jeudi, 04 décembre 2008
La voiture souffre
Les ventes de voiture plongent depuis octobre. Premiers effets de la crise, les Français (comme le reste du monde) reportent ce type d'achat important à des jours meilleurs. Et voilà-t-y pas que les mêmes politiques qui ont tout fait pour réduire le nombre de voitures en France semblent soudainement s'inquiéter du sort des industries du secteur automobile. Résultat : les mêmes Français vont sans doute subir une double peine :
- sanctionnés en tant que consommateurs par les taxes multiples (vignette, TIPP) et la probabilité croissante d'amendes diverses avec le renforcement des sanctions et la multiplication par deux des flashs prévue
- sanctionnés comme contribuables par les futures mesures de relance du secteur affaibli qu'ils devront payer
Chaque centre-ville du pays est progressivement fermé aux voitures. Les quartiers qui leur sont aussi hostiles se multiplient également partout. Cette hostilité montante s'accompagne d'une répression intensive à l'encontre des conducteurs. Impossible de vous garer pour une course ou une pause café sans un PV, voire la fourrière; parkings restreints; il faut rouler sous la menace constante de barrages et de flashs visibles ou cachés. La conduite est passée du plaisir utile au stress permanent. Quelques km/h de trop et c'est un point de moins.
L'argument principal, certes justifié, est celui du respect de la sécurité d'autrui. En effet, la vitesse tue. Surtout sur les départementales et les nationales. Surtout le samedi soir après une soirée arrosée ou lors des grands départs, lorsque la densité de voitures augmente le nombre d'accidents à probabilité identique. Surtout lorsque le conducteur est jeune. Surtout lorsque avec la fatigue. Et surtout lorsque la voiture ne dispose pas des capacités de freinage actuelles.
N'ayant jamais pu trouver une analyse détaillée par catégorie de route de la sécurité routière, difficile de juger de l'efficacité de la répression actuelle sur certains de ses segments. Elle est certainement inégalement utile, quand elle n'est pas parfois dangeureuse (les fameux coups de frein à l'approche d'un flash). La grande question concerne la dangerosité de l'autoroute. Un conducteur expérimenté disposant d'un véhicule récent et roulant risque-t-il davantage d'avoir un accident à 180 km/h qu'à 130 km/h (limitation initialement instaurée pour réduire la consommation d'essence, pas par souci sécuritaire) ? En revanche, la différence entre 50 et 70 km/h peut s'avérer mortelle en ville. Pourtant, les flashs sont bien plus rentables nombreux sur autoroute.
Lorsque des médecins de campagne ou des commerciaux parcourent 50 à 100.000 km par an sans avoir commis d'accident de leur vie, et voient leur permis de conduire s'évaporer à coups de points perdus pour de petites négligences, comment ne pas comprendre que la voiture a progressivement été transformée en enfer par les autorités publiques, et pas toujours pour de bonnes raisons de sécurité publique ?
A avoir voulu transformer la voiture en vache à lait, les autorités publiques, nationales et locales, se sont engagées sur une voie périlleuse pour l'industrie automobile. Demain, il sera inutile de vouloir maintenir artificiellement en vie un pan de notre économie que nos gouvernants ont choisi de sacrifier par une politique répressive depuis de nombreuses années. Les Français ont reçu le message 5 sur 5 : la voiture est un fléau dont il va falloir apprendre à se passer de plus en plus, plan de relance ou non.
14:48 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : securite routiere, automobile, industrie, flashs |
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