vendredi, 06 juin 2008
Mariage annulé, tempête dans un verre d'eau
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jeudi, 04 octobre 2007
Scandale EADS : le capitalisme d'Etat a besoin de libéralisme
Si l'affaire EADS ressort aujourd'hui, les éléments de ce casse de l'année sont connus depuis mai, comme l'indique cet ancien post. Simplement, le rapport de l'AMF vient remis au parquet après ces mois d'enquête préliminaire. Espérons que Rachida Dati laissera l'instruction suivre son cours normal. Parmi les 21 dirigeants menacés de mise en examen pour «délit d'initié» et «diffusion de fausses informations», il y a en effet le pote du président de la république, Arnaud Lagardère. Ensuite, il y a aussi 1.200 investisseurs qui ont manifestement eu connaissance des mauvaises nouvelles latentes et qui ont volé les autres actionnaires en vendant leurs titres avant leur publication. Une première association de petits porteurs s'est déjà constituée partie civile contre eux. D'autres suivront. CDC Ixis, qui s'était engagé à racheter de grosses quantités de titres (forcément à la demande de Bercy, alors que l'APE, agence de gestion des particpations de l'Etat, avait recommandé dés janvier à l'Etat de liquider son stock d'actions EADS) au prix de l'époque, réflechit à un moyen d'annuler son engagement sous la pression médiatique. Augustin de Romanet, directeur général de CDCva plus loin : "Si des agissements nuisant aux actionnaires étaient avérés, la CDC se joindrait à la procédure". En tout cas, Thierry Breton va pouvoir sortir de l'ombre avec cette affaire qui l'implique directement.
Pour sa défense, Arnaud Lagardère a choisi de se présenter comme un idiot plutôt que comme un escroc. J'aimerais savoir en quoi l'un empêcherait l'autre. La star des parachutes dorés, l'ex-président "au courant de rien" Noël Forgeard, réfute tout en bloc. Pourtant, les faits devraient leur coûter cher. Parmi les 21 responsables mis en cause, les langues commencent déjà à se délier : « Aucun des deux coprésidents exécutifs d'EADS à l'époque n'avait de compétence en matière de relations avec les marchés financiers. Ceux-ci n'ont pas été informés comme ils l'auraient dû ». Pour une entreprise du CAC 40, c'est un peu léger. Visiblement, la culture managériale du groupe n'était pas plus leur spécialité, la maitrise technologique non plus. La gouvernance d'Etat, comme d'habitude, fait monter les meilleurs. Au moins ces responsables qui témoignent couverts par l'anonymat avouent-ils leur faute : « Nous avons été laxistes. Nous avons même commis une faute. La direction financière devait prendre des mesures conservatoires et, au minimum, bloquer toutes les demandes de cessions de titres dès septembre 2005. Personne n'aurait dû vendre en novembre 2005 et mars 2006 ainsi qu'a fortiori en avril 2006 ». Si Forgeard et Lagardère pouvaient faire de même... Il faut dire qu'ils risquent deux ans de prison et une jolie fortune au terme de la loi.
Sans être juriste, un délit d'initié est une affaire très grave. C'est pourquoi je ne peux qu'espérer que les dirigeants seront condamnés à des peines de prison pour l'exemple. Pour les libéraux, la meilleure régulation est avant tout judiciaire, certainement pas législative ou réglementaire. Laissons faire dans le respect du Droit, et sanctionnons rigoureusement les délits qui conteviennent aux règles de fonctionnement des marchés. Nous retrouvons la distinction fondamentale entre le capitalisme, qui n'est qu'un mode de production, et le libéralisme qui est une pensée. Le capitalisme est un système qui peut prendre différentes formes et ne peut donc rien avoir de "moral" en soi. Le capitalisme de connivence français, le capitalisme d'Etat russe, le capitalisme sauvage chinois ou le capitalisme trop rigoureusement encadré (loi Sarbanes-Oxley, lois anti-trust ...) des Etats-Unis constituent chacun un environnement économique singulier. Aucun ne satisfait les libéraux, même si leur jugement est plus sévère avec certaines formes vraiment trop choquantes. Pour rendre un système capitaliste plus éthique, il est nécessaire d'instaurer un cadre libéral : abolition des corporatismes et autres privilèges, ouverture des frontières, suppression de réglementations inutiles ou indirectement coûteuses et judiciarisation des actes de fraude et autres délits.
Pour information : Art. L. 465-1. du Code Monétaire et Financier, Titre VI "infractions relatives à la protection des investisseurs"
Est puni de deux ans d'emprisonnement et d'une amende de dix millions de francs dont le montant peut être porté au-delà de ce chiffre, jusqu'au décuple du montant du profit éventuellement réalisé, sans que l'amende puisse être inférieure à ce même profit, le fait, pour les dirigeants d'une société mentionnée à l'article L. 225-108 du code de commerce, et pour les personnes disposant, à l'occasion de l'exercice de leur profession ou de leurs fonctions, d'informations privilégiées sur les perspectives ou la situation d'un émetteur dont les titres sont négociés sur un marché réglementé ou sur les perspectives d'évolution d'un instrument financier admis sur un marché réglementé, de réaliser ou de permettre de réaliser, soit directement, soit par personne interposée, une ou plusieurs opérations avant que le public ait connaissance de ces informations.
07:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : EADS, Arnaud Lagardère, délit d'initié, Nicolas Sarkozy, Rachida Dati |
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dimanche, 20 mai 2007
Salade mixte à la sauce aigre douce
Voilà le gouvernement Fillon nommé. Derrière les quelques noms qui étonnent et donnent espoir, une certaine déception. Déjà, pas un libéral en vue ! Bravo les réformateurs. Félicitations pour votre action, pour votre absence de la scène politique; avec un groupe de 100 députés, il fallait le faire.
Pour commencer, Xavier Bertrand est Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité. Apparatchik rentré à 16 ans au RPR, son action politique est marquée par l'absence totale de convictions : 21eme fausse réforme inutile de l'assurance santé sous l'égide du brillant Douste Blazy, instauration de l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Pour achever ce portrait d'un personnage insipide, Maître Eolas l'a épinglé pour une absurdité dont il a été le témoin.
L'homme qui valait 100 Milliards (de dépenses publiques), Jean-Louis Borloo, est aux commandes de la "stratégie économique" (concept éminemment antilibéral), super ministère aux compétences élargies. Tous à vos chéquiers, il va falloir banquer pour cet homme qui s'est avéré l'un des plus dépensiers sous Raffarin. Sa loi du 1er août 2003 de rénovation urbaine proposait quelques pistes intéressantes au milieu d'une marée de mesures dirigistes dont les effets restent mitigés.
Plus grave, le cas d'Alain Juppé qui devient l'unique ministre d'Etat deux ans et demi après sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Maître Eolas nous rappelle le commentaire de la cour d'appel de Versailles, nettement plus mesurée dans ses propos que le tribunal correctionnel de Nanterre :
« Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu'il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n'ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés. » Le candidat Sarkozy avait annoncé une moralisation de la vie politique. Le président Sarkozy a l'air moins pressé. A rapprocher de l'investiture de Christian Vanneste dans le nord, alors que le même candidat Sarkozy déclarait dans le Figaro le 31 janvier (Via Embruns, lui même via Guy Birenbaum) que « Il ne sera pas réinvesti aux législatives. Je condamne fermement ce qu’il a dit. Je ne veux ni de près ni de loin être associé à des propos homophobes. Depuis des années, j’accomplis un travail en profondeur sur l’ordre, le travail, la responsabilité, le respect. J’ai trop souffert d’une droite qui ne défendait pas ses idées pour prendre le risque de saboter cet effort en acceptant des propos caricaturaux ».
La nomination de Christine Boutin me surprend beaucoup. Pourquoi placer cette passionaria au Ministère du Logement et de la Ville ? Parce qu'elle préside la "Droite humaine" (sympa pour le reste de la droite...supposée "moins humaine") prétendument forte de 7.500 adhérents ? Homophobe anti-PACS devenue presque homophile depuis que les sondages donnent les Français favorables à l'extension du mariage aux personnes de même sexe ("bon, les homos ne sont pas comme nous" pense-t-elle tout de même à voix haute). Anti-européenne, elle milite pour le non au référendum sur le TCE et se bat contre une "Europe ultra libérale". Pour se donner une image moins surannée, elle a volé ses robes à la troupe Deschamps-Makeïeff et ressemble à une hippie en bigoudis.
Que font MAM et Roselyne Bachelot dans ce gouvernement soi-disant du renouveau, de la rupture ? Deux apparatchiks sans convictions, véritables femmes du système qui ont fait la preuve de leur incompétence dans les ministères qu'elles ont occupés par le passé. Ce double choix est consternant de ringardise.
Valérie Pécresse, aussi mignonne soit-elle, s'annonce comme une MAM en puissance : étatiste pure formée à l'ENA, sans convictions personnelles, elle est au service...du parti. Cela dit, la ligne établie par Nicolas Sarkozy dans le domaine de l'enseignement supérieur va dans le bon sens. Quid de la recherche ? Espérons en tout cas qu'elle sera une négociatrice adroite et qu'elle aura le courage d'aller rapidement au bout de cette première étape vers une vraie liberté pour l'enseignement supérieur.
17:20 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
| Tags : Politique, gouvernement de François Fillon, Nicolas Sarkozy, Christine Boutin, Bernard Kouchner, Rachida Dati, Eric Besson |
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jeudi, 17 mai 2007
Rachida Dati : reconnaissance méritée d'un profil atypique
En 1989, elle rencontre Jean-Luc Lagardère à l’occasion de la remise du prix de « la fondation de la vocation », décerné à sa sœur aînée. Même technique, elle lui demande un rendez-vous. Un an plus tard, elle entre comme auditeur chez Matra et se fait financer un MBA par l’entreprise Lagardère.
Elle passe ensuite un an à Londres, au sein de la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement), toujours dans l'audit. Elle y rencontre Jacques Attali qui la suivra tout au long des années suivantes. C'est lui qui lui conseillera de devenir magistrate. En attendant, elle continue son parcours détonnant. En 1994, elle est contrôleur de gestion et secrétaire générale du bureau d'études sur le développement urbain à la Lyonnaise des eaux, et conseillère technique à la direction juridique du ministère de l'Éducation Nationale.
Elle entre à l'ENM (Ecole Nationale de la Magistrature) où elle étudie de 1997 à 1999. Elle devient auditeur de justice au tribunal de grande instance de Bobigny puis en poste comme juge commissaire aux procédures collectives au tribunal de grande instance de Péronne et enfin comme substitut du procureur au tribunal d'Evry.
En 2002, elle écrit à Nicolas Sarkozy spontanément. Et voilà comment elle devient une proche conseillère et travaille sur le projet de loi sur la « prévention de la délinquance ». Ce n'est qu'en décembre 2006 qu'elle s'inscrit à l'UMP.
Aujourd'hui, c'est la consécration !
Initialement, le petit milieu parisien la voyait finir ministre des questions tournant autour de l'intégration. Mais s'appuyer sur le cliché d'une beurette issue de milieu défavorisé pour offrir une caution morale à ce poste sensible aurait été une sinistre bêtise, digne d'un ENArque. Nicolas Sarkozy, qui ne cesse de nous surprendre, a su éviter ce piège. Il a décidé de s'appuyer sur son talent et ses compétences plutôt que sur l'image qu'il pouvait en tirer.
Elle est aujourd'hui, sauf retournement de dernière minute, Garde des Sceaux. Nous la jugerons sur ses actes, d'autant plus que la droite est attendue au tournant : poursuites à l'encontre du citoyen Chirac, lutte contre la corruption dont l'UMP, comme le PS, est passée maître (de la corruption, pas de la lutte), réformes à venir de la Justice et de l'ordonnance de 1945, erreur programmée des peines plancher, etc.
19:45 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : Rachida Dati, Ministère de la Justice, Garde des Sceaux, Nicolas Sarkozy, gouvernement Fillon |
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mardi, 01 mai 2007
Arnaud et Rachida
22:40 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : Rachida Dati, arnaud Montebourg |
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