samedi, 24 mars 2007

Leçon de choses pour nos enfants : rafle près de l'école, arrestation de la directrice

Tout a commencé avec l'arrestation d'un vénérable papy chinois la semaine dernière dans un café du XIXe arrondissement, juste avant la sortie de l'école alors qu'il attendait la sortie de ses deux petits-enfants de l'école élémentaire Rampal du 77, boulevard de Belleville dans le XIXème. Connaissant l'appétence de notre ministère de l'Intérieur pour les rafles de clandestin, rien de surprenant jusque là. Réaction musclée des habitants du quartier : dans un sentiment naturel et spontané, le public présent a vivement réagi en s'opposant à cette arrestation grotesque. Parmi eux, plusieurs parents d’élèves de la fameuse école. La police avait alors répondu par une bonne saucée de gaz lacrymogène, gaz qui a atteint l'école et les enfants. Remarquez, à cet âge, il faut bien que nos enfants, futurs manifestants potentiels, habituent leurs yeux et leurs narines au doux picotement du gaz lacrymo. Cela relève presque du parcours initiatique imposé dans notre pays !
 

<


 
 
Cette semaine, c'est la directrice de la fameuse école qui a été placée en garde à vue. Convoquée dans la matinée au commissariat, Valérie Boukobza était accusée "d'outrages et dégradations de biens publics en réunion". Après plusieurs heures d'interrogatoire, le parquet a ordonné sa remise en liberté. A la Justice de juger si cette femme a réellement agressé les policiers et endommagé leur véhicule comme certains l'attestent. Le quartier est toutefois sous le choc. Une école, ce sont avant tout des familles, une vie sociale importante. Autant dire que l'erreur n'est pas légère.
 
 
Si les activistes, pour l'essentiel très marqués à gauche, parlent beaucoup des violences policières et des soucis judiciaires, justifiés ou non, de la directrice, le sujet principal, lui, n'est jamais abordé :
 
Qu'est-il arrivé au papy chinois et à ses petits-enfants ?
 
 
La loi est la loi, même si la loi est inique. Reste à savoir si on garde le cap et si on continue avec les mêmes pour voir jusqu'où ils nous emmènent. A titre personnel, je reconnais que le débat sur l'immigration est extrêmement sensible, complexe. Mais ce genre d'incident détestable ne facilite pas les choses. Les pays les plus dynamiques ont ouvert leurs frontières assez largement. Question de respect des droits fondamentaux des individus, mais aussi parce qu'une économie prospère repose sur la croissance des échanges, donc pas l'ouverture à de nouvelles cultures, à de nouveaux ponts avec des marchés étrangers.