jeudi, 20 août 2009
Fresque animalière : bouc émissaire ou poule aux oeufs d'or ?
Christine Lagarde a avoué être choquée à l'idée que des traders puissent encore toucher des bonus : « c'est une honte absolue que des primes garanties de plusieurs années puissent encore être versées ou que certains soient tentés de remettre en place les vieilles pratiques de compensation [entendez "bonus"] avec une relation insuffisante entre la compensation et une performance durable [il ne s'agit pas de sexe mais de bouzoufs] et une bonne gestion du risque » Mazette, on tremble. Mais ce n'est pas Benoît Hamon qui parle, seulement Lagarde. Ah bon, j'ai eu peur.
En gros, son propos revient à dire que ces vils spéculateurs ont déjà la chance qu'on leur laisse la vie. Mais alors qu'en plus, ils attendent qu'on paye leurs performances, non mais quoi ? Les banques font d'excellents boucs émissaires par temps de crise, on leur demande un petit effort jusqu'aux régionales, pas de quoi fouetter un chat, si ? C'est vrai quoi tout est de leur faute, et en plus, les banquiers e font discrets et ne montent jamais le ton. C'est dans leur nature. On peut donc facilement leur faire expier leurs prétendus péchés par tous les moyens électoralement porteurs. Et exiger la fin des bonus dans les médias, sachant que cette proposition fait rire tous ceux qui, dans le reste du monde, regardent notre petite république socialiste de France avec une sympathie de touriste régulier amateur de musées et de bons vins. Ces étrangers savent qu'on est plus forts qu'eux, mais ils observent aussi que nous sommes pieds et poings liés grâce à des Lagarde au pouvoir qui maintiennent une fiscalité et des réglementations asphyxiantes pour nos talents.
Quand on parle de bonus, Christine Lagarde sait de quoi elle parle. Elle a longtemps touché de jolis pactoles qui devaient se compter en millions, peut-être en dizaines de millions de dollars, au sein du cabinet Baker & McKenzie. Il s'agit tout de même de l'un des premiers cabinets d'avocats mondiaux dont elle a fini président du comité exécutif. Ce cabinet n'a-t-il pas contribué à la dérive de la judiciarisation de la vie quotidienne des Américains, au plus grand bénéfice des lawyers américains ? Christine doit aussi fréquenter une certaine Carla qui a fait fortune en incitant nos jeunettes à devenir anorexiques. Bon. Quand aux coups de boules placés au bon moment, nous savons qu'ils rapportent des millions. Certes, il faut d'abord être une star du foot. Mais enfin, tout ceci ne vaut pas les grands méchants banquiers, à qui on doit la crise, la canicule et sûrement la chute de quelques avions cet été.
Ce qui est inquiétant, c'est qu'avec Sarko, on ne sait jamais si les mauvaises idées ne risquent pas d'aboutir en vraies mesures en dur. Avec Chirac, le discours était purement électoral, certainement pas destiné à se traduire en actes. Mais là, le suspense est réel. Et là, ça peut faire mal. En mettant en oeuvre son discours, le gouvernement tuerait une belle poule aux oeufs d'or en terrassant nos banques d'affaire. Les emplois, notamment hautement qualifiés, disparaîtraient ou iraient ailleurs. Les bénéfices rapatriés et taxés en France diminueraient fortement. Peut-être même des banques pourraient-elles décider de délocaliser leur siège social... Non, tout ceci est juste un mauvais rêve. Au contraire, comme l'écrit le Financial Times : "Ms Lagarde has made the promotion of Paris as a financial centre one of her priorities since becoming finance minister two years ago"
19:56 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : bonus, banque, marches financiers, traders, lagarde |
|
|
Digg |
Facebook
dimanche, 25 janvier 2009
Quand c'est la dèche, c'est la dèche
18:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : banque, crise |
|
|
Digg |
Facebook


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)






