samedi, 26 septembre 2009
La vie n'est qu'un tissu de coups de poignards qu'il faut savoir boire goutte à goutte
Je ne suis pas plus fin juriste que l'avocat du Sapeur Camembert lorsqu'il dit que "la vie n'est qu'un tissu de coups de poignards qu'il faut savoir boire goutte à goutte" et déclare "Je le dis hautement, pour moi le coupable est innocent !". Et je suis encore moins au fait de cette étrange affaire de manipulations croisées, mais Sarko me semble jouer doublement gros dans cette histoire grotesque. Il ne fait pas mystère de vouloir accrocher Villepin à un croc de boucher depuis le début de l'affaire abracadabrantesque de Clearstream. Mais lors de son allocution télévisée au G20, il a gravement dérapé. Une fois de plus, direz-vous. C'est aussi ça la coke pression d'une omniprésidence. Cette fois-ci, c'est un tout petit peu plus grave que d'habitude sur le plan de la stratégie politique. Ses propos sont au mieux un lapsus qui nous rappelle (était-ce nécessaire ?) sa haine tenace à l'égard de l'ancien premier ministre de Chirac, au pire une tentative ouverte de pression sur la défense...et sur la justice. Bref, il apparait guidé par des motifs indignes de sa fonction, et prêt à abuser de son pouvoir dans ce sens.
- Jusqu'ici, il a donné l'image d'un homme prêt à tout sacrifier pour le pouvoir pays, plaçant l'intérêt collectif loin au dessus de l'intérêt personnel (à part les yachts, Carla et quelques babioles qu'on ne saurait lui reprocher à ce niveau). Cette histoire risque de changer durablement l'impression générale. Aveuglé par sa rancoeur, il apparait de plus en plus arrogant, irrascible et tyranique. Au point de menacer physiquement une personnalité pour des motifs exclusivement personnels, et de jouer de sa position de premier magistrat de France pour peser sur la décision de magistrats que je crois toutefois suffisamment indépendants pour ne pas faire montre de faiblesse (pour le Parquet, ce devrait être une autre paire d'effets de manches). Après le coup de faiblesse du président cet été, c'est au tour de la majorité UMP d'avoir un malaise. Le premier qui toussoie sait qu'il aura droit à sa tournée de claques du chateau. Pour autant, aucun n'a vraiment envie de s'aventurer en terrain miné pour défendre le président dont les assauts répétés contre l'indépendance de la justice ont marqué l'opinion.
- Surtout, il offre là une formidable occasion à Villepin de se remettre en selle. Galouzeau n'avait franchement aucune chance de se lancer en politique compte tenu de son mépris des parlementaires, du monde politique et des Français (rappelons que selon Olivier Giesbert, Villepin aurait dit : «La France a envie qu'on la prenne. Ça la démange dans le bassin. Celui qui l'emportera à la prochaine élection, ce ne sera pas un permanent de la politique, mais un saisonnier, un chenapan, un maraudeur.», il n'avait pas tort,simplement il se trompait de héros dans l'histoire). Mais là, il peut faire de son infortune, justifiée ou non, le meilleur argument pour faucher le flambeau de l'antisarkozysme de la droite déçue. Même s'ils sont nombreux à préférer Dominique finir en saint martyr, la balance est aussi chargée du côté de Nagy-Bocsa.
Allez, une petite pensée pour Dominique, coupable ou innocent :
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17:04 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : villepin, sarkozy, coupable |
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mardi, 14 novembre 2006
Taxe environnementale sur les importations : nouvelle forme de protectionnisme
Dominique de Villepin est un malin ! Pour surfer sur la vague écolo déclenchée par le film d'Al Gore et le rapport de Sir Nicholas Stern, il vient de suggérer une excellente "mauvaise idée" pour pénaliser nos importations de façon très adroite. L'Europe, moins stupide qu'il ne le croyait, réagit déjà défavorablement à cette proposition de technocrate mercantile. L'environnement mérite des solutions justes et innovantes mais ne doit pas devenir une usine à recycler les propositions démogagiques.
Notre premier ministre souhaite taxer les produits importés de pays qui n'ont pas signé le protocole de Kyoto. Si le principe "pollueur payeur" auquel il fait référence, foncièrement libéral, est bon, l'application qu'il en fait s'en détourne clairement. Ce ne sont pas les entreprises ou les consommateurs pollueurs qui paieraient, mais l'ensemble des acteurs, quel que soit leur comportement, de certains pays choisis selon un critère bien réducteur. Quid des signataires du protocoles de Kyoto qui sont loin de leurs objectifs ? Bref, le critère de sélection apparait manifestement comme un un mur érigé entre le bloc BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et tous les pays qui sont en train de nous rattraper.
Surtout, on sait que le souci environnemental constitue un enjeu important à partir d'un certain niveau de niveau de vie. Plutôt que de freiner l'émergence de pays dynamiques par ces sanctions ciblées, il faut au contraire les laisser se hisser à notre niveau pour devenir aussi sensibles de leur environnement que nous du nôtre (et sans doute plus efficacement, car nous avons nous-mêmes encore du chemin à faire : balayons un peu devant chez nous avant de faire la leçon aux autres).
Pour illustrer cette corrélation, il suffit de prendre l'exmple de la déforestation. Les pays qui subissent la déforestation appartiennent souvent aux zones géographiques les plus défavorisées. Au contraire, l'exploitation du bois est extrêmement bien conçue dans les pays riches, au point qu'ils connaissent même une reforestation importante.
Bref, Villepin nous sert encore une soupe indigeste, qu'il veut nous faire avaler avec des histoires indignes d'un premier ministre.
13:27 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Villepin, environnement, taxe, CO2 |
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