mardi, 06 novembre 2007
Les vacances de Monsieur Hulot
Le pétrole flambe, et Nicolas Hulot n'est pas là pour nous dire que c'est bon pour nous. Je ne comprends pas, c'est exactement le bon moment pour faire de la pédagogie musclée. Le pétrole est cher, cela nous incite tous à rouler moins, à regarder les études des modèles électriques qui se profilent à un horizon proche. Mais non, Hulot est ailleurs, loin des caméras. Sûrement à cause des vacances de la Toussaint. Ecolo de pacotille, marin d'eau douce, va ! Encore une fois, c'est Nicolas Sarkozy qui va au pétrole charbon pour discuter des cadeaux à faire aux pauvres malheureux pénalisés par cette hausse de prix sauvage. Une semaine après les propositions radicales du Grenelle de l'environnement, cette timidité ressemblerait presque à un retrait.
Il faut dire que les vrais marins, eux, brûlent des pneus pour faire les gros titres de la presse, les routiers se préparent à bloquer les routes et les dépôts d'essence. On comprend, dans cette ambiance polluée, que les gentils animateurs du Grenelle de l'environnement n'aient pas envie d'aller se faire tirer les oreilles par ces gros bras qui ne lisent peut-être même pas Libé. Sans les petits fours et le champagne sous les ors de la république, c'est tout de suite moins sexy. Bref, personne pour aller s'expliquer franchement devant les caméras de télévision. Etonnant, non ? Pourtant, l'enjeu de l'environnement, c'est bien le prix de l'énergie.
Au-delà de cette lâcheté patente, le fait est que les vrais écolos que sont les libéraux ne veulent pas de nouvelles taxes mais simplement la fin des prix administrés de l'énergie. Plutôt que d'augmenter arbitrairement le prix de l'énergie consommée en aval, au niveau de la vente au détail, laissons le marché faire son travail et répercuter les tensions du brut sur tous les secteurs bien en amont. Ce prix, c'est l'information essentielle dont tous les consommateurs devraient disposer naturellement. L'Etat ne doit plus manipuler notre perception du coût de l'énergie et fausser nos décisions. La taxe carbone, destinée à compenser le blocage légal de ces fluctuations, constitue finalement une véritable escroquerie intellectuelle que personne n'ose dénoncer aujourd'hui hormis les libéraux. Cette planification ne peut pas remplacer les fluctuations naturelles du marché. Elle ne peut qu'ajouter des complications, de l'opacité et des effets pervers à notre système économique et social déjà sclérosé.
Cette taxe carbone ne serait-elle pas surtout un moyen d'employer un grand nombre de fonctionnaires pour estimer le coût en pollution des produits et services distribués en France, étiqueter ces références et suivre les règlements de cette taxe complexe ? Si c'est le cas, le Grenelle de l'environnement pourrait bien constituer une nouvelle forme de socialisme qui se serait emparée du masque écolo pour continuer implacablement à imposer ses normes à tous.
18:22 Publié dans Economie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : Prix de l'essence, Grenelle de l'environnement |
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