lundi, 22 février 2010
Quelle est l'utilité de la finance honnie ?
Si une profession pouvait être interdite au suffrage universel, celle d’opérateur de marché en serait la première victime. Déjà en 1987, En pleine crise économique, le fameux film « Wall Street » décrivait un grand méchant trader capable de vendre père et mère pour étendre son pouvoir destructeur sur le monde et accroître son bonus. Cette caricature illustrait bien cette schizophrénie associant fascination et appréhension. A chaque grande crise, cette incompréhension se transforme en haine. Ce n’est pas un hasard si depuis le 19eme siècle, la gauche marxiste et l’extrême droite ont vu dans ce vecteur essentiel du capitalisme l’ennemi à abattre.
La finance fait tomber les frontières en libérant la circulation des capitaux. Elle remet en question les privilèges, et sa recherche continue de performance économique se réalise au détriment de choix politiques ou de stratégies mal conçues. Aujourd’hui, la plupart des gouvernants politiques y voient un bouc émissaire idéal pour se défausser de leur propre responsabilité dans la crise. Pourtant, ces Etats sont de très gros consommateurs de finance. La dette publique mondiale s’élève à 32 trillons de dollars (32 mille milliards de dollars), et la tendance est à la hausse avec le doublement des émissions obligataires annuelles cette année par rapport à 2007.
D’abord, la finance est un terme bien flou. S’agit-il de la banque, ou bien des marchés financiers sachant que la plupart d’entre elles n’ont pas d’activité dans ce domaine ? Si nous parlons de ces marchés financiers, devons-nous inclure les fonds de pension ou mutualistes, ces mastodontes qui gèrent l’épargne de centaines de millions de familles ? Dans ce cas, pourquoi ne pas ajouter à la liste tous les acteurs qui cherchent sur ces mêmes marchés leurs ressources, grandes entreprises et Etats ? Concentrons-nous sur les salles des marchés bancaires, cibles de la vague actuelle de réglementations, de pénalités et de taxes supplémentaires. Cette activité récente est devenue l’un des principaux métiers des grands établissements bancaires internationaux au cours des dernières décennies en réponse à une demande nouvelle.
Pour poser le décor, un trader de grande banque ne travaille pas dans un grand bureau avec vue sur l’Hudson ou vue sur l’Arc de Triomphe. Surmonté de 4 à 8 écrans, son bureau fait 1m20 sur 1m dans un espace ouvert (souvent sans lumière du jour) où travaillent plusieurs centaines de ses congénères. Il ne s’agit pas de le plaindre, mais de faire comprendre que la première qualité demandée dans cet environnement, c’est d’aimer le bruit, le stress et la promiscuité. Un opérateur passe la journée sur son mètre carré, téléphones vissés à l’oreille et sans quitter les écrans de ses yeux. Toute l’activité d’une salle est orientée clients. Comment répondre le mieux et le plus vite possibles à leurs attentes, mais aussi comment les anticiper pour vendre conseils et opérations avant les concurrents ? D’ailleurs, les traders sont souvent des vendeurs qui ne font pas de trading et ne prennent donc pas de positions à risques. Leur rôle, c’est d’élaborer des montages en vue de propositions commerciales collant au plus près aux besoins de leurs clients. Eux aussi professionnels, ils n’hésitent pas à comparer les prix et les produits qu’on leur propose auprès des banques concurrentes pour avoir les prix les plus agressifs.
Les vendeurs sont donc constamment incités à innover pour remporter des opérations rémunératrices. Bref, rien de très différent d’autres industries sauf qu’ici, la matière première est l’argent. Pas de l’argent virtuel, abstrait, mais des flux économiques bien réels : dette, trésorerie, fonds propres, flux de devises, couvertures contre différents types de risques, etc. Les qualités attendues des traders, en plus de leurs compétences techniques et, dans le cas de vendeurs, commerciales, c’est l’accès à l’information. Un trader est meilleur s’il a des informations que ses concurrents n’ont pas. Son réseau de clients, de traders et d’analystes, sa capacité à aller trouver des informations pertinentes dans le chaos permanent de données et de nouvelles, voilà où il doit faire la différence.
La valeur d’embauche d’un trader dépend essentiellement de ce talent-là. Chaque activité, dans une salle des marchés, draine des volumes considérables des grands acteurs financiers que sont les Etats, les entreprises, les institutions financières. Les commissions et gains qui doivent en être retirés, dérisoires si on les ramène aux volumes en jeu, restent importants pour chacun des opérateurs qui les reçoivent. Les traders sont donc rémunérés en conséquence, et la compétition est rude entre ceux qui sont en activité. Une fois retiré des affaires, la « côte » d’un trader tombe vite, même si elle ne disparaît jamais totalement, puisqu’il décroche de ce flux constant d’information qui es le plus valorisé.
Si la presse retient les exemples les plus exceptionnels, celui des bonus des stars qui atteignent plusieurs millions de dollars, l’essentiel des traders reçoit des rémunérations certes élevées, mais comparables à celles d’autres professions : consultants seniors ou avocats d’affaires associés. Leur carrière commence plus tôt mais est en revanche très aléatoire, à l’instar des joueurs de foot. La gestion des ressources humaines de la finance est aussi brutale que les mouvements de marchés. Tous les ans, une proportion importante des salles de marché quitte, de gré ou de force, ce secteur d’activité. Si ces niveaux de rémunération attractifs entraînent un effet d’éviction des meilleurs sur les autres industries, ils correspondent à un marché de l’emploi très spécifique, aussi réactif à la hausse…qu’à la baisse.
Pourquoi ce secteur a-t-il pris tant d’importance dans la vie économique réelle ? L’allongement de l’espérance de vie a vu se constituer une épargne considérable. Cette tendance s’est renforcée avec la mondialisation et sa première conséquence : l’émergence d’une classe moyenne se comptant en centaines de millions puis en milliards d’individus. Eux aussi se sont mis à épargner. Aujourd’hui, l’ensemble des fonds de pensions, des fonds mutualistes, de la gestion privée, et des assurances approche l’équivalent de 100 trillions de dollars dans le monde. Les actifs bancaires des 1.000 plus grandes banques mondiales, qui regroupent les crédits, les participations et les titres qu’elles détiennent, atteignent un montant du même ordre de grandeur. Face à ces capitaux, Etats, entreprises, ménages ainsi que les banques cherchent à financer leur dette ou leurs fonds propres. Manifestement, ils ne les trouvent plus seulement du côté des banques. Si ce mouvement de désintermédiation a fait sortir l’essentiel des flux financiers du bilan des banques, ces dernières se sont adaptées en proposant leurs services à ces acteurs non bancaires. C’est la mission première de leurs salles de marchés.
Pour la remplir correctement, cela exige de lourds investissements. L’effet de seuil ne laisse pas de place aux petits acteurs. Les banques doivent disposer d’une couverture mondiale pour offrir une palette transversale de la plupart des produits financiers pour rester compétitives. L’achat de systèmes d’information et de haute technologie ne constitue pas le coût principal. Le plus cher, c’est l’embauche de traders expérimentés en Asie, en Europe et en Amérique. Pour chaque opérateur de marché, il faut ajouter 2 à 3 personnes pour couvrir les besoins en informatique, en back-office chargé de traiter les opérations, en déontologie et en contrôle des risques, etc. Les fonds propres nécessaires sont aussi importants pour pouvoir décharger les entreprises clientes de leurs risques. Une salle de marché ressemble à une fourmilière qui assimile et reformate des opérations de clients dont les besoins aux deux extrémités ne sont pas exactement complémentaires. Ce processus d’adaptation et de recalibrage permet une circulation fluide des capitaux de ceux qui en disposent vers ceux qui en cherchent. Son efficacité trouve sa confirmation dans la rémunération que ces clients acceptent de laisser aux activités de marchés des banques qui servent d’intermédiaires.
Cette industrie d’innovation permanente au service des grands clients traditionnels des banques reste minuscule à l’échelle de la sphère financière. Pour avoir une idée de son poids réel, le revenu annuel brut des départements de banques d’investissement a atteint 66 milliards de dollars en 2008, une goutte d’eau comparé aux presque 200 trillions de dollars de capitaux en circulation dans le monde, à peine 0.04 %. Pas de quoi susciter l’ire des médias.
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vendredi, 20 novembre 2009
Préparez-vous au pire, c'est votre banquier qui vous le dit
Pendant que les Français discutent de la fessée et de l'identité nationale, la marée monte. Et la marée de dettes les menace de noyade. Qui peut ainsi avoir intérêt à détourner leur attention de la menace qui pèse sur eux ? En tout cas, une banque française a choisi de conseiller à ses clients, en octobre, de se préparer à des moments difficiles. L'expression employée dans le document est carrément "global collapse" (effondrement global). Ce "scénario du pire" se fonde sur le niveau encore alarmant de la dette. Le "dé-leveraging" qui consiste à rembourser la dette en cours et à reconstituer une épargne, risque d'entraîner un nouveau choc économique. Surtout que nous n'asistons pas clairement à un mouvement franc de "dé-leveraging". La dette privée a partiellement été nationalisée, ce sont donc les Etats qui continuent à accroître leur endettement, pas les entreprises ni les ménages.
Dans ce contexte, l'inflation n'est donc plus la première menace première pour cette banque. française LPour elle, les taux d'intérêt longs promettent de rester bas longtemps...et le dollar risque, toujours selon elle, de dégringoler (2 dollars pour un euro ?). Contrairement au Japon, qui a vu sa dette passer à 200 % du PIB en 20 ans sans aucun effet positif sur sa croissance, l'explosion incontrôlée des dettes publiques risque d'aboutir, en Europe ou aux Etats-Unis, à des défaillances d'Etats plus fragiles que les autres, ne serait-ce que pour tester la solidarité entre Etats. Le risque domino, c'est le principe qu'un petit Etat qui tombe peut en entraîner d'autres dans sa chute. Les autres , conscients de ce danger, auront donc intérêt à venir au secours du premier pour stopper la dynamique de faillite généralisée. Bref, ça va être open bar pour les marchés financiers dont les Etats, en faisant exploser les compteurs de la dette, deviennent de plus en plus tributaires.
Les banques centrales vont certainement être appelées en renfort pour acheter la dette publique des Etats irresponsables et incontrôlables en faisant tourner, comme elles le font depuis des mois, la planche à billets. Le risque inflationniste est donc bien réel. Et une bulle est bien en train de grossir sous nos yeux.
A la veille du grand emprunt, quitte à ruiner un peu plus les Français, il faut peut-être investir dans un secteur qui se redresse légèrement et dont l'impact sur le moral des gens, et donc sur la croissance, est bien réel. Aux Etats-Unis, le roi du porno, Larry Flynt, avait officiellement demandé un plan de sauvetage de 5 milliards de dollars pour l'industrie pornographique dés janvier, en s'appuyant sur un argument parfaitement recevable et rationnel. Partant du constat que les gens sont déprimés et manquent de sexe ("People are too depressed to be sexually active,"), il a insisté sur le danger que cette déprime représente pour son pays : "This is very unhealthy as a nation. Americans can do without cars and such but they cannot do without sex." On devine mal pourquoi nos jeunes symboles de l'avenir de la France, Juppé et Rocard, n'ont pas proposé d'investir dans cette activité rentable et d'intérêt public avec une partie de nos 35 milliards. Si la france coule, nous aurons au moins de quoi nous amuser.
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jeudi, 15 octobre 2009
Le racket fiscal est général
Les banques affichent des résultats "insolents" partout dans le monde. Avec la bénédiction des banques centrales qui leur distribuent de l'argent frais presque gratuit et la reprise de l'activité des marchés financiers (merci aux dettes publiques et au redémarrage des grandes entreprises), elles ont vite repris des couleurs. A finalement se demander si l'aide que certains gouvernements leur ont apportée n'était pas inutile, en plus d'avoir un effet catastrophique sur les autres acteurs économiques ? Les 23 premières banques américaines vont verser 143 milliards de dollars à leurs cadres (le milliard le demi milliard d'euros de BNP Paribas fait sourire comparativement). D'un côté, ces chiffres peuvent sembler choquants un an après avoir frôlé le gouffre. Mais de l'autre, c'est très encourageant de voir cette activité repartir sur les chapeaux de roue. Cette remontée de la "pression sanguine" de notre économie mondialisée est le signe que nous nous éloignons du coma de l'automne et de l'hiver dernier, et que ce réseau sanguin - financier - alimente à nouveau les organes qui tournaient jusqu'ici au ralenti.
Après avoir gesticulé pour amuser la galerie avec des mesures gadget comme l'encadrement des bonus des traders (aucune corrélation prouvée entre leur montant et les risques systémiques), Nicolas Sarkozy vient de se faire doubler par quelques députés à la commission des finances. Alors que les grandes banques françaises ont décidé de rembourser les aides inutiles mais coûteuses de l'Etat français, les 8.2 % d'intérêt leur ayant rapporté plusieurs centaines de millions d'euros au contribuable (c'est toujours ça), le président de la commission des finances, le PS Didier Migaud annonce qu'il n'y a "rien de choquant à taxer un peu plus leurs bénéfices" en contradiction avec le principe d'égalité devant l'impôt. Suivi par 20 membres de la commission (seules 11 oppositions), il a instauré une surtaxe de 10 % sur l'IS déjà parmi les plus élevés de la communauté européenne. Dans sa culture de promotion de l'échec, la maxime du législateur français n'a donc pas changé : il (sur)taxe ce qui marche, réglemente ce qui marche encore, subventionne ce qui ne marche plus.
La finance avait quitté Paris dans les années 80. Les banques quitteront-elles la France lorsqu'elles en auront assez de se faire maltraiter, invectiver et racketter ? Ce jour-là, les milliards d'impôts sur les sociétés, les nombreux milliards de cotisations sociales et autres taxes en tout genre iront ailleurs, ainsi que les emplois délocalisés. Restera toujours la banque sur Internet pour les services de bases chèrement payés.
Vivement le jour où notre classe politique saura valoriser nos succès nationaux lorsqu'ils ont lieu ailleurs que sur un terrain de football.
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| Tags : banques, traders, bonus, racket |
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lundi, 14 septembre 2009
Le chantage permanent
A la veille du G20, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois menacé ses partenaires de claquer la porte si sa proposition n'était pas retenue. Sauveur du monde obéi de tous sinon rien. Ah, on retrouve bien la mentalité de petit chef dans ce genre de rodomontade digne de nos dinosaures de syndicats qui viennent à la table des négociations pour annoncer qu'ils discuteront de tout, à condition que leurs propositions soient acceptées préalablement. La première fois que notre président s'était roulé par terre en avril, personne n'avait trop osé rien dire dans le monde. Sourires gênés, agacement du côté germanique. La deuxième fois (dans la même année), cette manifestation d'arrogance doit commencer à en agacer sérieusement plus d'un. Parce que si on regarde les performances comparées de la France ces 30 dernières années, il est facile de comprendre que personne n'a envie de suivre notre modèle jacobin et de plonger dans notre enfer économique et social.
Et bien qu'il la prenne, la porte. Et dans la figure si ça peut lui faire du bien. Surtout qu'il ne s'agit pas de rétablir l'étalon or ou de peser sur l'exigence de fonds propres des banques, vrai sujet de débat, mais de limiter la rémunération de la performance d'une profession particulière. Simple épiphénomène médiatique. En sachant qu'après les banquiers, d'autres professions passeront un jour à la moulinette dirigiste du gouvenement, au gré des crises et des humeurs du monarque.
Il suffit de prendre l'exemple de la LOPSI, initialement destinée à lutter contre l'anti-France, contre ceux qui mettent en danger les intérêts de la Nation. On pense à Oussama Ben Laden, à Action Directe, aux Maxime Brunerie et Consorts. Mais la liste s'est vite allongée. On pensait moins à Albert qui a pris le volant avec un verre de trop. Ou à Robert qui a bousculé son voisin pendant un match de foot et figure sur la liste. Ou à Mireille qui donne régulièrement des vêtements à des clandestins qu'elle connait dans le quartier. Sans faire de bruit, avec cette loi discrète, tous aurons peut-être la chance d'avoir des mouchards installés chez eux et sur leur PC à leur insu si un juge en décide ainsi. Car aux termes de la loi, tous sont devenus des dangers pour la Nation. On imagine que le fait de ne pas payer ses impôts va vite rentrer dans le champ d'application de ce type de loi.
Bref, tout ça pour dire que le plafonnement des rémunération, cher au NPA, pourrait bientôt figurer sur les tablettes de Guaino Sarko pour toutes les professions. Les salauds de banquiers ouvrent le bal, mais tout le monde finira par danser la gigue. Et tous les pays suivront si ses dernières mesures ne sont pas contestées au G20. Le monde cèdera-t-il à ce chantage indigne, ou bien gardera-t-il son sang froid en rappelant à Sarko que si ses méthodes marchaient, la France serait championne du monde d'autre chose que du chômage et des conflits sociaux ? Obama va-t-il voir là une opportunité de se dépêtrer du conflit de plus en plus violent autour de sa sécu ? Brown a cédé, Angela Merkel a envoyé des signaux positifs. Mais à la veille du scrutin des législatives, elle est prudente. Elle n'est pas sûre de parvenir à une coalition avec les libéraux allemands qui ont le vent en poupe avec la crise. Bref, tout ceci est de mauvais augure
En tout cas, ce n'est pas étonnant que Vladimir Poutine soutienne Sarkozy. Allez, je suggèe que le prochain G20 se passe à Grozny, histoire d'envoyer un message clair aux ennemis du monde, banquiers et autres racailles que l'Etat, le français en tout cas, espère soumettre rapidement.
22:18 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : bonus, banques, g20 |
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mercredi, 26 août 2009
Sarkozy et le retour du socialisme d'antan
Nicolas Sarkozy a agi hier soir comme au bon vieux temps des nationalisations sauvages. Christine Lagarde était toute excitée à ses côté, acquiescant de la tête chacune des phrases pourtant insensées de son Président. Nous avons assisté à une première intrusion de l'Etat dans la rémunération de la performance. L'encadrement imposé des rémunérations dans les banques d'investissement et l'accord préalable au versement des bonus d'un représentant de l'Etat (Camdessus) constituent une atteinte grave au principe contractuel qui unit librement employeurs et salariés. Cette décision ouvre la voie à l'arbitraire du prince dans un domaine jusqu'ici relativement épargné. Et la barrière protectionniste qu'il a érigée au nom de prétendus principes est une menace de pacotille. Il a donc décidé de sacrifier l'industrie financière française sur l'autel de l'électoralisme le plus démagogique. Les banques françaises n'ont pas de responsabilité directe avec la crise, elles l'ont même plutôt bien traversée jusqu'ici. Pourtant, elles vont payer, comme les Français qui en subiront les conséquences.
L'argument de Nicolas Sarkozy est simple (et fondé en soi, on aimerait d'ailleurs qu'il l'applique aux entreprises non financières qui se goinfrent de subventions publiques récurrentes) : "Je ne suis pas contre le fait de gagner de l'argent, mais il n'est pas question que ce soit le contribuable qui paie lorsque les banques perdent de l'argent." Veut-il parler des montants faramineux d'impôt sur les société versés par les banques au trésor au cours des dernières années ? La première banque française, pour rappel, en a versé à elle seule environ 10 milliards au cours des 5 exercices passés. Non seulement le contribuable n'a pas coûté un centime d'aide aux banques, mais celles-ci auront versé au total 1.4 milliards d'euros à l'Etat français, à la fin de l'année, en plus de l'impôt sur les sociétés. Une petite surtaxe en temps de crise, ça fait toujours plaisir au gouvernement qui voit ses déficits filer. Explication du double mécanisme en jeu pour ceux qui ne savent plus trop comment l'Etat "aide" les banques :
- la SPPE a pris des participations dans le capital des banques françaises à un cours extrmement bas et moyennant une rémunération fixe de 8.2 %. Recapitalisation peu utile comme l'a affirmé le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, dés janvier 2009 : "Leur recapitalisation publique n'est pas destinée à compenser des faiblesses ou des failles." Mais plutôt une incitation à augmenter le volume de crédits octroyés (malgré la baisse des demandes d'entreprises gelant leurs investissements). Bref, l'Etat a joué au hedge fund en investissant à crédit (merci les déficits publics).
- la SFEF, entreprise privée dont les banques sont les actionnaires, leur permet d'emprunter de l'argent en bénéficiant de la garantie de l'Etat. Surcoût : 4 % à payer à l'Etat qui n'a pas eu à débourser un centime. Vu l'état des banques françaises, le gain est conséquent pour un risque minuscule.
Sarko semble avoir une phobie pour la banque, simple effet des sondages ? Stratégie de conquête de l'électorat de gauche à la veille des régionales ? En tout cas, ses propos trahissent un rapprot presque pathologique avec ce secteur. Au cours d'une réunion préalable, il a ainsi traité «certains» traders de «fous furieux» (ben voyons, lui aussi a vu "Wall Street" au cinéma, il sait ce que c'est qu'une banque !) et taxé de «tissu de bêtises» les arguments de ceux qui s’inquiètent des conséquences d’une réglementation sur l’attractivité de la place de Paris. Ca c'est sûr : chez Bloomberg, Reuters et dans la presse étrangère, y a rien que des imbéciles qui ne comprennent rien à la marche du monde, pas comme lui. Résultat dont il se vante ce matin auprès des journalistes : le patron de la première banque française a divisé par deux la provision pour les bonus de ses traders sans la moindre opposition. le risque pour cette banque, c'est de voir les meilleurs talents partir pour des banques étrangères.
L'enjeu pour notre Sarko, maintenant, c'est l'harmonisation mondiale de ces règles lors du G20 de septembre. Car comme le rappelle Christine Lagarde, c'est « l’unique solution réellement efficace, pour que les traders ne contournent pas les dispositifs en allant s’installer ailleurs ». Ne priez pas pour cette cause, c'est inutile. Les autres pays vont sûrement voir là une belle occasion d'affaiblir la concurrence française (une banque française figure encore au top 10 des banques mondiales). Certes, Sarko a agité la menace protectionniste (qu'en dira l'OMC ?), mais son arrogance ne devrait que renforcer l'isolement de la France dans un monde en mouvement. La hantise des Etats-Unis et du Royaume Uni, c'est d'abord de voir la finance mondiale se déplacer vers des cieux plus accueillants : l'Asie (5 des 10 plus grandes banques mondiales sont chinoises).
Rétrospectivement, le souhait de Christine Lagarde de refaire de Paris une place financière majeure est une mauvaise blague. Par sa réaction des derniers jours, elle se moque du monde. Le poids des charges sociales, des taxes et les rigidités du marché du travail ont tué la place de Paris depuis longtemps. Avec ce dernier coup de Sarkozy, le gouvernement signe l'arrêt de mort de ce qui reste de Paris. Une fois de plus, la France étouffe les secteurs producteurs de richesse, elle montre la porte aux fleurons nationaux au détriment de l'emploi, de la qualité de vie des Français qui n'ont plus que des charges et des dettes à porter.
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| Tags : banques, bonus, sarkozy |
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mercredi, 22 avril 2009
Comment les banquiers se sont tirés une balle dans le pied
Je ne commettrais pas la faute (de très mauvais goût) d'évoquer ceux qui se tirent une balle dans la tête (avec une arme achetée à crédit ?), mais il faut dire que passer 16 ans dans l'institution parapublique en partie à l'origine de la crise, c'est en soi aussi une faute de goût. Les banquiers qui ont accepté l'aide des gouvernements se retrouvent dans une position difficile. Sous la pression politique, ils sont poussés à des décisions anti-économiques. Ils sont par exemple obligés de vendre des actifs très rentables pour se recentrer sur leur marché domestique. Le président de la Bundesbank et membre du conseil de la BCE, dénonce cette forme déguisée de protectionnisme qui risque d'accroître le coût de financement de ces établissements, coût qui se répercute sur celui des crédits octroyés à leurs clients. Sous la pression du marché (qui n'a pas disparu mais s'adapte à la situation), ces banques risquent aussi de perdre leurs meilleurs financiers. Car celles qui ont refusé toute aide publique n'ont pas de contraintes de rémunération. Elles peuvent se servir dans les stocks de banquiers fort rentables mais déçus par le plafonnement de leur bonus. Enfin, les hedge funds retrouvent le moral : les activités de trading pour compte propre des banques se réduisent rapidement, ainsi que les banques, ce qui réduit la concurrence dans ce secteur fort rentable. Les meilleurs traders veulent dorénavant quitter les banques pour rejoindre les fonds qui ont tenu bon. Résultat, le marché attend un doublement des fonds gérés d'ici 2013.
Résultat, les banques aidées par l'argent public (grave erreur) qui n'avaient pas réellement besoin de cet argent (deuxième grave erreur) veulent le rembourser ces aides trop contraignantes rapidement. Mais voilà, les gouvernements ne l'entendent pas de cette oreille. Cet argent rapporte beaucoup d'argent, ce qui est fort bienvenu en temps de déficits publics massifs. Ensuite, ils doivent maintenir un discours dirigiste et moralistes pour des raisons électoralistes. Rien de mieux que de garder une main de fer sur le cou des vilains banquiers, la hache dans l'autre, pour épater la foule qui conspue tout ce vaste monde de la finance (caricaturé avec grandes oreilles et nez crochus dans la tradition des années 30).
Enfin, un petit rayon de soleil dans ce ciel couvert, mais destiné aux paradis fiscaux. En augmentant le taux marginal d'impôt sur le revenu à 50 %, Gordon Brown a déclenché une dynamique qui pourrait voir le Royaume Uni perdre ses talents comme la France a perdu les siens. La finance pourrait se relocaliser en Suisse, histoire de prendre la place de l'UBS déclinante, sur une ile (blanche ou grise) accueillante ou à Dubaï. Restera au Royaume-Uni les pubs et les musées en attendant qu'une nouvelle Thatcher vienne remettre le pays en état de marche.
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vendredi, 17 avril 2009
Rends l'oseille et tire-toi
Les bonnes banques retrouvent des couleurs. Après les (trop rares) faillites, les fusions et les fragilisées, les survivantes privilégiées par le marché sont moins nombreuses, ce qui augmente leur activité et leur résultats depuis plusieurs mois. N'oublions pas que des banques comme Deutsche Bank, Barclays ou HSBC n'ont pas fait appel à la moindre aide de l'Etat, et que plusieurs grands noms comme JP Morgan Chase, BNP Paribas et Société Générale auraient pu se passer des aides publiques, rassurantes au fort de la crise mais coûteuses (ce qui est au moins un avantage pour le contribuable).
Celles qui ont accepté une aide publique sans en avoir réellement un besoin vital s'en mordent doublement les doigts aujourd'hui. Leur image s'est considérablement dégradée auprès du grand public. Les gouvernements leur ont imposé des contraintes aussi stupides que nocives. Recevoir de l'argent public est inique, il est temps que leurs dirigeants le comprennent. C'est pourquoi Goldman Sachs, en pleine forme après avoir présenté un résultat deux fois plus élevé que le chiffre attendu pour le premier trimestre 2009, et JP Morgan Chase comptent rembourser au plus vite les aides du gouvernement américain. Ces deux banques pourront alors recruter les stars des banques encore contraintes afin d'étoffer leurs équipes avec les meilleurs du marché. Deutsche Bank avait déjà lancé un vibrant appel en février, débauchant alors des équipes entières de banques américaines (entraînant d'ailleurs des poursuites de leur part).
Autant dire que les banques qui vont mal...vont probablement aller encore plus mal en perdant les compétences les mieux reconnues du marché. La concurrence déloyale a du bon pour ceux qui savent en jouer le plus légalement du monde. De leur part, merci à la démagogie gouvernementale. Le grand perdant, c'est le contribuable qui paiera une double note. La facture des aides à venir pour soutenir les banques aidées allant de plus en plus mal. Le prix des prestations d'une oligopole bancaire en cours de retrécissement.
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lundi, 09 février 2009
Ne dites pas à ma mère que je suis banquier, elle pense que je vends des armes
Le secteur financier est en émoi après les propos très durs et sans appel du Président de la République qui l'ont livré à la vindicte populaire. Heureusement, les dégâts réels sont minimes car la place de Paris est minuscule. Grâce à une réglementation du travail inappropriée et des charges sociales excessives, il s'est marginalisé au cours des années 90 au bénéfices d'autres places en Europe et dans le monde. A peine 10.000 personnes, et ce chiffre inclut les middle-offices et les back-offices. Imaginez Londres et ses 300.000 traders, vendeurs et services rattachés. Certes, les bonus sont élevés. A Wall Street, sommet de la finance internationale, le bonus moyen en 2008 était de 85.000 euros selon les autorités de supervision.
Attention, le secteur financier est bien plus important dans son ensemble, mais il ne s'agit pas du petit monde honni des marchés financiers vampirisés par les "traders, ces jeunes gens qui jouaient à spéculer" comme se plaît tant à penser Nicolas Sarkozy. Pour celui que le simple mot "financier" fait frémir, je signale au passage que ce secteur fait travailler plus de 750.000 personnes et produit 180 milliards d'euros de richesse dans notre pays, respectivement 4.5 % de l'emploi pour 4.9 % du PIB. Ce n'est pas rien, même s'il représente 8.2 % du PIB au Royaume-Uni qui a su exporter ses services à toute l'Europe. Mais les vrais vilains ne sont que quelques milliers. Et plus pour longtemps.
Il est vrai que dans la conjoncture actuelle, le pouvoir doit désigner des coupables. Et vite, le temps presse devant l'agitation sociale qui monte. Droit tiré du film hollywoodien "Wall Street" sorti lors du grand krach de 1987, le cliché des opérateurs de marché est idéal : jeune (donc inconscient), riche (exploiteur) et inutile (on ne les voit pas courir sur les pelouses derrière un ballon ou chanter à la fête de la musique avec un pétard offert par le Ministre de l'affaiblissement des masses la Culture). Et puis l'affaire Kerviel a reveillé l'imaginaire des Français en tombant au plus mauvais moment. Le comportement roublard de ce jeune escroc a beaucoup nui à l'image du secteur, malgré une défense pitoyable qui a même fini par agacer les magistrats, et notamment van Ruymbeke, qu'on ne peut qualifier d'agents du capitalisme financier. Pour les Français, "il n'y a pas de fumée sans feu" et l'affaire est claire : l'économie réelle n'a aucun besoin de ces parasites qui "créent de l'argent avec de l'argent". Oublions le fait que tous les jours, l'économie mondiale tourne grâce aux rouages bien huilés de ces fameux marchés. A commencer par les Etats, drogués à la dette, qui s'appuient sur leur capacité à drainer les capitaux du monde entier.
Bref, Nicolas Sarkozy s'est fixé comme objectif la disparition pure et simple des derniers traders de Paris lorsqu'il a attaqué sans ménagement "le système de rémunération de ceux qu'on appelle les traders, ces jeunes gens qui jouaient à spéculer" et dont "les rémunérations étaient indexées sur la prime de risques". "Ça a conduit à la catastrophe que l'on sait, a ajouté le chef de l'Etat. C'est ça qu'il faut interdire !" Il doit me manquer un élément dans son raisonnement, parce que les 3 premières banques françaises ont traversé 2008 en réalisant chacune entre 2 et 3 milliards d'euros de bénéfices. Ce n'est pas parce que les banques françaises se comportent bien qu'on ne va pas les sanctionner pour ce que les banques américaines et anglaises ont fait (sous impulsion de mesures étatiques).
Pendant que les banques anglo-saxonnes licencient des dizaines de milliers d'opérateurs de marché et revoient en profondeur leurs processus de contrôle des risques, l'administration française compte produire un nouveau "code éthique" pour enrichir le code déontologique actuel des traders, déjà épais. Y aura-t-il un joker "autoamnistie" dans ce programme ? Les bonus vont ainsi être encadrés pour n'être versés qu'en fonction "des gains réels pour l'entreprise tout en tenant compte des intérêts des clients". En clair, "la pratique des bonus garantis non liés à la performance doit être prohibée, sauf en cas d'embauche ou de rétention de professionnels ayant des fonctions clefs. Dans ces cas, les bonus devront être limités à un an." Il me semblait que c'était déjà le cas. Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde (qui a bien connu les bonus juteux au sein du cabinet Baker & McKenzie) devraient faire un tour dans les salles des marchés bancaires et constater eux-mêmes comment elles fonctionnent et à quoi elles servent.
Bref, il vaut mieux vendre des armes ou être traffiquant de drogue que travailler sur les marchés pour améliorer l'allocation des capitaux entre les acteurs économiques.
Avec sa lucidité habituelle, Pierre-Antoine Delhommais nous livre son analyse dans le Monde du 7 février :
"Exceller dans une profession dans laquelle très peu atteignent la médiocrité est la marque la plus décisive de ce que l'on appelle génie ou mérite supérieur... Dans une profession où vingt personnes échouent pour une qui réussit, celle-ci doit gagner tout ce qui aurait pu être gagné par les vingt qui échouent." - Adam Smith
Plus de deux cents ans plus tard, cette équation a permis d'offrir à Thierry Henry un salaire de 14 millions d'euros en 2006. L'observatoire des inégalités s'est amusé à convertir ce pactole en années de smic : 1 183. Avec ses 11 millions d'euros, le basketteur Tony Parker frôle la barre des mille années. Les stars du monde de la culture, dont M. Bourg souligne pourtant que "le talent est plus difficile à déterminer", font jeu égal. Avec ses Ch'tis, Dany Boon aurait empoché 15 millions d'euros. Côté chanteurs, selon le classement très officieux établi par Le Figaro, tant l'opacité des revenus est pour eux beaucoup plus grande que pour les patrons du CAC 40, Francis Cabrel aurait gagné en 2008 4 millions d'euros. Alain Souchon, qui a remporté un beau succès avec sa chanson qui dénonçait la rapacité des patrons et leurs parachutes dorés, aurait récolté 1,3 million d'euros (108 années de smic).
Des montants bien sûr qui n'ont rien de "choquant" pour ces artistes de génie et apporteurs de rêve, lequel, c'est bien connu, n'a pas de prix. Ou alors très élevé. Les Français, d'ailleurs, pas plus que le chef de l'Etat, ne sont choqués. Les vedettes du foot et de la chanson occupent les premières places dans le classement de leurs personnalités préférées, où n'ont figuré, au cours des dernières années, que deux vrais "pauvres" : l'Abbé Pierre et Soeur Emmanuelle. Il est vrai aussi que la plupart des superstars prennent soin de venir régulièrement, sur les plateaux de télévision, dénoncer la misère du monde et en fustiger les injustices.
Que rajouter à ça ?
17:44 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 21 janvier 2009
Massacre à la tronçonneuse
Bonus interdits pour leurs dirigeants, encadrements par de vulgaires préfets, conditions draconiennes imposées aux banques. Pour un système bancaire qui figure parmi les plus solides au monde aujourd'hui, cette punition peut paraître bien injuste (et injustifiée). Nicolas Sarkozy répond naturelleemnt que "Ce n'est pas de l'intervention. C'est de l'action". J'ai du mal à comprendre la nuance. Les banques françaises, aidées malgré elles alors qu'elles s'en tiraient bien, se voient ainsi imposer des conditions dignes d'un régime socialiste. Comment legouvernement peut-il exiger des banques qu'eles soient au sommet de leur forme pour "aider l'économie" tout en les sanctionnant et en les humiliant sans bonne raison toutes les semaines ? Son sens de la pédagogie a de quoi étonner. Résultat : le cours des banques françaises accélère sa dégringolade sous la menace de la sanction suivante : nationalisation brutale à la française. Les pays dont les banques sont vraiment en difficulté font bien plus preuve d'égard pour les redresser. Ils sont conscients qu'il n'est pas sage de trop brutaliser leurs banques déjà structurellement fragilisées.
Voici un graphique qui illustre bien la fonte des capitalisations bancaires avec la crise. Une vraie déflation ! 1.250 milliards de dollards (965 milliards d'euros) de valorisation envolée en 18 mois :
15:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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