mercredi, 15 novembre 2006

La mairie de Paris ne nous transporte pas de joie

medium_Traffic.JPGEn décembre 2005, le rapport Kopp / Prud’homme / Bocajero révélait que la politique de l’alliance Rose-Verts à la mairie de Paris n’avait abouti qu’à une dégradation des transports et de l’air respiré par les Parisiens.

La multiplication irréfléchie des couloirs de bus et la politique de « l’emmerdement maximum des automobilistes » a tout d’abord entraîné un net ralentissement de la vitesse moyenne des voitures…et des bus coincés dans leur couloir et facilement bloqués (carrefour, bus de devant à l’arrêt, livraisons, etc).

Plus grave, la pollution s’est aggravée du fait des embouteillages permanents, même aux heures creuses. Là où la majorité municipale espérait que le sacrifice des uns améliorerait la vie de tous, la réalité est toute autre : nous subissons tous une dégradation générale de nos conditions de vie.

Le rapport très récent de Jean-Pierre Orfeuil et Marie-Hélène Massot apporte un éclairage nouveau sur cette stratégie de la circulation. Pour eux, les deux points clef de la politique des déplacements de la majorité municipale, c’est le stationnement et les couloirs de bus.

Stationnement : politique de la pénurie aggravée

Le stationnement de surface offre 22.100 places gratuites, 22.300 places rotatives (payantes plein pot pour tous) et 123.100 places « mixtes » (donc accessibles aux résidents à un tarif très avantageux). Or, les 254.537 cartes de « stationnement résidant » indiquent un rapport de 2.1 entre le nombre de résidents…et les places « mixtes » disponibles dans leur ensemble. Autant dire que les tensions sont fortes pour stationner. Conséquence : la baisse  du nombre de déplacements automobiles à destination de Paris… et une vie difficile pour les Parisiens qui disposent d’une voiture.

L’abus de bus rend malade

Tout d’abord, c’est le réseau ferré qui fait fonctionner Paris. Certainement pas le bus. Pourtant, le métro ne propose que 200 km de lignes sur 16 lignes contre 600 km et 60 pour le bus. Quelles en sont les raisons ? Le bus est essentiellement utilisé par les Parisiens sur de courtes distances car sa vitesse est assez lente (proximité des stations, feux rouges…) et son rythme de passage, inadapté aux attentes. Il ne représente que 6 % de l’ensemble des déplacements, et 6.7 % de l’ensemble des distances parcourues. Peanuts ! Plus inquiétant, l’Ademe avait révélé que le bus polluait plus en Nox et en microparticules qu’une voiture par km-passager en 1997 ! Depuis, on se doute que la situation a radicalement changé. Bref, le bus n’est pas la panacée. Pourquoi lui avoir consacré tant de couloirs, alors que leur vitesse moyenne n’a finalement pas augmenté  et qu’il reste marginal dans l’ensemble des déplacements ?

Et le vainqueur est…
…le deux-roues, dont l’utilisation explose depuis quelques années. En privilégiant une approche purement technique, la politique des transports a éludé la question essentielle de la satisfaction des usagers. Or, ces derniers sont malins. Ils ont vite su choisir la voie rapide. Hélas, là où les voitures émettent 0.35 g/km de HC+Nox, les deux-roues en émettent 1.5 g : bien joué !

Bref, le résultat de la politique Delanoë-Baupin est un échec cuisant pour nos poumons et notre confort ! Nous en retiendrons surtout les emmerdements.