Le problème est de susciter cette action majoritaire. Le vote est un moment de citoyenneté très éphémère, dans lequel l'on s'en remet à des délégués. Dans la déferlante médiatique actuelle, on met sur un pied d'égalité les actions radicales, le terrorisme, les mouvements de désobéissance... Or il y a des moments différents dans l'Histoire, où tel ou tel moyen paraît plus approprié. La violence est déjà présente dans la société actuelle...
Après l'amalgame entre démocratie et mouvement populaire, il considère que les actes de violence (terrorisme, actions radicales...) sont équivalentes aux violences des démocraties libérales. Ces dernières justifient donc l'action radicale. La proximité du terroriste Jean-Marc Rouillan et de Besancenot n'est pas un hasard.
Bref, je ne suis pas certain que Nicolas Sarkozy a eu raison de diviser la gauche en faisant monter ce petit Mussolini de gauche en puissance. Sa grimpée dans les médias est de mauvais augure pour les années qui viennent.
13:04 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : besancenot, lcr, revolution, che |
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