vendredi, 12 décembre 2008

La politique, c'est du sport !

Jean-François Copé a remporté un joli combat contre François Bayrou dans l'émission "A vous de juger". Je l'ai trouvé pugnace, maitrisant bien ses sujets et très incisif dans ses répliques, particulièrement brillant dans l'art de la petite digression assassine. Bref, il est vraiment parvenu à déstabiliser l'ancien candidat à la présidentielle sur tous les sujets abordés. A commencer par le positionnement du Modem sur l'échiquier politique. En reprenant le programme de Bayrou à la présidentielle, il a bien mis en évidence la posture du Modem : reniement des mesures défendues en 2007, opposition systématique pour mordre sur le centre-gauche alors que Bayrou reste un chrétien démocrate de centre droit, expliquant ses contradictions fréquentes. Il faut dire qu'il doit être difficile de rester cohérent lorsque la critique colle constamment à l'incohérence des réformes de Nicolas Sarkozy. Pourtant, la volonté de Bayrou d'inscrire dans la constitution l'interdiction des déficits publics de fonctionnement (j'attends néanmoins sa définition du fonctionnement et de l'investissement) est une mesure forte qui le distingue de l'UMP. Mais il n'ose visiblement pas trop appuyer ce raisonnement dans une conjoncture difficile, bien qu'il ait rappelé que les gouvernements rigoureux en période de croissance sont ceux qui disposent des meilleures marges de manoeuvre au moment des crises.

 

Bayrou s'est alors saisi du grand sujet de la semaine, la décision de faire nommer le président de France Télévision directement par le Président de la République. Le symbole peut choquer, la réalité a toujours été limpide pour tous. Copé, qui a présidé la commission sur l'audiovisuel public, connait donc ces questions sur le bout des doigts. Pas Bayrou manifestement. Au point de se prendre les doigts dans la porte en félicitant Valéry Giscard d'Estaing pour une décision qui était en fait celle de François Mitterrand. Copé a d'ailleurs bien appuyé sur la porte, on sentait le sourire de Marielle de Sarnez plus que crispé dans le fond. Il s'est repris une autre couche avec la réforme constitutionnelle. Bref, il était temps que le match s'arrête lorsque la pub a mis fin à cette séquence.

 

Certes, cette joute n'est pas grand-chose à côté de la colère de Sarkozy à l'encontre de Rama Yade, dorénavant mise sur la touche (et enfoncée assez méchamment par Kouchner) après avoir un peu pris la grosse tête, ni de l'assassinat en règle de Rachida Dati (commandité par Frédéric Lefebvre qui se débarrasse ainsi de la dernière proche de Cécilia ?) par le Point. Elle est tout de même parvenue à faire bondir Sarkozy en rappelant, en fin d'article, qu'elle "connaît les histoires de famille et du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, [et qu'elle] saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur".

 

La politique, c'est vraiment du sport !

16:54 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, cope, ump, audiovisuel | | | Digg! Digg |  Facebook