mercredi, 29 septembre 2010
La fabrique des bons petits Français
Eric Besson veut que son ministère produise "de bons petits Français", des Français honnêtes qui traversent dans les clous, ne travaillent pas plus de 35 heures par semaines, payent leurs impôts et élèvent correctement leurs enfants. Pas des grossiers personnages qui insultent leurs concitoyens à coup de "casse-toi, pôv' con", qui versent des enveloppes en liquide au parti au pouvoir pour bénéficier de la mansuétude de Bercy, et récoltent une moisson de médailles récompensant leurs efforts déployés en faveur du pouvoir. Non, des Français nouveaux, obéissants et formatés. Bref, intégrés.
Pourtant, les jeunes de notre élite au pouvoir se conduisent bien autrement. Peut-être faudrait-il les placer quelque temps dans les mains du ministère de l'intégration pour juger si la méthode Besson fonctionne, comme un bon service après-vente qui reprendrait ses éléments défectueux. Le dorénavant fameux Péchenard, super flic chargé des sales combines du pouvoir comme par exemple espionner en toute illégalité les journalistes des grands quotidiens du pays, a un voyou de fils qu'il couvre afin de lui assurer l'impunité. Etonnante éthique pour le patron de la Police Nationale d'un gouvernement qui prône la tolérance zéro.
Poursuivi et arrêté pour conduite dangereuse en état d'ébriété à l'âge de 16 ans, vous savez ce genre de bêtise qui fait qu'on vous retire le permis, éventuellement qu'on vous confisque votre véhicule, le fils Péchenard a copieusement insulté les policiers : "tu fais qu'un métier de con, je vais te muter à la circulation". Pourtant, cette jeune graine de racaille des beaux quartiers a été relâchée rapidement sur "consigne d'en haut". Il faut dire que si Péchenard est intraitable avec la délinquance, il a une petite faiblesse pour ses proches et l'entourage du pouvoir. Il est par exemple très à l'aise avec les "vérifications techniques", "écoutes téléphoniques occultes" en langage décrypté , c'est à dire sans accord de la commission nationale des interceptions de sécurité censée superviser ce genre d'intrusion délicate. Lorsque cette histoire de fils voyou est sortie, Péchenard père et flic n'a pas choisi de s'excuser publiquement pour ces erreurs patentes. Il s'est au contraire enfoncé en cherchant les responsables des fuites pour les punir. Que pense Eric Besson, de cette famille française idéale ?
Pour la seule année 2009, on pourrait ajouter à cette liste de "bons Français" modèles le fils de François Fillon, Antoine, qui a percuté une motarde avec son 4X4 sur l'autoroute et n'a jamais consenti à payer les dégâts, mais surtout distingué en insultant sa victime le jour de l'incident. Le fils Balkany impunément bagarreur en sortie de boite avec un bon coup dans le pif, ou conducteur sans permis, lors de ses escapades nocturnes dans les bois peuplés de travelos. Ou le fils Woerth , Jérôme, qui a fait muter un douanier après une petite mésaventure sans gravité qu'il n'a pas digérée. Que pense Eric Besson du fils Sarkozy qui entre en collision place de la Concorde avec un malheureux conducteur de décapotable, commet un délit de fuite puis attaque le citoyen plaignant et le fait condamner à 2.000 euros de réparation pour procédure abusive ? Bon, c'était en 2005, Besson ne pouvait pas encore fabriquer ces bons petits Français. Est-ce qu'il peut rattraper le temps perdu avec ces jeunes primo-délinquants d'origine étrangère hongroise ?
Si les jeunes commencent aussi mal que leurs parents, que vont-ils devenir dans quelques années, je vous le demande ? Je ne vois qu'une seule solution pour leur avenir : faire de la politique à l'UMP... Pour la fabrique des "bons Français", peut-être faudrait-il penser à la délocaliser.
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| Tags : pechenard, fillon, besson, bons français, immigration |
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lundi, 26 avril 2010
Burqa, épouse et concubines
La France s'apprête à avancer 6.3 milliards d'euros à la Grèce (soit 100 euros par citoyen, mineur, majeur, gâteux ou non) comme vont le faire les 14 autres pays de la zone euros. Lorsque viendra le tour du Portugal, il n'y aura plus que 13 pays à piocher dans les poches de leurs contribuables, en plus de nous, pour l'aider. Nous mettrons peut-être alors 150 euros chacun. Puis plus que 12 pour l'Espagne (ou la Belgique qui pourrait imploser plus tôt que prévu). Et ainsi de suite, le dernier éteint la lumière pour économiser le peu d'énergie qui nous reste, svp (sauf sortie de l'Allemagne de l'euro). Le chômage est stable, entre 8.5 et 12.5 %, marge identique depuis 30 ans crise ou pas crise. La croissance oscille toujours entre 0 et 1.5 %, comme depuis 30 ans. Les banlieues, ça va exploser bientôt comme on nous le répète depuis 30 ans. Mais dans ce contexte de déclin, de paupérisation des classes moyennes et de moral général dans les baskets, la priorité nationale, c'est la burqa au volant. La dernière anicroche commence par un vulgaire PV, et se poursuit par l'attaque publique du conjoint salafiste aux 4 (ou 3) concubines, menacé de se voir retirer son passeport français pour être renvoyé dans son pays de naissance. Et ça finit avec le Pen au second tour de la prochaine présidentielle. Cette fois-ci, le Pen - Aubry (si vous y croyez aussi, c'est le moment d'acheter des samsonite avant la rupture de stocks en mai 2012).
Je vous recommande préalablement la lecture d'une excellente contribution de Me Eolas qui commence par ces mots : "Ainsi donc, notre République, née d’une ivresse de liberté, s’enivre désormais d’interdictions." Il nous démontre avec une rigueur admirable que le PV dont tout le monde parle est plus que contestable, que la volonté de nos ministres de renvoyer un citoyen naturalisé, aussi antipathique soit-il, n'est pas juridiquement fondée et que toute cette histoire minable révèle avant tout une incompétence crasse de nos dirigeants qui ne parviennent même pas à être performants en démagogie. Ils ont vraiment perdu la main., ces gredins Voici son mot de la fin, comme ça vous aurez l'essentiel si vous ne lisez pas son analyse (mais ce serait vraiment balot) : "Comme vous le voyez, plus que la question de la burqa, cette affaire pose le problème du respect de la loi par le gouvernement lui-même, qui a tendance à considérer les obstacles juridiques à son action politique comme d’insupportables tracasseries, alors que ce sont précisément des gardes-fous, qui n’ont décidément jamais aussi bien porté leur nom.".
Je me sens moins proche de l'islam rigoriste que de l'islam ribériste et de ses pratiques cultuelles. Mais je suis contraint de réagir à cet acharnement minable de ministres qui le sont eux aussi (minables) envers le premier. Anne est une bonne française de souche qui s'est convertie à l'islam tabligh. Elle accepte que son mari cohabite (l'expression est littéralement adéquate) avec d'autres concubines. Les enfants grandissent ensemble, grand bien leur en fasse. Certes, on peut critiquer le versement d'allocations familiales aux mères, mais elles les reçoivent peut-être en parfaite légalité. Après tout, notre protection sociale encourage presque ce format familial. Bon, socialement, parlant la famille ne semble pas très intégrée à la communauté islamique locale qui avoue la trouver un peu fermée sur elle-même (Cf JDD de ce week-end) avec ses pratiques radicales et peu sociabilisantes. Ce mode de vie n'est pas ma tasse de thé non plus, mais je trouve rigolo que la classe politique, réputée pour sa vivacité sexuelle et paraconjugale, lui jette la pierre. Allez, une dernière citation de Me Eolas pour la route : "On le sait, l’identité nationale française s’est bâtie sur la fidélité à un seul partenaire, et aucun auteur français n’aurait osé écrire une pièce de théâtre où un homme aurait plusieurs maîtresses. Ce n’est certes pas chez nous qu’on verrait deux femmes pleurer un président de la République à ses funérailles."
La question fondamentale qui revient sans cesse et qui distingue deux camps manifestement incapables de se parler : pouvons-nous imposer à la femme ce que nous considérons être sa dignité en violant sa liberté ? Les positions respectives de ces deux camps sont-elles vraiment inconciliables ? N'est-ce pas faire de ces femmes de simples objets de nos propres préférences ? Ne pouvons-nous concevoir qu'une femme adulte n'accepte de vivre pleinement sa foi que brimée par un homme qui exploite ses faiblesses ? Pour avoir rencontré nombre de femmes profondément croyantes, avec des manifestations certes moins rebutantes que le voile intégral, je ne le pense pas. La vocation mystique ne s'impose pas comme on l'affirme, elle se choisit, s'assume et souvent évolue avec le temps et l'expérience. Et si, comme on le suppose, ces femmes sont violentées, il ne faut pas les brusquer davantage contre leur gré mais mettre à leur disposition les outils sociaux et juridiques pour en sortir si elles le souhaitent. Mais il ne semble pas que la question se pose, contrairement aux affirmations péremptoires de notre élite parisienne au pouvoir qui ne sort que trop rarement de la rive gauche pour aller s'encanailler dans les quartiers populaires.
Une fois de plus, le double piège vise les 5 à 6 millions de musulmans vivant en France et, pour la plupart, citoyens français. Chacun vit sa foi comme il l'entend, certains avec plus d'assiduité que d'autres, et parmi eux, un petit nombre sous des manifestations plus exotiques, pour ne pas dire plus sectaires que l'écrasante majorité des pratiquants (comme dans toutes les religions). Au départ, ce type d'agression politique ciblée oblige l'ensemble des musulmans à se prononcer sur son fondement. Entre la solidarité culturelle et cultuelle et le rejet de ces pratiques barbares, des millions d'individus hésitent et ne savent pas trop comment trancher cette épineuse question. Avec la multiplication des piques, des attaques, l'oppression unissant plus qu'elle ne divise, la réaction naturelle rassemble les diverses sensibilités qui finissent par faire front ensemble. Ainsi se taisent les critiques que les musulmans pouvaient exprimer par temps calme à l'égard de ces barbus barbants.
Ensuite, ces radicaux libres profitent de la perte de repères, d'identité des communautés islamiques en France pour séduire des individus un peu fragilisés. Même s'ils restent très marginaux, leurs manifestations sont très visibles. Leur force, c'est d'être ouvertement stigmatisés, histoire d'attirer les jeunes qui se sentent déjà rejetés par le système. En interdisant ces pratiques rares, le gouvernement fait un cadeau magnifique à ces mouvements sectaires en leur offrant une publicité efficace et gratuite. On ne lutte pas mieux contre cet équivalent arabo-musulman du Front National qu'on ne lutte contre le FN par la censure. Au contraire. Tout ce qui concentre le tir médiatique et politique sur ces groupuscules renforcent leur crédibilité auprès de tous ceux qui se sentent mal aimés. Et aujourd'hui, qui ne sent pas mal aimés par le pouvoir de notre petit caporal et de son duo de kapos Besson et Hortefeux (qui ne savent même pas qu'il n'y a plus d'allocation parent isolé depuis 2009, ni qu'on ne peut annuler une naturalisation plus de 10 ans après, qui plus est sans motifs juridiques) ?
Une fois de plus, quelques éléments de ce gouvernement sont consternants. Faut-il mettre les voiles avant qu'il ne soit trop tard ?
22:48 Publié dans Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : burqa, coppe, besson, hortefeux, interdiction |
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mercredi, 01 juillet 2009
Quand la solidarité devient un délit
Dans le langage de la classe politique, l'emploi du terme "solidarité" signale la levée d'un nouvel impôt pour financer une clientèle électorale ciblée. Mais dans le langage du peuple, il désigne l'aide libre et spontanée apportée à son prochain. Qu'il soit français ou non. Or, le nouvel article L. 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ouvre dorénavant la porte aux condamnations de citoyens pour «l’aide à l’entrée, à la circulation, ou au séjour irrégulier d’un étranger en France». Dérive fort inquiétante, les moyens déployés pour lutter contre ce prétendu fléau, vigoureusement combattu par le gouvernement, sont comparables à ceux destinés aux terroristes. Le "délit de solidarité" est né, que dis-je, le crime ! Quoi qu'en pense Eric Besson.
Héros de la gauche progressiste hebergé à l'UMP, Besson vient de se faire prendre par Libé en flagrant délit de mensonge (qui, lui, n'est pas puni par la loi). Il a en effet défendu le fait qu' « il n’y a pas de bénévole, d’humanitaire, ou de particulier qui ait, en France, en soixante-cinq ans, une seule fois été condamné pour avoir aidé, hébergé, nourri, conduit dans sa voiture, etc. un étranger en situation irrégulière. ». Or, une peine d’au moins cinq mois de prison avec sursis a pourtant été requise, le 17 juin, au tribunal correctionnel de Rodez contre un ressortissant guinéen avec papiers, au motif qu’il a occasionnellement hébergé, de temps en temps nourri et en tout cas conservé quelques documents administratifs de son compatriote, lui sans papiers. Lire l'analyse précise de Me Eolas. On attend le verdict avec impatience. Au mieux, Besson fait preuve d'incompétence en ne sachant pas ce que couvre son Ministère. Au pire, il ment effrontément. En tout cas, sans s'en rendre compte, par simple ambition carriériste, il se Lepenise à vive allure en prolongeant la politique de Brice Hortefeux.
Notre modèle social nous impose de ne pas accueillir tout le monde, même si nous devons prendre notre part de la misère du monde. Mais les blocages actuels sont iniques et économiquement contreproductifs. Surtout, rien ne justifie qu'on assimile des clandestins à de vils terroristes. "En fait, bouc émissaire facile d'un problème difficile, l'immigré clandestin présente des avantages que n'a pas l'immigré régulier" comme l'explique bien Gérard Bramoulé, professeur d'économie à l'Université d'Aix Marseille III. Il va jusqu'à rendre hommage à ces individus dans sa belle tribune. A la question de savoir si l'immigré clandestin ne viole pas les règles de vie en société, il répond : "Pas nécessairement, car s'il est vrai qu'il ne respecte pas les règles définies par l'État, il est faux de croire que ces règles étatiques recouvrent toutes les règles de la vie en société. La législation n'est pas le Droit, comme la légalité n'est pas la légitimité, et comme aucune loi ne fixe les principes de la politesse."
Avec la la loi LOPPSI ("loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure", retenez-bien), la situation ne va pas s'arranger. Elle autorisera la police à mener toute toute action visant à « faciliter la captation à distance de données numériques se trouvant dans un ordinateur ou transitant par lui », ce qui suppose l'utilisation de mouchards informatiques et l'instauration de la perquisition numérique. Présentée par MAM le 27 mai dernier en conseil des ministres, elle est décrite comme « un dispositif d’exception pour un sujet d’exception ». Terroristes, traffiquants et pédophiles tremblent déjà. Ce projet de loi est intrinsèquement porteur de risques de dérive graves. Comme le raconte l'agence de presse du gouvernement :
"Concrètement, la police judiciaire pénétrera chez le suspect aidée d'un serrurier, de jour comme de nuit. Elle posera sur sa machine une clé de connexion, sorte de clé USB qui s'enfiche à l'arrière ou, mieux, à l'intérieur, sur l'un des ports disponibles. Et le mouchard renverra les données vers les ordinateurs des autorités. Rien n'empêchera désormais la police d'installer à distance des logiciels pirates, sortes de chevaux de Troie, qui la renseigneront en temps réel sur tout ce qui entre et sort d'un PC ou d'un Mac.
Ce superpouvoir, que s'arrogent les services secret, sera bien sûr accordé à la PJ uniquement dans les affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger), [...]"
De la science fiction ? Les moyens actuels mis en oeuvre font déjà peur. Une gentille dame de 59 ans près de Béthune, Monique Pouille, vient de passer une journée en garde à vue pour avoir rechargé les portables de clandestins. Elle risque gros aux termes de la loi. Comme le raconte Nord Eclair, elle a été mise sur écoute pendant plusieurs semaines pour ce simple motif, jusqu'à ce que les policiers débarquent chez elle à 7h45 du matin. Ce n'est rien. Demain, la police pourra poser des mouchards à votre domicile, à votre insu, sur la simple suspicion d'aide à des clandestins.
Au fait, vous avez une nounou étrangère ?
15:29 Publié dans Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : clandestins, loppsi, besson |
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