mercredi, 14 janvier 2009

Les marchés fixent les règles aux Etats

Après les grands appels au "retour de l'Etat", à la "refondation du capitalisme", le gouvernement français a le devoir de redescendre sur terre et de revenir au contact des dures réalités. Les premiers accrocs aux marchés financiers, ce sont les gouvernements dont les besoins financiers ne cessent de grandir. En 2009, les émissions obligataires des gouvernements européens vont doubler en montant par rapport à 2008. Imaginez les périls qui les attendent ! Car si les marchés sont imparfaits, la fameuse "autorégulation" n'est pas un vain mot, et un acteur peut en ressortir méchamment essoré. Les gouvernements risquent de le payer au prix fort. Vengeance ultime des agences de notation, ce monopole privé tant décrié pour leur notation des subprimes, l'une d'elles vient de dégrader un 4eme pays de la zone euro : le Portugal après l'Espagne, l'Irlande (qui pourrait faire appel au FMI) et la Grèce. Le mouvement enclenché n'est pas prêt de s'arrêter avec la dégradation supplémentaire des finances publiques.

 

Résultat, le gouvernement grec doit payer sa dette très cher dans les conditions que les marchés lui imposent aujourd'hui, beaucoup plus cher que l'Allemagne (qui a déjà des difficultés à lever ses propres besoins) ou même que l'Espagne déjà pénalisée. Il pourrait se trouver en défaut de paiement, comme l'indique cette prime de risque élevée. L'Espagne ne va pas bien non plus, pas plus que l'Irlande. La dette considérable de l'Italie en fait aussi une proie, et ne parlons pas de la Belgique qui, en plus de sa dette, va de crise politique en crise politique. Des commentaires évoquent déjà le risque qu'un pays de la zone euro soit contraint d'abandonner l'euro. Bref, le sentiment de l'eurozone est au plus bas depuis sa création. A force de tricher avec les critères sains de Maastricht, la note est salée. La critique du surendettement des ménages américains vaut pour nos gouvernements. Je ne pense pas que notre devise est en péril ni qu'aucun pays en sortira, car le noyau dur qui compose l'euro agirait alors pour préserver l'unité (et, espérons-le, imposer un plan de redressement aux pays en danger).

 

Aujourd'hui, l'Allemagne annonce une bonne résolution. Preuve qu'elle est bien consciente des dangers de l'irresponsabilité gouvernementale. Elle va modifier sa constitution pour interdire les déficits publics excessifs afin de s'assurer qu'une fois la crise passée, les dépenses du plan de relance seront compensées par des excédents budgétaires. Hors période de crise, les déficits publics ne devront pas dépasser 0.5 % du PIB (bien moins que les 3 % imposés -rarement respectés - par l'euro). Un exemple à suivre pour la France ?

11:49 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : allamagne, merkel, deficits publics | | | Digg! Digg |  Facebook