dimanche, 13 mai 2007

La politique politicienne

Les Français détestent la politique politicienne. Mais ils détestent encore plus ceux qui ne s'y prêtent pas. Il suffit de passer quelques heures sur un marché (ce que je recommande à tous ceux qui regardent de haut les militants sur les marchés, la politique est une trop noble affaire pour respecter ceux qui y consacrent leurs matinées au lieu de traîner au lit avec leur petite famille) pour se rendre compte que les enjeux politiciens constituent une préoccupation majeure de nos "chers concitoyens". Les questions rituelles sont :

"Pour qui avez vous voté ?"

"Vous travaillez pour qui ?"

"Et vous vous entez proche de qui ?" 

Surtout :

"Au deuxième tour, vous vous désistez pour qui ?"

 

Trois méthodes :

- la franchise, avec une forte chance de fermer tout débat. 20 % de Bayrouistes frustrés qui n'apprécieront forcément pas votre choix du second tour,  le reste se partageant entre Sarkozystes enragés et les Ségolistes humiliés qui ne veulent pas composer avec le moindre doute sur leur héros. 

- le flou, vite perçu comme au mieux déconnecté des réalités, au pire comme un réflexe de politicien

- trois, vous renvoyez par une réponse : "et vous, vous avez choisi qui ?". Une fois la réponse connue, il est plus facile de s'adapter pour enrober sa réponse et laisser le débat ouvert. Voire d'avoir l'outrecuidance de sortir "Moi, c'est pareil". Ca marche bien. Dieu que c'est vil ! 

 

  

Avant de plier bagage (..enfin le stand pliable), j'ai demandé aux militants verts et UMP s'ils se désisteraient pour moi au second tour. Silence, et puis un sourire. Le temps que l'ironie aille de leurs oreilles au cerveau.

Tout doit-il vraiment être si joué à l'avance ?