jeudi, 17 mai 2007

Rachida Dati : reconnaissance méritée d'un profil atypique

medium_Rachida_Dati.jpgLe parcours de cette femme révèle une personnalité affirmée, une volonté farouche et une grande ouverture sur le monde. Elle est l'anti-déterminisme personnifié. Chez elle, pas de fatalité. On peut même dire qu'il vaut mieux l'avoir avec soi que contre soi. Un modèle pour ceux qui ont perdu la foi en eux-mêmes : avec elle, tout devient possible !
 
A quatorze ans, elle fait du porte-à-porte pour vendre des produits cosmétiques. Puis anime un centre aéré, travaille dans une grande surface. A seize ans, c’est le grand tournant. Standardiste et aide-soignante dans une clinique privée, elle glane la presse abandonnée dans les salles d’attente. 
 
 
Elle a beaucoup de culot, de la suite dans les idées et une pugnacité qui feront leur effet. A 21 ans, en faculté d’économie à Dijon, elle lit que l’ambassade d’Algérie donne une réception à Paris. Le ministre Albin Chalandon sera présent. Par courrier, elle demande une invitation à l’ambassade, qui accepte. Là, elle n’hésite pas à interpeller Roger Hanin, qui est encore l’un de ses amis, ni à demander un rendez-vous à Albin Chalandon, qui deviendra l’un de ses mentors.  Il la prendra trois ans comme comptable chez Elf Aquitaine. pendant ce temps, elle poursuit des études supérieures en sciences économiques et gestion des entreprises.
 

En 1989, elle rencontre Jean-Luc Lagardère à l’occasion de la remise du prix de « la fondation de la vocation », décerné à sa sœur aînée. Même technique, elle lui demande un rendez-vous. Un an plus tard, elle entre comme auditeur chez Matra et se fait financer un MBA par l’entreprise Lagardère.

 

Elle passe ensuite un an à Londres, au sein de la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement), toujours dans l'audit. Elle y rencontre Jacques Attali qui la suivra tout au long des années suivantes. C'est lui qui lui conseillera de devenir magistrate. En attendant, elle continue son parcours détonnant. En 1994, elle est contrôleur de gestion et secrétaire générale du bureau d'études sur le développement urbain à la Lyonnaise des eaux, et conseillère technique à la direction juridique du ministère de l'Éducation Nationale.

 

Elle entre à l'ENM (Ecole Nationale de la Magistrature) où elle étudie de 1997 à 1999. Elle devient auditeur de justice au tribunal de grande instance de Bobigny puis en poste comme juge commissaire aux procédures collectives au tribunal de grande instance de Péronne et enfin comme substitut du procureur au tribunal d'Evry.

 

En 2002, elle écrit à Nicolas Sarkozy spontanément. Et voilà comment elle devient une proche conseillère et travaille sur le projet de loi sur la « prévention de la délinquance ». Ce n'est qu'en décembre 2006 qu'elle s'inscrit à l'UMP.

 

Aujourd'hui, c'est la consécration !

Initialement, le petit milieu parisien la voyait finir ministre des questions tournant autour de l'intégration. Mais s'appuyer sur le cliché d'une beurette issue de milieu défavorisé pour offrir une caution morale à ce poste sensible aurait été une sinistre bêtise, digne d'un ENArque. Nicolas Sarkozy, qui ne cesse de nous surprendre, a su éviter ce piège. Il a décidé de s'appuyer sur son talent et ses compétences plutôt que sur l'image qu'il pouvait en tirer.

 

Elle est aujourd'hui, sauf retournement de dernière minute, Garde des Sceaux. Nous la jugerons sur ses actes, d'autant plus que la droite est attendue au tournant : poursuites à l'encontre du citoyen Chirac, lutte contre la corruption dont l'UMP, comme le PS, est passée maître (de la corruption, pas de la lutte), réformes à venir de la Justice et de l'ordonnance de 1945, erreur programmée des peines plancher, etc.