vendredi, 12 octobre 2007

18 octobre : FIGHT AGAIN

c8b5e36bc2b99266aad351dc01f225fb.jpgJeudi prochain, les grandes grèves reprennent. Un jour pour commencer, mais qui sait... La même question revient donc sur la table par la force des choses : à quoi servent nos syndicats ? J'ai la naïveté de croire qu'ils ont une utilité autre que celle de pourrir la vie des Français pour défendre leurs privilèges. Sans doute le système fait-il émerger les plus obtus. Donc, le système est mal fait. Il doit évoluer. Si nous nous retrouvons dans un rapport de force comparable à celui de décembre 1995, il faudra tenir cette fois-ci. Tous ensemble.

Dans cette perspective, participez aux actions de Liberté Chérie, imprimez et diffusez ce tract autour de vous !

Unis, soyons prêts à affronter la canaille.

 

Implicitement, la place des "partenaires sociaux" est au coeur de la question syndicale. Quelles sont leurs missions naturelles ? Sur quoi se fonde la légitimité de ces "partenaires" qui se révèlent, hélas, surtout associaux ? Elections professionnelles ? Adhésion ? Décret de 1966 ? Sans doute entre les deux premiers éléments de réponse : adhésion et vote des salariés. Le meilleur évantail de réponses a été largement débattu : la liberté syndicale permet aux volontaires de reprendre spontanément le flambeau sans passer par des confédérations inutiles. La responsabilité remet le syndicalisme au même niveau que tous les autres citoyens. Il limite la tentation de vandalisme trop souvent prsente chez des individus qui se sentent au-dessus des lois. La transparence financière des syndicats leur éviterait d'aller piocher de l'argent dans les comités d'entreprise, dans les comptes de la sécu et dans les 23 milliards d'euros de la formation continue par des montages sulfureux. Enfin, les syndicats ne doivent vivre que des cotisations de leurs membres, c'est la meilleure incitation à recruter, à séduire les salariés en répondant à leurs préoccupations. Il est vrai que de nombreuses prestations qui devraient naturellement relever des syndicats ont été collectivisées sous la forme de monopoles rigides : assurance chômage, assurance maladie, retraites... Seule l'ouverture de ces services à la concurrence favoriseraient la naissance de nouveaux réseaux assurantiels et mutualistes dont les syndicats pourraient être les promoteurs. Ce sot pourtant eux qui luttent avec le plus d'acharnement contre cette ouverture.

 

Derrière cette fausse réforme des régimes spéciaux, déjà fort insuffisante en soi, se profile le débat sur le système de retraites par répartition. Un excellent texte de Pascal Salin a été publié dans les Echos du jour. Lisez-le, c'est limpide. En voici un passage :

 

En réalité, ce qui est en cause, c'est le fait que l'Etat dispose d'un pouvoir discrétionnaire pour prendre des décisions ayant une incidence majeure sur la vie des gens. Il décide arbitrairement que les salariés de telle ou telle entreprise effectuent un métier pénible qui mérite en compensation un bonus pour la retraite ; il change les règles du jeu en fonction de ses contraintes budgétaires ou de l'état de l'opinion. Or il est impossible d'obtenir un consensus au sujet de toutes ces questions. Devant la crise de financement qui s'annonce, faut-il augmenter la durée de cotisation ou augmenter les taux des cotisations ? Pour répondre aux souhaits des uns et des autres, il n'y a qu'une réponse possible : enlever le pouvoir de décision à l'Etat et le rendre à ceux qui sont concernés, les futurs retraités. Cela implique de passer à un système par capitalisation, en supprimant la notion même d'un âge légal de la retraite.

 

La différence essentielle entre un système de répartition et un système de capitalisation est que le premier est fondé sur l'irresponsabilité individuelle, alors que le second repose sur la responsabilité individuelle. Dans un système par répartition, chacun compte sur les autres. Il en résulte une situation conflictuelle, opposant les retraités aux actifs, les jeunes aux moins jeunes, les bénéficiaires de régimes spéciaux aux assujettis du régime général, etc. Cette guerre de tous contre tous disparaît avec un système de capitalisation, puisque chacun sait que son avenir de retraité dépend de l'effort d'épargne accompli dans sa vie professionnelle. Chacun peut choisir de prendre sa retraite plus ou moins tôt, le montant de ses gains en étant évidemment affecté. On ne fait plus payer par les autres la décision d'arrêter de travailler à cinquante ans. Et si l'on décide de choisir un métier que l'on considère comme pénible et peu compatible avec une durée d'activité élevée, on doit s'assurer que la rémunération en est suffisante pour pouvoir accumuler plus rapidement un capital et permettre une retraite précoce.

 

Seule la liberté de choix permet de s'adapter à toutes les situations.