vendredi, 22 décembre 2006
Comment survivre en vélo à Paris ?
Le vélo est un vrai sport...de contact. Je m'en suis rendu compte le jour où j'ai vu un chauffard tenter d'écraser un cycliste place de la Concorde. Ce dernier avait dû engueuler le conducteur de trop près pour sa conduite dangereuse. Je vous rassure : le chauffard n'a pas pu atteindre la malin cycliste. Depuis cet épisode folklorique (qui aurait pu être nettement plus dramatique), j'ai dû me mettre au vélo pour des raisons pratiques. La voiture est un enfer à Paris (sauf avec un chauffeur qui prend les couloirs de bus : encore faut-il être un élu au Conseil de Paris !), même la journée. Et les transports en commun ne sont pas fiables, ils ne desservent pas tous les endroits souhaités. Bref, le vélo reste une excellente solution pour les distances courtes et moyennes. Mais à plusieurs conditions :
1) Ne pas envoyer ses enfants au casse-pipe : le vélo parisien n'est à recommander qu'après plusieurs années de conduite de véhicule motorisé, deux roues ou voiture, histoire d'avoir quelques bons réflexes. Sans être suffisants en soi, ils constituent un minimum vital !
2) Ne pas envoyer non plus sa grand-mère au casse-pipe, surtout si vous ne risquez pas de profiter de l'héritage vous-même. Le vélo reste un sport éprouvant. Les faux plats sont fatigants, bref il faut une bonne santé pour tenir le rythme...et je ne parle pas de Montmartre : je m'arrête aux Abbesses en général : la rue Lepic est un supplice pour les non sportifs de mon acabit. Bref, les personnes âgées ne sont pas franchement idéales pour pédaler sur le bitume. Heureusement, Paris devient une ville musée réservée aux cadres supérieurs sans enfants. De moins en moins de "vieux" et de jeunes, c'est la "sélection naturelle qu'on doit aux verts et au PS" (que je remercie au passage pour la valorisation exceptionnelle de mon patrimoine immobilier !)
3) Je vais en faire hurler plus d'un : ne pas respecter le Code de la Route. Je ne dis absolument pas qu'il faut faire n'importe quoi, mais certaines mesures, appliquées avec rigueur, constituent une bonne prévention des risques.
Le trottoir, lorsqu'il est large et peu occupé par les piétons, est une excellente voie de passage sur les grands axes. Les quais, place de la Concorde ou l'esplanade des Invalides en sont un excellent exemple. Mieux vaut survivre sur le trottoir que mourir sur la belle avenue.
De la même façon, traverser sur les clous, sans trop déranger les piétons, permet de passer les carrefours de la mort sans se prendre la voiture qui déboîte pour changer brutalement de direction, le deux roues qui se faufile comme un dingue sans imaginer qu'un vélo se traine péniblement entre les voitures qui le dissimulent.
Autre exemple qui en énerve plus d'un : prendre les petites rues à contre-sens se révèle souvent sûr. D'ailleurs, mon maire (vert) incitait encore ses concitoyens à le faire dans un magazine de la mairie de cette année (vous savez, la pub gratuite pour l'équipe municipale en place). On voit les occupants de voiture qui vont ouvrir leur porte sans faire attention à vous, les voitures ne vous font pas de surprise en tentant de vous doubler au risque de vous projeter contre un rétroviseur ou une voiture qui dépasse un peu trop.
Egalement, le respect des feux rouges, surtout sur les grands axes, vous met en danger. Au démarrage, vous êtes sur le même rang que l'ensemble des deux roues motorisées et des véhicules surexcités qui démarrent tous en trombe. Bref, vous êtes une victime potentielle des "dommages collatéraux" lors du passage au vert. En prenant un peu d'avance, vous devenez un obstacle distinct de la masse, visible et évitable. Attention, ne pas respecter les feux rouges ne signifie surtout pas qu'il faut les passer sans règle. Car franchir un feu rouge est très dangereux. La circulation latéral , elle, roule plein pot avec le feu vert pour elle. Bref, tout ceci demande de la discipline et de la rigueur.
Certes, tous ces conseils de bon sens peuvent vous valoir une belle amende et des points de permis (les quotas de Sarko incitent à aligner tout ce qui passe pour la moindre broutille, même si elle peut sauver votre peau). En faisant autant attention aux divers dangers pour votre intégrité physique qu'à la maison poulaga, et avec un peu de chance, ce qui est mon cas, vous y échapperez. Et en attendant, vous roulerez plus en sécurité. A vous de choisir entre le respect scrupuleux du Code de la Route..et votre survie dans la jungle parisienne.
11:26 Publié dans La vie à Paris | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : Vélo, Transports parisiens, paris |
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