mardi, 19 juin 2007
Le père dela-Noël livre des vélos aux Parisiens
Depuis le 13 juin, Decaux lance sa grande campagne de promotion du Vélib'. Le 15 juillet, soit une petite année avant les municipales, Delanoë compte offrir le vélo quasiment gratuit aux Parisiens et aux touristes de passage. Bientôt, 14.000 vélos (20.600 d'ici la fin de l'année) seront disponibles partout à Paris (voir carte), fixés à 750 stations (1.451 d'ici la fin de l'année) en libre-service 7j/7 24h/24 installées tous les 100 à 270 mètres. L'objectif : inciter les clients à utiliser ces vélos pour les déplacements courts, afin d'optimiser la rotation des vélos aux bornes. Le fonctionnement (voir présentation) est simple :
- Au choix : abonnement annuel (29 euros), hebdomadaire (Ticket 7 jours à 5 euros) ou quotidien (Ticket 1 jour à 1 euro)
- Caution sous forme de prélèvement pré-établi (vous ne payez pas immédiatement mais uniquement lors d'un incident, par exemple si vous ne rapportez pas le vélo au bout de 24 heures)
- La première demi-heure est gratuite, de quoi traverser Paris d'est en ouest à un bon rythme. Sur des durées supérieures, ce sera 1, puis 2 puis 4 euros par demi-heure supplémentaire. Ou alors vous pouvez déposer votre vélo à une borne, installez-vous à une terrasse de café 5 minutes pour souffler et boire un coup, et reprendre un vélo gratuit pour 30 minutes
Vous prenez votre vélo à une borne avec votre carte d'abonné, et le rangez sur une autre borne à votre convenance. Pas plus difficile que ça...en espérant que certaines bornes ne seront pas vides (en haut de Montmartre) et d'autres pleines (en bas de la butte par exemple). Aussi un camion s'occupera-t-il d'équilibrer le taux d'occupation des bornes la nuit. Petit détail : nombre de places de stationnement ont sauté, 200 pour certains arrondissements, 2 % du parc global selon d'autres.
Pour le contribuable parisien, le coût se réduit à l'investissement initial probablement lourd (estimation difficile à obtenir), pour construire ces stations et les raccorder à EdF. En échange, la Mairie de Paris pourrait recevoir 18 millions d'euros par an de revenus grâce au Vélib' ! Voilà une solution gagnant-gagnant pour le contribuable, les clients et l'entreprise, partenaire historique de la Ville de Paris : JC Decaux.
Le prix des vélos, le fonctionnement des stations et l'entretien général seront assurés par Decaux selon un cahier des charges exigeant. En échange, Decaux ne conservera que 1.600 panneaux publicitaires au lieu des 2.000 actuels. Estimation des recettes publicitaires annuelles : 50 millions d'euros. Un peu de pub, beaucoup de vélos ! La Mairie toucherait une redevance annuelle supplémentaire de JC Decaux de 15 millions d'euros sur 10 ans, soit, en plus des 2 millions actuellement versés par Decaux, un total annuel de 3.5 millions d'euros selon Challenge, le journal qui soutient activement Delanoë.
En plus, la Mairie conserverait l'essentiel des revenus de Vélib', abonnements et demi-heures supplémentaires. L'estimation de ces recettes tourne autour de 25 millions d'euros. Pour terminer cette cuisine complexe, un budget serait retrocédé à Decaux en fonction du chiffre d'affaire de Vélib et des panneaux publicitaires, environ 9 millions d'euros par an dans ces estimations. Il resterait environ 20 millions par an pour la Mairie, dont 18 millions au titre de Vélib ! De quoi amortir rapidement l'investissement initial. je suis impatient de voir le résultat.
Toutefois, Laurent J. Masson, dans MoteurNature, pose une bonne question concernant ce qu'on ne voit pas :
Est-il normal qu'une municipalité lance une activité commerciale qui vienne concurrencer les entreprises locales de manière déloyale, puisqu'elle se dote de facilités auxquelles elles n'ont pas accès ? Nous avons identifié plus d'une dizaine de loueurs de vélos à Paris, ces petites entreprises n'ont pas le droit de mettre des vélos sur la voie publique, à disposition immédiate par carte bancaire. Ils n'auront pas non plus la chance d'être associé à Velib', qui est bien au-delà de leurs capacités, même tous réunis. L'exploitant est une grosse entreprise unique, JC Decaux.
06:25 Publié dans Environnement, La vie à Paris, Société | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : Paris, Bertrand Delanoë, vélo, JC Decaux, Velib |
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lundi, 02 avril 2007
Paris cité policière : je ne suis pas seul à le penser
Lorsque j'expose en public mon sentiment d'insécurité à cause du trop grand nombre de policiers dans nos rues, je lis sur les lèvres de mes interlocuteurs un sourire amusé. "Il est naïf", pensent-ils. Peut-être ont-ils raison. N'empêche...
Et voilà que dans le Monde du jour, Claude Lanzmann aborde la question avec un ton provocateur que je n'aurais pas osé utiliser. Certes, il n'a pas la langue dans sa poche et pousse souvent des thèses un peu trop tranchées à mon goût. Toujours est-il que la lecture de son sentiment m'a fait un bien fou. Je sais enfin que ne suis pas seul à le penser :
Paris - et la gauche y a contribué autant que la droite - est à la lettre une cité policière, la plus gendarmée de toutes les capitales d'Europe. Impossible de parcourir plus de 500 mètres sans tomber sur une voiture de police, sirène hurlante ou pas, sur un fourgon plus volumineux, sur des argousins à rollers, particulièrement hargneux, des cyclistes bleus à VTT qui fondent sur leur proie à l'instar des cavaliers de la vieille police montée, des groupes pédestres de quatre ou cinq, cinq ou six, embusqués en des lieux où la "faute" ne peut pas ne pas être commise, encerclant le coupable comme s'il était un grand criminel.
Savoureux. pendant que l'honnête citoyen se fait racketter par une police pourtant payée sur ses propres deniers, certaines zones restent abandonnées par les troupes du Ministère de l'Intérieur. Montfermeil et Clichy-soussBois, plus de 50.000 habitants, n'ont toujours pas de commissariat. Pendant que les honnêtes gens tremblent en rentrant le soir chez eux dans ces quartiers abandonnés par l'Etat régalien, les honnêtes gens tremblent au volant dans Paris.
Coup de sifflet. "Papiers, siouplait". "Kezkejaifait ?". les ennuis commencent, ils trouveront bien ce que vous avez mal fait. Pourtant, pas d'accident depuis 10 ans. Rassurez-vous, on vous saigne pour votre bien. L'alibi de la sécurité routière (qui s'est nettement améliorée sur nos départementales et nos nationales, principaux lieux à accidents graves). Et puis il y a le "plan" :
Le but est clair et maintenant avéré : priver les automobilistes des points de leur permis pour leur interdire de conduire, les dégoûter en jouant sur leurs nerfs et en leur faisant perdre un temps tel qu'ils renonceront d'eux-mêmes à conduire et choisiront les "transports en commun".
Quels transports ? M. Baupin expérimente-t-il l'impossibilité de trouver un taxi aux heures de pointe ? A-t-il tenté quelque chose contre le malthusianisme scandaleux de cette corporation ? A-t-il raté des trains parce que le RER s'arrête brutalement dans un tunnel pendant de longues minutes ?...
Exactement la réalité, sans en rajouter.
Mais pendant qu'on persécute le citoyen qui passe un coup de fil ou qui a raté une ligne blanche dans le chaos directionnel du centre de Paris, tout ceci "pour son bien" bien entendu, on expose les piétons à tous les dangers avec le tram des maréchaux et les voix de bus totalement sauvages. Suivez le boulevard Montparnasse, et vous comprendrez que ce qui vous faisait rigoler en jeu vidéo est nettement moins confortable lorsque le scénario devient réalité. Les couloirs sont un coup au centre, un coup sur un bord de l'avenue, sans logique, et traverser devient plus qu'hasardeux si vous n'êtes pas extrêmement discipliné. Vous regardiez à gauche ? Mais à ce niveau, les bus viennent de la droite. Ensuite, c'est à nouveau à gauche qu'il faudra regarder. Puis à droite. Si vous lisez le journal en traversant comme il y a encore peu de temps, vous ne survivrez pas jusqu'à l'édition du week-end. Par ailleurs, savez-vous qu'une vielle loi interdit aux piétons de traverser hors des clous ? Visiblement, cette infraction piochée parmi les 27.000 recensées revient à la mode. Les premiers PV sont tombés sur quelques malchanceux.
Je propose une prochaine étape dans ce sens : le permis à points pour le piéton domestiqué. Pour son bien. Traversée hors des clous ? 1 point. Au feu vert ? 2 points. Vive le progrès répressif !
Pour votre bien.
Merci Monsieur Lanzmann
21:35 Publié dans La vie à Paris, Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Paris, police, répression, politique sécuritaire, insécurité |
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vendredi, 22 décembre 2006
Comment survivre en vélo à Paris ?
Le vélo est un vrai sport...de contact. Je m'en suis rendu compte le jour où j'ai vu un chauffard tenter d'écraser un cycliste place de la Concorde. Ce dernier avait dû engueuler le conducteur de trop près pour sa conduite dangereuse. Je vous rassure : le chauffard n'a pas pu atteindre la malin cycliste. Depuis cet épisode folklorique (qui aurait pu être nettement plus dramatique), j'ai dû me mettre au vélo pour des raisons pratiques. La voiture est un enfer à Paris (sauf avec un chauffeur qui prend les couloirs de bus : encore faut-il être un élu au Conseil de Paris !), même la journée. Et les transports en commun ne sont pas fiables, ils ne desservent pas tous les endroits souhaités. Bref, le vélo reste une excellente solution pour les distances courtes et moyennes. Mais à plusieurs conditions :
1) Ne pas envoyer ses enfants au casse-pipe : le vélo parisien n'est à recommander qu'après plusieurs années de conduite de véhicule motorisé, deux roues ou voiture, histoire d'avoir quelques bons réflexes. Sans être suffisants en soi, ils constituent un minimum vital !
2) Ne pas envoyer non plus sa grand-mère au casse-pipe, surtout si vous ne risquez pas de profiter de l'héritage vous-même. Le vélo reste un sport éprouvant. Les faux plats sont fatigants, bref il faut une bonne santé pour tenir le rythme...et je ne parle pas de Montmartre : je m'arrête aux Abbesses en général : la rue Lepic est un supplice pour les non sportifs de mon acabit. Bref, les personnes âgées ne sont pas franchement idéales pour pédaler sur le bitume. Heureusement, Paris devient une ville musée réservée aux cadres supérieurs sans enfants. De moins en moins de "vieux" et de jeunes, c'est la "sélection naturelle qu'on doit aux verts et au PS" (que je remercie au passage pour la valorisation exceptionnelle de mon patrimoine immobilier !)
3) Je vais en faire hurler plus d'un : ne pas respecter le Code de la Route. Je ne dis absolument pas qu'il faut faire n'importe quoi, mais certaines mesures, appliquées avec rigueur, constituent une bonne prévention des risques.
Le trottoir, lorsqu'il est large et peu occupé par les piétons, est une excellente voie de passage sur les grands axes. Les quais, place de la Concorde ou l'esplanade des Invalides en sont un excellent exemple. Mieux vaut survivre sur le trottoir que mourir sur la belle avenue.
De la même façon, traverser sur les clous, sans trop déranger les piétons, permet de passer les carrefours de la mort sans se prendre la voiture qui déboîte pour changer brutalement de direction, le deux roues qui se faufile comme un dingue sans imaginer qu'un vélo se traine péniblement entre les voitures qui le dissimulent.
Autre exemple qui en énerve plus d'un : prendre les petites rues à contre-sens se révèle souvent sûr. D'ailleurs, mon maire (vert) incitait encore ses concitoyens à le faire dans un magazine de la mairie de cette année (vous savez, la pub gratuite pour l'équipe municipale en place). On voit les occupants de voiture qui vont ouvrir leur porte sans faire attention à vous, les voitures ne vous font pas de surprise en tentant de vous doubler au risque de vous projeter contre un rétroviseur ou une voiture qui dépasse un peu trop.
Egalement, le respect des feux rouges, surtout sur les grands axes, vous met en danger. Au démarrage, vous êtes sur le même rang que l'ensemble des deux roues motorisées et des véhicules surexcités qui démarrent tous en trombe. Bref, vous êtes une victime potentielle des "dommages collatéraux" lors du passage au vert. En prenant un peu d'avance, vous devenez un obstacle distinct de la masse, visible et évitable. Attention, ne pas respecter les feux rouges ne signifie surtout pas qu'il faut les passer sans règle. Car franchir un feu rouge est très dangereux. La circulation latéral , elle, roule plein pot avec le feu vert pour elle. Bref, tout ceci demande de la discipline et de la rigueur.
Certes, tous ces conseils de bon sens peuvent vous valoir une belle amende et des points de permis (les quotas de Sarko incitent à aligner tout ce qui passe pour la moindre broutille, même si elle peut sauver votre peau). En faisant autant attention aux divers dangers pour votre intégrité physique qu'à la maison poulaga, et avec un peu de chance, ce qui est mon cas, vous y échapperez. Et en attendant, vous roulerez plus en sécurité. A vous de choisir entre le respect scrupuleux du Code de la Route..et votre survie dans la jungle parisienne.
11:26 Publié dans La vie à Paris | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : Vélo, Transports parisiens, paris |
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