jeudi, 29 mars 2007

La CGT fait payer les frais de port au prix fort

Après deux semaines de blocage total, le mouvement des dockers du Port Autonome de Marseille (PAM) a reconduit la grève. L’objectif des grévistes est d’interdire à GDF de se charger du nouveau terminal méthanier censé diversifier notre approvisionnement en gaz. Ce corporatisme étriqué a pour unique justification celle de maintenir un pouvoir de nuisance dans lesmains de la CGT. Le résultat est dramatique pour la région. Pas moins de52 navires, dont 30 pétroliers, attendent sur rade et 34 sont bloqués à quai. L’approvisionnement de l’oléoduc de Fos est menacé. De nombreuxsecteurs d’activité sont ainsi menacés, à nouveau pris en otage par ces « mouvements sociaux » souvent violents. Les PME et l’emploi en pâtiront, encore une fois. Alors que le port de Marseille dispose d’atoutsgéographiques exceptionnels, il a perdu la moitié de sa part du marché des conteneurs en Méditerranée en 15 ans. Et la tendance ne va pas dans le bon sens.

Il y a un an, un rapport de la Cour des Comptes mettait le doigt sur les causes de ce déclin qui menace l'activité économique de Marseille et de toute la région : manque de fiabilité des services offerts aux armateurs, coût de la manutention supérieur d’un tiers à celui des ports concurrents européens, une productivité deux fois plus faible qu’à Valence à cause d'une organisation inadaptée. Manutentionnaires et grutiers appartiennent à deux structures archaïques distinctes qui ne travaillent pas sur les mêmes horaires. Et lorsque grutiers et dockers sont ensemble au travail, encore faut-il que les grutiers aient l’obligeance de traiter les naviresen tenant compte des besoins des sociétés de manutention et de leurs clients armateurs. Résultat, certains travaillent 14 heures par semaine derrière leurs manettes.

La Cour des Comptes suggère une réforme de fond, à Marseille comme dans les autres ports français. Elle consiste à unifier le commandement, afin de ne plus subir cet environnement digne des Monty Python, et à confier leur exploitation à des opérateurs privés. Avec l’arrivée de nouveaux acteurs lourds qui veulent redonner au port de Marseille une place de premier rang parmi les ports européens, les chances de sortir de cette impasse sont réelles. Encore faudra-t-il que les mentalités des syndicalistes abandonnent leur crispation corporatiste. La Cour des comptes voit un espoir d’amélioration dans l’entrée récente de grands groupes internationaux dans le capital des entreprises portuaires marseillaises.
 
En attendant, de nombreuses PME tremblent et l’économie souffre en silence. Objectif réussi pour les vandales de la CGT : les embauches, ce n’est pas pour demain.