vendredi, 16 octobre 2009

Ni qualifié, ni élu, mais bon vent quand même !

Cette semaine, Fabius a été le meilleur dans la causticité en évoquant cette affaire qui occupe toutes les conversations. De qui a-t-on besoin pour diriger le quartier d'affaires francilien, s'est-il interrogé sur France-Inter en début de semaine. "On a besoin de quelqu'un qui soit un très bon juriste. Or M. Sarkozy est en deuxième année de droit, c'est déjà un élément très, très fort. On a besoin de quelqu'un qui connaisse bien les affaires, c'est (...) un grand quartier d'affaires, je pense qu'il peut y avoir quelques prédispositions.Je n'oublie pas non plus que la semaine dernière, M. (Martin) Hirsch a présenté un plan pour la promotion des jeunes et je suis sûr que c'est dans ce cadre que sa nomination est faite." Une fois ces remarques faites, qui n'a pas joué de ce pouvoir en France, pays bien classé en matière de corruption (l'une de nos trois spécialités nationales avec les déficits publics et le chômage) ? Il faut savoir relativiser un peu et noter que parfois, le népotisme part en eau de boudin.

 

De là à s'engager dans d'étranges acrobaties rhétoriques, il y a un pas que bien peu osent franchir. Bravo au courageux Authueil, qui sait qu'il ne convaincra personne avec son audace (motivée par...). Aux yeux de tous, il apparait clairement que Jean Sarkozy ne devra pas son poste à une élection démocratique légitime mais bien à une décision de l'Etat. Malgré sa bonne prestation sur une antenne publique, Jean Sarkozy ne peut sérieusement jouer l'élu légitime. Le futur président de l'EPAD ne sera pas élu mais bien nommé par les 8 représentants de l'Etat qui siègent au conseil d'administration de l'EPAD, en plus des 9 représentants des collectivités locales (notamment des Hauts de Seine dont Jean Sarkozy compte prendre aussi la présidence en 2011). C'est d'ailleurs ce que confirme le Canard Enchainé ce mercredi : cela fait un an que Nicolas Sarkozy prépare ce coup. Il ne devait pas s'attendre à ce que cet acte de pur népotisme déclenche un tollé dans le monde entier en faisant la une de quotidiens importants.

 

Enfin, les dés étant (presque jetés), regardons de l'avant. Nous ne changerons pas notre président et l'EPAD reste un enjeu important pour le pays. Comme le fait le maire de Neuilly Jean-Christophe Fromantin, pourtant ennemi intime de Jean Sarkozy qui tente régulièrement de bloquer son action et de le déstabiliser, souhaitons à Jean Sarkozy de nous prouver qu'il était le meilleur choix :

Nous n'avons, ni les uns ni les autres, rien à gagner à ce que la polémique continue d'enfler ; quelle image donnons-nous à l'international ? Ouvrez le débat, ne restez pas seul et donnez à la Défense la meilleure "équipe du monde".

mardi, 12 février 2008

Jean-Christophe Fromantin - Nicolas Sarkozy 1-0

33b864d13ad011eaece0dd923fe36302.jpgDavid Martinon a été trahi en rase campagne par son équipe. Dépassé par l'équipe de Jean-Christophe Fromantin dans un sondage explosif, l'UMP neuilléen a dû se rendre à l'évidence. Martinon, c'était l'échec assuré. A force de tenir des propos désobligeants à l'égard des Neuilléens, ceux-ci se sont lassés de cette désinvolture à leur égard. Le parachutisme  acrobatique passe mal dans cette ville fière. Le simple fait d'habiter à Neuilly, c'est déjà porteur de valeurs pour ses habitants, quels que soient les clichés qui circulent ailleurs. Qu'on y adhère ou non, respecter cette culture locale très forte est nécessaire pour pouvoir prétendre en devenir maire. David Martinon ne l'a pas compris. Le fils de Sarkozy, avec sa crinière de jeune fêtard des faubourgs chics, a manié le couteau sans hésiter. Exit le Martinon, avec une conséquence immédiate et directe sur sa carrière élyséenne : sa démission. Si Nicolas Sarkozy l'a refusée, il est clair que son compte est réglé, reste à savoir combien de jours cela prendra.


En attendant, cette chute fracassante est surtout le fruit d'un travail de terrain remarquable de Jean-Christophe Fromantin, candidat indépendant qui a déjà raflé 15 % des voix aux législatives de 2007  contre la candidate UMP officielle, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, sacrilège notable ! Aujourd'hui, il est estimé à 45 % des votes dans une ville que tous pensaient être le fief incontesté de Nicolas Sarkozy. Décidemment, les Neuilléens s'encanaillent. J'ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Christophe Fromantin en fin d'année dernière. Son profil, radicalement différents du politique habituel,  marque par son sens des réalités et son esprit entrepreneurial dans l'approche des questions municipales. Visiblement, ses talents séduisent les Neuilléens comme il m'ont séduit. A ce niveau dans les sondages, ce n'est plus son image anti-Martinon mais ses qualités qui font la différence. Entouré d'une équipe solide, je lui souhaite de continuer sur sa lancée et d'emporter ce bastion sarkozyste.


Au-delà de l'anecdote, ce retournement de tendance confirme la chute de Sarkozy dans l'esprit de ceux qui l'ont soutenu lors de son élection. Neuilly est peut-être le lieu qui concentre la plus forte densité de sarkophiles. Même ici, l'impact de la politique désastreuse de Sarkozy et de sa vie dissolue est profond. Ce petit coin doré de France illustre parfaitement ce qui se passe dans la tête des supporters les plus fidèles du président : doute, distanciation, remise en question, regard critique....rejet ? Alors que le colmatage des présidentielles commence à tomber, les municipales devraient faire tomber quelques pans supplémentaires de l'édifice. Encore une révolution de l'échiquier politique en perspective.


Dernière nouvelle : l'UMP cède et prend comme tête de liste le vainqueur annoncé, Jean-Christophe Fromantin. Joli coup de force local d'un dissident qui a su tenir tête aux lubies de l'omni-président dans son propre fief.