lundi, 31 août 2009
Il y a de l'eau dans le CO2 entre les verts et le PS
De la part d'un libéral, c'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité. Comme le dit Arnaud Montebourg : «passer de 200.000 à 20 millions d'électeurs, c'est compliqué, mais de 5 à 20 millions, là ça commence à être sérieux...» (et encore, les libéraux seraient heureux de rassembler 200.000 voix depuis le retrait de Madelin). Mais demain, lorsque nous aurons reconstruit un édifice libéral solide, nous constituerons une force avec laquelle il faudra compter. A très court terme, le PS joue sa survie. S'il ne parvient pas à maintenir la grande majorité des régions à gauche, en mars 2010, ses ex-élus battus verront moins d'intérêt à rester dans un parti qui offre une gamelle de moins en moins bien garnie. Ségolène Royal l'a bien compris et préfère consacrer son temps à travailler le terrain avec acharnement, sans brouiller son image en l'associant de trop près avec ce PS moribond.
Cette université d'été sans risque, fade, n'y changera rien : le PS coule. Pas de chef charismatique qui fasse l'unanimité, pas de projet autre qu'une réaction à gauche toute aux mesures de l'UMP qui garde le tempo. Et des alliés qui commencent à attaquer l'os. Ségolère Royal, insensible aux mamours des verts et du Modem, ne leur donne aucune prise. Elles est parevnue à faire jouer des griffes aux premiers en dénonçant la "taxe carbone", cet impôt «injuste» qui va «assommer» des familles n’ayant «pas le libre choix de rouler propre». Réaction immédiate de Daniel Cohn Bendit qui a sorti le revolver sur Europe 1 : ce point de vue est «ridicule» et «aberrant». «Elle est à l'est avec ce qu'elle a dit !» et encore «Ce qu'elle a dit est complètement ridicule, absolument ridicule.» Riche débat en perspective entre alliés de toujours. Mais vrai débat sur le positionnement futur du PS qui n'a rien à gagner avec les verts.
A côté du bon sens de Ségolène Royal, il est frappant de voir Martine Aubry gauchiser brutalement son discours : possibilité de mise sous tutelle des «entreprises bénéficiaires profitant de la crise pour transférer l’activité à l’étranger», «création de 150 000 emplois jeunes dans l’économie verte et des services aux personnes», ou encore plafonnement des «écarts de rémunération». Bref, un plan digne du NPA. Au lieu de s'affranchir de la politique dirigiste de la droite pour suivre la mutation libérale (sans le dire) des partis travaillistes dans les années 80 (il n'est pas trop tard pour moderniser son discours), elle se laisse enfermer dans une impasse idéologique et électorale par réaction aux mesures de Sarkozy qui garde ainsi un temps d'avance sur elle. Si Aubry maintient cette ligne dure, le PS risque d'avoir un réveil difficile aux régionales. Opportunité pour Royal ?
17:13 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, cohn-bendit, ps, universite d'ete, taxe carbone
mardi, 25 novembre 2008
Explosion du PS, nostalgie libérale
Depuis 15 jours, Nicolas Sarkozy ne fait à nouveau plus la une des journaux. Après le G20 plus capitaliste que jamais, c'est la déflagration au PS qui occupe la première de couverture des médias. En jeu, le choc d'ego, l'alternative entre la voie social démocrate et radicale, entre l'alliance à l'extrême gauche ou au centre, la soif de pouvoir local ou national, etc. Hier, les verts (qui hésitaient entre l'extrême extrême gauche et l'extrême gauche tout court), aujourd'hui le PS. Bref, les libéraux ne sont pas seuls à aimer les conflits et les scissions. Ce temps joyeux des attaques personnelles, des coups bas et des tricheries dans l'ombre, tous les partis politiques l'ont connu. Il est facile de se moquer du Parti Socialiste, pas de lui faire la leçon. Surtout lorsque les commentaires et suggestions viennent de l'UMP. La vie au sein d'un parti, c'est sportif. Ils ont souvent survécu à ces moment de friction. Parfois non. Et sur ce plan, les plus petites formations sont sans doute les plus fragiles. Ayant reçu une quantité importante de messages me demandant pourquoi un aussi jeune parti qu'AL avait explosé en vol et donné naissance au Parti Libéral Démocrate, je mesure le degré d'incompréhension des observateurs qui, de l'extérieur, ne connaissent pas le fonctionnement d'un parti (ou ne veulent pas le connaître).
Est-ce sain d'étaler son linge sale en public ?
Deux écoles s'affrontent. La première regroupe à la fois ceux que ces questions d'ego choquent et ceux qui ne veulent pas se poser de questions sur les enjeux internes au parti. La seconde considère que la transparence est essentielle, et que le débat doit rester le plus ouvert possible, accessible à tous. Ce clivage n'est pas propre à la vie politique, il se retrouve dans tous les actes de la vie sociale. Faut-il dissimuler la vérité et mentir par omission...pour le bien général, ou assumer publiquement les difficultés, les divergences et les conflits ? "Etre politique" signale en général des qualités de discrétion dans les manoeuvres et les complots. Nous découvrons que cela peut aussi aboutir à des batailles publiques. N'est-ce pas préférable ?
Dissimuler les enjeux du pouvoir au sein d'un parti consiste surtout à maintenir l'opacité afin de jouer tranquillement au billard à 3 bandes. Coups tordus et manipulations derrière la vitrine nickel. Les observateurs sont rassurés, et surtout ne préfèrent pas savoir. Je pense qu'il s'agit d'une forme de lâcheté de leur part, car ils savent pertinemment ce qui se déroule en coulisse. Mais ils ne souhaitent que voir un gagnant qu'ils peuvent admirer sans trop se poser de question. Appartenant à l'école de la transparence, j'avoue qu'il n'est pas tant difficile d'être transparent que de se confronter au déni de réalité de ceux qui fuient la réalité de ces conflits.
La politique, promotion des idées ou des personnes ?
Quoi qu'on pense des idées, la politique est avant tout une question de personnes. A la présidentielle, on ne vote pas tant pour un programme que pour une personne. Les médias valorisent d'abord les profils qui passent bien. Lors d'un tractage sur un marché, c'est la qualité d'écoute, la capacité à chercher un compromis qui convainc les électeurs. Eventuellement l'étiquette, rarement les idées. Dans les grands partis, on vous juge sur votre capacité de mobilisation militante et électorale et, surtout, médiatique, sinon sur votre statut. Est-ce si choquant ? Une entreprise ne se développe que si ceux qui la constituent ont du talent et savent le valoriser à l'extérieur auprès de leur clientèle. On peut se poser légitimement sur la nature du talent qui est valorisé en politique, et surson utilité pour le pays. Mais cela nous engagerait sur un autre débat.
Il est aussi vrai que les idées seront bien servies si elles sont portées par des personnalités qui se font entendre, qui savent conquérir leur place sur un échiquier politique hautement concurrentiel. Bref, les meilleures idées du monde ne progresseront pas si elles ne sont pas promues par des individus, si possibles nombreux et organisés, qui ont le talent nécessaire pour le faire, ainsi que de la chance. Et tant mieux si ces individus ont les idées claires et un bon projet.
Lors du conflit au sein d'AL, les quelques éléments qui ont été rendus publics ont donné lieu à des réactions passionnelles de sympathisants qui ne voulaient pas (ou ne pouvaient pas) accepter qu'un projet politique libéral n'en demeure pas moins un projet collectif, avec les mêmes soucis que d'autres partis politiques, plus anciens et nettement plus importants. Peut-être aurais-je dû jouer la transparence totale et rendre publiques l'ensemble des manoeuvres du clan fondateur d'AL qui avait bien verrouillé le parti avant d'emporter la bataille qui nous opposait dans des conditions plus que douteuses. Cette expérience a toutefois été une excellente école en coups bas et basses manoeuvres. Hélas, même enrichi par ces techniques efficaces, j'avoue ne pas aimer ce jeu-là. Certains semblent en adorer les subtilités et la perversité. Ce n'est pas mon cas. J'admets volontiers l'importance de savoir agir efficacement dans ces conflits propres au monde politique, ce qui exige parfois de s'asseoir sur quelques principes. Je n'en crois pas moins l'éthique personnelle importante. Reste à savoir s'il vaut mieux gagner par tous les moyens, ou accepter de perdre par souci de ne pas franchir certaines lignes. Ce qui se passe au PS, parti autrement plus important qu'une jeune formation libérale issue de la société civile comme le PLD, est riche d'enseignement sur ce plan.
12:54 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : parti liberal democrate, ps, socialiste
samedi, 22 novembre 2008
La fin du PS pour 42 voix ?
Ségolène Royal a perdu de quelques voix dans un scrutin que les deux candidates ont certainement bien truffé. Au jeu du bourrage d'urne probable, les clans "Tout Sauf Ségo" et la grande Martine ont été meilleurs que Ségolène. Cette dernière peut contester le scrutin, et même légitimement, il n'en ressortira plus rien. La haine est trop forte, trop personnelle entre les deux camps. Un troisième scrutin serait -il obtenu d'un tribunal, il n'y aurait pas plus de chance de réconciliation, mais une certitude: un enlisement durable au moment où le PS a besoin de toutes ses forces pour redémarrer. Bref, le PS va probablement exploser. Le camp autour d'Aubry, patchwork hétéroclite de petits notabliaux de la politiques soutenant chacun son éléphant, se serait résolu à la défaite parce qu'il a besoin de cette gamellle pour vivre (la politique se résume souvent à ça dans les grands partis). Pas le clan Ségo, dont l'ambition est trop forte pour se satisfaire d'une pétaudière ringarde tenue par l'Aubry terne.
Premier vainqueur, Nicolas Sarkozy qui sait l'opposition au tapis pour au moins deux ans, européennes et (probables) régionales. Peut-être l'occasion de reprendre des régions au PS (s'il existe encore le jour venu).
Deuxième vainqueur, François Bayrou. Il va pouvoir ratisser large au PS et devenir officiellement le parti de centre-gauche de l'échiquier politique national. Et même tenter de faire monter Ségolène chez lui en loucedé pour discuter recrutement Bon, le jeu des egos domine trop pour rendre ce scénario crédible.
Bref, Ségolène se prend une seconde claque en 18 mois, et celle-là est plus grave que celle de la présidentielle. Cet échec marque la première faute lourde d'un parcours jusque-là cohérent et plutôt réussi vu les handicaps qu'elle a dû surmonter. Que ceux qui l'admirent se rassurent, elle a de la ressource. Et puis peut-être Carla Bruni-Sarkozy viendra-t-elle à son secours. Après le fond souverain de Nicolas, pourquoi pas un fond Ségo par Carla ?
21:08 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, martine aubry, ps, françois bayrou, nicolas sarkozy
mercredi, 19 novembre 2008
Je vote Ségo
Rassurez-vous, je n'ai pas ma carte au PS, mais seulement au tout jeune Parti Libéral Démocrate. Comme tout le monde, j'ai pu constater le vide abyssal de son programme, suivre ses gaffes et sa démagogie douteuse. Mérite-t-elle pour autant la nuée de critiques qu'elle se prend ? Le "Tout Sauf Ségo" de l'intelligentsia parisienne aboutit à des attaques personnelles terriblement injustes et qui n'ont jamais été adressées à aucun autre tenor du parti, même pour des erreurs bien plus graves. Et pour les raisons suivantes, je soutiens sa démarche au sein du PS :
- Positionnement du parti au centre gauche. Benoît Hamon, derrière le côté beau gosse et orateur sympa, n'hésite pas à dire : "Si Besancenot s'inscrit dans une logique de rassemblement, je travaillerais avec lui". Gloups. Martine Aubry, dinosaure venu du nord, incarne vraiment ce dogmatisme idéologique d'un vieux socialisme figé depuis 1981. Ségolène Royal, elle, a choisi la direction opposée, plus saine pour la France : pragmatique et social-démocrate. Comme Delanoë, après tout. Sauf qu'une différence majeure les distingue.
- Objectif : la présidentielle. Elle veut mettre le PS en ordre de bataille, et elle veut gagner. Bertrand Delanoë, lui, s'est couché dés l'annonce de son score décevant. Lui se retire lorsqu'il perd une bataille, elle pense au coup d'après quoi qu'il arrive. Elle ne veut plus non plus d'un parti de petits d'élus, heureux de leur situation locale qui les fait vivre, sans avoir aucunement l'ambition de se retrouver dans le même camp que le gouvernement. Lorsque Michel Rocard dénonce la structure du PS qui se compose d'un tiers d'élus accrochés à leur mandat, d'un tiers de militants qui rêvent d'être élus à leur tout, et d'un dernier tiers de curieux qui se lassent vite et s'en vont, il illustre bien cette déconnection entre les cadres et la base. Elle ne veut plus de ce confort mou qui vit de sa posture stérile d'opposition.
- Renouvellement. Sans à priori idéologique (pour ne pas dire sans convictions), elle n'hésite pas à s'entourer de talents nouveaux tels que Vincent Peillon et Manuel Valls. Cela signifie qu'elle écrira la ligne du PS sur une feuille encore vierge. Avec elle, aucun tabou. Sa langue de bois n'est pas celle de l'immobilisme idéologique mais du tâtonnement, de l'expérimentation. Cela permettra-t-il d'ouvrir des dossiers que le PS n'osait toucher jusque là ? C'est bien possible.
- Tendance à défendre le principe de subsidiarité. Dans nombre de ses discours, elle défend l'expérimentation locale, la remontée des idées et des expériences. Sa vision général peut donc s'apparenter à une démarche "bottom-up" (du bas vers le haut), très différente du jacobinisme traditionnel du PS (malgré l'introduction ratée de l'autogestion et de la décentralisation par le PSU).
Bon, cela ne me la rend pas sympathique ni convaincante. Mais entre le jeune gauchiste Hamon, le dinosaure Aubry et Ségo, y a pas photo. C'est Ségo. Malgré son handicap, elle est sans doute la plus apte à bouleverser le désordre qui règne au sein de la pétaudière du PS. A former les alliances qui permettront au PS minoritaire de menacer la droite. Bref, je la vois davantage former une vraie opposition qui incite l'actuelle majorité à ne pas déconner agir de façon un peu trop improvisée.
Petite réapparition du Béarnais. Servant d'alibi aux luttes intestines du PS, le Modem de François Bayrou est naturellement revenu sur le devant de la scène. Cette recomposition possible du PS sert ses intérêts. A force de semer à gauche et de labourer d'effectuer un travail de rapprochement subtil avec Ségo, il devrait accueillir les déçus du résultat de jeudi, et mieux se positionner pour une alliance future avec elle si elle devait l'emporter. Tout un programme.
14:57 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : segolene royal, congres de reims, francois bayrou, ps, modem
vendredi, 24 août 2007
Quand mon coeur fait boum
Olivier Besancenot est le dernier à vouloir dissoudre sa formation ("La LCR n'a plus vocation à exister"), la Ligue, après qu'Yves Cochet ait demandé celle des verts ("Les Verts sont malades et en miette, il faut les dissoudre, je ne crois pas aux réformes internes") et que Maxime Gremetz déclare que "le Parti Communiste a implosé". Evidemment, les apparatchiks font de la résistance. Les Verts préfèrent la "rénovation" (vieux terme des communistes qui ne cessent de vouloir se rénover par l'autocritique et la déstalinisation) à la "dissolution", même si Cécile Duflot avance crûment : "Il faut nettoyer les Verts à la brosse et au savon". Il faut dire que le pire ennemi des Verts, ce sont eux-mêmes. Un message pour les libéraux moins nombreux ?
Le PS ne va pas beaucoup mieux : les élephants sont épuisés et les jeunes lions commencent à montrer les crocs dans le chaos. Le "jeune" espoir féminin, Ségolène Royal, n'a pas réussi à faire de son échec électoral un succès interne. Un front anti-Ségo commence à se développer au sein du PS. La vacuité de son programme et son mépris pour l'idéologie dogmatique ne semblent pas convenir à une base arc-boutée sur ses vieux préceptes anti-capitalistes. Le Tony Blair du PS, ce n'est pas pour demain. La gauche est restée au temps de la mine... notamment dans les sondages.
Pendant ce temps, la droite marche au pas, c'est "le bal de l'empereur".
06:50 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolè Royal, Cécile Duflot, Yves Cochet, Verts, PS, LCR, Ligue
dimanche, 15 avril 2007
Esprit, sors de là
22:10 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : PS, François Bayrou, Ségolène Royal
jeudi, 18 janvier 2007
Sarko truande ses chiffres, premières baffes de Ségo au nom de "l'ordre juste" : ça promet
Le Christ multipliait les pains, Sarko multiplierait les adhérents et les spectateurs... Ah si c'était vrai ! Un paquet d'artistes subventionnés qui officient devant des salles vides feraient vite appel à son talent. Mais voilà, la réalité est plus triste. Le Canard Enchainé nous a appris, il y plusieurs semaines, que le nombre réel d'adhérents de l'UMP tournerait autour de 120.000 et non pas 300.000 comme annoncés. Nicolas Sarkozy, par exemple, figurait 20 fois dans le fichier central que le Canard avait alors réussi à pirater.
Usine à Multiplier le Public : patron Sarko, le David Copperfield de la politique
Et lors du grand congrès d'investiture du petit Nicolas, le week-end dernier, l'UMP a su organiser une manipulation (acceptée ?) de tous les médias digne de la RTBF ! Tous sont tombés (un peu facilement) dans le panneau sauf le Canard Enchainé, comme d'habitude. Un témoin important, Carlo Revelli (fondateur d'Agoravox), nous confirme son impression dans cet excellent texte :
"Pour avoir assisté à quelques matchs de foot dans des stades où 80 000 personnes étaient réunies, je n'avais pas vraiment l'impression de retrouver la même mesure, mais bon...
Mais là où j'ai été carrément épaté, c'est en lisant Le Canard enchaîné du 17 janvier, qui montre un document interne de l'UMP selon lequel il n'y aurait eu que 25 000 personnes "
Pourtant, TF1, France2, France3 et tous les médias nationaux gardent le chiffre de 80.000 personnes, sans chercher à en savoir plus... Le seul plan de salle aurait dû éveiller leur attention. Bref, tous les Français ont cru leurs médias habituels et ont conservé le chiffre impressionnant de 80.000 gus suffisamment motivés pour aller écouter leur gentil gourou en apportant leur déjeuner (car à 3.5 millions d'euros pour l'évènement, pas question de prévoir un déjeuner pour les spectateurs !). Si Sarko est élu, nous sommes assurés de voir le chômage à 4 % en 6 mois, et la dette disparue en un an. Magique. Vive l'information honnête et indépendante des leaders politiques !
Trous de couac qui ne manquent pas d'air : Ségo, c'est plus fort que toi !
Ségo, elle, agit avec une fermeté plus respectable et nous prend un peu moins pour des cons. Lorsque son porte-parole Arnaud Montebourg avance que "le seul défaut de Ségolène, c'est son compagnon" (et patron du PS tout de même), elle considère à juste titre qu'il est allé un grand pas trop loin. Qu'il se mêle un peu de ses fesses !
Pourtant, ses propos collaient bien au ton de Canal +, libre et insolent. Mais le politiquement correct n'est jamais loin, et Arnaud a rapidement dû présenter ses excuses aux deux compagnons, profondément affectés. Carton rouge, il ne jouera pas le match pendant les 30 prochains jours. Voilà un "débat participatif" interrompu un peu brutalement.
Arnaud, tu voulais lancer un embargo sur la Suisse, maintenant tu pousses Ségolène à officialiser sa séparation déjà ancienne avec François (avec des arrière-pensées ?), et tu voudrais sans doute que ce dernier démissionne. Quelle est la prochaine étape : bombarder l'Iran ? Allô la lune : il est de temps de prendre ton petit temesta et de revenir sur terre.
16:40 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Arnaud de Montebourg, Ségolène Royal, François Hollande, Nicolas Sarkozy, PS, UMP, congrès national
samedi, 23 décembre 2006
Nouveau bouc émissaire : la BCE
C'est la faute à la banque centrale ! C'est bien connu : si tout va mal, il faut trouver une raison suffisamment éloignée pour ne pas avoir à nous remettre nous-mêmes en cause. C'est donc à cause de notre monnaie, du taux d'intérêt officiel et du taux de change fort que tout va mal en France...alors que l'essentiel de nos exportations se fait en Euros, et que l'Irlande comme l'Espagne s'en sortent très bien avec la même devise que la nôtre. Pourtant, les deux stars de la campagne présidentielle ont sorti le même argument poujadiste en deux semaines : ils savent que l'argument démagogique porte. Pourtant, les Etats-Unis (qui savent aussi être très protectionnistes), comme de nombreux pays pragmatiques tels que le Royaume Uni, ont choisi d'octroyer une véritable indépendance à leur banque centrale. Ce n'est là que bon sens.
La théorie monétariste fait maintenant l'unanimité dans le monde libre et moderne...sauf chez les politiques français qui ne comprennent rien à la sphère des échanges. L'impact le plus favorable qu'une banque centrale peut avoir sur la croissance, c'est d'assurer une gestion stable de la croissance de la masse monétaire et de fixer des taux d'intérêt qui limitent l'inflation. Pour interdire les Etats de faire tourner la planche à billets, l'indépendance de la banque centrale est essentielle. Evidemment, cela place les Etats européens face à une lourde responsabilité : faire financer leurs déficits et leur dette par des investisseurs libres, au risque de les voir fuir notre marché un jour, et non plus par la planche à billets, c'est à dire l'inflation qui détruit la valeur du capital des épargnants. Les tours de passe-passe n'ont plus cours.
Les autres pays européens n'ont pas apprécié cette montée démagogique de Sarko et Ségo. Notamment, le président de la Bundesbank (équivalent allemand de la Banque de France) Axel Weber n'y est pas allé avec le dos de la cuiller : « Les attaques sur l’indépendance de la BCE et de l’Eurosystème venant des deux bords dans le cadre de la campagne présidentielle française sont irresponsables et ne doivent pas être négligés au même titre que des fanfaronnades typiques de campagnes électorales [...] Je ne crois pas que l’on puisse accepter que les politiques de la BCE orientés vers la stabilité soient rendues responsables de l’évolution défavorable des économies nationales, dues pour l’essentiel aux défauts de la politique économique nationale ». Voilà qui est fort bien répondu.
CITATIONS
"La surévaluation de l'euro par rapport au dollar est une erreur économique grave", a déclaré Nicolas Sarkozy à Charleville-Mézières (Ardennes), devant plus de deux mille personnes. Il a vraiment révélé sa vision de la monnaie : "Il n'y a pas un pays au monde où la monnaie ne soit pas un instrument de politique économique au service de la croissance et de l'emploi."
Il a enchaîné avec ceci : "La religion du libre-échange absolu est un renoncement", a-t-il professé, dénonçant aussi le "dogme intangible" de la concurrence. Bref, Sarko ne semble plus du tout libéral au fur et à mesure que la campagne avance. Il ne l'était déjà pas beaucoup avant, entre son passage désastreux à Bercy et ses actios place Beauvau (Loi de Sécurité Intérieure ...), il n'y a dorénavant aucun doute.
Cela dit, Ségolène Royal n'offre pas un discours de meilleur augure : "Ce n'est plus à M. Trichet de décider de l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants démocratiquement élus", avait lancé la candidate socialiste au congrès du PSE. Pour Ségolène Royal, remettre l'Europe sur les rails "suppose que la Banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques, bien sûr celles de l'Eurogroupe,, mais aussi celles du Conseil européen".
Pas facile de faire son choix entre ces deux zigotos. La pêche à la ligne garde de beaux jours devant elle, surtout au 2eme tour.
14:58 Publié dans Dans le monde, Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Sarko, UMP, Ségo, Ségolène Royal, PS, euro fort
jeudi, 16 novembre 2006
Présidentielle : quitte ou double
Edouard Fillias, candidat d'Alternative Libérale, fait campagne avec ses propres moyens. Il n'a derrière lui qu'un jeune parti, sans élu et qui n'a pas encore fait ses preuves. Dans un pays aussi attaché au statut et à l'implantation institutionnelle, le renouvellement générationnel et l'offensive de nouvelles idées ne peuvent que rentrer en conflit avec le système établi. A Edouard d'avancer avec ce lourd handicap : aucun financement public, aucune promotion au niveau des mairies et un blocage des grands médias. Nous le savions en démarrant cette aventure, et nous avons suffisamment d'atouts pour exister malgré tout sur la scène politique. Après tout, si nous parvenons à nous ancrer dans la vie politique, ce sera bien la preuve que l'initiative paye, que rien n'est jamais joué et qu'il y a de la place pour ceux qui le veulent vraiment.
En attendant, les règles du jeu de ce scrutin sont très alambiquées. Pour financer ses dépenses de campagne, chaque candidat s'appuie sur son apport personnel (éventuellement par un crédit nom propre), les dons de personnes physiques (plafonnés à 4.600 euros par personne) et les dons de partis politiques (en général, le sien). mais seul son apport personnel est susceptible d'être remboursé en cas de dépassement de la barre des 5 %. L'enjeu est là.
Les candidats de moyenne envergure, François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement, Marie-Georges Buffet ou Olivier Besancenot, sont confrontés à un dilemme douloureux, selon qu'ils pensent avoir une forte probabilité de dépasser le score de 5 % ou non. De 4.99 ou 5.01 %, la différence est de 7.5 millions d'euros environ (50 millions de FRF pour ceux qui ont du mal avec les gros chiffres). Pour les antilibéraux par exemple, multiplier les candidats augmente le risque de bouillon, c'est un argument à prendre en compte pour eux (même s'ils s'en sont bien sortis en 2002). Un candidat, s'il atteint la barre fatidique de 5 %, se voit attribuer un remboursement de frais de campagne de ce montant. En dessous, il n'a droit qu'aux 750.000 euros attribués aux candidats qui auront eu leurs 500 signatures en mars 2007. Or, la campagne est déjà largement entamée, ce qui signifie que l'ensemble du plan de campagne dépend de l'hypothèse retenue. Nicolas Sarkozy, JMLP et l'élu du PS peuvent déjà compter sur ces 7.5 millions pour louer des locaux (Sarko cherche 1.000 m2 pour loger son lourd organigramme de campagne) et attaquer avec les grands moyens, d'autant plus que leur parti sera certainement généreux avec eux pour compléter le budget. Pas leur propre argent ni celui de donateurs qui les soutiennent, mais celui des contribuables tout simplement. Sympa pour eux !
Mais qu'en est-il du candidat moyen ? S'il y croit, il prend le risque de s'endetter en nom propre afin d'être remboursé, les élections passées, des dépenses actuelles et futures de campagne à hauteur de 7.5 millions d'euros. S'il n'atteint pas ce seuil, c'est le méga-bouillon. Encore une fois, ces 7.5 millions d'euros viennent rembourser des dépenses de campagne effectuées avec l'apport personnel du candidat, pas les dons. Bref, c'est quitte ou double ! A regarder les dépenses des candidats en 2002, on comprend mieux pourquoi certains se sont calmés ensuite.
En 2007, faites vos paris !
[si cela ne faisait pas partie de la longue liste des plaisirs illégaux, j'ouvrirais un compte de bookmaker pour l'occasion !]
DEPENSES DES CANDIDATS QUI ONT PRIS OU FROLE LE BOUILLON EN 2002 (sachant que les premiers 750.000 euros leur ont été remboursés) :
- Bayrou, qui a franchi adroitement la barre des 5 % (ouf) grâce à une baffe filmée : 7.4 millions d'euros d'apport personnel. il l'a échappé belle !
- Jean-Pierre Chevènement : 8.4 millions d'euros d'apport personnel : pair et gagne avec 5.33 %
- Noël Mamère : 3.9 millions d'apport personnel, remboursé de justesse avec un score de 5.25 %
- Robert Hue : 1.6 millions d'euros d'apport personnel ( et 3.3 millions d'euros du PCF) : bouillon avec 3.37 %
- Arlette Laguiller : 2.2 millions d'apport personnel, passe la barre avec 5.72 % !
- Christine Boutin : 3.87 millions d'euros d'apport personnel (qui a aussi bénéficié de 1 million d'euros de dons de personnes physiques !) : bouillon avec 1.19 % !
17:36 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, FN, UMP, PS, Sarko, Sarkozy, Le Pen
dimanche, 27 août 2006
Ségo et les éléphants
Jospin a mis 1h45 à avoir une larme à l'oeil. Il y avait encore des journalistes pour suivre cet évènement historique. D'habitude, ils écoutent le début des discours et puis se taillent. mais là, non. Jusqu'au bout, ils ont cherché cette once d'humanité chez l'idéologue. Et il la leur a livrée. Ségo, quasi absente du PS pendant son université d'été, reste la star incontestée de cette "Star Ac" (selon le toujours influent Krivine, parain de notre postier favori). Les éléphants ont beau se démener, rien n'y fait, ils restent loin dans les sondages.
Pourtant, à l'écouter encore hier soir sur une chaine nationale, elle n'a toujours rien à dire sinon qu'elle a vaillamment combattu le bizutage à l'école et les violences familiales. Elle s'accroche à cette langue de bois qu'elle ne maîtrise pas aussi bien que ses ainés, dissimulant mal son manque de convictions et d'idées fortes. Elle refuse même le principe de débats publics entre candidats à l'investiture socialiste ! Ce pur opportunisme risque de ne pas plaire longtemps à des électeurs de gauche qui attendent le renouvellement. Une nouvelle tête, féminine en plus, oui. Qui n'a pas plus de convictions claires qu'un Jack Lang, sans doute pas. Elle n'a pas l'envergure d'une Elisabeth Guigou ou d'un DSK.
C'est juste le dés"espoir d'avenir" pour les Français...
18:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, Ségolène Royal, PS


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