dimanche, 28 mars 2010

Quand les députés trichent avec la démocratie pour s'accrocher à leur fauteuil

Marine.jpgCe que Mitterrand a mis des années à mettre en place pour briser la droite, Sarkozy se l'est infligé seul en quelques mois. Avec l'aide précieuse d'Eric Besson, il a remis en selle le FN auparavant exsangue, ruiné. Marine peut envoyer des chocolats (blancs) Hévin à Nicolas, c'est plus que mérité. Sarkozy s'est auto-karchérisé en lançant le débat plombé d'avance sur l'identité nationale et en faisant des régionales un enjeu national. Dorénavant, le dragon frontiste est en pleine forme. Il attend 2012 avec la même impatience que la gauche. L'arme de destruction massive et démocratique, c'est la triangulaire. Sarkozy a aussi redonné des ailes aux verts en faisant le Grenelle de l'environnement. Mais avec Cohn Bendit,  beaucoup plus malin et ouvert que les sectaires traditionnels des verts, ils ont choisi de s'allier au second tour pour gagner des sièges et renforcer leur prise sur le pouvoir. A droite, pas de FN possible. Même si, dans l'ensemble, elle bat la gauche, la triangulaire la fait perdre si elle refuse une alliance de second tour. A force de refuser les vrais enjeux de l'emploi, de la réforme de l'Etat ou de l'éducation, et de titiller certains démons encore vivaces, elle paye le prix fort de ses erreurs. A moins de faire machine arrière toute, de bénéficier de la faillite d'un pays de la zone euro qui nous mettrait au pied du mur, c'est la débandade qui attend la droite aux sénatoriales et aux élections législatives. C'est toute une génération  à l'éthique pas toujours claires qui va partir à la retraite.

Au lendemain d'une déculottée historique, plusieurs députés UMP ont l'outrecuidance de proposer de supprimer les triangulaires. Jean-François Copé aime l'idée. Ce véritable déni de démocratie vient mal au moment où les Français n'ont déjà plus beaucoup confiance dans le monde politique. Cumul des mandats, cumul des responsabilités et des rémunérations, frais de campagne gratuits, cumul des avantages, chômage doré, retraites dorées, et maintenant verrouillage vis-à-vis de la concurrence. Pourquoi ne pas supprimer simplement les scrutins, ce serait tellement plus simple ! La droite sera certes rincée, mais elle l'aura bien cherché. Tant pis pour elle, chaque jour qui passe confirme que c'est nécessaire pour le pays. Ce sera l'occasion de recomposer le centre et la droite décaporalisée.

mardi, 27 octobre 2009

L'UMP renforce ses liens avec le Parti Communiste Chinois

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Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, en visite officielle en Chine, a signé entre son parti et le Parti communiste chinois un protocole qui "veut dire une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges" entre les deux partis. Xavier Bertrand souhaite même "multiplier les échanges entre dirigeants mais aussi entre cadres et élus du parti". Avec le PCC, jamais l'affaire de l'EPAD n'aurait fini en scandale. Il n'y a plus qu'à traiter les autonomistes corses comme les tibétains ou les les ouïghours. Il y a certainement des idées à prendre pour durcir la loi Hadopi et la lopsi.


Lionel Luca a choisi de faire son gamin en faisant grève. Franchement, pour quoi faire ? D'abord, l'UMP tente aussi de rassembler tout le monde, des verts à l'extrême droite, dans l'espoir de n'avoir au final qu'un seul parti politique en France. Il ne manque plus que le PS et le front de gauche, et le tour est joué pour notre petit timonier. Ce sera plus simple ainsi, il faut bien le reconnaître. La continuité dans l'action, avec une perspective dynastique, rien de tel pour la stabilité. Ensuite, rappelons qu'à l'occasion du XVIe Comité central du PCC, le 15 novembre 2002, le PCC avait officiellement environ 65 millions de membres. Même ramené à l'échelle de la France, ça fait plusieurs millions de membres. L'UMP a déjà son Quotidien du Peuple.

 

Il reste heureusement des voix pour s'indigner du comportement des communistes chinois. Cette éthique me parait non seulement essentielle, mais aussi élémentaire pour un parti politique. Pas à l'UMP où j'espère sincèrement voir davantage d'élus comme Lionel Luca et de responsables assumer leurs valeurs.

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mardi, 18 août 2009

Boutin n'aime toujours pas les mariages contre nature

christine-boutin-2007.1194021446.jpgChristine Boutin s'est attaquée à la dernière alliance en date, entre la belle équipée de chasseurs, pêcheurs et puyfolais europhobes de Libertas et l'empire l'UMP. Si, de son côté, Mouton Gnangnan espère récupérer des brebis perdues, Christine Boutin n'entend pas les choses de cette manière. Elle, sent à juste titre qu'elle risque d'y laisser des plumes. Pour la forme, la présidente du parti chétien démocrate, à la "dimension sociale" qu'elle estime forte, trouve qu'à «force de rassembler tout le monde, on risque de faire émerger des extrêmes». Mais lesquels donc ? Sûrement les autres.

 

Plus amusant de sa part, elle va jusqu'à défendre des principes : «Je suis par exemple favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne suis pas certaine que Villiers le soit. C'est bien de vouloir rassembler tout le monde, c'est une belle idée, mais je pense qu'une démocratie a besoin d'une opposition». Et l'opposition, siouplait, c'est les autres. Allez zou, dehors. Mais pourquoi tce rejet d'un rassemblement qui est dans la nature dominatrice même de l'UMP et à laquelle elle participe largement ? Gauche Moderne et les Progressistes ne la dérangeaient pas. Hortefeux non plus. Mais le couple de même sexe Nihous Villiers, si.

 

La réalité est beaucoup simple. Le nombre de siège n'augmentant pas avec le ratissage de plus en plus large de l'UMP, sa propre minorité disposera de moins d'investitures. Surtout qu'elle a de moins en moins la côte au chateau où on observe sans doute que son électorat est sans alternative. Le calcul repose simplement sur les investitures qui commencent à se négocier entre l'UMP et ses alliés de plus en plus nombreux.

 

Elle reconnait dans l'interview qu'en fait, il s'agit pour l'UMP de récupérer les Pays de la Loire des mains du PS, grâce à la bonne implantation de Philippe de Villiers (résultat d'une remarquable politique locale de sa part). Or, elle s'y voyait bien avant qu'il ne vienne bousculer brutalement ses plans. «Je peux le comprendre, mais c'est sans doute une des régions dans laquelle le Parti chrétien-démocrate est le mieux implanté. On va donc voir comment on va être traité dans cette région» dit-elle. En bref, combien d'investis aura-t-elle pour les régionales de mars ?  En conclusion, elle va enfin droit au but : elle n'acceptera pas de ne pas avoir au moins 40 élus aux régionales. La politique se résume souvent à ça.

 

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lundi, 08 juin 2009

Daniel Cohn Bendit, grand vainqueur et meilleur allié de Sarkozy

François Bayrou n'avait pas tort quand il a sorti à Dany qu'il était l'allié objectif de Sarkozy. Pas volontairement comme le sous-entendait bêtement le Béarnais, en effet, mais en chamboulant encore davantage l'échiquier politique dans son hémisphère gauche. Comme si Sarkozy avait un peu aidé à faire monter le message écolo dans les médias pour envoyer les verts dans le jeu de quilles. Bayrou s'est pourtant bien pris les pieds dans le tapis en tentant de préciser sa pensée, plongeant derechef son parti dans une décroissance durable (il va pouvoir expérimenter directement cette tendance à la mode). Il faut dire qu'il était attendu avec un bazzoka chargé. Parti pour faire sortir le gros François de ses gonds, Daniel l'attendait en embuscade sur ce coup. Et Cohn Bendit est parvenu à avoir sa peau en toute beauté en piétinant ses ambitions surdimensionnées (Sarko doit se repasser la scène en boucle à l'Elysée). Résultat, notre libertaire libéral européen, bête noire sauveur des verts, casse la dynamique du Modem et de Bayrou, et explose le PS qui repart en salle de réanimation. Sitôt Cohn Bendit reparti à Strasbourg, les verts (qui le détestent) reprendront de plus belles ces fameuses empoignades qui les menacent chroniquement d'auto-dissolution (rien de grave pour un parti bio-dégradé, le déchat y est biodégradable). Bref, comme le dit manuel, "L’UMP continue sur sa lancée, il continue son cavalier seul, telle la Rome antique face aux barbares désorganisés".

 

Si les uns ont du mal à digérer l'échec, d'autres ne savent pas comment gérer le succès. Et tout ceci se passe sans avoir le moindre rapport avec le projet européen. Ces histoires de boutique montrent tout de même que sur la plus haute marche du podium, le vainqueur c'est l'abstention. Le résultat des Européennes montre que les propositions politiques n'ont dans l'ensemble pas répondu aux attentes. A l'extrême gauche, il y avait foule. La droite protectionniste était aussi présente. Bof. Il manquait quelque chose de plus dans l'offre politique. Manifestement, l'Europe est encore beaucoup trop compliquée pour le Français moyen. les avantages de l'Europe se sont banalisés, les inconvénients sont, eux, bien visibles. Et la mondialisation et Internet abolissent progressivement les frontières. Suis-je plus proche de l'Estonie, du Canada ou de Hong Kong (ou de la Turquie d'ailleurs) ? Le concept européen devient naturellement plus lointain, moins concret.

 

Globalement, l'UMP reste soutenu par son électorat fidèle, même déçu, et l'abstention est forte parce que l'Europe ne séduit pas. Mais le grand vainqueur, c'est Cohn Bendit. Pas les verts, mais Daniel Cohn Bendit lui-même; et puis son bras droit pour l'occasion, Eva Joly. Contrairement au parti français des verts (et aux autres partis d'ailleurs), il a une vision de l'Europe à la fois générale et concrète, qu'il prend le temps de développer. Par ailleurs, sa faconde et sa vision libérale décomplexée (qui lui vaut de solides inimitiés chez les verts français) lui apportent un électorat bobo-écolo qui voient en lui un réformateur légitime. Certes, il a soutenu des dinosaures (Voynet) par une fidélité absurde envers les verts français. Mais le succès de ses positions confirme qu'au-delà de la pure pensée écolo, les idées libérales peuvent très bien passer auprès des Français de gauche. Reste à convaincre la droite.

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vendredi, 12 décembre 2008

La politique, c'est du sport !

Jean-François Copé a remporté un joli combat contre François Bayrou dans l'émission "A vous de juger". Je l'ai trouvé pugnace, maitrisant bien ses sujets et très incisif dans ses répliques, particulièrement brillant dans l'art de la petite digression assassine. Bref, il est vraiment parvenu à déstabiliser l'ancien candidat à la présidentielle sur tous les sujets abordés. A commencer par le positionnement du Modem sur l'échiquier politique. En reprenant le programme de Bayrou à la présidentielle, il a bien mis en évidence la posture du Modem : reniement des mesures défendues en 2007, opposition systématique pour mordre sur le centre-gauche alors que Bayrou reste un chrétien démocrate de centre droit, expliquant ses contradictions fréquentes. Il faut dire qu'il doit être difficile de rester cohérent lorsque la critique colle constamment à l'incohérence des réformes de Nicolas Sarkozy. Pourtant, la volonté de Bayrou d'inscrire dans la constitution l'interdiction des déficits publics de fonctionnement (j'attends néanmoins sa définition du fonctionnement et de l'investissement) est une mesure forte qui le distingue de l'UMP. Mais il n'ose visiblement pas trop appuyer ce raisonnement dans une conjoncture difficile, bien qu'il ait rappelé que les gouvernements rigoureux en période de croissance sont ceux qui disposent des meilleures marges de manoeuvre au moment des crises.

 

Bayrou s'est alors saisi du grand sujet de la semaine, la décision de faire nommer le président de France Télévision directement par le Président de la République. Le symbole peut choquer, la réalité a toujours été limpide pour tous. Copé, qui a présidé la commission sur l'audiovisuel public, connait donc ces questions sur le bout des doigts. Pas Bayrou manifestement. Au point de se prendre les doigts dans la porte en félicitant Valéry Giscard d'Estaing pour une décision qui était en fait celle de François Mitterrand. Copé a d'ailleurs bien appuyé sur la porte, on sentait le sourire de Marielle de Sarnez plus que crispé dans le fond. Il s'est repris une autre couche avec la réforme constitutionnelle. Bref, il était temps que le match s'arrête lorsque la pub a mis fin à cette séquence.

 

Certes, cette joute n'est pas grand-chose à côté de la colère de Sarkozy à l'encontre de Rama Yade, dorénavant mise sur la touche (et enfoncée assez méchamment par Kouchner) après avoir un peu pris la grosse tête, ni de l'assassinat en règle de Rachida Dati (commandité par Frédéric Lefebvre qui se débarrasse ainsi de la dernière proche de Cécilia ?) par le Point. Elle est tout de même parvenue à faire bondir Sarkozy en rappelant, en fin d'article, qu'elle "connaît les histoires de famille et du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, [et qu'elle] saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur".

 

La politique, c'est vraiment du sport !

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mercredi, 30 mai 2007

Le Parisien affirme mais n'enquête pas

5fbdec8835a7a10e89ef6477f450ef2a.jpgDans son édition du jour, le Parisien présente brièvement la bataille des législatives dans la 1ere circonscription de Paris. Certes, ce quotidien ne s'intéresse qu'aux candidatures "crédibles". Le lecteur avisé que je suis aimerait connaître les critères de jugement utilisés pour distinguer les candidats "crédibles" des "non crédibles". Manifestement, la marque fait tout, au détriment des faits, des profils ou de l'avis des habitants de la circonscription. Cet article écrit au pifomètre parle donc bien entendu des deux principaux candidats, la députée sortante Martine Billard (verts) et le challenger UMP. Jusque là, nous sommes dans une démarche logique dont je comprends la légitimité. Mais en fin d'article, afin de lui donner du piquant, la journaliste a choisi de présenter un outsider, lui assurant une belle promotion gratis : Mario Stasi (Modem), candidat qui a démarré mollement sa campagne il y a une semaine sous l'étiquette Modem. Absent des murs et des rues jusque très récemment, personne ne sait de qui il s'agit. Et pourtant, le Parisien en parle comme d'un candidat qui pourrait créer la surprise.

 

Etant le candidat le plus présent sur le terrain depuis plusieurs mois, et constatant que ma notoriété est bien plus forte que celle de cet avocat peu engagé (pas de programme, pas de slogan et pas de réelle présence sur le terrain jusqu'il y a peu) dans la circonscription, je comprends mal comment un journal peut lui accorder une telle publicité sans manifestement avoir la moindre connaissance des faits locaux. Le prétendu journaliste qui a pondu ce texte est-il encarté au Modem pour pareille démarche ?

 

En tout cas, force est de constater que le handicap est lourd si on ne fait pas partie de la bande des trois partis de pouvoir. Espérons que le résultat du 10 juin mettra au grand jour l'hypocrisie de cette connivence.

mardi, 13 mars 2007

Et voilà, un candidat de moins, un soutien pour Bayrou de plus

Vous l'aurez remarqué, la photo d'Edouard Fillias a disparu de mon blog. De candidat à la présidentielle, il est redevenu simple militant libéral arpentant inlassablement les marchés avec ses tracts et les plateaux télé avec son impertinence habituelle. La quête des signatures, plus dure encore que celle du Graal, s'est révélée extrêmement difficile. Six mois de travail intensif d'une équipe dédiée, des dizaines de responsables sur le terrain, le recours à des plateaux d'appels téléphoniques, des dizaines de milliers de fax, de kilomètres parcourus sur tout le territoire, pour un résultat insuffisant. Les maires que nous avions convaincu de nous promettre leur signature, encore enthousiastes il y a peu, avouaient avoir perdu toute volonté de soutenir qui que ce soit devant les pressions multiples. Bref, devant le taux de défection trop élevé, force fut de constater que nous ne parviendrions pas à porter notre brillant candidat au premier tour de l'élection présidentielle.
 
 
A partir du 16 mars, seuls les candidats ayant ramassé leurs 500 parrainages ayant la parole, excluant la voix libérale du débat, il nous fallait réagir rapidement. Notre conférence de presse se tint le 13 mars au matin. Devant une salle de journalistes attentifs, nous leur apprîmes la surprise : la décision du comité directeur d'Alternative Libérale de soutenir la candidature de François Bayrou au 1er tour.
 
 
Certains eurent un choc. "Vous ne soutenez pas le candidat ultra-libéral, Nicolas Sarkozy ?"
Non, Nicolas Sarkozy n'a rien de libéral. François Bayrou non plus, certes. Mais Bayrou, lui, n'a pas les réflexes de tyran de Sarkozy, ce côté dominateur et centralisateur, omnipotent. Ni un lourd parti aux ordres : clans, fantassins, nettoyeurs, tout y est pour régler la France au carré. François Bayrou est un homme plus simple, plus ouvert (et avec un parti beaucoup plus...dégagé depuis quelques années de défections) et conscient qu'il ne résoudra pas lui-même toutes les questions nationales : ce seront aussi aux Français de le faire. Surtout, son bâton de dynamite  destiné aux institutions devrait permettre un vrai renouvellement générationnel du monde politique.
 
 
Cela ne signifie aucunement qu'un rapprochement a lieu entre l'UDF, qui a son identité propre, et Alternative Libérale qui garde sa liberté d'expression et d'action. Nous pensons simplement que François Bayrou est le bon candidat pour ouvrir la porte aux réformes que nous, libéraux, défendons.
 
 
Voilà en tout cas un nouveau tournant dans le développement d'Alternative Libérale. De nombreux adhérents et soutiens nous ont exprimé leur surprise, le plus souvent favorablement, parfois plus négativement. En tout cas, ce brassage tonique, en plus d'attirer les médias sur nos thèses trop rarement entendues dans notre paysage politique, va un peu remuer les libéraux, particulièrement ceux qui sont engourdis après des années de marginalisation. Des têtes partiront, de nouvelles les remplaceront. Ainsi va la vie. Une seule certitude : le projet libéral avance, trace son chemin en s'adaptant aux obstacles sans perdre son objectif : faire évoluer la société française vers moins de matraquage fiscal et réglementaire, plus de liberté, plus de responsabilité individuelle.

jeudi, 08 février 2007

Alain Madelin et Marielle de Sarnez au congrès du Bataclan

Le 4 février au Bataclan, après l'ouverture par Edouard Fillias, Alain Madelin a pris la parole pour soutenir notre candidatmedium_Madelin_Masoud.jpg et notre projet. Après avoir brièvement présenté le président-fondateur des cercles libéraux comme celui qui m'avait fait tomber dans la "marmite libérale", j'ai senti Alain madelin ému sur scène. En prononçant son discours, il s'est rapidement remis d'aplomb. S'il pense que nos chances sont faibles à court terme, il sent qu'il se passe quelque chose. Il ne s'est pas battu pour rien. Le relais est passé. Marginalisé au sein de l'UMP, son combat ancien trouve aujourd'hui une voix, et même un choeur de plusieurs milliers de sympathisants qui continueront à militer pour les idées libérales dans les années à venir.
 
medium_Marielle.jpgAprès lui, il y avait Marielle de Sarnez, numéro 2 de l'UDF. Une dizaine de jours auparavant, elle nous avait proposé de venir, espérant établir un contact positif avec nous (et sans doute nous récupérer aussi un peu). Nous décidâmes alors d'accepter et de communiquer autour de sa venue. Car son intervention n'était pas neutre. En venant ainsi, le 3eme parti de France, modéré et bien implanté, a reconnu l'existence d'un mouvement libéral. Quel honneur pour un jeune parti qui n'avait que 10 mois d'existence ! Les médias l'ont bien analysé, et ils furent tous là pour filmer nos invités. Bon accueil de Marielle de Sarnez, son discours connut même un franc succès.
 
Evidemment, une question est venue à l'esprit de certains : s'agit-il d'une alliance, d'un rapprochement ? Nous savons tous que les institutions et l'Europe mis de côté, rien ne nous rapproche. L'UDF est un parti social démocrate (ou chrétien démocrate), certainement pas libéral. François Bayrou pense à sa candidature à la présidentielle, point barre. Cette visite fort sympathique n'avait aucun sens particulier, sinon que deux partis d'ouverture savent dialoguer sans honte. Certes, des connaissances UMP n'ont pas hésité à m'appeler pour traiter cette invitation de "coup de poignard dans le dos de Sarkozy, homme providentiel qu'il faudrait sauver à tout prix à les écouter. D'abord, nous invitons qui nous voulons, nous sommes grands et assumons seuls nos choix. Ensuite, sans même évoquer l'autoritarisme centralisateur de Nicolas Sarkozy, ce sont plutôt les Sarkozystes qui nous mettent des battons dans les roues...les coups de poignard ne sauraient tarder.
 
Et puis grâce à cette intervention d'une centriste de choc, notre campagne a changé de catégorie. Nous sommes rentrés au bas de l'échelle des poids moyens. Maintenant, il nous va falloir concrétiser dans les prochains mois. D'abord avec les 500 signatures. Ensuite, avec ou sans elles, avec notre vague de candidats aux législatives. Certains d'entre eux peuvent marquer de très bons scores et devenir des références localement. Ce jour-là, la voix libérale sera mieux écoutée, et les débats seront un peu moins creux. N'est-ce pas là notre objectif ?

mercredi, 31 janvier 2007

Retour de la peine de mort dans le débat

medium_peine.JPGAlors que je croyais ce sujet définitivement enterré (c'est le cas de le dire), voil­à qu'une clique de seize députés vient le remettre sur la table avec une proposition d'amendement insidieuse : la peine de mort serait maintenue «lorsque l'existence même de la Nation est menacée» et en temps de guerre. La notion même "d'existence de la nation menacée" permet surtout de commettre les pires exactions au nom d'un principe bien flou.

 

Les coupables sont : Olivier Dassault, Guy Teissier (président de la commission de la Défense), Jérôme Rivière, Jacques Myard, François Guillaume, Richard Mallié, Jean-Michel Ferrand, Charles Cova, Eric Raoult, Roland Chassain, Christian Vanneste, Georges Ginesta, Daniel Mach, Jean Auclair, Bruno Gilles, Bernard Carayon, Lionnel Luca et Richard Dell'Agnola (les deux derniers ont le droit d'apposer leur nom sur cet amendement qui fera leur publicité). Sauf à prendre officiellement ses distances avec cette proposition, l'UMP confirme son positionnement conservateur, nationaliste et clairement anti-libéral. Surtout que cette histoire suit de près celle qui concerne le co-signataire Christian Vanneste.

 

Voilà que ce matin, le Figaro, grand promoteur de la candidature Sarkozy, demandait à son poulain officieux :

"Quel va être le sort du député UMP Christian Vanneste, condamné pour des propos homophobes ?"

Réponse de Nicolas Sarkozy : "Il ne sera pas réinvesti aux législatives. Je condamne fermement ce qu’il a dit. Je ne veux ni de près ni de loin être associé à des propos homophobes. Depuis des années, j’accomplis un travail en profondeur sur l’ordre, le travail, la responsabilité, le respect. J’ai trop souffert d’une droite qui ne défendait pas ses idées pour prendre le risque de saboter cet effort en acceptant des propos caricaturaux." 

Exit le Vanneste. Reste le MPF s'il y a une place. Sans investiture, plus de marque qui assure la victoire ou, au moins, un score confortable. Plus de certitude de franchir la barre fatidique des 5 % qui permet de se faire rembourser ses frais de campagne. Une autre vie commence pour Christian Vanneste.

 

Si j'ai déjà exprimé ma désapprobation vis-à-vis de la condamnation judiciaire du député Christian Vanneste pour ses propos, je comprends la décision de Nicolas Sarkozy qui remonte un peu dans mon estime. Mais malgré ce geste, l'UMP reste encore bien éloignée de mes valeurs...

jeudi, 18 janvier 2007

Sarko truande ses chiffres, premières baffes de Ségo au nom de "l'ordre juste" : ça promet

Le Christ multipliait les pains, Sarko multiplierait les adhérents et les spectateurs... Ah si c'était vrai ! Un paquet d'artistes subventionnés qui officient devant des salles vides feraient vite appel à son talent. Mais voilà, la réalité est plus triste. Le Canard Enchainé nous a appris, il y plusieurs semaines, que le nombre réel d'adhérents de l'UMP tournerait autour de 120.000 et non pas 300.000 comme annoncés. Nicolas Sarkozy, par exemple, figurait 20 fois dans le fichier central que le Canard avait alors réussi à pirater.

 Usine à Multiplier le Public : patron Sarko, le David Copperfield de la politique

medium_Sarko.JPGEt lors du grand congrès d'investiture du petit Nicolas, le week-end dernier, l'UMP a su organiser une manipulation (acceptée ?) de tous les médias digne de la RTBF ! Tous sont tombés (un peu facilement) dans le panneau sauf le Canard Enchainé, comme d'habitude. Un témoin important, Carlo Revelli (fondateur d'Agoravox), nous confirme son impression dans cet excellent texte :

"Pour avoir assisté à quelques matchs de foot dans des stades où 80 000 personnes étaient réunies, je n'avais pas vraiment l'impression de retrouver la même mesure, mais bon...

Mais là où j'ai été carrément épaté, c'est en lisant Le Canard enchaîné du 17 janvier, qui montre un document interne de l'UMP selon lequel il n'y aurait eu que 25 000 personnes "

 

Pourtant, TF1, France2, France3 et tous les médias nationaux gardent le chiffre de 80.000 personnes, sans chercher à en savoir plus... Le seul plan de salle aurait dû éveiller leur attention. Bref, tous les Français ont cru leurs médias habituels et ont conservé le chiffre impressionnant de 80.000 gus suffisamment motivés pour aller écouter leur gentil gourou en apportant leur déjeuner (car à 3.5 millions d'euros pour l'évènement, pas question de prévoir un déjeuner pour les spectateurs !). Si Sarko est élu, nous sommes assurés de voir le chômage à 4 % en 6 mois, et la dette disparue en un an. Magique. Vive l'information honnête et indépendante des leaders politiques !

 

Trous de couac qui ne manquent pas d'air : Ségo, c'est plus fort que toi !

Ségo, elle, agit avec une fermeté plus respectable et nous prend un peu moins pour des cons. Lorsque son porte-parole Arnaud Montebourg avance que "le seul défaut de Ségolène, c'est son compagnon" (et patron du PS tout de même), elle considère à juste titre qu'il est allé un grand pas trop loin. Qu'il se mêle un peu de ses fesses ! 

Pourtant, ses propos collaient bien au ton de Canal +, libre et insolent. Mais le politiquement correct n'est jamais loin, et Arnaud a rapidement dû présenter ses excuses aux deux compagnons, profondément affectés. Carton rouge, il ne jouera pas le match pendant les 30 prochains jours. Voilà un "débat participatif" interrompu un peu brutalement.

 

Arnaud, tu voulais lancer un embargo sur la Suisse, maintenant tu pousses Ségolène à officialiser sa séparation déjà ancienne avec François (avec des arrière-pensées ?), et tu voudrais sans doute que ce dernier démissionne. Quelle est la prochaine étape : bombarder l'Iran ? Allô la lune : il est de temps de prendre ton petit temesta et de revenir sur terre.