samedi, 25 novembre 2006

Une excellente initiative de la SNCF !

La SNCF a décidé de faire sa promotion en comparant les prix, le temps et la pollution des différents modes de transport. Evidemment, l'avion s'en sort très mal. Air France, qui vit encore grâce à de précieux avantages nationaux (meilleurs emplacements dans nos aéroports par exemple) rue dans les brancards pour bloquer cette concurrence trop loyale. La publicité est un secteur extrêmement encadré par la loi, afin de prévenir les effets pervers d'une trop grande liberté de communication. La liberté en France, c'est mal.

Cette fausse pudibonderie morale permet aux annonceurs de placarder des femmes à quatre pattes à poil, tenues en laisse par une autre femme avec un contenu implicitement sexuel (pour vous, peut-être pas, mais l'effet que ça me fait ne me laisse aucun doute là-dessus), parce qu'il s'agit de mode ou de parfums. Lorsque nos enfants prennent le métro, ils ont régulièrement droit à d'immenses affiches de femmes (ou d'hommes) nues, pulpeuses. De quoi réveiller nos sens pour arriver à l'école ou au bureau en pleine forme. Aussi de quoi accélérer le processus de puberté pour les plus jeunes. Et je ne parle pas de violence : films, jeux vidéos dont la promotion s'avère extrêmement violente.

 

Mais comparer les émissions de CO2 et inciter aux comportements plus écolo, non. Jusqu'alors, la RATP a su jouer sur ce concept sans riposte des constructeurs automobiles. C'est exactement ce que propose « l'écocomparateur » lancé début octobre sur le site www.voyages-sncf.com. Premier acte, Air France a qualifié les chiffres, défavorables au transport aérien, de « grossièrement faux ». L'accusation a immédiatement été rejetée par l'Agence pour l'environnement et l'énergie, partenaire de la SNCF. Entre copains, on sait se serrer les coudes.

 

Avec l'explosion du commerce électronique (un Français sur trois a déjà acheté en ligne), les comparateurs de prix (parfois intéressés avec le soutien de certaines marques) multiplient les polémiques. Fin août, la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) annonçait une enquête sur le secteur. Plus les Français sont adeptes des comparateurs – 57 % des acheteurs en ligne les consultent avant achat –, plus ils s'en créent. Et la fiabilité est un argument souvent mis en avant. La DGCCRF entend donc contrôler « l'indépendance des sites vis-à-vis des vendeurs » et la fiabilité de l'information donnée aux consommateurs. Son rapport est attendu début 2007. Je préfèrerais que des associations de consommateurs, en concurrence, se chargent de cette comparaison des comparateurs. Après tout, c'est aux consommateurs qui le souhaitent de payer pour de telles institutions indépendantes. Nos gouvernants jacobins ont encore trop besoin de créer de nouvelles commissions pour caser les bras cassés de la politique.

 

En attendant, vive la publicité comparative !

Et bravo à la SNCF pour son initiative.