lundi, 08 juin 2009

Daniel Cohn Bendit, grand vainqueur et meilleur allié de Sarkozy

François Bayrou n'avait pas tort quand il a sorti à Dany qu'il était l'allié objectif de Sarkozy. Pas volontairement comme le sous-entendait bêtement le Béarnais, en effet, mais en chamboulant encore davantage l'échiquier politique dans son hémisphère gauche. Comme si Sarkozy avait un peu aidé à faire monter le message écolo dans les médias pour envoyer les verts dans le jeu de quilles. Bayrou s'est pourtant bien pris les pieds dans le tapis en tentant de préciser sa pensée, plongeant derechef son parti dans une décroissance durable (il va pouvoir expérimenter directement cette tendance à la mode). Il faut dire qu'il était attendu avec un bazzoka chargé. Parti pour faire sortir le gros François de ses gonds, Daniel l'attendait en embuscade sur ce coup. Et Cohn Bendit est parvenu à avoir sa peau en toute beauté en piétinant ses ambitions surdimensionnées (Sarko doit se repasser la scène en boucle à l'Elysée). Résultat, notre libertaire libéral européen, bête noire sauveur des verts, casse la dynamique du Modem et de Bayrou, et explose le PS qui repart en salle de réanimation. Sitôt Cohn Bendit reparti à Strasbourg, les verts (qui le détestent) reprendront de plus belles ces fameuses empoignades qui les menacent chroniquement d'auto-dissolution (rien de grave pour un parti bio-dégradé, le déchat y est biodégradable). Bref, comme le dit manuel, "L’UMP continue sur sa lancée, il continue son cavalier seul, telle la Rome antique face aux barbares désorganisés".

 

Si les uns ont du mal à digérer l'échec, d'autres ne savent pas comment gérer le succès. Et tout ceci se passe sans avoir le moindre rapport avec le projet européen. Ces histoires de boutique montrent tout de même que sur la plus haute marche du podium, le vainqueur c'est l'abstention. Le résultat des Européennes montre que les propositions politiques n'ont dans l'ensemble pas répondu aux attentes. A l'extrême gauche, il y avait foule. La droite protectionniste était aussi présente. Bof. Il manquait quelque chose de plus dans l'offre politique. Manifestement, l'Europe est encore beaucoup trop compliquée pour le Français moyen. les avantages de l'Europe se sont banalisés, les inconvénients sont, eux, bien visibles. Et la mondialisation et Internet abolissent progressivement les frontières. Suis-je plus proche de l'Estonie, du Canada ou de Hong Kong (ou de la Turquie d'ailleurs) ? Le concept européen devient naturellement plus lointain, moins concret.

 

Globalement, l'UMP reste soutenu par son électorat fidèle, même déçu, et l'abstention est forte parce que l'Europe ne séduit pas. Mais le grand vainqueur, c'est Cohn Bendit. Pas les verts, mais Daniel Cohn Bendit lui-même; et puis son bras droit pour l'occasion, Eva Joly. Contrairement au parti français des verts (et aux autres partis d'ailleurs), il a une vision de l'Europe à la fois générale et concrète, qu'il prend le temps de développer. Par ailleurs, sa faconde et sa vision libérale décomplexée (qui lui vaut de solides inimitiés chez les verts français) lui apportent un électorat bobo-écolo qui voient en lui un réformateur légitime. Certes, il a soutenu des dinosaures (Voynet) par une fidélité absurde envers les verts français. Mais le succès de ses positions confirme qu'au-delà de la pure pensée écolo, les idées libérales peuvent très bien passer auprès des Français de gauche. Reste à convaincre la droite.

13:27 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : verts, ump, cohn bendit | | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 05 juin 2009

Bayrou pète les plombs en direct

Chabot.jpgQuand on vise le sommet, le succès de l'ascension tient parfois à peu de choses. Après Giscard d'Estaing en 1981, ce fut au tour de Jacques Chirac de perdre les pédales (et donc la présidentielle) face au machiavélique François Mitterrand au 2eme tour de la présidentielle de 1988. Hier soir, l'autre François, notre Béarnais national, a sans doute perdu beaucoup de crédibilité dans sa course à l'échalote la présidentielle, même s'il ne s'agissait que d'un débat sur les Européennes. Presque un non-sujet tant le sujet est mal traité et mal apprécié. Lors de cette pétaudière en direct sur France Télévision, mal animé par une Arlette Chabot qui ne tenait pas mieux les commandes que le pilote de l'AF447, au cours duquel Xavier Bertrand s'est fait traiter de menteur par à peu près tout le monde sans qu'on entende d'arguments de fond de part et d'autre, François Bayrou a perdu son sang froid et a voulu effectuer ce genre de tacle qui entraîne un carton rouge. Un vrai pugilat. A quand la baston en direct comme en Corée du Sud (ou comme dans certaines salles de classe, sans qu'on sache qui inspire qui) ?

 

L'un des candidats les plus impliqués dans la construction européenne, c'est Daniel Cohn Bendit. Ce Franco-Allemand est devenu une référence européenne, quoi qu'on pense de ses idées. Sa pensée "libérale-libertaire" obtient de bonnes performances sur la scène politique nationale. Il sait bien destabiliser ses adversaires, parfois de façon virile (ainsi à Marine le Pen "tais-toi, tu ne racontes que des conneries"). Mais il le fait souvent avec panache. Hier, il a répliqué un peu méchamment à une attaque digne d'une cour de récréation de Bayrou qui dénonçait ses déjeuners à l'Elysée, en le piquant sur son obsession : «Mon pote, tu es trop minable, tu ne seras jamais président de la République». Bingo. Le gros François est sorti de ses gonds en rappelant très vilement un passage très contestable d'un livre de Dan datant de...1975. Daniel ne s'est pas privé d'en remettre une couche : «Ah, j'étais sûr que tu venais là-dessus. Ah la la c'est la grandeur présidentielle.» En jeu, le fait que la liste de Cohn Bendit dépasse les listes Modem dans les sondages.

 

Si le projet de François Bayrou n'a jamais été très clair, il sombre dans la confusion depuis 2 ans avec son penchant de plus en plus marqué à gauche, surtout en recrutant ceux qui ne comptent pas aller à la gamelle de la majorité : Jean-François Kahn, le plus vicelard des journalistes d'opinion, Yann Wehrling, ex président des verts, l'ancien vert Jean-Luc Benhamias (qui aurait d'ailleurs demandé des explications à Bayrou sur sa saillie du plus mauvais effet hier soir). J'avoue apprécier les personnalités telles que Christian Saint-Etienne (il ne garde du Modem que la couleur orange) que je sens en plein doute, ou Jean Peyrelevade obsédé à juste titre par la dette. Mais ces rares responsables lucides du Modem pèsent de moins en moins face au déferlement de personnalités à gauche de la gauche. Comment réagiront-ils après la soirée d'hier soir ?

 

Ce Cohn Bendit en a certainement retiré un bon bénéfice qu'on jugera dimanche soir. Et il le prend avec humour : "J'ai demandé l'asile politique à Mélenchon (Front de gauche), Xavier Bertrand (UMP) et Besancenot (Nouveau Parti anticapitaliste)", a-t-il ironisé dans"A vous de juger" qui suivait le débat. "Il va mal dans sa tête et je crois que c'est mauvais pour lui", a conclu Daniel Cohn-Bendit, accusant François Bayrou d'avoir "sacrifié son MoDem à son ego parce qu'il ne pense qu'à devenir président de la République". Le Modem n'e serait qu'un parti d'opportunistes dirigé par un opportuniste sans projet autre que purement personnel, comme le pense Authueil ? Au final, nous n'en savons pas plus sur l'Europe...

dimanche, 24 mai 2009

Les verts ont du talent !

Je ne sais pas si cette créativité portera ses fruits, mais les verts allemands ont réalisé une vidéo inventive, à la conclusion hélas un peu populiste (les verts, quoi !) :



18:17 Publié dans Dans le monde, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : verts, grunen, européeennes | | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 24 août 2007

Quand mon coeur fait boum

e6191fc3f21e387330240bde418dec0c.jpgOlivier Besancenot est le dernier à vouloir dissoudre sa formation ("La LCR n'a plus vocation à exister"), la Ligue, après qu'Yves Cochet ait demandé celle des verts ("Les Verts sont malades et en miette, il faut les dissoudre, je ne crois pas aux réformes internes") et que Maxime Gremetz déclare que "le Parti Communiste a implosé". Evidemment, les apparatchiks font de la résistance. Les Verts préfèrent la "rénovation" (vieux terme des communistes qui ne cessent de vouloir se rénover par l'autocritique et la déstalinisation) à la "dissolution", même si Cécile Duflot avance crûment : "Il faut nettoyer les Verts à la brosse et au savon". Il faut dire que le pire ennemi des Verts, ce sont eux-mêmes. Un message pour les libéraux moins nombreux ?

 

Le PS ne va pas beaucoup mieux : les élephants sont épuisés et les jeunes lions commencent à montrer les crocs dans le chaos. Le "jeune" espoir féminin, Ségolène Royal, n'a pas réussi à faire de son échec électoral un succès interne. Un front anti-Ségo commence à se développer au sein du PS. La vacuité de son programme et son mépris pour l'idéologie dogmatique ne semblent pas convenir à une base arc-boutée sur ses vieux préceptes anti-capitalistes. Le Tony Blair du PS, ce n'est pas pour demain. La gauche est restée au temps de la mine... notamment dans les sondages.

 

Pendant ce temps, la droite marche au pas, c'est "le bal de l'empereur".

06:50 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolè Royal, Cécile Duflot, Yves Cochet, Verts, PS, LCR, Ligue | | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 30 mai 2007

Le Parisien affirme mais n'enquête pas

5fbdec8835a7a10e89ef6477f450ef2a.jpgDans son édition du jour, le Parisien présente brièvement la bataille des législatives dans la 1ere circonscription de Paris. Certes, ce quotidien ne s'intéresse qu'aux candidatures "crédibles". Le lecteur avisé que je suis aimerait connaître les critères de jugement utilisés pour distinguer les candidats "crédibles" des "non crédibles". Manifestement, la marque fait tout, au détriment des faits, des profils ou de l'avis des habitants de la circonscription. Cet article écrit au pifomètre parle donc bien entendu des deux principaux candidats, la députée sortante Martine Billard (verts) et le challenger UMP. Jusque là, nous sommes dans une démarche logique dont je comprends la légitimité. Mais en fin d'article, afin de lui donner du piquant, la journaliste a choisi de présenter un outsider, lui assurant une belle promotion gratis : Mario Stasi (Modem), candidat qui a démarré mollement sa campagne il y a une semaine sous l'étiquette Modem. Absent des murs et des rues jusque très récemment, personne ne sait de qui il s'agit. Et pourtant, le Parisien en parle comme d'un candidat qui pourrait créer la surprise.

 

Etant le candidat le plus présent sur le terrain depuis plusieurs mois, et constatant que ma notoriété est bien plus forte que celle de cet avocat peu engagé (pas de programme, pas de slogan et pas de réelle présence sur le terrain jusqu'il y a peu) dans la circonscription, je comprends mal comment un journal peut lui accorder une telle publicité sans manifestement avoir la moindre connaissance des faits locaux. Le prétendu journaliste qui a pondu ce texte est-il encarté au Modem pour pareille démarche ?

 

En tout cas, force est de constater que le handicap est lourd si on ne fait pas partie de la bande des trois partis de pouvoir. Espérons que le résultat du 10 juin mettra au grand jour l'hypocrisie de cette connivence.

dimanche, 24 décembre 2006

Dany a ouvert un blog !

medium_Cohn-Bendit.jpgFin novembre, Daniel Cohn Bendit a ouvert un blog. Pour le moment, notre élu européen feignantise un peu. Pas grand chose de publié en un mois. Allez Dany, c'est le moment de prendre de bonnes résolutions pour 2007 : "tenir à jour ton blog quotidiennement". Même avec un emploi du temps bien rempli, c'est possible. D'autres le font, alors tu peux t'y mettre aussi ! Au taff !