vendredi, 23 janvier 2009
Aznar : «Pour sortir de la crise il faut plus de libéralisme»
Dans notre environnement keynésien, que vient enrichir une forte proportion d'anti-capitalistes primaires, les propos de José Maria Aznar font du bien. Ils nous rappellent que l'Europe est bien plus libérale que nous le pensons. Son successeur (et adversaire) Zapatero n'a d'ailleurs pas changé de trajectoire. Dans une interview au Figaro, n'y va pas par 4 chemins :
Le Figaro : La crise économique ne signe-t-elle pas l'échec du libéralisme ?
J M Aznar : Ce n'est certainement pas l'échec du libéralisme, mais l'échec des mécanismes actuels de régulation et d'intervention de l'État dans un secteur qui est pourtant déjà très régulé, le système bancaire. C'est comme en politique. Lorsqu'on élit un mauvais gouvernement, cela ne remet pas pour autant en cause la démocratie.
Le Figaro : Que préconisez-vous pour sortir de la crise ?
J M Aznar : Nous avons l'obligation de sauver les banques car, sans un système financier solide, il n'y a pas d'économie qui tienne. Mais il faut surtout faire des réformes économiques. Plus de flexibilité et de liberté dans l'économie, moins de taxes, moins de dépenses, plus de stabilité budgétaire, moins d'intervention de l'État.
Je note toutefois une contradiction plus politicienne lorsqu'il défend le bilan et l'agitation autoritaire de Nicolas Sarkozy, à l'opposé de ce qu'il préconise dans son interview. Puisse Sarkozy l'entendre !
Il est loin d'être le seul à promouvoir les idées libérales. Guy Sorman nous rappelle régulièrement ces fondamentaux : "nous ne sommes pas tous keynésiens". Il signale que deux Prix Nobel d'économie, Ed Prescott et Vernon Smith, viennent de signer une pétition appelant à la remise en cause des plans de relance dont ils contestent l'utilité. Ils reprennent le fameux exemple de la crise de 29 et l'enrichissent de l'exemple plus récent du Japon : "More government spending by Hoover and Roosevelt did not pull the U.S. economy out of the Great Depression in the 1930s. More government spending also did not solve Japan's 'lost decade' in the 1990s."
Leurs conclusions sont limpides et confirment celles du Parti Libéral Démocrate : "To improve the economy, policy makers should focus on reforms that remove impediments to work, saving investment, and production. Lower tax rates and a reduction of the burden of government are the best ways to use fiscal policy to boost growth." En octobre 2008 déjà, une série d'économistes de renom avaient signé un manifeste allant dans ce sens. On y retrouvait nos deux Nobels d'Economie mais aussi Gary Becker, James Buchanan et bien d'autres noms prestigieux. Dommage que nous ne soyons pas assez entendus sur ces propositions qui engagent notre avenir.
10:22 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : liberalisme, crise, aznar |
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