jeudi, 08 novembre 2007
Le bloc des bloqués du ciboulot débloque à nouveau
Le coup de chauffe d'octobre a permis aux grévistes de se compter, de tester leur motivation. Résultat : le 13 novembre, le mouvement repart de plus belle. Alors, 1995 ou 2003 ? François Fillon a plutôt 2003 en tête, mais la meute contestataire compte bien refaire 1995. Bref, préparer l'avenir, ce n'est pas pour demain.
Pure coïncidence, les facs commencent à connaître une agitation sur le modèle de la lutte contre le CPE. On retrouve Sud-Etudiant, l’UEC (Union des étudiants communistes), la FSE (Fédération syndicale étudiante), la CNT (anarchiste), les JCR (Jeunesses communistes révolutionnaires) à l'origine du mouvement. Leur alibi, la défende s'une «fac collective, propriété des étudiants et non pas des investisseurs». Malgré tout, on sent bien la manipulation par les grands frères cheminots. Depuis peu, la branche jeune du PS, l'UNEF, embraye sur le mouvement, sentant que la mobilisation pourrait prendre. Comme le raconte bien cet article, qui surévalue largement les chiffres de la mobilisation, une minorité capte les débats puis impose, dans la confusion, la fermeture brutale du campus avec la menace de graves déprédations comme à chaque fois :
C’est en priant les partisans et opposants à ce blocage de se ranger à gauche et à droite de la tribune que l’évaluation à la louche s’est faite : au bout de quoi, les accès aux salles de cours resteront barricadés par des montagnes de tables et de chaises. Avant même de voter quoi que ce soit, les étudiants les plus motivés avaient bloqué ces accès dès la veille.
Les commentaires en valent la peine :
Comme quoi, quand la LCR, SUD et l'UNEF sont contre l'autonomie des universités et pour l'Etat on se dit que demain la révolution ne sera pas autonomiste, conseilliste, mais étatiste.
On ne sait plus très bien s'il faut Etatiser ou rendre l'université totalement autonome. En tout cas, il faut contester à tout prix, et tenir la rue.
Liberté Chérie est sur le pont, bien entendu. 160.000 tracts distribués en octobre, plusieurs centaines de milliers attendent la semaine prochaine. L'attente est forte. Mais SOS Facs bloquées devrait aussi pouvoir reprendre du service (dernier post 24 mai 2006 !).
En fait, le mouvement des facs vient tout simplement renforcer la pression des grèves dans les transports. On reconnait les mêmes facs que d'habitude dans l'amorce du mouvement. Jean-Louis Caccomo nous dévoile son énervement d'enseignant-chercheur à nouveau pris en otage. Une fois de plus, la lecture des commentaires est éclairante.
Manifestement, la mini-réforme de Valérie Pecresse sert surtout de prétexte aux militants gauchistes pour attaquer la politique de Nicolas Sarkozy dans son ensemble, et venir une fois de plus contester les fondements de notre démocratie. Le timing est excellent, il faut le reconnaître. Alors que la politique de Sarko atteint un sommet de confusion, une faille est apparue dans l'euphorie qui tardait à retomber. Une grande coordination de tous les mouvements d'extrême gauche a donc choisi ce moment pour frapper. Vu la vitesse avec laquelle Sarko sort le chéquier (il a tout de même lâché 21 millions d'euros par trimestre au tout petit public des marins pêcheurs, les contribuables apprécieront), nul ne peut prédire sa réaction face à cette bataille qui promet d'être dure. Et si le mouvements de réformes venait à s'arrêter, et Fillon à sauter (certitude, reste à savoir quand), je n'ose imaginer la déception de tous ceux qui ont cru en lui.
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| Tags : Loi LRU, grève transports, Valérie Pecresse, blocage des facs |
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mardi, 26 juin 2007
Soutien au tandem Pecresse-Sarkozy sur l'Université
Dans notre monde globalisé, aux distances raccourcies, nous savons tous que l'enjeu de la prospérité, c'est l'enseignement supérieur et la recherche. L'enseignement supérieur assure la transmission du savoir et le renouvellement des idées. Un monde ouvert offre beaucoup plus d'opportunités à chacun, mais il exige aussi davantage de qualités pour en profiter. La première étape, pour notre pays, c'est de remettre l'université sur les rails. Après plusieurs décennies d'immobilisme bureaucratique, les grandes écoles ont aujourd'hui un avantage très net sur les cursus universitaires.
Le projet de réformes des universités proposé par Nicolas Sarkozy et présenté par Valérie Pécresse va dans le bon sens. Le fait que le président ait repris les négociations en main et accepté une semaine de discussions de plus pour ne pas donner une image de passage en force est bon signe. Certaines modalités telles que l'autonomie automatique ou choisie semblent faire débat alors qu'elles remettent pas en question le fond de la réforme. Pourquoi pas ? Tout doit être fait pour mettre les forces obscurantistes en difficulté. Je ne crois pas trahir les libéraux en avançant que nous souhaitons tous voir le gouvernement mettre rapidement en oeuvre ce premier pas vers une vraie libéralisation de l'enseignement supérieur, même si quelques questions restent ouvertes. La réelle autonomie aux facs s'appliquera au recrutement et à la rémunération des enseignants, à la recherche de partenariats et de sponsors. Cela ne résoudra pas tout :
- Quand pourront-elles exiger des frais de scolarité convenables afin d'offrir des moyens décents aux étudiants, assurance d'un meilleur "retour sur investissement" pour eux ?
- Les chaires seront-elles encore permanentes ou, enfin, attribuées pour une durée limitée et renouvelable ?
- La sélection s'appliquera pour l'entrée en Master, la seconde phase du cursus LMD. Quand sera-t-il possible aux universités d'exiger une sélection à l'entrée de la Licence, afin de s'assurer que les futurs étudiants soient véritablement motivés ? Le taux d'échec, au cours du DEUG, constitue un gâchis autant humain que financier.
- Quelles seront les marges de manoeuvre pour faciliter les changements de cursus au cours des premières années, pour multiplier les ponts entre les cursus technologiques et généraux ?
- Quand sera-t-il possible de créer de nouvelles universités et de décerner des dîplômes LMD librement ?
Il est probable que les militants de l'UNEF, aussi peu représentatifs des étudiants qu'ils sont nuisibles, contribuent à démarrer des mouvements de blocage des facs dès la rentrée d'automne. Les libéraux devront être prêts à se mobiliser pour défendre cette réforme ambitieuse et cruciale. Une certaine gauche rétrograde a longtemps préféré sacrifier des générations entières d'étudiants à sa cause en faisant des campus des bastions de résistance marxiste. La gauche a fermé les yeux. La droite n'a pas eu plus de courage. Aujourd'hui, nous ne devons pas rater le coche.
Prochain épisode : rapprocher la recherche, actuelllement fonctionnarisée dans des institutions poussiéreuses, à des universités rénovées de pointe dont certaines sont déjà remarquablement bien classées compte tenu de leurs handicaps anciens.
15:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : Réforme des universités, Valérie Pécresse, Niclas Sarkozy, Bruno Juliard |
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