mercredi, 09 septembre 2009

"Le capitalisme, c'est le mal"

Moore.jpgL'auteur de ce passage en vit très bien, du capitalisme. Ses productions cinématographiques ont connu un formidable succès et ont assuré sa fortune sur plusieurs générations. Quel paradoxe que de critiquer le système qui le fait ainsi vivre. Il s'appuie sur des anecdotes fondées, telles la collusion entre certaines banques d'affaire américaines et le trésor américain. Mais il manipule aussi le spectateur avec des images sorties de leur contexte. Comment ne pas ête choqué par une famille jetée de son logement parce qu'elle ne parvient plus à assumer son surendettement. Ce que cette seule image ne révèle pas, c'est peut-être la vieille personne qui reçoit sa retraite de cette famille après avoir placé toute l'épargne d'une vie dans ce bien immobilier. Rien ne justifie qu'un épargnant prudent perde son capital pour éponger les erreurs d'une famille qui a acheté plus qu'elle n'aurait dû. Certes, chaque situation est différente. Mais rien ne justifie qu'on joue avec les sentiments du spectateur avec des ficelles aussi grossières. Et ce n'est pas dans les régimes anticapitalistes que les plus démunis s'en sortent le mieux, bien au contraire. Ce n'est pas un hasard si on vit beaucoup mieux dans les pays capitalistes que les autres.

 

 

A la 66eme Mostra de Venise, pour présenter son film, Michaël Moore a balancé une monstruosité de plus : "Le capitalisme, c'est le mal et l'on ne réforme pas le mal, on l'éradique pour le remplacer par le bien pour tous: la démocratie" D'une totale démagogie, ce genre de propos révèle chez sn auteur une ouverture inquiétante au totalitarisme qui se met toujours en place "pour notre bien". Par "Démocratie", il n'entend manifestement pas les démocraties libérales, capitalistes, mais bien les démocraties populaires liberticides. Il défend un type de régime qui jette en prison tous ceux qui s'expriment comme lui. Michaël Moore est décidément un sale type.

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mercredi, 22 juillet 2009

Le communistocapitalisme au Vietnam

Invité à Hanoï par l'ambassadeur du Brésil, un ami de la famille, j'ai emmené toute ma petite famille au Vietnam pour les vacances fin de semaine dernière. C'est pour moi l'occasion de retrouver ce pays que j'ai visité de long en large plusieurs semaines durant, sac au dos, il y a une bonne dizaine d'années. Hanoï était alors une ville austère, triste mais pleine de ce charme désuet des lieux où le temps s'est arrêté. La misère était omniprésente, les voitures (russes et délabrées) étaient rares, ce qui était normal vu l'état des routes (pouvait-on d'ailleurs parler de routes ?) et les vélos le mode de déplacement universel. Les hôtels confortables quasi inexistants et la vie s'arrêtait avec la tombée de la nuit. Seuls quelques restaurants restaient ouverts le soir, éclairés par des néons blafards. Un ou deux cafés branchés proposaient d'étranges cocktails aux rares étrangers, diplomates ou touristes. C'était peu après la fin de l'embargo des Etats-Unis (1994) sur ce pays communiste qui leur avait flanqué une belle raclée 20 ans aupravant.

 

Aujourd'hui, je découvre une autre ville, presque un nouveau monde. Le niveau de vie a incontestablement explosé, ce n'est pas un hasard si tant de Vietnamiens retournent investir dans leur pays natal. Certes, a misère n'a pas disparu, loin de là, mais elle a considérablement reculé. Le simple chemin qui va de l'aéroport à Hanoï révèle les premiers changements profonds : autoroutes correctes, les deux roues motorisés (conducteurs souvent avec casque !) ont remplacé les vélos qui se font rares. Les voitures sont nombreuses, les camions et bus sont modernes (et libres de tout monopole). Il y a même quelques feux rouges aux grands carrefours (plutôt respectés par la majorité des véhicules). Les usines modernes, les grands panneaux publicitaires et les centres commerciaux se sont installés et multipliés. Les boutiques sont mieux souvent décorées, les restaurants et bars pullulent. Mieux, les Vietnamiens sortent le soir en famille, s'amusent et semblent bien plus heureux de vivre qu'auparavant. Fierté retrouvée, sentiment qu'il n'y a plus de fatalité insurmontable ? En tout cas, le sentiment de liberté est immense. Même si les libertés politiques restent inexistantes, et que la presse est muselée par un parti communiste toujours au pouvoir.

 

A Hoï An, les Vietnamiens découvrent les plaisirs de cette cité balnéaire en plein développement, et il flotte une joie de vivre dans l'air chaud de la pré-mousson. Clairement, la fin de l'embargo a donné le coup d'envoi d'une course anarchique, spontanée, purement capitaliste. Le peuple semble enfin heureux de vivre. Nos discussions avec l'ambassadeur, qui était précedemment en poste en Chine (autre régime communistocapitaliste), tournent autour de cette frénésie joyeuse et offensive sur le monde. Il nous raconte la vie des affaires entre le monde et le Vietnam. La corruption est omniprésente, mais elle ne bloque rien et reste modeste. Contrairement à de nombreux pays embourbés dans une bureaucratie paralysante (un exemple en tête ?), les entreprises y trouvent leur compte et ne se plaignent pas. Si la France est en retard, comme le Brésil me précise-t-il, Carrefour et Metro s'y sont toutefois installés, ainsi que des grands groupes industriels français. En échange de quoi les Vietnamiens attendent de pouvoir exporter les produits qu'ils savent fabriquer avec des salaires encore bas (mais en croissance rapide), et des compétences qui gagnent en qualité chaque année. Le libre-échange, quoi que bridé, (sans jeu de mots) semble naturel pour ce pays communiste; comme la libre entreprise et la concurrence dans presque tous les domaines (non militaires).

 

Je lui indique qu'en étant politiquement communiste et économiquement capitaliste, le Vietnam est le contraire de la situation de la France. Résultat, nous sommes bien plus malheureux chez nous selon les études sur le sentiment de bien-être et de bonheur des peuples. Ca le fait rire. A chacun de tirer ses conclusions. Mais nous sommes d'accord sur un point : lutter contre les dictatures avec l'arme de l'embargo constitue souvent une excellente manière de les faire perdurer. En revanche, aucun régime ne peut résister aux effets de la croissance économique.

vendredi, 03 avril 2009

Guide du routard : suivre le G20 à Londres

Il y a la façon mondaine. Une ex-journaliste française nous raconte sa journée avec un bonheur qui détonne dans la déprime actuelle. Dire que nous avons la chance de partager en "live" les sentiments de l'une des plus grandes figures du journalisme politique de notre pays ! L'analyse en profondeur de cette fine observatrice est pleine de surprises :

Evidemment, tous les regards se portent vers le couple vedette, Barack et Michelle. Certains me reprocheront une absence d’impartialité, mais comment ne pas dire qu’ils étaient beaux, sympathiques, naturels ? Ils saluaient tout le monde, venaient directement à vous comme s’ils vous connaissaient, écoutaient leurs interlocuteurs comme si ce qu’ils disaient les intéressaient au plus haut point… Lui, détendu comme on le voit à la télé,  large sourire, poignée de main généreuse. Elle, plus jolie qu’à l’écran, très grande, visage expressif, l’air chaleureux.

 

On en frissonne presque. Passionnant récit ponctué d'appréciations personnelles ("moi, j’aime l’agneau à la menthe"), de rencontres étonnantes ("Mais j’ai échangé quelques mots avec Naomi Campbell, somptueuse comme toujours dans une sorte de tutu en tulle noir impossible à porter par toute autre"). On est heureux pour Anne, après tous les ennuis qu'elle a eus. Elle plane d'autant plus sur son nuage que son mari qui n'a rien vu ni rien fait devant la crise, dispose dorénavant de 750 milliards de dollars pour sauver la planète...et coup de chance,  Stéphane Guyon n'était pas là pour mettre l'ambiance.

 

La manière festive dans la rue. Bris de glaces, attaques de banquiers, course à pied et lancer de pavé, tout y était, même si certains avaient des regrets : "I remember the [1990] poll tax riots - that was much more fun" (ça devait vraiment être chouette à l'époque). Les défenseurs de la planète, les pacifistes, les anticapitalistes, les décroissants et les marginaux qui ne savaient pas très bien ils étaient là se sont éclatés, quand ce n'est pas la police britanique qui s'en est chargée. Ces jeunes désoeuvrés sont les enfants de la mondialisation heureuse : ils ont pu voyager pas cher en avion grâce au ciel libéralisé, ils ont pu échanger facilement grâce aux blackberry et à Internet. Et le matériel militant, "Made in China" (peut-être même par des enfants dans des camps ?), n'était financièrement accessible que grâce au libre-échange. Quand jeunesse s'amuse avec l'argent des parents, on se dit que c'est pas si mal vu la dette qui l'attend... Mais s'amuse-t-elle vraiment avec ses airs de clown triste ?

strasbourg_2.jpg

 

Dans le Telegraph, le maire de Londres, Boris Johnson, proposait dés le 24 mars une lecture amusante des évènements de cette semaine :

In student bedsits and in terrace Kensington houses, the alienated children of the middle classes are planning to subvert the G20 summit. Across the desolate wastes of the Leftie internet, their wrathful campfires are already burning, and when April dawns they will surge like the orcs of Mordor in the general direction of the Bank of England.

 

Après le carnage attendu, Boris posait alors la vraie question :

Somewhere in the crowd, a nose-ringed twerp will drain a mouthful of cider and call to his comrades. "What do we want?" he will demand. And at that moment, a great silence will fall in the carnival of cretinous crusties. The papier mâché horsemen of the Apocalypse will turn their heads inquiringly in his direction. "What do we want?" he will demand again, a shade more hysterically, and by this time the rioters will be looking at their feet and coughing. Er. What do they want? The embarrassing truth is that they haven't a clue.

 

Pour le maire de Londres, ce G20 dissimulait en fait un repli égoïste des grands leaders occidentaux. Et il jugeait avec ironie que les manifestants feraient mieux de défendre une belle cause, la grande idée du libre-échange, plutôt que de casser sans rien proposer pour soi-disant sauver la planète. Hier, les grands dirigeants ont en effet tous affirmé défendre "les intérêts de leur pays" alors qu'ils protégeaient en fait les intérêts de leur gouvernement destabilisés par la plus grosse bulle jamais constituée : celle des dettes publiques.

 

Lire l'excellente analyse de Hashtable. Ah, au fait, le G20 a trouvé le coupable : le Costa Rica et l'Uruguay.

14:22 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, capitalisme, crise | | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 08 janvier 2009

Les Français et le capitalisme

Les Français n'entendaient pas grand-chose à l'économie. Avec la crise, leurs dernières certitudes ont volé en éclats. Comme Nicolas Sarkozy, une courte majorité veut donc "refonder ce capitalisme" qu'il comprend pas : 53 % des Français déclarent souhaiter des réformes en profondeur selon une enquête TNS-SOFRES (bien qu'aucun d'entre eux ne se souvienne de la conférence qui l'a fondé). L'Europe apparait moins destabilisée que la France par la mauvaise conjoncture. Si 81 % des Européens pensent que cette crise remettra en cause nos valeurs et notre façon de vivre, ils ne sont que 31 % à attendre une réforme en profondeur du capitalisme. Et ils ne sont que 7 % à y croire. Pour le moment, la grande majorité des Européens sait qu'il n'y a aucune alternative sérieuse. Des réglages importants des règles et des supervisions qui ont failli (ou contribué à la crise) devront avoir lieu, point barre.

 

Une contradiction amusante ressort de ce sondage : une très courte majorité d'Européens veut davantage voir l'Etat intervenir dans la vie économique, tout en sachant que ce ne sont pas les gouvernements qui les sortiront de la crise mais bien eux-mêmes. Preuve que la lucidité des Européens n'a pas entièrement disparu avec la crise. Ce que tous veulent, ce sont des règles un peu plus fiables. Pour le moment, les législateurs et superviseurs publics n'ont rien vu, ils ont même activement contribué à la crise comme nombre d'observateurs l'ont rappelé. Et le surendettement des gouvernements ne devrait pas redorer leur blason. Comme bons gestionnaires, on fait mieux.

 

Un chiffre rassurant : les Européens veulent voir le respect d'autrui, le sens de la famille (ils sont très fleur bleue, finalement)... et, à 81 %, la responsabilité individuelle se substituer aux valeurs qu'ils jugent dominantes aujourd'hui (consommation, individualisme et recherche de performance). A très court terme, ils se ruent tous aux soldes. Bref, le monde n'est pas si proche d'un réel changement.

16:47 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, reforme, responsabilite | | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 18 novembre 2006

Un géant est mort à San Francisco

Prix Nobel d'économie en 1976 et père du monétarisme, Milton Friedman est l'inspirateur essentiel de l'action de Ronald Reagan, dont il a été un conseiller, et de Margaret Thatcher. Défenseur inlassable de l'ouverture des marchés, de la réduction des impôts et des dépenses publiques, il a résumé sa position par cette simple phrase : «Personne ne dépense l'argent de quelqu'un d'autre aussi consciencieusement que le sien.»
 
Son ouvrage publié en 1962, "Capitalisme et liberté", a marqué toute une génération. Sa lutte pour «réduire la taille et l'étendue du gouvernement» constituait une véritable promotion des libertés individuelles et du rôle essentiel de la société civile. Il prônait un gouvernement dont le rôle se limiterait à fixer les règles du jeu et à veiller à leur application. Enfin, il affichait une grande confiance dans la mondialisation pour réduire «les différences entre les pays» et permettre à ceux du Sud de «parvenir à la croissance économique et à la prospérité».
 
Alternative Libérale rend aujourd'hui hommage à Milton Friedman, l'un des plus farouches combattants de la liberté du XXeme siècle.
 
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