mardi, 07 avril 2009

Ségo, reine de l'opinion de son public

Ségolène Royal fait bien rire. Par exemple, elle fait marrer la communauté germanopratine à chacune de ses saillies incongrues, à chacune de ses gaffes. Je mets le mégalo Pierre Berger à part; que voulez-vous, elle séduit les mégalos comme les métallos. Elle fait hurler Michel Rocard qui trouve qu'elle fait honte au PS. Pourtant, Peillon et Valls l'ont suivie, avec des doutes sur le fond mais en comprenant qu'ils avaient là une machine de guerre politique. Ils ont pris leurs distances depuis quelques mois, mais pour combien de temps ? Même ridicules, ses remarques marquent toujours des points. Pas dans l'opinion publique dans son ensemble, mais dans l'opinion qu'elle vise. Lorsqu'elle déclare cautionner les séquestrations sauvages de cadres dirigeants par des salariés exaspérés, elle connait, ou du moins elle sent, le résultat du sondage CSA - Le Parisien. Elle surfe sur les inquiétudes et la colère du public qu'elle cible. Son premier outil de travail, c'est le sondage. Et ça marche.

 

Sans avoir le talent (ni l'expérience) de Mitterrand, elle en est la digne héritière et en possède le machiavélisme. Elle n'a aucune conviction mais un sens de l'opinion publique et du pouvoir extraordinaire. Elle finira sans doute par reprendre le PS, il se peut qu'elle le redresse après un ménage élephantesque. Peut-être le mènera-t-elle à la victoire, jouant des coudes et des alliances, prise entre l'extrême gauche en grande forme et un centre gauche moribond. Elle sait mieux que quiconque comment marche la gamelle. Est-ce une bonne chose pour la gauche ? A mes amis de cette sensibilité de répondre.


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12:59 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sego, royal, sondages | | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 22 août 2007

Le PS : logiciel en panne dans le trou d'air

"Nous sommes au bout d’un cycle: une grande partie des idées de gauche se sont épuisées."

 

Ce n'est pas moi mais Manuel Valls, député-maire d'Evry qui le dit

 

Ségo a disparu des médias. Malgré sa belle photo sur la plage dans le JDD et l'annonce plusieurs fois répétée de son retour (ah bon, elle est partie ?) à la rentrée, les sondages ne lui donnent pas beaucoup d'espoir. L'engouement n'y est plus. En passe de décrocher la direction du FMI (malgré l'opposition de la Russie), DSK la rattrape et menace de la dépasser. Et lorsqu'on en vient à la question habituelle : "qui pour incarner la rénovation du PS ?", DSK devance nettement l'ex candidate à la présidentielle.

 

 

Bref, le militant socialiste cherche désespérément une direction idéologique plus moderne pour son parti fragmenté. Ségo, jouant la mère moralisatrice armée d'un fouet, incarnait la rupture avec l'archaïsme traditionnel du PS, alliant vision laxiste et anticapitalisme primaire. Manuel Valls, maire apprécié et bon représentant de la jeune génération d'élus socialistes, va dans un sens un moins sado et il le dit dans... le Figaro :

 

Nous sommes dans une économie de marché, il faut l’admettre définitivement. Nous devons dire également que le travail est une valeur, que nous ne sommes pas favorables à une société de l’assistanat. Nous devons tirer le bilan des 35 heures, être au clair sur les retraites et reconnaître que nous avons perdu une grande partie des salariés, séduits par le discours de Nicolas Sarkozy. Nous devons être aussi le parti de l’entreprise et des entrepreneurs, créateurs de richesses. ...».

 

 

Ca vallait le coup d'être lu. Bon, rien de vraiment nouveau au parti de la rose, cela fait des années qu'on entend ce type de discours qui n'aboutit pas. Mais ça fait toujours du bien de lire ça de temps en temps. Et pour finir, signé le même Valls :

 

 "Nous pouvons faire un bout de chemin avec la majorité, à condition qu’elle nous entende, sur des sujets qui peuvent faire consensus. Je pense aux moyens qu’il faut donner à la justice, à la lutte contre la criminalité ou encore au dossier de l’immigration. "

 

Il n'y pas à dire, le monde change.

samedi, 23 décembre 2006

Nouveau bouc émissaire : la BCE

C'est la faute à la banque centrale ! C'est bien connu : si tout va mal, il faut trouver une raison suffisamment éloignée pour ne pas avoir à nous remettre nous-mêmes en cause. C'est donc à cause de notre monnaie, du taux d'intérêt officiel et du taux de change fort que tout va mal en France...alors que l'essentiel de nos exportations se fait en Euros, et que l'Irlande comme l'Espagne s'en sortent très bien avec la même devise que la nôtre. Pourtant, les deux stars de la campagne présidentielle ont sorti le même argument poujadiste en deux semaines : ils savent que l'argument démagogique porte. Pourtant, les Etats-Unis (qui savent aussi être très protectionnistes), comme de nombreux pays pragmatiques tels que le Royaume Uni, ont choisi d'octroyer une véritable indépendance à leur banque centrale. Ce n'est là que bon sens.

 

La théorie monétariste fait maintenant l'unanimité dans le monde libre et moderne...sauf chez les politiques français qui ne comprennent rien à la sphère des échanges. L'impact le plus favorable qu'une banque centrale peut avoir sur la croissance, c'est d'assurer une gestion stable de la croissance de la masse monétaire et de fixer des taux d'intérêt qui limitent l'inflation. Pour interdire les Etats de faire tourner la planche à billets, l'indépendance de la banque centrale est essentielle. Evidemment, cela place les Etats européens face à une lourde responsabilité : faire financer leurs déficits et leur dette par des investisseurs libres, au risque de les voir fuir notre marché un jour, et non plus par la planche à billets, c'est à dire l'inflation qui détruit la valeur du capital des épargnants. Les tours de passe-passe n'ont plus cours.

 

Les autres pays européens n'ont pas apprécié cette montée démagogique de Sarko et Ségo. Notamment, le président de la Bundesbank (équivalent allemand de la Banque de France) Axel Weber n'y est pas allé avec le dos de la cuiller :  « Les attaques sur l’indépendance de la BCE et de l’Eurosystème venant des deux bords dans le cadre de la campagne présidentielle française sont irresponsables et ne doivent pas être négligés au même titre que des fanfaronnades typiques de campagnes électorales [...] Je ne crois pas que l’on puisse accepter que les politiques de la BCE orientés vers la stabilité soient rendues responsables de l’évolution défavorable des économies nationales, dues pour l’essentiel aux défauts de la politique économique nationale ». Voilà qui est fort bien répondu.

 

CITATIONS 

"La surévaluation de l'euro par rapport au dollar est une erreur économique grave", a déclaré Nicolas Sarkozy à Charleville-Mézières (Ardennes), devant plus de deux mille personnes. Il a vraiment révélé sa vision de la monnaie : "Il n'y a pas un pays au monde où la monnaie ne soit pas un instrument de politique économique au service de la croissance et de l'emploi."
Il a enchaîné avec ceci : "La religion du libre-échange absolu est un renoncement", a-t-il professé, dénonçant aussi le "dogme intangible"  de la concurrence. Bref, Sarko ne semble plus du tout libéral au fur et à mesure que la campagne avance. Il ne l'était déjà pas beaucoup avant, entre son passage désastreux à Bercy et ses actios place Beauvau (Loi de Sécurité Intérieure ...), il n'y a dorénavant aucun doute.

 

Cela dit, Ségolène Royal n'offre pas un discours de meilleur augure :  "Ce n'est plus à M. Trichet de décider de l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants démocratiquement élus", avait lancé la candidate socialiste au congrès du PSE. Pour Ségolène Royal, remettre l'Europe sur les rails "suppose que la Banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques, bien sûr celles de l'Eurogroupe,, mais aussi celles du Conseil européen".

 

Pas facile de faire son choix entre ces deux zigotos. La pêche à la ligne garde de beaux jours devant elle, surtout au 2eme tour.