mardi, 04 décembre 2007

Fadela - Nadine : 1-0

d4f706d735c0c6364ccece927627ac78.jpgJ'aime beaucoup Fadela Amara; et depuis plusieurs années. Voilà, c'est dit. Je n'apprécie pas toutes les positions de cette militante de gauche, ex-élue locale sous l'étiquette PS, membre du prestigieux Cercle de l'Oratoire aux côtés de  André Glucksmann et Pascal Bruckner (lire cette interview éclairante publiée par Le Meilleur des Mondes). Je ne suis pas non plus convaincu par le gouvernement qui l'a embauchée. Et pourtant, j'aime la femme qui n'a pas la langue dans sa poche, la militante qui n'hésite pas à déployer une énergie impressionnante pour monter ses projets. Pour accepter de rentrer dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, notamment aux côtés de Christine Boutin, il fallait être culotée. Elle l'est, c'est ce qui fait son charme et sa force. Tant pis si NPNS a implosé après sa démission pour devenir secrétaire d'Etat. Je suis l'action de cette association de terrain depuis son origine, je suis même allé à leur rencontre pour organiser un débat à Science Po lorsque je présidais l'association Liberté Chérie. C'est à cette occasion que j'ai fait connaissance avec Safia Lebdi, que j'ai recroisée à deux reprises ensuite. Je trouve d'ailleurs dommage qu'elle ait quitté NPNS après le choix audacieux de Fadala Amara. Si NPNS n'a pu survivre au départ de sa fondatrice, peut-être était-elle trop sectaire ? En tout cas, nous n'avons pas fini d'entendre parler notre Fadela Amara...

 

 

Si personne ne sait très bien ce qu'elle fait concrètement dans son ministère, son avis n'en est pas moins rapidement entendu lorsqu'elle s'exprime sur un sujet qui lui tient à coeur. Certes, elle étend son carner d'adresse, elle acquiert de l'envergure et se forme pour des postes plus ambitieux un jour. Dans une carrière, la marche que Nicolas Sarkozy lui a fait franchir n'a pas de prix. Et on sent bien que le président de la république aime cette liberté de ton qui fait rugir sa majorité. Que penser de lui entre sa tendance soutenue par Brice Hortefeux et la sienne ?

 

Elle avait trouvé "dégueulasse" l'amendement Marini sur les tests ADN dans la loi sur l'immigration. Excessif, mais pas entièrement faux. Elle vient de mettre une belle gauche à Nadine Morano qu'elle a traitée de "Castafiore" : «Nadine Morano, elle est sympa, mais elle énerve tout le monde, tout le monde la fuit.». Et pan pour la teigne gaulliste. Une fois de plus, elle n'a pas tort.

 

Allez, Fadela, continue comme ça !

 

 

Note : je vous recommande l'un des meilleurs passages de son interview par la revue Le Meilleur des Mondes, il est fort dommage qu'on ne retrouve pas cette cohérence dans le reste de ses propos :

La gauche n’a pas mesuré la gravité de la situation dans les quartiers et l’ampleur de la dégradation du tissu social. Elle a volontairement traité le problème d’une certaine manière. Avec le sentiment « généreux » de bien s’occuper de « ses petits pauvres », notamment de « ses petits Arabes et de ses petits blacks ». Cette conception paternaliste a malheureusement mené à une infantilisation des individus et, à partir de là, à une déresponsabilisation des habitants des quartiers vis-à-vis de leur ville, de leur espace, et surtout des valeurs qui cimentent le lien social. Je pense que la gauche, à force de tricoter les mailles du discours de la victimisation, nous a menés à une situation terrible.

14:10 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Fadela Amara, Nadine Morano, NPNS, Ni putes ni soumises | | | Digg! Digg |  Facebook