jeudi, 28 mai 2009

Répression routière : frénésie néanderthalienne

A défaut de fiscaliser le cannabis l'Etat va se sucrer sur notre dos d'une autre manière pour financer ses propres excès. La "répression néanderthalienne" va grimper d'un cran. La formule n'est pas de moi mais de Me Eolas qui dénonce la dernière invention répressive du gouvernement : "Après avoir utilisé sa fameuse méthode dite “néanderthal” sur des sujets comme les chiens dangereux ou les siffleurs de marseillaise, le Gouvernement tourne à nouveau son œil prédateur vers l'automobiliste. [...] Que faire ? Réponse : la seule méthode qu'il connaisse, quand bien même elle a fait les preuves de son inefficacité [NDLA : même au terme d'un débat houleux sur la question, je partage cet avis] : taper plus fort. Bon, la prison, c'est pas possible, c'est complet. D'où l'idée géniale suivante : on confisque l'automobile." Ce n'est pas de la grande politique, mais cela concerne très directement la vie de tous les jours des Français qui ont une voiture. Le poste "voiture" représente 12 % du budget global des ménages français. Les variations de limite de vitesse connaissent une grande volatilité dans les zones périurbaines. De 130 à 110, 90 puis 70 km/h, vous avez à peine le temps de changer alors que vous êtes sur une magnifique autoroute 4 voies vides. Et là, flash, catégorie "chauffard". Perte de points, suppression du permis, stage, etc. Demain, cela vous coûtera votre véhicule, sans marge de négociation. Votre petit cabriolet payé à crédit, envolé. Restera le crédit, pas mal de milliers d'euros à ajouter à l'amende. Suis-je seul à trouver ce principe profondément immoral ? Chiffre inquiétant confirmant la perversité de cette répression, 2 Français sur 3 s'avouaient prêts à rouler sans permis en 2008 après la suppression de 90.000 permis en 2007.

 

Pour terminer sa démonstration, Me Eolas pose une question que l'avant-présentation de cette exécrable idée a évité : "Encore faut-il que le délinquant soit le propriétaire du véhicule". Sachant que "nul n'est pénalement responsable que de son propre fait". Et là, la faille reste béante. Mais ne doutons pas de la capacité inventive de Nicolas Sarkozy qui viendra boucher ce vide au béton armé dans le plus pur style élyséen. Un conseil : si vous souhaitez vous défendre contre ces lois absurdes et excessives, contactez Me Sébastien Dufour, Me Yannick Rio et Jean-Naptiste Iosca, experts reconnus pour leur performances judiciaires.

jeudi, 04 décembre 2008

La voiture souffre

Les ventes de voiture plongent depuis octobre. Premiers effets de la crise, les Français (comme le reste du monde) reportent ce type d'achat important à des jours meilleurs. Et voilà-t-y pas que les mêmes politiques qui ont tout fait pour réduire le nombre de voitures en France semblent soudainement s'inquiéter du sort des industries du secteur automobile. Résultat : les mêmes Français vont sans doute subir une double peine :

  • sanctionnés en tant que consommateurs par les taxes multiples (vignette, TIPP) et la probabilité croissante d'amendes diverses avec le renforcement des sanctions et la multiplication par deux des flashs prévue
  • sanctionnés comme contribuables par les futures mesures de relance du secteur affaibli qu'ils devront payer

 

Chaque centre-ville du pays est progressivement fermé aux voitures. Les quartiers qui leur sont aussi hostiles se multiplient également partout. Cette hostilité montante s'accompagne d'une répression intensive à l'encontre des conducteurs. Impossible de vous garer pour une course ou une pause café sans un PV, voire la fourrière; parkings restreints; il faut rouler sous la menace constante de barrages et de flashs visibles ou cachés. La conduite est passée du plaisir utile au stress permanent. Quelques km/h de trop et c'est un point de moins.

 

L'argument principal, certes justifié, est celui du respect de la sécurité d'autrui. En effet, la vitesse tue. Surtout sur les départementales et les nationales. Surtout le samedi soir après une soirée arrosée ou lors des grands départs, lorsque la densité de voitures augmente le nombre d'accidents à probabilité identique. Surtout lorsque le conducteur est jeune. Surtout lorsque avec la fatigue. Et surtout lorsque la voiture ne dispose pas des capacités de freinage actuelles.

 

N'ayant jamais pu trouver une analyse détaillée par catégorie de route de la sécurité routière, difficile de juger de l'efficacité de la répression actuelle sur certains de ses segments. Elle est certainement inégalement utile, quand elle n'est pas parfois dangeureuse (les fameux coups de frein à l'approche d'un flash). La grande question concerne la dangerosité de l'autoroute. Un conducteur expérimenté disposant d'un véhicule récent et roulant risque-t-il davantage d'avoir un accident à 180 km/h qu'à 130 km/h (limitation initialement instaurée pour réduire la consommation d'essence, pas par souci sécuritaire) ? En revanche, la différence entre 50 et 70 km/h peut s'avérer mortelle en ville. Pourtant, les flashs sont bien plus rentables nombreux sur autoroute.

 

Lorsque des médecins de campagne ou des commerciaux parcourent 50 à 100.000 km par an sans avoir commis d'accident de leur vie, et voient leur permis de conduire s'évaporer à coups de points perdus pour de petites négligences, comment ne pas comprendre que la voiture a progressivement été transformée en enfer par les autorités publiques, et pas toujours pour de bonnes raisons de sécurité publique ?

 

A avoir voulu transformer la voiture en vache à lait, les autorités publiques, nationales et locales, se sont engagées sur une voie périlleuse pour l'industrie automobile. Demain, il sera inutile de vouloir maintenir artificiellement en vie un pan de notre économie que nos gouvernants ont choisi de sacrifier par une politique répressive depuis de nombreuses années. Les Français ont reçu le message 5 sur 5 : la voiture est un fléau dont il va falloir apprendre à se passer de plus en plus, plan de relance ou non.

14:48 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : securite routiere, automobile, industrie, flashs | | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 03 août 2007

Sécurité routière : un mécanisme assurantiel innovant et performant

Si l'approche française de la sécurité routière reste essentiellement étatique, avec une lourde dominance répressive qui privilégie souvent le rendement financier à notre protection réelle, nos voisins voient émerger des solutions innovantes de la part d'acteurs privés. En Grande Bretagne par exemple, les assureurs profitent de la technologie du GPS pour proposer des couvertures ciblées et restrictives à leurs assurés les plus à risque, les jeunes conducteurs. A terme, ce type de propositions devrait s'étendre à tous avec un ciblage de plus en plus affiné.

 

Ceci n'est possible que grâce à l'arrivée de nouvelles technologies. En effet, ces assurances britanniques exigent, en échange d'une diminution notable des primes négociées, l'installation d'un boîtier de suivi GPS dans le véhicule assuré.

L'exemple le plus remarquable concerne les jeunes conducteurs. Les statistiques révèlent que leur risque d'accident est nettement plus élevé le soir et la nuit, particulièrement les week-ends. Aussi Norwich Union propose-t-elle une réduction de 40 % sur la prime annuelle d'assurance contre un usage de la voiture restreint à la journée. Boîtier de surveillance en support. Si le jeune assuré souhaite tout de même conduire le soir, alors il doit payer 1 livre de supplément par mile parcouru. Royal & SunAlliance propose un forfait de 25 livres pour pouvoir conduire un soir. Autant dire que l'arbitrage avec le taxi est vite fait. Et ceux qui choisissent la conduite sont particulièrement conscients du risque encouru, car ils le payent de leur poche !

 

Demain, il est probable que l'ensemble des conducteurs se verront proposer une vaste gamme de ristournes, toutes accompagnées de pénalités en fonction des contraintes proposées, de la part d'assureurs bien conscients de leur profil et des environnements à risque. Le résultat pourrait amener une forte baisse des primes d'assurance, en contrepartie d'un usage des véhicules sur des plages horaires moins risquées. Tout ceci à condition d'accepter d'être tracé par un boîtier GPS.

Big boss is now watching you, but premium discounts are worth it !

 

Ces innovations pourraient s'avérer bien plus efficaces que le matraquage souvent aveugle de l'Etat. Négociées à priori, les clauses de ces contrats devraient aussi être perçues comme plus justes.

07:35 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sécurité routière, assurances auto | | | Digg! Digg |  Facebook